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mercredi 15 octobre 2025

Chagrin d'école

 



Quoi de mieux que le mois de septembre et la rentrée scolaire 
pour lire Chagrin d'école de Daniel Pennac. 

En 4ème de couverture, vous y découvrirez un bulletin scolaire de l'auteur lui-même. Il s'est d'ailleurs replongé dans ses archives personnelles pour écrire ce roman en partie autobiographique. 

Je ne vous fais donc pas de résumé, ici l'auteur, mauvais élève, retrace le parcours d'un cancre dans un système scolaire pas forcément bien adapté. C'est truffé d'anecdotes sur le propre parcours de Pennac. Il mêle parfaitement ses propres souvenirs aux réflexions qu'il peut avoir sur le système pédagogique, mais aussi sur l'importance du regard d'un professeur vis à vis de son élève. L'impact que cet ensemble peut avoir sur la psychologique de l'élève et dans son envie de développer certaines capacité et d'évoluer ou bien en sens inverse d'abandonner et lâcher prise en se faisant engloutir par ce système scolaire. Il met en avant également la souffrance de l'élève d'être cancre et un certain sentiment d'exclusion vis à vis des autres. 

Je trouve que l'auteur a réussi idéalement à analyser à la fois la position de l'élève cancre avec sa difficulté d'apprentissage mais pourtant en soif d'apprendre, et l'importance du rôle du professeur sur l'élève. 


"Si je veux espérer leur pleine présence mentale, il me faut les aider à s'installer dans mon cours."


L'auteur analyse les deux points de vue par le fait qu'il a été à la fois cancre lorsqu'il était enfant, et le fait qu'il soit devenu lui-même enseignant par la suite. 

Il analyse tout aussi bien l'angoisse des parents vis à vis de l'élève cancre. 

J'ai aimé cette lecture à la fois autobiographique, à la fois analyse du système pédagogique entre la place de l'élève (ici un élève cancre) et la place de l'enseignant. 

On a égalament l'avancée entre le cancre qu'il était et pas à pas, qui il est devenu. 

J'ai aimé les souvenirs mélangés de l'auteur, ils font parfois remonter certains de nos propres souvenirs d'école. Automatiquement il nous replonge dans une certaine nostalgie, dans notre propre scolarité. 


" Tout le mal qu'on dit de l'école nous cache le nombre d'enfants qu'elle a sauvé des tares, des préjugés, de la la morgue, de l'ignorance, de la bêtise, de la cupidité, de l'immobilité ou du fatalisme des familles."


Une lecture que j'ai trouvée idéale en ce mois de septembre. 


vendredi 14 juin 2024

Clara lit Proust

 




Dans ce petit village de Saône-et-Loire, au Salon de coiffure "Cindy Coiffure", le temps passe au rythme des histoires qui s'y racontent et des tubes diffusés sur la radio branchée en continue sur Nostalgie.

Pour Clara, c'est le train train quotidien de son métier de coiffeuse. Un train train dont elle se contente sans plus.

Jusqu'au jour où un homme va changer sa vie : Marcel Proust. 

Cela grâce à un roman de Proust oublié par un client venu se faire coiffer, oubliant un roman de Proust sur une tablette du salon de coiffure.

Clara va se découvrir alors une nouvelle passion : la lecture. A travers la lecture des romans de Proust, elle va partir à la rencontre d'elle-même et va s'apercevoir à quel point un roman peut être marquant et peut changer une vie.


Un joli roman !

A savourer comme une gourmandise, un bonbon.

Que vous ayez déjà lu ou non Proust dans votre vie, vous allez adorer mettre un pied dans ce salon de coiffure de cette petite ville de Saône-et-Loire et faire la connaissance de Clara, coiffeuse chez Cindy Coiffure

Un roman plein de charme, où on s'y sent bien entre les histoires des clients ou des coiffeurs du salon de coiffure, et entre la découverte d'une nouvelle vie pour Clara. 

Nouvelle vie, quête de soi, pour cette jeune femme, et cela grâce à la lecture et à travers les romans de Proust. La littérature, pour nous amoureux des livres, apporte ici à cette jeune femme une nouvelle perspective de sa vie et j'ai aimé voir dans un roman, comme ici dans Clara lit Proust, ce que la lecture peut en effet apporter. 

L'écriture de Stéphane Carlier est délicate et teintée d'humour, il nous donne envie de se plonger ou de se replonger dans l'œuvre de Marcel Proust. 

"Proust. Avant, ce nom mythique était pour elle comme celui de certaines villes - Capri, Saint-Pétersourg... - où il était entendu qu'elle ne mettrait jamais les pieds."

Découvrir Proust pour Clara, lui voue une nouvelle passion : la lecture. Plus rien ne l'arrête et elle engage même une introspection sur sa vie, sur elle-même. A travers la lecture des romans de Proust, la jeune femme part à la rencontre d'elle-même, à la rencontre de ses envies. Parfois grâce à la réminiscence qui survient quand on ne s'y attend pas. Un souvenir lointain...telle la madeleine de Proust. 

Ce court roman ne peut QUE parler aux amoureux de la lecture que nous sommes. C'est tendre, et c'est un bel hommage au pouvoir des livres. 

J'ai adoré ma découverte de Stéphane Carlier, et j'ai très envie du coup de découvrir ses autres romans. 

Je ne peux que vous inciter à découvrir ce charmant roman. 


jeudi 9 septembre 2021

La sieste assassinée

 



Poésie de notre quotidien...

Philippe Delerm est l'un de mes auteurs chouchous depuis ma lecture de "La première gorgée de bières et autres plaisirs minuscules" qui fût un immense coup de coeur, voilà maintenant quelques années, et qui reste mon livre de chevet, celui qu'il faut que je voie dans ma bibliothèque. 

Dans "La sieste assassinée", Philippe Delerm reprend la même idée que pour "La première gorgée de bières...", avec une série de courts textes mettant en scène des actes de la vie quotidienne qui peuvent paraître tout à fait banals mais qui, sous la plume de l'auteur, deviennent alors de vrais moments de poésie à savourer.

Des moments de vie qui, lorsqu'on se pose et qu'on prend le temps de les observer, nous font ressentir des moments de bonheur. 

Philippe Delerm a toujours ce chic de trouver des moments de vie très anodins à nous mettre sous l'oeil, et sa plume poétique nous fait ressentir de l'émotion à la lecture de ces instants de vie des plus anodins. Si je vous parle de la pluie à Roland-Garros, ou des rencontres faites par le plus grand des hasard à l'autre bout du monde, ou encore l'observation d'une pivoine si ronde, si pleine, si sûre d'elle, qu'elle n'en finit pas de se gonfler... 

Une plume poétique qui vous fait ressentir de l'émotion pour de simples gestes de la vie ou situations de la vie quotidienne. Des souvenirs remontent bien entendu à votre mémoire à la lecture des nouvelles. 

J'ai bien sûr mes préférences parmi ces courtes nouvelles : "Voyeur de pivoine" est mon coup de coeur. Le "Oui oui au coiffeur" m'a fait sourire... c'est tellement vrai !! Qui n'a pas connu l'une de ces situations présentées parmi les nouvelles. 

La plume de Delerm est toujours aussi magnifique, poétique, il a parfaitement le goût du détail pour une scène de la vie quotidienne, il sait nous faire ressentir les émotions et le souvenir d'enfance. 

Il y a un peu moins d'une quarantaine de textes courts dans ce recueil. Il se lit très vite. Pas besoin non plus de tout lire d'un coup, il faut juste en savourer de temps en temps l'une ou l'autre nouvelle...

Le recueil de nouvelles "La première gorgée de bières..." restera par contre mon préféré de tous ceux que j'ai pu lire de Philippe Delerm, j'y ressens plus d'émotions à travers les nouvelles. J'ai moins retrouvé de souvenirs nostalgiques dans "La sieste assassinée".

Des tranches de vie mis en scène à la façon Delerm, 
des tranches de vie poétiques et tendres. 



mardi 6 janvier 2015

La commedia des ratés






Auteur : Tonino Benacquista

Editeur : Gallimard
Collection : Folio Policier
Policier - Arnaque - Italie - Vignes - 
Pages : 213
Parution : Avril 2009










4ème de couverture

Car tout était déjà en moi, enfoui. Quelque chose entra la tragédie grecque et la comédie à l'italienne. Une farce bouffonne au goût amer, un drame dont on se retient de rire. Ni une complainte, ni une leçon, ni une morale. Juste une ode à la déroute, un poème chantant la toute-puissance de l'absurdité face au bon sens...
La commedia des ratés a remporté en 1991 le Grand Prix de la littérature policière, le trophée 813 du meilleur roman et le prix Mystère de la critique.

Antonio, fils d'immigrés italiens, habite Paris. Il revient peu souvent à Vitry sur Seine, la banlieue de sa jeunesse. C'est ici que résident encore ses parents. C'est en venant à Vitry rendre visite à ses parents qu'il y croise un ami d'enfance qu'il n'avait pas vu depuis un bail, Dario, lui aussi fils d'immigrés italiens. Dario est plus attaché à ses origines italiennes que ne l'est Antonio. Dario retournait de temps en temps au pays, Antonio non.
Quelques jours après cette rencontre, Dario meurt assassiné. 
La mort de Dario fût alors une surprise pour Antonio. Mais viendra s'ajouter une autre surprise. Dario a légué un lopin de terre à Antonio, une parcelle de vigne qui se trouve en Italie à Sora. 
L'assassinat de Dario et cet héritage...tout cela semble bien étrange aux yeux d'Antonio.

Lui qui avait toujours refusé de mettre les pieds sur la terre de ses ancêtres, voilà qu'une parcelle de celle-ci lui appartient désormais. Dario avait apposé son nom sur les papiers du notaire, comme quoi il pensait à lui toujours comme à un ami même après quelques années où ils ne se sont pas vus. Il lui a donc légué une parcelle de vigne. En étudiant les documents du legs, il y lit la description des noms des ex-propriétaires : Giuseppe Parini, Trenton, New-Jersey, USA. Un hectare Nord-Nord-Est, cédé pour neuf millions cinq cent mille lires. Autrement dit un cadeau.
Mario Mangini, Sant'Angelo, Lazio, Italie. Un hectare, Sud. Dix-huit millions de lires.
L'Italien a demandé presque le double. Mais pas exorbitant. Tout ça fait une vigne honorable de 4 hectares obtenue pour une bouchée de pain. On fait mention aussi d'une cave, une grange et une remise à outils. 

Après cette lecture, dans son studio parisien, Antonio est énervé par cette mascarade comme si Dario l'avait manipulé d'outre-tombe. C'est alors que surpris, il porta une main à sa nuque et découvrit un liquide visqueux. Après avoir repris ses esprits, il découvre dans le mur la balle qui l'a frôlé. Et puis en étudiant la bibliothèque il découvre un second impact. En face de sa fenêtre, en pleine ligne de mire, de l'autre côté de la rue, la terrasse où chantent et dansent des fêtards. 
Pas la peine de chercher trop loin, entre l'assassinat de Dario, et le fait de faillir crever 2 heures après qu'on lui ait légué un lopin de terre... cette vigne est maudite et quiconque entre en sa possession est voué à une mort ineluctable.

Antonio se résout à partir pour Sora en Italie. Une décision que son père désapprouve. Sora, il connaît bien cette ville mais il y a toujours eu une sorte de mystère autour de l'ancienne vie italienne de ses parents. 

A Sora, l'accueil n'est pas des plus chaleureux. On lui fait comprendre qu'il n'est pas le bienvenu.

Sur place, la déception est amère tout comme le vin, une vraie piquette. Dans la grange, il y trouve un mendiant aveugle qui a élu domicile ici, et puis au milieu de la vigne, se trouve une petite chapelle toute défraîchie. 

Il faut qu'il sache ce que Dario a vu dans ce lopin de terre. Seule la statue de Sant'Angelo érigée dans la chapelle construite sur le terrain pourrait faire un miracle pour cette vigne.

A sa grande stupeur, Antonio est exaucé mais c'est sans compter la mafia locale, un ex-propriétaire qui voudrait reprendre ses terres, et un gangster américain.
Merci du cadeau se dit Antonio, il a la trouille et c'est la faute de Dario.


Ma première lecture avec cet auteur.

Voilà un récit drôle et on pourrait même dire qu'il s'agit là d'une bouffonnerie. Un récit à la saveur des recettes de pâtes à l'italienne et qui sent bon le café italien. 

Un bon moment lecture même si je ne sais pas si celle-ci va me rester longtemps en mémoire. C'est très plaisant à lire, j'ai aimé cette ambiance d'immigrés italiens où se mêle les souvenirs du père immigré, et cette ambiance de mafia italienne. 

L'auteur sème à travers l'histoire un tas de petits détails à prendre en compte pour l'avancer de la lecture et son dénouement. L'humour ironique est au rendez-vous pour ce récit épique. Les rebondissements sont présents également. L'histoire en reste, elle, simple, mais inattendue au fil de la lecture. Plus une histoire italienne qu'un polar, avec ses croyances, ses secrets de famille. 

Les personnages sont savoureux, tous autant qu'ils sont. 

Les textes sont succulents à souhait car drôles et assez caricaturés.

Même si je ne suis pas certaine de garder longtemps en mémoire cette lecture, j'ai passé un excellent moment en compagnie de ce livre et je suis ravie d'avoir découvert la plume de Tonino Benacquista et je suis tout à fait partante pour renouveler une prochaine lecture de cet auteur (d'ailleurs j'ai un 2ème roman qui m'attend dans ma pal).

Une aventure sympa et drôle qui sent bon l'Italie. 



jeudi 9 septembre 2010

L'auberge rouge





Auteur : Honoré de Balzac


Editeur : Gallimard
Collection : Folio 2 €
Roman - Satire sociale - Crime - Richesse -
Pages : 66
Parution : Janvier 2005










 
Synopsis:

Dans une auberge au bord du Rhin sont réunis par le hasard deux jeunes Français et un riche négociant allemand qui passent une agréable soirée avant d’aller se coucher. Au petit matin, on retrouve le négociant décapité…
Dans les brumes de l’Allemagne romantique, l’inspecteur Balzac mène l’enquête !



Nous nous trouvons au cours d’un dîner où est présent un banquier allemand qui se nommait Hermann, de passage à Paris. Pour lui faire honneur, les hôtes chez qui il se trouve, ont convié quelques amis pour un dîner. A la fin du repas, les invités lui demandent de raconter une histoire allemande.

Il va entamer une histoire entendue au moment des guerres napoléoniennes, un crime qui a été commis en 1799 au sein d’une auberge de campagne dans le Rhin.
Une auberge qui affiche complet et qui voit arriver encore quelques clients de passage, deux militaires – chirurgiens, et un industriel Allemand qui arrive peu de temps après les militaires. Alors, s’ils veulent loger à l’auberge, ils devront partager leur chambrée.
Cela leur convient très bien, prennent leur dîner, et au cours de ce repas, l’industriel  avoue qu’il a, avec lui, une somme importante et des diamants.
Arrive le moment de se coucher, chacun est fatigué, mais l’un des deux militaires – chirurgiens, Prosper Magnan, ne trouve pas le sommeil. Le fait de savoir que dans cette chambre se trouve une somme colossale ainsi que des diamants, lui monte à la tête. Au lieu de s’endormir, lui vient des pensées macabres. Il imagine tuer l’industriel et s’enfuir avec l’argent et les diamants. Ses pensées divaguent, il s’endort enfin.
 
Le lendemain matin, Prosper Magnan est réveillé par un grand bruit, des hurlements dans la chambre. L’horreur est sous ses yeux, le riche industriel a bel et bien été tué, il baigne dans une mare de sang. La tête de l’industriel Allemand gisait à terre, le corps lui, était sur le lit. Prosper Magnan reconnaît alors l’instrument de chirurgie posé sur le lit de l’industriel, c’est le sien. Très vite, il est emmené par les soldats français, les dépositions sont vite prises. Prosper Magnan est jugé coupable et emmené en prison.
 
Sauf que Prosper n’a commis ce crime que dans ses pensées, il est innocent.
Innocent, arrêté, emprisonné puis fusillé.
 
Le banquier Allemand lors du dîner poursuit son récit, écouté attentivement par les convives dont le narrateur de l’Auberge rouge. Mais à table, un des convives est en train de se liquéfier au fur et à mesure que le banquier Allemand raconte cette histoire.
 
Je vous laisse lire la suite, et découvrir qui est cet autre convive, très mal à l’aise à table.

Avis mitigé pour ma part.
 
Déjà je ne m’attendais pas à cette histoire. En effet, je pensais que l’adaptation du film L’Auberge Rouge avec Josiane Balasko et Gérard Jugnot était tirée de ce livre. L’histoire n’a rien à voir, donc pour le coup, un peu déstabilisée. Mais bon ce n’est pas grand-chose tout de même.
 
Bien que l’histoire soit agréable à lire et intéressante, en fait je ne la garderai probablement pas longtemps en mémoire je pense… J’ai aimé l’ambiance suspense, mais aussi philosophique qui a une grand importance dans ce livre, mais malgré que 67 pages de lecture j’ai trouvé quelques passages longs…
 
Maintenant, dans le côté intéressant, il y a aussi le style de Balzac où on retrouve dans l’écriture du récit, à la fois des questions posées et les réponses à celles-ci éludées.
 
Mon résumé s’arrête à un certain moment de l’histoire pour ne pas trop vous en dévoiler, et découvrir ainsi le fin mot de l’histoire.
 
Certains personnages de cette courte nouvelle sont retrouvés dans une autre œuvre de Balzac.
 
Un avis un peu mitigé mais, cette partie mitigée est infime quand même avouons-le. 
 
 
Livre lu et chroniqué sur mon ancien blog en Septembre 2010



lundi 22 mars 2010

Il avait plu tout le dimanche





Auteur : Philippe Delerm


Editeur : Gallimard
Collection : Folio
Roman - Paris - Plaisirs de la vie quotidienne -
Pages : 116
Parution : Janvier 2000










4ème de couverture :

""Revoir Paris". Arrivé à la gare du Nord, monsieur Spitzweg se surprend à siffloter la chanson de Trenet. Ah oui ! finalement, c’est surtout pour ça qu’il est parti. Dans la rumeur de sept heures du matin, une grande bouffée de Paris lui monte au cœur, et c’est plus fort que toutes les vagues de la mer du Nord. Il prend un café sur le zinc, dans les annonces des haut-parleurs : " Le T.G.V. 2525 à destination de Bruxelles partira de la voie 8… " Mais on peut bien parler d’ailleurs, Arnold sait désormais qu’il est ici. Cette désinvolture du serveur, l’odeur des journaux frais, un je-ne-sais-quoi de parisien dans l’arôme du café… Monsieur Spitzweg reprend sa valise et hume les couloirs du métro comme un jardin d’essences rares. Les carreaux de faïence, la couleur des affiches, tout lui plaît. Dans le wagon qui le ramène à Guy-Môquet, il y a un Noir avec un gros vélo rouillé auquel il manque une pédale." 
 
Ce livre nous conte la vie d’Arnold Spitzweg à travers des scènes de vie qui se déroulent dans les rues de Paris.

A l’origine pourtant M. Spitzweg n’est pas parisien, il vient du Bas-Rhin. Il a été muté voilà maintenant 30 ans sur Paris. Nous allons donc découvrir pas à pas la petite vie tranquille de M. Spitzweg, et apprendre qu’il aime prendre le métro n’ont pas en le considérant comme un moyen de locomotion mais plutôt prendre le métro afin de rencontrer l’humanité. Il aime aussi les premières pages des Maigret, il pleut souvent dans les premières pages des Maigret, alors comme il dit « on se sent bien dedans, au coin de la cheminée dans son fauteuil, ou même au café ».
 
Voilà, au fil des pages on suit la vie de M. Spitzweg, on flâne avec lui dans les rues de Paris, on y boit un café, celui qui a le goût du café parisien. On y glane quelques senteurs et on contemple la vie parisienne, anonymement comme M. Spitzweg. 


 
J’avais déjà été touchée par les mots, les textes,
de Philippe Delerm lors de ma lecture de 
La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules 
alors je me  suis dis de poursuivre avec cet auteur.

Un résumé court, mais en somme avec les livres de Philippe Delerm il est difficile de faire des résumés.
 
C’est la qualité du texte qui nous fait aimer Delerm, le détail de la description de la vie. La poésie des moments choisis, pourtant quotidiens.
 
J’avais eu un énorme coup de cœur pour La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules et j’ai eu envie de relire Delerm. Avec Il avait plu tout le dimanche j’ai été un peu moins touchée, mais le texte est tout aussi beau, on se surprend à sourire. C’est bien sûr toujours un plaisir de lire son texte.
 
Arnold Spitzweg apparait pour la première fois dans ce livre Il avait plu tout le dimanche mais nous le retrouvons aussi dans Monsieur Spitzweg s’échappe et dans Quelque chose en lui de Bartleby
 
 
Donc si vous aimez l’écriture de Philippe Delerm,  et la poésie de la vie qu’il nous livre, vous apprécierez cette courte lecture.



Livre lu et chroniqué sur mon ancien blog en Mars 2010

jeudi 17 septembre 2009

Les orpailleurs





Auteur : Thierry Jonquet

Editeur : Gallimard
Collection : Folio Policier
Policier français - Meurtres - Seconde Guerre Mondiale - La Shoah 
Pages : 399
Parution : Octobre 1998









4ème de couverture :


La main droite avait été tranchée, net, au niveau du poignet. Rien ne permettait d’identifier le cadavre, celui d’une femme. Dans la semaine qui suivit, on en découvrit deux autres, assassinées selon le même rituel. Si le meurtrier tuait ainsi en amputant ses victimes, c’était avant tout pour renouer avec ses souvenirs. Il effectuait un voyage dans le temps. Mais pour aller au bout du chemin, il lui fallut emprunter une route que bien d’autres avaient suivie avant lui. Des hommes, des vieillards, des enfants. Des femmes aussi.

Paris, quartier de Belleville, Rue St-Marthe, le cadavre d’une femme vient d’être trouvé par hasard par des pompiers (appelés pour une fuite de gaz dans les environs), dans les combles d’un immeuble voué à être démoli. 

Visiblement le cadavre est là depuis un moment, une vraie puanteur déjà dans le haut de l’escalier. Le corps est en décomposition, recroquevillé le long d’un mur, ruisselant d’insectes divers et enroulé dans un vieux matelas. 

Pluvinage le médecin légiste, à son arrivée, manipule le corps et découvre la jeune femme mains liés derrière le dos, bâillonnée, et la main droite tranchée nette au niveau du canal carpien. Il s’agit donc d’un meurtre. 

Peu d’indice, ne serait-ce que pour identifier la jeune femme. 

Rovère et son équipe se voient donc charger de l’affaire, confiée aussi à la juge Lintz

La juge Lintz qui est nouvellement arrivée sur Paris et qui trouve un logement dans ce même quartier. On suit son emménagement et l'évolution de sa rencontre avec son propriétaire, un sexagénaire, Izy Szalcman.

L’enquête piétine, mais bientôt 2 autres cadavres de femmes vont être retrouvés, la main droite tranchée. Quel lien entre ces 3 personnes ?

Peu à peu, l’équipe de Rovère va remonter des pistes. Il se pourrait bien que les enquêteurs fassent un voyage dans le temps et se retrouvent hors de France. On va en effet suivre la juge Lintz et Rovère en Pologne, au milieu de baraquements de briques situés au fon de camps entourés de barbelés...

Je n'avais rien lu encore de l'auteur, et je dois bien avouer qu'en découvrant cet auteur, je découvre un maître du polar noir.


Il me tardait de découvrir l'auteur, et voulant en apprendre un peu plus sur l'auteur je découvre que ce polar est l'inspirateur de personnages de fictions TV. Connaissez-vous la série TV "Boulevard du Palais" diffusé sur France 2 ? Les personnages de Rovère, la juge Nadia Lintz et l'équipe d'enquêteurs sont en effet tirés de ce livre "Les Orpailleurs". Une info assez étonnante...

Parlons du polar maintenant. Quel roman ! Roman noir au scénario magnifiquement ficelé. Du suspense et du rebondissement qui ravira le lecteur.

Une écriture simple mais incroyable. Qui vous prend là… L’auteur ne fait pas dans la dentelle. 

Des personnages, nombreux, auxquels on s’attache rapidement. L'auteur a construit une vie privée très intéressante pour chacun des personnages, des personnages rendus assez réels avec leur lot de tuiles que l'on peu avoir dans la vie courante.
Avec le personnage de Rovère qui se noie dans l’alcool pour oublier que son fils est à l’hôpital à cause d’une méningite et qui est devenue « un légume ». 
Ou encore au personnage de Nadia Lintz et ses problèmes familiaux. Des personnages rendus proches de nous.

L'histoire de ces personnages démarre donc dans ce 1er opus à partir de ces 3 meurtres qui tout compte fait vous font remonter le temps. On est entraîné en Pologne au beau milieu de « chercheurs d’or » un peu particuliers, macabres je dirais (mais je vous laisse découvrir ça car cela fait partie de l'histoire).

L’auteur aborde dans ce livre un sujet fort, la Shoah puisque l'enquête est liée. 


Ne manquez pas ce livre, une très belle découverte. 
Pour information, on retrouvera cette même équipe dans Moloch que j'ai déjà dans ma PAL.





Livre déjà lu et chroniqué sur mon ancien blog en Septembre 2009


lundi 31 août 2009

Le royaume de Kensuké





Auteur : Michael Morpurgo

Editeur : Gallimard Jeunesse
Collection : Hors série Littérature
Roman Jeunesse - Naufrage - Île déserte - Amitié - 
Pages : 160
Parution : Novembre 2000









4ème de couverture :

Le 10 septembre 1987, Michael embarque avec ses parents et leur chienne, Stella, sur un voilier pour faire le tour du monde. Ils s’arrêtent, parfois, pour de fabuleuses escales, Afrique, Amérique, Australie, jusqu’au jour où survient un terrible accident. Le jeune garçon se retrouve échoué, avec sa chienne, sur une île déserte perdue au milieu du Pacifique. Va-t-il pouvoir survivre, affamé, menacé par toutes sortes de dangers ? Reverra-t-il jamais ses parents ?
Un matin, alors que l’épuisement le gagne, Michael trouve auprès de lui un peu de nourriture et d’eau douce. Il n’est pas seul…
Le récit bouleversant d’une aventure hors du commun et d’une amitié inoubliable.
Le Royaume de Kensuké a obtenu en Grande-Bretagne la Children’s Book Award 2000, récompense décernée par un jury national de vingt mille enfants.

Michael vit en Angleterre, c’est un petit garçon de 11 ans qui adore jouer au football avec ses copains. Ses parents travaillent dans la même usine de briqueterie, tout se passe idéalement pour cette famille. Leur plaisir à tous c’est de faire de la voile sur un lac artificiel le dimanche. Tout était bien jusqu’à ce que la briqueterie ferme car plus de travail = plus d’argent….

C’est alors que le père de Michael quitte le domicile familial pour tenter de trouver un emploi dans le sud de l’Angleterre. Après quelques semaines, il appelle la famille pour qu’ils descendent dans le sud le rejoindre. C’est là qu’il leur fit découvrir son acquisition, un bateau, et décide d’embarquer toute la petite famille. 

C’est ainsi que Michael à 11 ans découvre les joies de la navigation au côté de son père, sa mère, et sa chienne Stella pour un tour du monde.

On découvre à leurs côtés leur vie sur le bateau et leurs escales grâce au carnet de bord que tient Michael. Quelques mois ont passé, chacun est heureux de cette navigation autour du monde, de belles découvertes, de belles rencontres. Jusqu’au moment où arrivés dans le Pacifique, un terrible orage éclate. Michael est de garde à la barre du bateau pendant que ses parents prennent un peu de repos. Le vent est fort, il veut ramener sa chienne, Stella, à l’intérieur du bateau mais elle résiste. Il la porte dans ses bras quand tout à coup un grand coup de vent les poussa à l’eau. Michael n’avait pas mis son gilet de sauvetage ni son harnais d’attache….

Il perd connaissance et à son réveil il se retrouve sur la plage d’une île qui semble être totalement déserte. Il a faim, il a soif. Il décide de parcourir l’île pour trouver de la nourriture et de l’eau, sa chienne le suit en tirant la langue de soif. Il ne découvre rien sur l’île, il entend juste le cri de gibbons. Au soir, il se met à l’abri, et malgré les nombreuses piqures d’insectes et de moustiques il arrive tant bien que mal à s’endormir en pensant que ses parents doivent être en train de le chercher. Au petit matin il se réveille couvert de piqures, sa chienne abois sans cesse. Il découvre à quelques pas de sa cachette pour la nuit, un repas de bananes, de poisson cru et de l’eau, ainsi qu’une écuelle d’eau pour sa chienne.

Mais alors il n’est pas seul ici ? Et tous les jours il en est ainsi, il trouve son repas et un peu d’eau sans savoir qui lui apporte.
Jusqu’au moment où il découvre le petit homme qui lui apporte ses repas, Kensuké, un japonais de 75 ans . Michael se pose beaucoup de questions. Qui est ce vieillard ? Que fait-il là ? Est-il tout seul ?
Et je n’en dirais pas plus pour vous laissez le plaisir de découvrir cette aventure extraordinaire. 

Une vraie merveille, pour moi c’est un gros coup de cœur Jeunesse. 

J’adore cet auteur que j’ai déjà apprécié auparavant au cours d’autres lectures
.
Ce roman d’aventures est pêle-mêle, très riche en rebondissements, en amitié, en respect de l’autre, en illustrations superbes façon aquarelles… 

On est totalement transporté dans ce roman, avec une 1ère partie où l’auteur nous conte la vie de la famille de Michael, puis leur tour du monde en bateau. Cette partie à bord du bateau, la Peggy Sue, est rédigée sous forme de Carnet de Bord écrit par Michael qui nous raconte aussi ses escales dans différents pays. 

Puis la 2ème partie du roman est une aventure façon Robinson Crusoé, lorsque Michael et sa chienne s’échouent sur la plage de cette île. Une rencontre suprenante sur l'île.

De là on va découvrir des liens nouveaux entre Michael et ce vieillard qui ne parle pas la même langue que lui. Des liens qui passeront par  la peur, la colère, la froideur, la solitude, puis l’amitié, la tendresse, le respect, la tristesse, le silence qui en dit long…et encore bien d’autres. 

On s’attache à ces personnages qui nous feront découvrir chacun leur vie d’origine différente et d’époque différente aussi.

Ne ratez pas ce roman jeunesse qui vous suit encore même une fois refermé 
et même si vous avez passé l’âge de lire un roman jeunesse !



« J’ai disparu la vielle de l’anniversaire de mes douze ans. Le 28 juillet 1988. Aujourd’hui seulement, je peux enfin raconter toute cette histoire extra-ordinaire, la véritable histoire de ma disparition. Kensuké m’avait fait promettre de ne rien dire, rien du tout, jusqu’à ce que dix ans au moins se soient écoulés. C’était presque la dernière chose qu’il m’a dite… »



Livre déjà lu et chroniqué sur mon ancien blog en Août 2009