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lundi 17 août 2026

La mue : Un pèlerinage au Japon

 




Quête de soi. 

Emilie Saitas est une autrice et illustratrice Belge. 

Elle pensait ne plus reprendre l'avion, la voici installée dans un avion pour partir au Japon pour deux mois de marche sur l'île de Shikoku. Elle l'a décidé sur un coup de tête, un besoin. 

Un 16 juin, elle se retrouve sur le chemin des 88 temples, l'un des plus anciens lieux de pèlerinage, parcours spirituel bouddhiste de forme circulaire reliant 88 temples sur le pourtour de l'île de Shikoku. 
C'est l'un des plus vieux pèlerinage bouddhiste au Japon. Je ne connaissais pas du tout, et ce roman graphique m'a permis de faire cette découverte. Près de 1200 km à parcourir, traversant une végétation sauvage, des montagnes, longeant l'océan entre la mer intérieure de Seto et l'Océan Pacifique. Les illustrations, croquis au crayon, sont dépaysants et on voit bien les différents paysages traversés au cours de cette aventure. 

L'autrice se lance dans cette aventure après avoir découvert la marche sur le chemin de Compostelle. 

Elle nous offre un journal de bord avec ce roman graphique, qui capture chaque instant de son parcours, tant au niveau de sa marche dans la journée que de ses pauses et soirées dans des lieux parfois insolites. 

Une ode à la lenteur de chaque instant. Le corps, l'esprit aussi, s'allègent au fil des pas, au propre comme au figuré. Les rencontres peuvent être sauvage, comme avec les serpents par exemple. 

Et pour Emilie Saitas, il s'agit là, pour elle, d'une sorte de mue et un désir de changement, à l'image de ces serpents croisés au fil des chemins. Elle est arrivée au Japon épuisée. Elle espère un changement physique et psychique grâce à ce parcours des 88 temples. Savoir se perdre pour mieux se retrouver. 

J'aurais juste aimé en savoir un peu plus sur son état d'esprit avant d'entamer ce chemin, cela n'est pas trop détaillé sur le pourquoi elle a tout quitté pour se lancer dans cette aventure. 

Pèlerinage sous forme de récit de voyage que j'ai trouvé intéressant, avec une mise en avant des us et coutumes, tant au niveau des temples, que les traditions japonaises. 

Une introspection qui offre aussi au lecteur une certaine lenteur dans cette lecture, et ça fait du bien. 

Bien plus qu'un défi physique avec ces 1200 kms à parcourir, un voyage d'introspection.

jeudi 6 août 2026

Le printemps de Sakura

 





Sakura a 8 ans et vit à Tokyo avec son père depuis le décès accidentel de sa mère quelques années auparavant. Depuis, Sakura n'arrive pas à surmonter sa peine.

Pour des raisons professionnelles, son père, français d'origine, doit s'absenter quelques semaines pour son travail et décide de confier Sakura à sa grand-mère japonaise.  Mais Sakura ne connaît pas beaucoup son aïeule, et elle ne l'a quasiment pas vue depuis le décès de sa mère. 

Après un trajet jusqu'en bord de mer et son père reparti, les premiers jours sont difficiles pour Sakura car cette aïeule vit de façon traditionnelle et surtout au rythme de la nature. Ce qui plonge Sakura dans un grand désarroi. 

Le temps d'un printemps, ce séjour auprès de sa grand-mère maternelle va peut-être extérioriser la peine de Sakura, lui permettant de dépasser le drame et de s'ouvrir de nouveau à la vie. 
Petite pépite avec un coup de coeur pour ce roman graphique de Marie Jaffredo. 

Roman graphique de toute beauté et il fait un bien fou au coeur et à l'esprit. 

Une vie simple pour cette grand-mère qui vit en bord de mer, un vie traditionnelle japonaise. On ressent cette façon de vivre avec ce retour à la nature et ça fait du bien. 

Une résurrection pour cette petite fille avec un éveil des sens pour la petite fille de la ville. Eveil des sens sur des petites choses toutes simples de la vie, la découverte de plaisirs simples comme la pêche à pied, les senteurs des fleurs, l'air de la mer...

Magnifique BD, ou plutôt roman graphique de 112 pages. Magnifique, tant sur cette très belle histoire de deuil, de résilience, reprendre goût à la vie ; tant sur les splendides planches de dessins dans des tons doux identiques à l'histoire. Les décors sont superbes, chaque détail est à observer et les dessins sont d'une grande délicatesse et poétiques. 

Tout est apaisant ici. On y fait de belles rencontres, on vit des moments que l'on doit chérir chacun dans nos propres vies. Le goût de la vie est parfois fait de petites choses, et elles peuvent permettre à se relever après un drame. Que l'on soit enfant ou adulte. 

Doux, poétique, apaisant, ne passez pas à côté de cette merveille.

jeudi 25 juin 2026

Tant que nous sommes vivants

 



Un homme, Bo, un colosse ; et une femme, Hama, qui a perdu ses 2 mains. 

Dans une forêt, elle donne naissance à une fille, Tsell. Au moment de la naissance, ils croisent le chemin de Douze, petit être mystérieux, qui se trouve être sage-femme. Et cela faisait bien longtemps qu'aucun enfant n'était né ici. 

L'homme et la femme sont épuisés, Douze décide de les recueillir. Ils vont découvrir un petit peuple vivant sous terre dans un immense refuge, un véritable dédale d'escaliers, de couloirs, de galeries : LE BAS. 

Ici vit les frères et soeurs de Douze, tous cachés de la surface de la terre. Bo, Hama, et Tsell, sont accueillis par tous les habitants du Bas. Bo et Hama se sont fait une promesse : tant que nous sommes vivants, nous serons toujours ensemble. 

D'où viennent Bo et Hama ? Quelle est leur histoire ? Peuvent-ils s'engager à une telle promesse ? Et que va devenir Tsell, comment l'élever ici ? 
Roman graphique adapté du roman d'Anne-Laure Bondoux.

Tant que nous sommes vivants, pour lequel je ressors charmée par les dessins de toute beauté. 

Peu à peu on découvre l'histoire de Bo, Hama, Tsell. Les différentes parties du roman graphique nous permettent de découvrir l'avant, leur fuite. Je n'ai pas lu le roman d'Anne-Laure Bondoux mais j'ai trouvé cette BD magnifique. 

L'ambiance de l'histoire est sombre, pourtant en ressors un côté poétique et plein de vie. Un hymne à l'amour aussi. 

Il reste une part mystérieuse à l'histoire dans ce roman graphique, je ne sais pas si c'est comme cela aussi dans le roman éponyme. 

J'ai adoré les planches de dessins, splendides ! Une richesse au niveau des détails à observer, un trait de crayon que je qualifierais de charbonneux lié à de superbes lumières. Dans les dessins, on ressent le côté poétique de l'amour et en même temps la dureté de la vie. Beaucoup aimé aussi les tons plutôt neutre dans les dessins, et cela tout au long de la BD. 

La mise en images de ce petit peuple qui forme LE BAS est incroyable, tous les détails à observer dans ces tunnels, refuges, etc, apportent une richesse au roman graphique. Le lecteur devient observateur du moindre détail. Détails superbes aussi dans les expressions des visages des protagonistes. 

Une belle histoire, plutôt mélancolique, d'amour, d'amitié, de guerre, de fuite...

Très belle découverte.


jeudi 30 avril 2026

La nuit retrouvée

 



Hélène est une mère de famille quinquagénaire, et ses enfants sont venus fêter son anniversaire dans sa maison des Landes. Hélène mène une vie simple et bien rangée. 

Dans l'intimité de cette nuit d'été, elle confie à sa fille un secret et se souvient de cet élé où elle l'a emmené elle et ses frères au championnat mondial de surf. 

Le silence de la nuit est propice aux confidences. La fille d'Hélène restera médusée de ce qu'elle va apprendre de la bouche de sa mère.

Divertissant.

Roman graphique que j'ai vu passer à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux et qui m'a rendue curieuse en voyant le nom des autrice/illustratrice, Lola Lafon et Pénélope Bagieu. Ni une ni deux, le voilà emprunté à la médiathèque et me voilà partie au coeur de la forêt des Landes. 

Un roman graphique d'un peu plus de 200 pages qui offre un récit d'émancipation tendre. Sensibilité, humour mêlé à de la tendresse, Lola Lafon et Pénélope Bagieu ont su mettre leur talent dans ce récit tout en pudeur. Une BD intimiste sur les révélations d'une mère à sa fille, une BD nostalgique aussi. Cette révélation apporte à la relation mère/fille un côté touchant. Souvenirs d'une femme en mettant de côté celle d'être mère.

Les dessins de Pénélope Bagieu sont jolis, j'ai aimé ce côté lumineux des dessins tout au long de la BD même si pourtant nous sommes dans une ambiance nocturne pour certaines planches. 

J'ai trouvé ma lecture divertissante, légère, agréable moment lecture mais je vous avoue que je suis restée un peu sur ma faim. Malheureusement, l'histoire je l'ai vu venir très rapidement donc pas beaucoup de surprise. Elle reste sympathique à lire malgré qu'elle soit assez basique et un peu survolée. 

J'ai aimé par contre le lien entre Hélène et ses enfants qui la surnomme "Mamounette" et qui la charrie gentiment, des moments très affectueux que l'on ressent. 

Agréable à lire même si j'en attendais plus.




lundi 10 novembre 2025

Sombres citrouilles

 




Comme chaque année, au 31 octobre, la famille Coudrier se réunit à la Collinière pour des festivités. C'est l'anniversaire de Papigrand. 

Pour la préparation de la fête, tout le monde met la main à la pâte. Il y a la déco à installer, et pour cela, il y a les citrouilles du potager. Il suffit d'installer ensuite quelques guirlandes lumineuses. 

Pour les citrouilles, les plus jeunes sont chargés d'aller les chercher. Direction le potager accompagnés d'une brouette. Les enfants aiment se retrouver ensemble, entre cousins, frères et soeurs... 

Mais lorsqu'ils tombent sur le cadavre d'un inconnu dans le potager, tout vacille. Surtout lorsque l'homme ressemble étrangement à celui aperçu avec Papigrand dans l'après-midi. 

Pour ne pas gâcher la fête, les enfants décident de ne rien révéler aux adultes et de cacher le corps. Ils comptent bien éclaircir cette histoire, les soupçons gagnent les esprits des cousins qui observent les comportements des adultes. Peu à peu de lourds secrets de familles mais aussi plusieurs assassins potentiels font surface. 
Excellent !

Roman graphique de plus de 150 pages avec lequel je me suis régalée. Il est riche en événements et est passionnant à lire.

Roman graphique adapté du roman de l'autrice, Malika Ferdjoukh. Il a reçu le Prix Sorcières et je comprends. Tant au niveau de l'histoire que des splendides illustrations, ce prix est mérité. 

Les lieux sont enchanteurs et bien mis en valeur par de superbes planches aux couleurs automnales. Une belle demeure familiale entourée de forêt, d'animaux de la forêt mis eux aussi en avant. Je me suis régalée de ces planches aux couleurs chaudes, décrivant bien l'automne. 

Plusieurs histoires au coeur de cette intrigue, puisqu'il s'agit bien ici d'une intrigue tournant autour d'un cadavre retrouvé dans le jardin. 

J'ai aimé les changements de points de vue entre enfants et adultes sur certaines situations, on remarque bien ce que l'autrice veut mettre en valeur avec deux univers bien différents entre l'enfance et le monde adulte. 

La construction de l'histoire est idéalement faite, on ressent l'intensité au fil des pages. 

C'est un roman graphique jeunesse mais qui plaira tout autant aux adultes. Il explore les secrets de famille, les relations entre adultes et enfants et pensées de chacun à leurs niveaux d'âges. 

Les illustrations sont splendides, riches en détails, et cette ambiance automnale est grandiose. 

Bande dessinée parfaite pour la saison !!


mercredi 5 novembre 2025

Automne en baie de Somme

 



1896, en Baie de Somme, est découvert le cadavre d'Alexandre de Breucq. L'homme est un riche industriel à la réputation exemplaire. Le cadavre est retrouvé à bord de sa goélette échouée sur le rivage. 

Pour une affaire de cette importance, on fait venir le meilleur policier de Paris.

L'homme a été assassiné, et avant de mourir, il a juste eu le temps de tracer un chiffre sur les planches de la goélette. 

Très vite, l'inspecteur soupçonne la veuve, héritière d'un empire industriel. Mais c'est sans compter la découverte d'une maîtresse, modèle ayant déjà posé pour de nombreux artistes peintres de la Butte Montmartre, pour Mucha entre autre. 

L'inspecteur se voit alors doté d'une enquête plus complexe qu'il n'y paraît. 

Que j'ai aimé cette bande dessinée !

L'époque déjà. J'aime beaucoup tout ce qui tourne autour de la Belle époque. Et puis, j'ai aimé les graphismes. Superbes graphismes qui nous donnent la sensation d'avoir réellement remonté le temps, 1900, dans les rues de Paris, tellement les décors sont superbement croqués. 

L'intrigue est très prenante et portée par ces magnifiques planches de dssins. L'époque fin 19ème début 20ème siècle, art nouveau, est bien mise en avant d'autant plus que l'on traîne dans les quartiers de Montmartre où se déroule l'action de l'intrigue. Quartiers de Montmartre, à l'époque de la construction du Sacré Coeur mis en avant dans les planches de dessins. 

Et ce portrait parisien à la Belle époque est vraiment de toute beauté, entre les poses de modèles pour les peintres, les rues de Paris et ce quartier de Montmartre à cette époque, mais aussi les bas-fonds, etc. 

Une intrigue qui met aussi en avant la condition de la femme à l'époque, je n'en dit pas plus car cela a un lien avec l'enquête. 

Le titre, lui aussi, tient un lien avec l'intrigue. A vous de le découvrir bien sûr. 

L'histoire est découpée en 3 parties avec des textes soignées qui entrecoupent chaque partie. 

Esthétiquement parlant, c'est une belle réussite, et si vous aimez l'art nouveau, les modèles du peintre Mucha, etc, vous allez donc être charmé par cette bande dessinée. 

Un vrai régal tant au niveau de l'esthétisme que de l'intrigue. 

Une belle découverte.

mardi 21 octobre 2025

Peau d'Homme

 




En Italie, pendant la Renaissance. Bianca est issue d'une famille noble et est promise à Giovanni, jeune marchand. Bien sûr, comme il est de coutume à cette époque, ce sont leurs parents qui ont arrangé le mariage. Bianca ne connaît pas encore l'homme qui lui est promise, elle ne connaît rien à la sexualité, et devra comme toutes les femmes avant elle, retrouver son mari pour la nuit de noce. 

Avant le mariage, sa marraine lui révèle un secret transmis de génération en génération par les femmes de la famille. Bianca hérite d'une peau d'homme lui permettant alors de devenir un homme une fois la peau revêtue. 

Lui vient alors l'idée de se faire appeler Lorenzo une fois la peau d'homme sur elle, et d'explorer le monde des hommes. Peut-être aussi se rapprocher de l'homme qu'elle doit épouser, mieux le connaître. Mais dans sa peau d'homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes vis à vis de la sexualité. 




Quelle découverte !

Parcours initiatique, roman graphique moderne placé à la période historique de la Renaissance, traitant de sujets comme les différences de traitement entre la sexualité des femmes et celle des hommes, le plaisir, la liberté sexuelle... Des questions évoquées avec brio par Hubert et Zanzim sur le genre, la sexualité, en mêlant, grâce aux choix judicieux de cette période historique de la Renaissance, la religion, la morale, la noblesse...

C'est une belle découverte livresque que fût ce roman graphique parmi mes lectures du mois de septembre. 

Une fable bien pensée. D'abord, quant au choix de l'époque vis à vis des sujets modernes abordés, ces conventions qui pèsent toujours sur notre société. Les auteur/illustrateur mêlent parfaitement les thèmes pour aborder la libération des moeurs et la morale de l'époque répond parfaitement à celle de notre siècle sur les questions de l'émancipation, du genre...
Les scènes sont cocasses. 

Les illustrations de Zanzim se prêtent à merveille au texte et à la période historique, il y a une qualité graphique ici et de superbes choix de couleurs. Les détails dans les décors de la Renaissance sont superbes. 

Je comprends le succès de ce roman graphique, autant sur les prix reçus que sur l'engouement des lecteurs. 

Humour et réflexion, un roman graphique à découvrir.




lundi 22 septembre 2025

La brute et le divin


 



Eva est ingénieure et s'engage pour une mission sur une île déserte dans le Pacifique. Elle aura pour but notamment de réparer une station météorologique. 

Parmi les conditions de cette mission, il y a le fait de se sentir capable de vivre en autarcie durant toute la durée de la mission. Hormis son chien qu'elle emmène avec elle, Eva est partante pour cette mission en solitaire. Et on comprend pourquoi Eva a tout lâcher pour signer et s'engager pour cette mission. 

Les lieux sont magnifiques, Eva pense vivre une expérience paradisiaque, mais c'est sans compter un désastre écologique qui pointe son nez. Eva va le découvrir à ses risques et périls, et devra se débrouiller seule.


Environnement et biodiversité.

Voilà un roman graphique sur l'environnement, la biodiversité, l'écologie, que j'ai pris plaisir à découvrir. 

L'intrigue est agréable à lire, prend de l'ampleur au fil des pages avec ce désastre écologique qui pointe son nez et pour lequel l'héroïne va devoir faire face toute seule. 

Une jeune femme pleine de courage et de détermination, pleine de ressources aussi.

L'auteur du roman graphique a pris le temps de nous exposer pourquoi cette jeune femme accepte cette mission loin de la civilisation, et ses questionnements vis à vis de sa situation professionnelle avant d'accepter la mission à l'autre bout du monde. Des questions vis à vis de l'intérêt de son emploi qu'elle occupait jusqu'à maintenant, entre autre. 

Une jeune femme qui souhaite un retour à la nature pour s'y ressourcer. Sur place bien sûr, des lieux magnifiques et les illustrations sont superbes, on en prend plein les yeux avec des décors splendides au coeur du Pacifique.

Illustrations dépaysantes. Messages intéressants avec un questionnement sur le fait que ces endroits isolés du monde peuvent-ils ou non rester encore longtemps à l'heure actuelle des lieux isolés, vis à vis des convoitises de ces lieux idylliques... Et est-ce que la vie en totale autarcie est vraiment réalisable ou non à l'heure actuelle ? 

On découvrira alors jusqu'où cette jeune femme est prête à aller pour défendre ses opinions personnelles.

Roman graphique en totale adéquation avec l'actualité sur l'environnement et je ne regrette pas cette découverte. 


vendredi 29 août 2025

Loire

 

Louis, la soixantaine, reçoit une invitation d'Agathe, une femme qu'il n'a jamais pu oublier mais à qui il n'a jamais donné de nouvelles. C'était il y a longtemps...

Intrigué par cette invitation, ému par les souvenirs qui lui reviennent en mémoire sur ces années passées avec elle au bord de la Loire, Louis ne résiste pas à l'idée de prendre quelques jours pour revenir dans la lumière du fleuve.

Mais voilà, comme le fleuve lui-même le fait, il y a aussi les remous, les tourbillons, et le courant qui peuvent vous emporter...et Agathe a réservé une surprise de taille aux gens qui l'ont aimée.

Et puis il y a la Loire... 


Une ode à la nature. 

Je suis allée par hasard vers ce roman graphique, attirée par la coloration de cette jolie couverture et des pages feuilletées. 

J'ai trouvé dans ce roman graphique un récit émouvant et surtout de magnifiques planches avec une coloration vraiment superbe. Les illustrations sont une ode à la nature et à ce fleuve, la Loire. A certains moments, on n'a même pas besoin de dialogues car Etienne DAvodeau, grâce à ces dessins, nous fait ressentir : les sons, les mouvements de l'eau...c'est splendide. 

Etienne Davodeau met en avant ce fleuve qui accueille les oiseaux, mais aussi les bâteaux, les promeneurs, les cyclistes qui parcourt les bords du fleuve. 

Selon les émotions traversées au cours de l'histoire d'amitié entre Agathe et ceux qui ont croisé son chemin il y a longtemps, le fleuve change alors de teintes. Il y a un magnifique travail reliant les émotions aux planches de dessins. 

Côté histoire, c'est émouvant et la BD cache quelques surprises. J'aurai aimé une autre fin mais cela ne gâche en rien cette jolie découverte et ces belles émotions vécues, ainsi que ces magnifiques dessins.

Un vrai coup de coeur d'ailleurs pour cette coloration pastel. Il y a un effet apaisant à regarder les planches de dessins bien que parfois il y est des remous dans ce fleuve et dans l'histoire. 
Ce roman graphique nous rappelle de profiter de la nature, de la protéger, et de profiter aussi de chaque instant présent.

Très belle découverte.


lundi 30 juin 2025

Trois chardons

 




1933. Ecosse. Trois soeurs, trois chardons. 

Il y a Moïra, que l'on découvre habillée de noir se recueillant sur la tombe de son mari. Il vient de mourir subitement. 
Moïra et ses deux enfants vont devoir faire face à ce deuil, apprendre à vivre sans un père, sans un mari, mais aussi avec des finances moindres.

Sa soeur aînée. Margaret, lui propose de l'héberger chez elle le temps qu'elle puisse se retourner. Margaret vit sur l'île de Skye, au large de l'Ecosse. Une cohabitation dans une ferme simple où vit Margaret.

Elles sont rapidement rejointes par leur plus jeune soeur, Effie. Effie est à l'opposé de Margaret et Moïra. C'est une fille de la ville, sensuelle et toujours gaie, ne voyant pas la dureté de la vie. Elle débarque d'Edimbourg fuyant un mari volage.

Moïra a du mal à remonter la pente, elle aime se perdre dans les landes de l'île de Skye, à ses pensées de sa vie d'avant. 

Toutes les trois tentent alors de se reconstruire au gré de moments de complicité mais aussi de mises au point entre les trois soeurs. Margaret tente de secouer Moïra pour qu'elle reprenne goût à la vie, pour cela elle l'a pousse à s'extérioriser et à trouver un travail.  

Ce roman graphique fût un pur régal.

Pur régal tant au niveau des dessins que de l'histoire. Un roman graphique sur la reconstruction de trois femmes. 

J'ai beaucoup aimé cette histoire. Histoire de chagrin, de deuil, de reconstruction. Les thèmes sont intéressants, notamment sur la question de savoir si l'on a le droit d'être heureux, d'aimer à nouveau, après la mort de l'être aimé. A t-on le droit à un renouveau ? 

C'est la question que se pose Moïra, l'une des trois soeurs, après avoir subitement perdu son mari. A t-elle le droit de s'octroyer une nouvelle vie alors que celui qu'elle aimait est mort ? 

S'autoriser un nouveau bonheur. Les remises en question sont donc bien présentes tout au long de cette BD. Une histoire de sensibilité, de sororité aussi aux côtés de ces trois soeurs qui vont chacune s'entraider. 

Les décors de l'île de Skye sont superbes. Les falaises, le vent, les couleurs de la lande, etc, tout est magnifiquement représenté. On parcourt en plus le temps à travers les différentes saisons de l'année puisque l'histoire se déroule sur plusieurs saisons. On assiste donc aux changements de saisons dans les dessins de Cécile Becq. Ce cottage perdu au milieu de la lande où les trois soeurs vivent et se soutiennent est bienfaisant. 

On retrouve également de bons dialogues, avec des moments doux mais aussi des moments de vie intenses montrant la dureté de la vie à cette époque. 

J'ai pris un très grand plaisir à lire ce roman graphique que je ne peux que vous conseiller autant pour son histoire que pour les magnifiques illustrations et décors de l'île de Skye.


jeudi 10 avril 2025

Malgré tout

 



Maintenant
que je t'ai retrouvé,
j'aimerais tellement
te réserver
une petite place dans ma vie.
Une place remplie de mouettes, 
avec vue sur la mer.


De toute beauté.

J'ai enfin découvert le roman graphique de Jordi Lafèbre, Malgré tout, et je comprends l'engouement autour de celui-ci.

Il est en effet de toute beauté et à tous les points de vue : autant du côté des graphismes que du côté de l'histoire. 

Une romance de 150 pages avec pour originalité qu'elle soit à rebours. Oui, je vous laisse découvrir plus amplement cette construction en lisant cette BD, mais simplement vous dire qu'il s'agit d'une romance à rebours pour laquelle on va remonter le temps au fil des pages. Et quelle originalité ! Et quelle construction parfaite !

Je me suis laissée emporter par cette magnifique histoire d'amour, par ces tranches de vie de Zeno et Ana.

Charmée également par les dessins. Ils sont d'une élégance, d'une poésie... et la coloration est sublime en plus. Il y a aussi beaucoup de détails à observer je trouve, pour notre plus grand plaisir. 

Tant sur l'histoire sur les planches, on retrouve de la sensibilité et de la poésie. 

Les personnages sont intéressants à suivre. Ana et Zeno sont retraités, heureux, et ils ont encore tout à vivre, tous les possibles, et puis on va remonter le temps à leur côté mais cela d'une certaine manière...à rebours. 

Magnifique roman graphique, à découvrir si vous ne l'avez pas encore fait.




lundi 31 mars 2025

Gauguin - Loin de la route

 






Paul Gauguin peintre post impressionniste. 

Une bande dessinée qui nous trace le portrait de Gauguin lorsque, lassé de sa vie en France métropolitaine, il débarque à Tahiti pour s'y installer. Ce portrait du peintre retrace alors la toute dernière année de sa vie à Tahiti. 

L'homme est dépaysé par la vie à Tahiti, il retrouve un nouveau goût à la peinture et mène une vie très bohème. Il mène une vie d'excès de drogues, d'alcool, et de femmes. Il a tout abandonné en métropole pour vivre ses passions en toute liberté. Mais malheureusement la maladie l'atteint à causes de ses excès, malgré cela il continuera ses passions toujours présentes. L'homme est révolutionnaire, il s'opposera à tout, aux gendarmes, au code civil...

J'aime me plonger dans ce genre de roman graphique biographique qui nous permettent d'en découvrir plus sur des artistes ou personnes connues. Paul Gauguin, je n'en connaissais que certains de ses tableaux, mais je ne m'étais pas plus que ça attardée sur la dernière phase de sa vie à Tahiti. Ici, on parle beaucoup de l'inspiration de l'homme trouvée là-bas, du dépaysement qu'il l'a pris après avoir quitté la métropole, et surtout de ses excès.

J'ai été surprise de découvrir ce pan de vie de l'auteur, ses excès en tous genres, surprise de découvrir un homme malade, boiteux, accro à la drogue, à l'alcool, et surtout aux femmes et aux très jeunes filles (13 ans) et je n'avais pas cette représentation de l'artiste peintre !!! 

Les illustrations sont assez sombres mais joliment dessinées avec un trait plutôt gras et épais, et des couleurs faisant penser à la nature polynésienne (j'entends par là que l'on retrouve beaucoup de vert, de marron...).

Un roman graphique qui permet d'en connaître davantage 
sur l'homme et l'artiste à la fin de sa vie. 

lundi 16 décembre 2024

Lightfall - Tome 1 : La dernière flamme

 






Quelque part sur la planète Irpa. Béatrice vit avec son grand-père, un Cochon-sorcier très réputé qui fabrique des potions et qui est le gardien de la Flamme éternelle. Leur quotidien ressemble à une vie calme et tranquille.

Alors que Béa part en balade en forêt, son grand-père, le Cochon-sorcier, disparaît mystérieusement. 

Elle va devoir surmonter son anxiété maladive pour tenter de le retrouver. 

A ses côtés, Cad, un Galdurien, mi-grenouille mi-géant, qu'elle vient de rencontrer en forêt lors de sa balade. Il était lui-même venu rendre visite au Cochon-sorcier. Et eux deux, ont fait la terrible découverte qu'il avait mystérieusement disparu à leur arrivée dans la maison de Béa et son grand-père. 

Cad, un Galdurien. Ancienne ethnie que l'on croyait pourtant étainte depuis longtemps... Cad est l'un des derniers à avoir connu la vraie lumière du soleil.

Cad propose à Béa son aide pour retrouver son grand-père. Elle accepte volontiers, sans oublier d'emporter avec elle la Flamme éternelle restée dans un coin de la maison. 

Ils partent donc à travers le pays d'Ipra pour retrouver le Cochon-sorcier. Le début d'une grande aventure...
 
Totalement sous le charme !!

Un roman graphique jeunesse magnifique, tome 1 d'une trilogie, cette série fera le bonheur des adultes également. 

Gros gros coup de coeur pour les illustrations qui sont d'une immense beauté ! Les colorations attirent l'oeil et je découvre le talent de Tim Probert et toute sa créativité pour l'ensemble de ce roman graphique. 

Nous assistons ici dans ce tome 1 à la mise en place d'une grande quête initiatique. Une saga fantasy que je trouve de toute beauté, tant sur les paysages grandioses que sur les aventures à vivre en compagnie des deux personnages principaux, Béa et Cade. Intrigue captivante, mille aventures à vivre autour de la lumière... mais chut je n'en dirais pas plus. 

Quête également pour Béa, dans le sens où cette jeune fille est très anxieuse maladivement parlant. Elle va alors devoir affronter cette anxiété pour partir à la recherche de son grand-père et faire face aux aventures qu'elle va rencontrer (oui, il n'y a pas que des gentils à Irpa et elle va devoir mettre de côté son côté anxieux pour leur faire face...)

On a du coup un questionnement de soi, des aventures captivantes à vivre, des illustrations époustouflantes !! Magnifique découverte pour ma part et hâte de poursuivre l'aventure avec le tome 2. 

Si vous n'avez pas encore mis un pied sur Irpa, je ne peux que vous conseiller cette sublime série graphique conseillée à partir de 9-12 ans mais qui ravira tout autant les adultes.