jeudi 28 septembre 2023

Manhattan Chaos

 


New-York, 13 juillet 1977. L'été de tous les extrêmes. La ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit, et le tueur que l'on surnomme "Fils de Sam" rôde dans les rues. 

Le soleil se couche sur Manhattan, et une coupure de courant survient. Elle touche alors 8 millions d'habitants qui se retrouvent plongés dans l'obscurité. Le black-out et la panique s'emparent alors de New-York. 

Miles Davis, le légendaire musicien, est quant à lui enfermé chez lui où il vit cloîtré depuis des mois et des mois. Il s'enlise dans la dépression et les excès, il a mis un terme à sa carrière. En manque d'héroïne, il se retrouve contraint de sortir de son appartement en quête d'un dealer, mais dehors c'est la panique totale en raison de cette coupure de courant. Pour Miles Davis, débute alors une nuit de terreur. Débute en même temps des émeutes qui éclatent dans les rues. 

Il va avoir à se heurter à la fois aux pillards des rues dans cette nuit de chaos, et aux fantômes de Manhattan. Une course folle l'attend.
Un roman noir.

Un roman qu'il m'est difficile de catégoriser... Mais en tout cas, c'est un roman noir. Difficile à catégoriser car ce roman n'est ni un documentaire, ni une biographie, mais une chose est sûre, il est richement documenté. 

En effet, ni un documentaire sur cette nuit de folie qui a bien eu lieu en vrai ce 13 juillet 1977. Un été de canicule et de tous les extrêmes à New-York, et l'auteur nous décrit bien ce chaos qui s'empare des rues de NY. En vrai, cette nuit là, plus de 4000 personnes ont été arrêtées. Une nuit de folie bien documentée par l'auteur, pour que le lecteur puisse comprendre ce black-out et cette panique qui s'empara de NY en un rien de temps. 

Ni une biographie, de Miles Davis, légendaire jazzmen. Et pourtant, là aussi l'auteur nous offre un bel aperçu de ce qui s'est passé dans la vie du musicien à cette époque. Miles Davis a en effet voulu mettre un terme à sa carrière, il s'est enlisé dans la dépression. Un homme qui s'est enfermé chez lui, ne voulant pas sortir de son appartement new-yorkais, rongé par la drogue et les excès. 

Et l'on part sur un roman noir, lorsque l'auteur nous plonge dans une sorte de road trip de cet homme qui, en manque d'héroïne, se décide à sortir de chez lui par la force des choses en quête d'un dealer. N'importe lequel pourvu qu'il lui fournisse de la drogue. 

Les descriptions sont bien présentes pour ressentir cette atmosphère noire du roman, vivre cette descente aux enfers d'un homme en manque, le temps d'une nuit de canicule, ainsi que les rencontres malveillantes dans les recoins des rues de NY au cours de cette nuit si particulière.  
Une course folle, qui va durer une nuit, de cet homme en manque de produits illicites, course contre la montre, contre la mort qui pourrait le prendre au petit matin... 

Le roman nous plonge entre passé et présent avec habileté. Présent sur cette nuit de canicule, passé sur celui du jazzmen.

Et dans cette course folle aux produits illicites lors d'une nuit de chaos, rode également un tueur en série nommé "Fils de Sam", ne l'oublions pas... 

L'écriture est originale, extrêmement bien documentée. L'ambiance est assez dingue je dois dire, on visualise parfaitement les scènes parfois très fantasques dues au manque et aux hallucinations de Miles Davis. 

Je ne pensais pas autant apprécier ce roman que j'avais trouvé en boîte à livres, mais en fait il se lit très facilement et devient de plus en plus captivant au fil des pages. Il se lit facilement également même si on ne connaît pas le légendaire jazzmen, Miles Davis. 

Une vraie découverte !



dimanche 24 septembre 2023

Les Fjords de Santorin

 


"Je me suis inventé un père quand j'avais cinq ans. Il a exercé de nombreux métiers au fil des ans : pompier, policier et neurochirurgien. Il a même été, pendant un court laps de temps, président de la Norvège. Mais à la maison, il demeurait toujours le Grand Sujet Tabou."

Pour Becky, son père n'est pas seulement absent, il est un mystère. Un sujet tabou entre elle et sa mère, Laura. Becky se demande toujours pourquoi elle n'a jamais la permission de poser des questions au sujet de son père, sur son identité. 

C'est pourtant un besoin pour Becky d'avoir des réponses à ses questions. Un besoin pour avancer, un besoin dans sa quête de soi. 

Alors quand se profile une escapade mère-fille en Grèce, Becky saute sur l'occasion, décidée à mettre à profit ce voyage pour se rapprocher de la vérité.

A l'instant où Laura pose le pied à Santorin, les souvenirs remontent à la surface. La mère de Becky connaît en effet déjà les lieux à la grande surprise de Becky qui n'avait jamais su que sa mère avait déjà foulé les lieux, souvenirs des années 90 lorsqu'elle avait à peu près le même âge que Becky. 

Les lieux ont beau être paradisiaques, vingt cinq ans après, Laura n'a rien oublié. Ni les magnifiques plages ni le lourd secret qu'elle a laissé sur l'île. 

Aujourd'hui, il est temps d'affronter ses démons. 
Décors paradisiaques. 

Direction les îles grecques pour prolonger un peu les vacances. Bien que le cadre soit estival, les thèmes abordés sont complexes et suscitent l'émotion. Des secrets qui ici peuvent détruire les relations humaines entre Becky et sa mère Laura, car celle-ci se voue à taire l'identité du père de sa fille. 

Le côté psychologique tient dans ce roman une grande place. On a tout d'abord les relations mère/fille, mais aussi la quête de soi, la quête identitaire face à un parent inconnu et d'autres thèmes très forts que je tairai. 

Les thèmes du roman sont riches, ne pas forcément se fier à la couverture estivale du roman. 

Pour Becky, dans son histoire personnelle il y a un trou béant qu'elle doit combler pour parvenir à se construire entièrement. Sa mère pourtant refuse de lui parler de son géniteur. Pourquoi ? 

On le découvre petit à petit au fil du roman avec un très bon choix de narration, puisque l'on vogue entre passé et présent. On se plonge alors dans l'histoire de Laura, la mère de Becky, 25 ans avant. 

L'histoire se déroule principalement à Santorin, à l'heure actuelle, et 25 ans auparavant sur les mêmes lieux. Une alternance de chapitres entre Becky, et Laura. On ressent alors, au présent, les émotions qui traversent Becky et ses difficultés d'avancer. On se prend d'émotions pour elle et dans ce qu'elle ressent. 

Mais le personnage le plus touchant est celui de Laura, sa mère. Car on va le découvrir en tournant les pages de ce roman, Laura a traversé des drames lorsqu'elle était âgée de 25 ans à peine. Des drames qui se sont produits sur cette île, à Santorin. Je ne peux les dévoiler car ils font partie de l'intrigue et je ne sais comment vous expliquer du coup que les thèmes abordés sont saisissants et forts. Toujours d'actualité hélas aussi.

Le double récit est très prenant, à la fois sur ce qu'a vécu Laura, seront alors révélés de douloureux secrets, et à la fois sur ce que vit Becket et ce manque autour d'un père inexistant qui fait qu'elle n'arrive pas à avancer dans sa vie. 

Les îles grecques sont paradisiaques et l'auteur décrit les lieux magnifiquement. On perçoit ce cadre idyllique bien que les thèmes soient quant à eux, forts. Ce qu'a vécu Laura dans sa jeunesse est sombre, tout le contraire des lieux paradisiaques. 

Arrivera t-elle à dévoiler son passé à sa fille, en trouvera t-elle la force ? 

L'écriture est très belle, de bons dialogues, des thèmes riches, des descriptions magnifiques. 

Je suis assez surprise de n'avoir jamais vu ce roman sur les réseaux sociaux avant ma lecture car il a beaucoup de bonnes choses pour lui. 

Alors, tentés de partir sur les îles de Santorin ?



jeudi 21 septembre 2023

Ellie et Dan

 


Dan mène une vie en retrait, il a besoin de calme et ne supporte pas avoir beaucoup de monde autour de lui. Il vit dans sa grange au coeur des bois, là où il fabrique ses harpes. Fabrications à partir de matériaux trouvés dans la nature lors de ses longues balades, des bois de bouleau, de hêtre, etc. Des matériaux qu'il façonne, qu'il affectionne.
Dan a peu confiance en lui, prendre des décisions le stresse. II veut juste être dans sa grange, à fabriquer ses harpes.

Ellie aime la poésie. Elle est rarement comprise par son mari lorsqu'elle part en balade en forêt accompagnée de son bloc-notes pour y écrire des poèmes. Ellie est une rêveuse. Ou plutôt l'était, avant que son existence ne rétrécisse aux dimensions d'une vie de couple étriquée. Ellie passe sa vie à rendre heureux son mari et à lui offrir une maison parfaite. 

Et puis un jour, les pas d'Ellie l'emmènent jusqu'à la grange aux harpes, la grande de Dan. L'un et l'autre ne peuvent se douter que leur vie est sur le point de changer... 
Une belle rencontre !!

En plus d'une belle rencontre de deux êtres déboussolés, deux vies abîmées, on trouve dans ce roman une ode à la nature, à l'automne aussi. 

Un roman idéal à lire en cette période de l'année où l'on se tourne vers l'automne, vers les couleurs changeantes. 

C'est beau, on y côtoie deux belles personnes, entières et vraies. Deux personnes fragiles, abîmées par la vie. Une rencontre qui pourra peut-être réparer mutuellement ces deux personnes fragilisées par leur passé et leur vie, Dan et Ellie. 

J'ai aimé l'ambiance de ce roman, les belles descriptions des lieux en plein coeur de la nature, des bois. Les descriptions sont là, on visualise tout parfaitement. Les chemins bordés des touffes violettes de bruyères, l'odeur tourbeuse de la lande... On sent l'automne arrivé, et j'ai trouvé les lieux charmants au coeur de la nature. Cette grange est vraiment accueillante, au milieu des bois, remplie de harpes (ode à la musique également ici), et remplie de divers matériaux liés à leurs fabrications. J'ai imaginé le lieu très apaisant, bienfaisant. 

L'histoire est vraiment très belle, cette formidable rencontre de ces deux personnes. Personnes très attachantes, que j'ai aimé découvrir ainsi que leur passé qui remonte petit à petit aussi. Deux personnes fragiles que l'on a envie de soutenir dans leur parcours. Le mot "résilience" me vient tout de suite en tête après la lecture de ce roman. Car l'un et l'autre, Dan et Ellie, doivent apprendre à se reconstruire d'une certaine façon, leur rencontre va les aider. J'ai aimé l'évolution de chacun, le temps que cela prend aussi.

Dans cette histoires, vous rencontrerez également un drôle d'oiseau... Celui qui se trouve en couverture du roman, un faisan. Il a un rôle à part entière dans ce roman, et je vous laisse l'apprivoiser lors de votre lecture du roman.  

Les mots d'Hazel Prior sont beaux. Le roman est rendu poétique je trouve, délicat aussi, malgré que certains événements ne soient pas, eux, forcément poétiques. Les thèmes sont forts, actuels. A découvrir à la lecture. La narration se fait en alternance de chapitres entre Ellie et Dan, idéale pour en apprendre sur eux et sur leurs ressentis et leurs émotions. 

Envie de fouler les chemins pour découvrir la grange aux harpes ? 
Je ne peux que vous conseiller cette lecture. 




Merci aux Editions de L'Archipel pour cette lecture 


lundi 18 septembre 2023

Promesse d'Irlande

 




Cleveland, Etats-Unis. Les trois soeurs Donaghue ont été contactées par une lointaine parente, une dame âgée qui se nomme Irène Tiernay. Celle-ci vit dans un petit village en Irlande. 

Irène Tiernay leur demande de l'aide afin de découvrir la vérité sur la mort de son père, survenue des décennies plus tôt à Cleveland, à l'époque de la prohibition. Cleveland, là où vivent les trois soeurs et où l'une d'entre elles tient un pub. 

Les soeurs Donaghue ne s'imaginent pas qu'elles vont faire une incroyable découverte sur leurs aïeux, au temps de la contrebande de whiskey. 

Elles vont alors être plongées dans de vieilles histoires, parfois maudites... Parmi les secrets : des drames, des histoires d'amour... 

Des découvertes qui les conduiront de l'autre côté de l'Atlantique, dans l'Irlande de leurs ancêtres, en quête de réponses sur leur famille, mais aussi sur elles-mêmes...

Saga multigénérationnelle.

Saga familiale irlandaise aujourd'hui avec ce joli pavé de plus de 600 pages que j'avais depuis un petit moment dans ma pile à lire et j'ai passé un agréable moment lecture entre Cleveland, aux Etats-Unis, et un petit village de la campagne Irlandaise. Je n'avais pas vu qu'il s'agissait là d'une suite de saga, le tome 2 et dernier tome de saga après Le refuge irlandais. Mais franchement cela ne m'a absolument pas dérangée et il peut se lire indépendamment s'en avoir lu le 1er tome. Il n'y a juste le fait qu'au début du roman on fait la connaissance de nombreux personnages mais on s'y fait vite une fois que l'on a chacun des personnages en tête.

Une saga multigénérationnelle qui va nous faire voyager dans le temps entre passé, l'époque de la prohibition aux Etats-Unis, et présent. L'intrigue tourne autour de secrets de famille, et plus particulièrement les ancêtres des 3 soeurs Donaghue, héroïnes du roman. Le roman a pour thème également les immigrants Irlandais aux Etats-Unis à cette époque de la prohibition.

Les trois soeurs, jeunes Américaines de Cleveland, vont découvrir leurs racines irlandaises. J'ai beaucoup aimé ce récit où se révèle des secrets de famille, des histoires d'amour, des drames aussi... 

Une histoire de plus en plus captivante au fil du roman avec des intrigues et secrets qui se révèlent. 

On y retrouve également des thèmes actuels comme les difficultés d'une mère célibataire, maman d'un petit garçon autiste. C'est le cas d'une des trois soeurs. Elle veut faire tout pour que son enfant ne soit pas différent, mais elle accepte peu l'aide d'autrui, si bien que l'épuisement se fait ressentir. J'ai aimé ces thème abordés : la différence ou plutôt non-différence, les difficultés d'une mère célibataire élevant un enfant autiste et les problématiques qui peuvent en découler, accepter l'aide d'autrui sans se sentir dévaloriser...  D'autres thèmes entrent dans ce roman également : le mariage, la vie de couple, les sacrifices, l'amitié, l'amour...

On retrouve l'ambiance irlandaise, dans les pubs, les paysages, mais j'avoue qu'il m'en manquait quand même un peu côté ambiance irlandaise. J'aurais aimé en avoir un peu plus. 

L'ambiance au temps de la prohibition est bien mise en avant. On plonge dans le passé. 

L'écriture est agréable, l'intrigue est riche et très plaisante à lire. 

Aimez-vous les sagas familiales ? 


mercredi 13 septembre 2023

Dix minutes par jour

 



Chiara, la trentaine, a tout pour être heureuse : un mari parfait, un job qu'elle adore avec une chronique dans un journal ainsi que plusieurs best-sellers à son actif. Une vie de rêve. 

Sauf qu'elle perd tout en même temps : romans en prévision, et adieu mari qui s'avère être volage. 

Chiara est alors prise d'idées noires, plus rien ne va, et pour s'en sortir elle décide de consulter une psy qui va alors la conseiller par le biais d'une drôle d'idée. Sa psy lui conseille de relevé un défi : chaque jour pendant 1 mois, elle devra pendant 10 minutes durant, faire quelque chose de nouveau, toujours anodin, voir d'un peu extravagant. Quelque chose qu'elle n'aurait jamais oser faire jusqu'à maintenant. 

Chiara se dit qu'elle n'a rien à perdre et se lance dans ce défi. Chaque jour, elle se fixe un objectif de réaliser quelque chose de nouveau pour elle : elle va alors prendre des cours de hip-hop, se mettre à marcher à reculons dans la rue...

Et si tout cela lui faisait prendre conscience de petits bonheurs et d'un nouveau départ ? 

Un peu fou ce défi ?


Lecture amusante. 

Trouvé en boîte à livres, ce petit roman m'intriguait sillonnant entre roman et développement personnel. 

Il est écrit sous forme de journal chronologique, où chaque chapitre débute par une date, les heures du lever et coucher du soleil, ainsi qu'un fait marquant de ces 10 minutes à consacrer par jour à une nouveauté ou une chose un peu folle mais toujours anodine à réaliser que l'on retrouve plus amplement dans le chapitre. Oui, un défi fou lancer par la psychologue de la protagoniste qui porte le même prénom que l'autrice elle-même. Peut-être y a-t-il de l'autobiographie dans ce roman ? Un défi que j'ai trouvé amusant, car en effet il peut faire prendre conscience de certaines choses et puis je trouve cette idée de prendre 10 minutes par jour rien que pour soi pas mal du tout car vous le savez, vous êtes concerné aussi, parfois les journées défilent à vitesse grand V et on ne prend pas assez de temps pour soi. 

Ce défi que l'héroïne va devoir relever, va lui permettre de faire mieux connaissance avec elle, car consacrer 10 minutes par jour de nouveautés, voir de petites folies, va changer sa façon de voir les choses et de prendre conscience de certains petits bonheurs de la vie. Elle va surtout retrouver une motivation après avoir tout perdu, trouver la force aussi de prendre de l'avant et de remonter la pente avec légèreté.

Vous le devinez certainement, les défis que l'on va retrouver sont parfois un peu foufous et vont apporter de l'humour au roman. 

La lecture est à la fois amusante tout en faisant prendre conscience des petits bonheurs de la vie, et que parfois il suffit d'un rien, juste d'apporter à sa journée un peu plus de légèreté. Mais je dois aussi être honnête, et dire que j'ai trouvé quelques longueurs à ma lecture. Si bien que malgré que le roman soit court, je l'ai souvent reposé puis repris plus tard pour en faire sa lecture. 
Malgré cela, je ne regrette pas d'avoir lu pour autant ce roman car il reste très sympa à lire.

Et cette idée de 10 minutes par jour à soi pour un défi me plaît beaucoup. 

Et vous, quels seraient vos choix pour utiliser ces 10 minutes de nouveautés 
par jour pendant un mois ? 


lundi 11 septembre 2023

ça a commencé comme ça

 



Dans le Sud-Ouest de la France, ça a commencé comme ça, avec des effluves de confiture de groseilles en train de cuire dans la marmite en cuivre. Pourtant, elle va finir brûlée cette confiture car des cris en provenance du jardin appellent à l'aide celle qui surveille la cuisson, Flore. Flore qui va devoir quitter la surveillance de cette préparation pour courir au jardin auprès de celui qui crie, coincé entre les branches du vieux pommier...son père. 

Flore est célibataire trentenaire et élève sa fille comme elle le peut, alors que son ex promet tant de choses à cette enfant, qu'il ne tiendra jamais. Flore sera toujours là pour soigner les désillusions de sa fille. Flore vit également avec son père, veuf. 

Flore se sent bien à vivre comme cela. Il lui en faut peu. Elle ne cherche pas de nouveau compagnon, elle a les mêmes amis depuis des lustres, son petit train train habituel lui va bien. Elle vend ses viennoiseries, confitures, etc, sur le marché, ainsi que ses décoctions qu'elle fabrique grâce à ses cueillettes. Le problème de Flore est qu'elle est trop gentille avec tout le monde, et ses clients ne lui payent pas les factures en temps voulu. Flore n'en fait pas part, mais elle est dans la panade côté finances car elles sont trop justes pour pouvoir pleinement faire plaisir à sa fille avec des petits cadeaux, trop justes pour prévoir les réparations nécessaires dans la maison et la chaudière va bientôt tomber en panne....

Et ça a commencé comme ça, le jour où les amis de Flore l'ont inscrite à son insu à un concours de confitures. Mais voilà, la figue est imposée comme fruit. Et comment faire lorsqu'il n'y a plus aucune figue sur les étals des marchés du sud-ouest ? Seule personne à pouvoir peut-être en posséder pour son consommation personnelle, c'est Corto, le beau jardinier ténébreux du village. Mystérieux au vu de tous. Pourquoi mystérieux ? Car personne ne sait d'où il vient, ni rien sur l'homme en lui-même. Alors les langues y vont de mises, peut-être faut-il se méfier de Corto...

Mais Flore va devoir tout faire pour savoir s'il serait prêt à lui octroyer quelques figues pour le concours car à la clef une belle somme d'argent qui pourrait l'aider dans son quotidien.

Du vrai feel-good.

Une lecture bien agréable, avec un roman qui fait du bien, de l'humour, des sentiments, des liens familiaux, de l'amour, de l'amitié. Du feel-good. 

J'ai aimé faire la connaissance de Flore, cette maman solo trentenaire qui élève sa fille, tentant de désamorcer tout ce que le père de l'enfant fait croire à l'enfant. Cette jeune femme vit également avec son père, veuf. Un homme que j'ai trouvé touchant, toujours dans son passé, son amour pour sa femme, mais se refusant d'en faire part. L'autrice vient alors aborder les difficultés de paroles entre ceux qui sont encore présents pour parler de ceux partis trop tôt. Car ici, entre Flore et son père, le sujet délicat d'aborder le deuil et la mort de celle qui a partagé leur vie, est difficile. 

L'amitié tient ici un rôle important, tout autant que la solidarité, et ça fait du bien. 

Les personnages sont très attachants, tous autant qu'ils sont et j'ai adoré passé un moment auprès d'eux. Des gens simples auxquels ont peut s'identifier.

Les décors sont charmants, dans la campagne du Sud-Ouest, autour de plantes, de fleurs, de soleil. Autour de cuisine également, car Flore concocte de vraies merveilles en pâtisseries, viennoiseries. Et elle est la reine des confitures. La reine des décoctions et huiles essentielles également, à base des cueillettes qu'elle fait dans les champs et chemins de traverses. Tous au village viennent la voir pour soigner leurs bobos.

La plume est agréable avec une histoire bienveillante autour d'une famille et d'amis, de gens d'un village. Les péripéties que va vivre Flore apportent de l'humour qui donne le sourire tout au long de la lecture. 

Alors voilà, ça a commencé comme ça, et j'ai passé un très bon moment avec des personnages attachants,
 à partager des moments de vie.  



vendredi 8 septembre 2023

L'héritière de Tambora

 


Irlande, 1920. Tara a déjà fuit sa famille à la suite d'un drame, pour se réfugier auprès d'une communauté de gitans, épaulée par celui qu'elle épousera, gitan lui aussi. Désormais, elle doit fuir l'Irlande lorsque son mari est emprisonné, risquant la pendaison. Les gitans ne veulent plus de Tara dans leur camp car hormis le fait qu'elle soit la femme d'un des leurs, ils ne l'ont jamais considérée comme de leur sang. Elle n'a plus où aller et se refuse de retourner voir ses parents avec qui elle a coupé les ponts depuis le drame. De plus, d'anciens gitans lui réclament de l'argent que leur doit son mari. Lui-même emprisonné, il lui demande de partir loin d'ici, de refaire sa vie.

Elle quitte donc l'Irlande à bord d'un paquebot et se tourne vers l'Australie où sa tante, Victoria, qu'elle n'a pas revue depuis 7 ans, possède une ferme. 

La traversée à bord du paquebot fût très périlleuse et, à son arrivée, jamais elle n'aurait pensé démarrer de telles façons sur les terres australes. 

Beaucoup de kilomètres encore avant d'arriver à la ferme de sa tante et c'est avec l'aide d'un mystérieux solitaire, éleveur de chameaux, prénommé Ethan, qu'elle y parviendra en parcourant des kilomètres de terres sauvages à travers l'outback. 

Lorsqu'elle arrive enfin, elle découvre alors un domaine au bord de la ruine, sa tante est très fatiguée, se plaint de problèmes de vue. Tara ne s'attendait pas à cela.

Elle va utiliser toutes ses forces pour parvenir à sauver de la ruine la ferme de Victoria, retrouver la prestance que la ferme possédait auparavant. Elle n'est pas certaine de pouvoir vivre face à la chaleur accablante, la sécheresse... Il lui faudra beaucoup de courage si elle souhaite accéder à ses intentions et sauver ceux qu'elle aime. 

Dépaysement garanti.

J'avais beaucoup aimé le roman Au Pays des Eucalyptus d'Elizabeth Haran, j'en avais apprécié son côté historique, son dépaysement, la condition de la femme, des héroïnes fortes à chaque fois, etc. J'ai retrouvé ici les grandes lignées. 

Une belle aventure à vivre avec des péripéties que va devoir surmonter l'héroïne du roman, Tara, une Irlandaise expatriée en Australie par la force des choses. Je ne vous dévoile rien ici sur ce qu'elle va vivre entre l'Irlande et l'Australie ni pourquoi sa vie va changer du tout au tout car je ne souhaite rien vous spoiler. 

Dépaysement total dans l'outback australien, et à nouveau l'autrice décrit parfaitement les terres australes sauvages, arides, la sécheresse qui s'abat sur les terres, le bruit des mouches qui pullulent en les lieux, le manque de tout. Les animaux, les terres, que Tara découvre, sont sauvages. Elle qui vient de l'Irlande n'est pas habituée à tout ça.

Les rebondissements viendront alimenter l'aventure de Tara, elle va devoir affronter beaucoup de choses et tenir bon. Les secrets se révèlent, les coups bas aussi car elle ne sera peut-être pas forcément bien accueillie par tous sur ces terres australes... On ne s'ennuie pas un seul instant. 

Outre cette belle aventure, saga familiale, on découvre également des thèmes sociétaux pertinents notamment la vie entre les pionniers et les aborigènes. Pour cela, le côté historique du roman est intéressant.

Les messages qui ressortent de cette lecture sont beaux.

On ne peut que s'attacher à l'héroïne, Tara. Une femme courageuse sur bien des points et on ne peut que l'admirer. D'autres personnages sont intéressants à suivre, vivre leurs émotions à leurs côtés est palpitant.  Mais je ne dévoilerai pas ces personnages ni leurs liens avec l'héroïne, toujours pour ne rien spoiler. 
Les rencontres au sein de ce roman sont très enrichissantes.

Une plume parfaitement descriptive et c'est très agréable pour une évasion totale, mais j'avais déjà ressenti ça lors de ma lecture de Au Pays des Eucalyptus. Evasion garantie avec cette lecture au coeur de contrées sauvages.

Je ne peux que vous conseiller cette aventure romanesque, ce joli moment d'évasion. 



Merci aux Editions de L'Archipel pour cette lecture