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jeudi 6 juin 2024

Ciao Bella

 


Anna, enceinte de son deuxième enfant. Perturbée par cette nouvelle grossesse, prise de panique et d'idées noires qui la submerge, elle décide d'aller consulter une psy. Elle a peur de tout, de la foule, du bruit, de rouler sur l'autoroute...peur du chiffre quatre. Les phobies sont nombreuses.

Un 6 août, commence alors un échange entre Anna, et sa psy, qu'elle surnomme Lizy. Au fil de ces rencontres, Anna va livrer ses peurs mais aussi livrer avec humour des moments de vie. 

Des moments de vie qui nous plonge dans le pays de son enfance, l'Italie. Pays auquel elle a été arrachée petite et on comprendra pourquoi et comment elle a été arrachée à celui-ci. Et arrachée, est bien le mot. 

A chaque rendez-vous avec sa psy, c'est toute son histoire familiale qui remonte à la surface. Elle se livre sur son père, sur sa regrettée Nonna aussi, sa grand-mère, celle qui lui faisait vivre une vie de petite fille.

On peut alors se poser la question, à quel point l'enfance détermine une vie d'adulte ? 



Mon 1er Serena Giuliano ! ça se fête avec un Limoncello non !

Une jolie rencontre en tout cas avec ce personnage d'Anna, enceinte de son 2ème enfant, et pleine de phobies qui perturbent son quotidien. 

Serena Giuliano nous livre ici un joli portrait de femme, mais aussi un passé, une famille, un pays. J'ai aimé suivre chaque rendez-vous entre Anna et sa psy, même si je dois bien avouer, qu'au début de ma lecture, j'ai été un peu déroutée en m'apercevant qu'il ne s'agissait justement que d'un texte d'échanges entre Anna et sa psy tout au long du roman. Mais une fois assimilé cette narration, ça l'a fait.

L'humour est présent et ça fait du bien. On découvre l'enfance d'Anna, sa Nonna qui lui a donné une vraie vie d'enfant. On s'offre un moment d'évasion dans ce joli pays où l'on parle avec les mains et où les pasta mettent en appétit. 

J'ai aimé découvrir certains aspects personnels de l'autrice qu'elle a insérés ici dans ce roman à travers le personnage d'Anna, notamment sur des belles rencontres de personnes devenues amies, dans ce livre comme dans la vraie vie de l'autrice. 

Serena Giuliano mêle bien l'humour à des traits plus bouleversants dans un roman enrichissant autour de l'enfance et ce qu'elle détermine dans la vie d'adulte. J'ai aimé découvrir au fil de l'eau l'évolution d'Anna. 

Un roman aux jolis messages.

Et je n'ai qu'une chose à dire pour conclure : 
Arrivederci amici et buona lettura. 


mercredi 4 octobre 2017

Mille femmes blanches - Les carnets de May Dodd





Auteur : Jim Fergus
Traducteur : Jean-Luc Piningre

Titre original : One thousand white women - The Journal of May Dodd

Editeur : Editions Succès du Livre
Roman - Roman historique - Journal intime - Aventure - Conquête de l'Ouest - Indiens d'Amérique - Cheyennes - Condition de la femme - 19ème siècle - 20ème siècle - Politique américaine
Pages : 392
Parution : 1er janvier 2002








Synopsis :


En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles... L'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...


En septembre 1874, une rencontre a lieu à Washington DC, entre le chef Cheyenne, Little Wolf, et le président Ulysse S. Grant. Au cours de cette rencontre, Little Wolf demande au président Grant l'échange de mille femmes blanches contre mille chevaux. Les uns y voient la survie de leur peuple par le biais d'un mélange de sang car Little Wolf veut que ces femmes soient fertiles et fécondes et souhaite se rapprocher du peuple blanc qui piétine ses terres indiennes petit à petit ; les autres espèrent civiliser une tribu sauvage et permettre une intégration des descendants dans la civilisation blanche.

Les américains veulent également agrandir leur territoire et chasser les tribus indiennes de leur terre sacrée. Les premiers pionniers ont déjà commencé leur ruée vers l'or et il est courant d'en croiser dans les grandes plaines, prêts à se battre contre les Indiens.

La population est outrée et s'offusque de cette proposition complètement irréelle. Officiellement, on s'en tient à une idée complétement ahurissante qui n'aura jamais lieu. Officieusement, par contre, on prend en compte cette idée, des tractations sont menées, et le président Grant passera bien cet accord avec Little Wolf.
Dans les pénitenciers, dans les asiles de fous, cet accord se fait écho et alors des femmes se portent volontaires pour ce programme secret. Dans un premier temps, ce sont cent femmes qui se portent volontaires, principalement des femmes emprisonnées ou bien internées en asile psychiatrique, en échange de gagner leur liberté.

L'accord prévoit qu'elles vivent au minimum deux années durant parmi les "tribus sauvages".

Ces cent premières femmes partent pour une aventure inconnue dans les grandes plaines de l'Ouest parmi des hommes et des femmes qui n'ont absolument pas les mêmes us et coutumes, qui n'ont pas le même langage, etc. Le président Grant promet à Little Wolf d'envoyer les 900 autres femmes par la suite.

May Dodd fait partie des volontaires et elle nous retrace cette épopée à travers ses carnets intimes. May Dodd s'est portée volontaire en échange de sa liberté, internée injustement en asile psychiatrique.

Tout d'abord exaltées par cette aventure, ces femmes connaissent ensuite le doute. May Dodd consignera dans tous ses carnets ses sentiments mais aussi ceux des autres femmes, leurs peurs, leurs appréhensions. En somme, leur nouvelle vie à la fois passionnante mais aussi terrifiante. Ces femmes seront également confrontées à des barbaries sauvages, pas forcément venant du peuple indien. May Dodd apprendra à comprendre et aimer son peuple d'adoption. Elle s'apercevra au cours de son épopée que les plus sauvages de tous sont peut-être bien les Blancs.

Coup de cœur !!
 
Après avoir tant entendu parler des romans de Jim Fergus, je me suis lancée. Et je ne suis pas déçue puisque comme vous avez pu le constater c'est un coup de cœur. Mais quelle aventure !! Une aventure à couper le souffle !
 
Dès les premières pages, j'ai eu cette sensation de page-turner avec toujours l'envie d'en découvrir encore plus. Découvrir cette aventure incroyable, une aventure qu'il faut signaler comme écrite sous forme de récit fictif même si le point de départ entre la rencontre de Little Wolf et du président Grant s'avère être vrai. Du début à la fin, c'est puissant et exaltant.
 
Une écriture magnifique, un roman mis sous forme de journal. Celui de May Dodd, l'héroïne principale du roman. Et à travers ses carnets, l'héroïne nous trace les portraits de toutes ces personnes qu'elle a pu rencontrer, elle trace les portraits de ces femmes qui l'ont accompagnée dans cette aventure notamment. Des femmes charismatiques, issues de milieux différents, blasées de leur vie chez les Blancs, déçues par les Blancs, et prêtes à tout pour recommencer une nouvelle vie.
Portraits incroyables également de ce peuple Indien, de leurs us et coutumes parfois barbares. On découvre alors une autre culture, celle dont ces femmes devront désormais s'acclimater même si, toutefois, elles réussiront à apporter quelques grains de poussières de leurs propres habitudes "civilisées".
 
C'est magnifiquement écrit, de telle sorte que l'on pourrait croire que tout est réel et que rien n'a été mis en fiction. Les carnets de May Dodd sont donc écrits par l'héroïne, partageant ses réflexions, décrivant ses aventures et celles d'autres femmes. Tout est décrit d'une façon si réelle et crédible qu'on s'y croirait, même dans les scènes les plus difficiles... Et ô combien il y en a pour ces femmes... Ce qu'elles ont vécu est parfois terrible il faut le dire, même si l'auteur a écrit une fiction, ne l'oublions pas ; mais, ici, tout paraît bien réel et, encore une fois, très crédible.  
 
On tombe, bien évidemment, en admiration devant ces femmes, leur courage, leur volonté, et tant d'autres choses encore et l'auteur apporte beaucoup de soin aux détails des caractères de ces personnages et à leur vécu.
 
L'auteur a une réelle capacité à dépeindre les émotions de ces femmes. Beaucoup de sensibilité ressort de sa plume.
 
Beaucoup de soin apporté également au niveau du décor. Wha, ces plaines de l'Ouest.....
 
Et notons également, que ce roman évoque également le côté politique et religieux de l'époque.


Je ressors de cette lecture avec beaucoup d'émotions diverses devant ces femmes courageuses et devant ce peuple Indien qui, on le sait, partait à sa perte avec la ruée vers l'or. C'est un magnifique roman et je me demande pourquoi je ne l'ai pas lu plus tôt... Il est à découvrir !