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mercredi 15 avril 2026

Và où la rivière te porte

 




Années 40, dans les étendues sauvages du Colorado, petite ville d'Iola. 

Victoria Nash est une jeune femme de 17 ans. Elle gère tout avec brio, elle fait à manger, gère les quelques bêtes de la ferme, et s'occupe du verger de pêches de son père. Les pêches Nash sont d'ailleurs réputées et on vient de loin en acheter. 

Torie, comme son père la nomme, a perdu sa mère jeune et n'a aucune tête féminine qui a pu l'aider à se construire en tant que femme, pas de mère pour l'aider à faire la transition entre fille et jeune femme. Alors, elle s'est toujours débrouiller toute seule, entourée d'hommes : entre son père colérique et un frère violent, Seth. 

Lorsqu'un jour, elle rencontre Wilson Moo, un vagabond venant d'arriver en ville, Victoria se sent attirée par cet homme et ne peut expliquer les émotions qu'elle ressent envers lui. Une relation qui va devoir restée secrète, marquée par des défis, dont celui des préjugés raciaux de la communauté. Wilson est un indien au passé mystérieux. 

L'étincelle entre eux va déclencher autant de passion que de malheurs. Dans cette ville entre montagnes et rivière, Victoria va devoir affronter le passage à l'âge adulte seule, faire face aux changements de son temps tout en sauvant sa propre vie et celle de son si cher verger de pêches. Elle découvrira un amour interdit, mais aussi la perte...

Enorme coup de coeur pour ce roman de toute beauté. 

Je l'ai refermé en me disant que les protagonistes et les lieux allaient me manquer. 

Que d'intensité ressentie à la lecture de ce roman ! Magnifique roman initiatique, historique aussi. L'écriture est belle, profondément émotionnelle et surtout immersive. Les personnages ainsi que les faits qui se produisent semblent réels. Idem pour les lieux. Des descriptions magnifiques sur cette nature qui nous parle, qui prend place tel un personnage à part entière dans ce récit. Des citations à extraire de cette terre, de cette eau. 

Extrait : 
"La force, avais-je appris, était pareille au sol de cette forêt, faite de petits triomphes et d'erreurs innombrables, d'heures de soleil suivies de soudaines tempêtes qui ravageaient tout. Nous sommes tous semblables, ne serait-ce que parce que nous partageons cette même belle et douloureuse manière de croître, une étape après l'autre, en tombant, en repoussant les débris pour nous relever, sans jamais perdre espoir."


L'histoire...est de toute beauté. Une histoire déchirante, puissante. Les thèmes sont forts : les luttes de la femme dans un monde hostile et patriarcal, l'amour, la résilience, le passage à l'âge adulte, le racisme. Tant de messages intenses et toujours d'actualité. 

Victoria est un personnage extrêmement touchant, elle devra se battre, apprendre à survivre grâce à la nature. 

Le roman est marquant, il ne me quittera pas de sitôt. 

Si vous ne l'avez pas encore lu, je ne peux que vous le conseiller. 

mardi 2 avril 2024

L'Agence - ou L'Agence Changer Tout

 



Juliette Forestier, 29 ans, est journaliste parisienne et elle élève seule son fils de 10 ans, Adrien. 

Depuis la mort accidentelle de ses parents, elle élève également sa jeune soeur Alice. Elle n'avait que 5 ans à l'époque où cela s'est produit, et aujourd'hui Alice est âgée de 15 ans. 

Juliette mène une vie sage entre son emploi, son fils pour lequel on a diagnostiqué récemment un diabète. Juliette fait tout pour lui, pour qu'il apprenne à gérer sa maladie, calculer les doses d'insuline nécessaires. Elle fait tout également pour sa jeune soeur, Alice, avec qui elle a beaucoup de mal à parler de la mort de leurs parents. D'ailleurs, Alice accuse sa sœur d'être à l'origine de la mort de leurs parents et Juliette en est bouleversée et le vit mal. Et comme elle dit : "Elle a beau s'appeler Alice, vivre avec elle n'est pas faire du tourisme au pays des merveilles." En effet, Alice ne fait que se rebeller auprès de sa soeur qui l'élève depuis 10 ans.

Entre tout ça, Juliette ne pense pas beaucoup à elle. 

Par le biais du hasard, Juliette retrouve son amie d'enfance, Sarah, anglaise, qui, à la grande surprise de Juliette, vit désormais avec son compagnon dans le Gers. Cette région, elle la connaît bien. C'est là où elles passaient autrefois leurs vacances dans la maison de la grand-mère de Juliette. Juliette n'a jamais remis les pieds dans le Gers depuis la mort de sa grand-mère. 

Alors, lorsque Juliette perd son emploi et qu'elle ne sait comment elle va subvenir au besoin de son fils et sa soeur en plus de payer le loyer parisien, Sarah la persuade de venir la rejoindre dans le Gers et de s'associer avec elle pour créer une agence. L'agence "Changer tout". 

Une agence pour aider les gens qui le souhaitent à changer de vie en organisant pour eux une nouvelle vie clé en main. 
Nouvelle vie.

Une jolie histoire avec ce roman de Lorraine Fouchet, L'Agence, réédité en 2023 sous le titre : L'Agence Changer tout.

Une histoire autour du changement de vie. Un changement de vie, oser changer de vie... pas forcément évident pour chacun. Et j'ai trouvé ce roman agréable et bienfaisant. 

Un roman qui se dévore tellement on y est bien parmi des personnages attachants et au coeur d'une région en symbiose avec la nature. Une région que l'on a envie de parcourir. 

Des personnages attachants oui, tous autant qu'ils sont. Et vrais, si bien que l'on peut facilement s'identifier à eux. Des personnages chez qui la maladie est présente : le diabète diagnostiqué chez le fils du personnage principal, Juliette. Et cette maladie est fort bien décrite tout au long du roman, avec ses contraintes. Des personnages chez qui on doit surmonter le deuil également : avec la mort accidentelle des parents de Juliette et Alice. Un contexte difficile car ici, Juliette a dû élever sa jeune soeur alors âgée de 5 ans au moment des faits. Un deuil difficile pour les 2 soeurs, l'une se sent responsable de la mort de ses parents, l'autre accuse sa soeur d'en être la cause. 

Le temps de parole entre les 2 soeurs est difficile et pourtant il y a un abcès à crever pour avancer... 

Autre thème également dans ce roman : la perte d'un emploi. Un fait qui engendre bien des choses, notamment ici le fait de ne plus pouvoir payer un loyer parisien beaucoup trop cher. Ce qui amène à prendre des décisions, changer de vie.... Un thème intéressant.

Un roman riche comme vous pouvez le voir. Surtout qu'il y a des secrets de famille à découvrir !

J'ai beaucoup aimé la relation amicale entre Juliette et Sarah même si elles se sont perdues de vue pendant quelques années. 

Une seule remarque peut-être à faire sur ce roman, édité tout d'abord en 2003, on y retrouve des codes datant de cette époque notamment au sujet d'internet où dans le roman on est en mode ADSL... mais c'était d'époque. Il y a un  petit côté d'un autre temps, mais c'est charmant. 

On ne s'ennuie pas un instant et je n'avais pas envie de quitter les personnages de ce roman.

Un bon moment livresque, qui fait du bien.



vendredi 7 avril 2023

La tête sous l'eau

 


Saint Lunaire, en Bretagne. C'est ici qu'a déménagé la famille d'Antoine, ses parents et sa sœur Léa. Ils ont quitté Paris il y a 2 ans, le couple en avait marre de Paris et ont trouvé un emploi en Bretagne. Vivre à la mer toute l'année ! Une chance avaient-ils dit à leurs enfants. Léa était furieuse de devoir laisser ses amis derrière elle.

Antoine, lui, s'est tourné vers le surf. 

mardi 15 juin 2010

Elegie pour Laviolette





Auteur : Pierre Magnan

Editeur : Robert Laffont
Policier - Série Laviolette - Héritage - Alpes
Pages : 263
Parution : Mai 2010












4ème de couverture

"J'avais été laissé pour mort par l'assassin, que j'avais poussé au crime en le persuadant qu'étant seul avec moi, il ne risquait rien à me faire disparaître. J'avais cependant adressé au juge Chabrand une lettre qui lui racontait ma mort et tous les détails de l'enquête l'ayant précédée. Il arriva avec ma lettre le soir même dans l'estafette des gendarmes. Grâce à leurs torches électriques, ils trouvèrent un cadavre entier, celui de l'assassin qui n'avait pu se résoudre à me donner le coup de grâce car il m'aimait bien dans le fond. Le transport de justice dénicha aussi un demi-cadavre : moi, gisant sur le ventre, le nez sous une touffe de thym, baignant dans une mare de sang. Chabrand m'avoua plus tard que, dans le fourgon qui fonçait vers l'hôpital toutes trompes dehors, il avait failli me secouer par l'épaule, afin de me signaler le clair superbe qu'il faisait là-dehors, grâce au croissant de Diane et à la conjonction Vénus-Lune qui venait d'apparaître sur le filigrane du ciel". Ainsi le commissaire Laviolette n'est pas mort ! Au contraire, il est chargé d'une nouvelle enquête : un homme vient de s'éteindre à l'hôpital de Gap, et les neveux spoliés portent plainte pour captation d'héritage. Le décès est naturel. Deux détails pourtant : la veuve a célébré ses noces avec le mourant quatre jours auparavant en évinçant la maîtresse en titre, et on a trouvé sur les mains de la victime d'abondantes traces de talc...


Voilà que le commissaire Laviolette, proche de la retraite, est muté dans la région de Gap. Lui qui au cours d’une précédente enquête avait été laissé pour mort… Il quitte donc Digne. Il va devoir travailler sur une enquête, en compagnie du juge Chabrand avec qui il a déjà eu affaire de nombreuses fois auparavant. 

On lui confie l’affaire d’un homme d’un certain âge ayant succombé à une folle nuit d’amour avec sa jeune épouse. Les héritiers pensent qu’il ne s’agit pas d’une mort naturel, et que l’on veut mettre la main sur leur héritage. Mais le décès est considéré comme naturel pourtant…
Laviolette est sceptique à cette conclusion, le talc retrouvé sur les mains de la victime, entre autre, laisse perplexe notre inspecteur.

Laviolette arrive dans un village perdu de la région de Gap. Connaissant les ficelles de la région, il arrive avec des souliers ferrés adéquates pour la région, non pas comme le juge Chabrand arrivé sur les lieux avec ses beaux souliers et qui au premier coup d'oeil sur les godillots de Laviolette se fiche royalement de lui. 

Dans ce village perché des hauteurs de Gap, il va y découvrir un cimetière bien étrange et faire la connaissance des anciens du village, bien méfiants envers les gens qui ne sont pas du coin. Il va tomber amoureux du pain qu’on y fait, il montera d’ailleurs jusqu’à ce village, dans sa deudeuche, juste pour y acheter son pain. Mais il n’y a donc pas que le bon pain qui l’attire, cet étrange cimetière l’intrigue aussi. Il va fureter, écouter les cancans du village, et un peu à la Maigret, il va faire des découvertes sur d’autres morts suspectes, et découvrir notamment l’histoire d’une tontine.
Qu’est ce donc me direz-vous ? Il s’agit là d’un groupement de personnes qui mettent en commun des biens, des capitaux, qui reviennent au dernier survivant... mystère mystère me direz-vous.

Lu dans le cadre de Masse Critique Babelio.



Je ne connaissais pas du tout. Nous sommes en plein polar du terroir avec ce commissaire Laviolette. Je voulais découvrir Pierre Magnan, il est vrai qu’ayant ce personnage dans une série d’enquêtes, j’aurais plutôt souhaité démarrer par la 1ère enquête mais lorsque Babelio a proposé ce livre, je me suis dis pourquoi pas découvrir enfin le commissaire Laviolette. 

Il y a pas mal de références à d’anciennes enquêtes, alors il est vrai que c’est un peu difficile de bien comprendre ce qui s'est passé ultérieurement en n’ayant pas lu les précédentes enquêtes mais bon… 

Le personnage du commissaire Laviolette, de son prénom Modeste, est hors du commun, pour lui pas d’ordinateur ni de matériel sophistiqué, il se fie à son sens de la déduction et pratique toujours les vieilles méthodes. Modeste Laviolette est aussi amoureux des femmes, la chevrière du village perché des hauteurs de Gap, ne va pas laisser notre commissaire indifférent. Ce personnage emblématique, Commissaire Laviolette, est interprété par Victor Lanoux pour les diffusions de téléfilms sur France Télévision.

Pierre Magnan a une écriture remarquable, un vocabulaire riche, le langage poétique, il nous parle d’une région ensoleillée qu’il connaît bien. Cependant une chose m’a dérangé dans cette lecture, la lenteur… Cette lecture, je l’ai faite en 2 fois. J’en ai lu une première partie, et le rythme ne me tenant pas en haleine pour poursuivre, j’ai reposé le livre pour le reprendre ultérieurement. C’est vraiment la seule chose qui ne m’a pas convenue dans cette lecture, le rythme. J’aime généralement qu’en on est tenu en haleine avec moultes rebondissements, quand le rythme est soutenu et là ce n’est pas le cas. Alors bien entendu, là, c’est juste mon avis personnel par rapport à mes goûts habituels en lecture.

Mais je ne regrette pas non plus cette lecture, rien que pour la richesse d’écriture de Pierre Magnan.

Je remercie donc Babelio ainsi que les Editions Robert Laffont qui m'ont permis de découvrir la belle écriture de Pierre Magnan, alors même si je n'ai pas été "emballée" par le rythme, je renouvellerai l'expérience avec cet auteur, notamment avec le livre "La maison assassinée" qui avait été adapté au cinéma.



Livre lu et chroniqué sur mon ancien blog en Juin 2010