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lundi 26 septembre 2022

La théorie des étoiles filantes


 

Alexandre Dreamsen est astronome. En ce moment, plus rien ne va, le ciel au-dessus de sa tête semble bien opaque, les livres qu'il s'évertue à ouvrir lui tombent des mains et les femmes ne faisaient plus vraiment partie non plus de son quotidien depuis quelques temps... En effet, il vient de se voir quitter en même temps et par sa femme et par sa maîtresse. Son travail habituel, il ne s'y plaît plus non plus et le trouve plan plan... 

Alors, lorsque sa hiérarchie lui propre de rejoindre la station d'observation NOEMA, à plus de 2500 m d'altitude dans les Hautes-Alpes, Alexandre se dit que cela lui ferait peut-être du bien. Quitter tout ce qui l'entoure actuellement et qui ne lui donne plus goût à rien.

Il rejoint une équipe d'un peu moins de 10 personnes dans cette station d'altitude, Alexandre est prêt à observer le ciel.

Mais c'était sans compter l'arrivée d'un phénomène d'altitude rarissime, un vortex polaire. Avec la hausse des températures d'environ 40° dans la stratosphère au-dessus de la Sibérie, le vortex polaire s'est écarté du pôle Nord. Une masse d'air froid qui tourne autour de l'Arctique entraînant des températures glaciales et d'importantes chutes de neige sous les latitudes moyennes. 

L'équipe se retrouve alors cloisonnée à la station d'observation. Plus aucun moyen de redescendre avec ces conditions météo. Et la permutation avec l'équipe suivante ne se fera pas non plus. Ils ne savent pas jusqu'à quand ils vont rester coincés. 

Entrer en hibernation comme les marmottes, est-ce une option envisageable ? Ou bien faut-il s'armer de courage pour accepter de rester coincé tout un hiver dans un observatoire perdu au sommet d'une montagne alpine ?  L'immensité de l'Univers, ainsi que certaines étoiles, mais aussi certains échanges avec Shogun, membre de l'équipe qui vit à l'année à la station, pourraient bien apporter réflexion à Alexandre sur ses états d'âme...et il pourrait bien entendre, alors, le chant des étoiles.

Voyage poétique aux confins de l'âme.

Maxence Fermine est un auteur que j'ai lu il y a très longtemps et je n'avais pas eu l'occasion de lire d'autres de ses romans récemment. Avec La théorie des étoiles filantes, c'est un plaisir de retrouver sa plume poétique dans ce roman philosophique. Changer sa vision de la vie, c'est ce qui va arriver à notre personnage principal, Alexandre Dreamsen, un astronome. 

Avec ce roman, l'auteur apporte réflexion sur le sens de la vie, et j'ai aimé cette ambiance cloisonnée dans une station d'observation de haute montagne. Pour une grande partie du roman, on se retrouve en huis-clos, loin de tout, dans un contexte météo particulier. 

Car ici l'auteur apporte une ambiance où le froid va vous glacer les doigts... un vortex polaire qui s'abat sur les Hautes-Alpes. Plus personne ne peut monter à la station d'observation et plus personne ne peut en descendre. Couper du reste du monde. Ne reste plus qu'à notre astronome à étudier le ciel et ses étoiles. 

"Votre étoile est sans doute quelque part dans l'Univers. Un point lumineux dans le vide interstellaire. A vous de lever les yeux au ciel et de la trouver." 

J'ai trouvé les personnages intéressants à suivre. J'ai beaucoup aimé le personnage de Shogun, un personnage atypique, vivant à l'année à la station car ne supportant pas de vivre en-dessous de 2500 m d'altitude. Pourquoi le surnomme t-on Shogun ? Deux yeux sombres, une barbe noire, des cheveux longs rassemblés par un catogan, un côté noble et déterminé, tout comme le protégé du grand général pacificateur des armées de l'Est dans la série télé éponyme des années 80. Un air de samouraï. Peut-être pas un vrai samouraï mais, à sa manière, un guerrier solitaire qui a fait vœu de servir dans l'armée de l'hiver, demeurant le seul membre de l'équipe confiné ici à l'année. Quel étrange personnage... j'ai aimé sa façon de parler avec un patois de la région, il dit ce qu'il pense sans tergiverser. 
Le personnage principal ne pas particulièrement attirée, je l'ai trouvé un brin moins attachant que les autres.  

J'ai aimé l'écriture de l'auteur, c'est toujours très poétique on retrouve parfois des métaphores. J'ai aimé également en découvrir davantage sur ce fameux vortex polaire car l'auteur ne fait pas juste le cité. Non, il explique au lecteur, dans le détail, ce quoi en retourne ce phénomène, et pour cela il a inséré des pages entre les chapitres pour que l'on découvre petit à petit ce phénomène météo. 
Par ses mots, l'auteur apporte comme toujours à réflexion. 

Etes-vous prêt à rester confiné face aux forces de la nature ?



Merci aux Editions Michel Lafon pour cette lecture


mercredi 5 novembre 2014

Le Palais des Ombres

@ Photo non libre de droit - She reads a book











Auteur : Maxence Fermine

Editeur : Michel Lafon
Roman - Quête initiatique - Suspense - Seconde Guerre Mondiale - Occupation - Auschwitz - 1960, Après-guerre -
Pages : 363 
Parution : 2 Octobre 2014









4ème de couverture : 


Paris, dans les années 1960. Nathan Thanner, trentenaire taciturne et discret qui ne vit que pour ses marionnettes confectionnées dans le secret de sa boutique, voit sa vie bouleversée par une lettre de son père auquel il ne parle plus depuis vingt ans. Cet ex-romancier à succès, dont la rumeur veut qu'il soit devenu fou, lui annonce son décès et l'héritage qu'il lui lègue : l'énigmatique maison où il vivait reclus, Le Palais des Ombres. Mais, même dans la mort, Hugo Thanner reste un être fuyant et mystérieux, à l'image de cette demeure diabolique qui semble se jouer de Nathan. Commence alors pour le jeune homme un inquiétant jeu de pistes dont l'issue pourrait le changer à jamais...  



En ce lundi 26 septembre 1960 commence le journal de Nathan Thanner, trentenaire solitaire. Il tient dans le 4ème arrondissement de Paris une petite boutique de confection de marionnettes. Il crée et vend des marionnettes, masques de carnaval et figurines de théâtre de poche. Ce matin là, au passage du facteur dans sa boutique, la vie de Nathan va changer.

En effet, la missive que lui tend Emile Latour, le facteur, venait de son père. Au dos de l'enveloppe, l'adresse de l'expéditeur écrite à l'encre rouge faisait comme une tache sombre, une sorte de signature comme un trait de sang séché : 

Hugo Thanner
4, Rue de Lesseps
75020 Paris.

Nathan n'avait pas reçu de courrier de son père depuis des années. Bien qu'il fût son géniteur, il n'avait gardé aucun contact avec Hugo Thanner et n'avait guère eu de nouvelles de lui depuis 28 ans, date qui remonte à l'accident mortel de sa mère. Foudroyé par cette disparition, Hugo Thanner avait préféré confier l'éducation de Nathan aux grands-parents maternels. Puis, au fil des années ils avaient fini par se perdre de vue. Hugo Thanner, lui, était devenu un romancier célèbre à ses débuts puis un peu laissé sur le côté au fur et à mesure des années.

28 années de silence, cette lettre n'inspirait donc pas confiance à Nathan. Cette lettre écrite par son père va révéler à Nathan quelques surprises. La première, c'est que lorsqu'il lirait cette missive, son père serai mort. Il demande à Nathan de ne pas chercher à savoir pourquoi ni comment. L'autre surprise est qu'il lui fait un cadeau avant de partir, sans doute pour compenser son rôle de père fantôme... Il lui lègue sa demeure du 4, rue de Lesseps près du cimetière du Père-Lachaise. Il lui lègue le Palais des Ombres... Là, où Hugo Thanner a passé la moitié de sa vie. 

Des murs qui renferment bien des secrets et mystères. Dans sa missive, Hugo Thanner fait part à son fils que s'il souhaite mieux connaître son père, il faudra alors élucider ces mystères et secrets. Un passé énigmatique dont la clé est cachée dans cette demeure. 

Mais, Hugo Thanner lègue cette demeure mystérieuse qu'à certaines conditions. La première est que Nathan doit se rendre à l'enterrement de son père, un enterrement déjà programmé au cimetière du Père-Lachaise. La deuxième chose est qu'il doit très rapidement prendre contact avec le notaire de son père qui lui exposera la succession et les conditions à remplir pour devenir l'héritier. 
Dernier conseil d'Hugo Thanner à son fils, s'il accepte le Palais des Ombres il doit aussi en accepter ses ombres...

Une lettre qui avait donc de quoi surprendre. 

Lorsqu'il se rend au 4, rue de Lesseps, Nathan découvre en effet une demeure gothique, Le Palais des ombres, bien mystérieuse. Deux petits donjons, des gargouilles, des bruits étranges, une porte ouverte à son arrivée, une chouette qui se ballade dans les pièces de la maison. Mais armé de courage, il pénètre dans les différentes pièces de cette grande demeure malgré qu'elle soit comme hantée. Le Palais des ombres a très mauvaise réputation, ses propriétaires précédents sont en effet tous morts de façon mystérieuse. Les nerfs de Nathan sont à vifs lorsqu'il entend une musique se déclenchant toute seule au coeur de la maison... Il fera la découverte d'une pièce renfermant tout un tas d'automates et, d'ailleurs, au cours de ses recherches, Nathan apprendra que parmi les précédents propriétaires on pouvait compter un mystérieux magicien... Mais le plus grand choc viendra lorsque Nathan, à travers le trou d'une serrure, découvrira, dans une pièce fermée à clef, un pendu...

C'est à ce moment là qu'il va prendre ses jambes à son cou. Mais il n'en reste pas moins attiré par la curiosité de ce que renferme cette demeure et sur le passé de son père. Il va devoir se lancer dans une sombre quête initiatique. D'autant plus que l'ancien éditeur de son père vient faire appel à lui, enfin disons plutôt qu'il oblige Nathan a trouvé le dernier manuscrit écrit par son père. Manuscrit portant le nom de la demeure : Le Palais des Ombres. Cet éditeur oblige Nathan à retrouver ce manuscrit en lui montrant qu'à l'époque un contrat avait été signé entre son père et l'éditeur, signature en lettres de sang. 

Nathan se voit donc désormais découvrir le passé de son père, mais aussi livrer un manuscrit qui suscite bien des convoitises et dont il n'a jamais entendu parler auparavant. Commence alors pour ce jeune trentenaire à la vie plutôt simple, discrète et terne, une quête inquiétante et peuplée d'ombres qui révélera de très lourds secrets familiaux. Lourds secrets qui remontent aux heures sombres de l'Occupation. 

Un auteur que j'avais déjà apprécié précédemment, 
mais encore une fois je suis sous le charme de sa plume.
Coup de coeur !


Difficile d'ailleurs de résister à la 4ème de couverture. Roman mystérieux, gothique, l'énigme est alléchante en effet. Entrer dans ce roman a été un vrai régal. Les premières pages laissent paraître la merveilleuse écriture de l'auteur. Et puis, on a qu'une hâte, découvrir l'énigme.

Mais l'auteur ne nous offre pas qu'une énigme, on va découvrir petit à petit qu'une énigme en chasse une autre. Certaines révélations vont amener le personnage principal à se lancer dans une nouvelle quête.

Si bien que le roman en devient très intéressant.

Le mystère est omniprésent au coeur de ce roman, pour notre plus grand bonheur. Comment faire alors, impossible de lâcher la lecture !! on a envie à chaque fois de tourner et tourner les pages pour découvrir ce que certains mystères renferment.

La plume de l'auteur nous fait partager l'angoisse que renferme cette demeure Le Palais des Ombres et ce que ressent le protagoniste, Nathan Thanner, les nerfs à vif. L'ambiance de la maison est un brin gothique de par son aspect, en plus la localisation près du cimetière du Père-Lachaise y fait.

De très très beaux passages superbement écrits sur les écrivains qui reposent au Père-Lachaise d'ailleurs. Très jolis extraits sur les lecteurs et sur les bouquinistes le long des quais entre St-Michel et le Louvre, le royaume de petites boîtes vertes... (j'ai adoré).

On angoisse petit à petit à côté du personnage puisque chaque découverte qu'il fait en laisse apparaître une autre. Un personnage qui va aller de révélation en révélation et découvrir un lourd passé familial et beaucoup de non-dits. Personnage pour qui on se prend d'attache, très solitaire, il va faire quelques rencontres de personnages atypiques. Dans cette quête, il trouvera le soutien d'Hannah, jeune femme qu'il ne connaissait que de vue mais qu'il va apprendre à connaître. Elle va l'aider à surmonter certaines révélations.

Une quête initiatique émouvante qui fait remonter le temps de 1960, après-guerre, jusqu'à la seconde guerre mondiale, l'Occupation, le nazisme, Auschwitz. 

Outre le style de l'auteur que j'adore, une belle écriture et un récit écrit de manière concis, j'ai aimé également le fait que ce récit soit présenté tel un journal de bord écrit par le personnage principal Nathan Thanner. De cette façon, on ressent très bien les angoisses et peurs du personnage ; il nous livre ses pensées, ses doutes. Les chapitres sont courts et nous apportent donc un rythme soutenu dans l'histoire, c'est appréciable et se lie très bien aux rebondissements. 


Je reste à chaque fois captivée par la belle écriture de cet auteur, 
les mots sont choisis de manière poétique. Un pur régal !!!
Je vous invite à découvrir ce roman dont l'histoire 
m'a littéralement emportée du début à la fin. 









Petit aparté :

Enfin, une jaquette qui reprend le texte de la 4ème de couv 
et de la tranche généralement caché par celle-ci !!!!

@ Photo non libre de droit - She reads a book


vendredi 19 juin 2009

Opium





Auteur : Maxence Fermine

Editeur : Albin Michel
Roman - Amour - Thés - Voyages - Parfum - 
Pages : 174
Parution : Février 2002










4ème de couverture : 

« Le goût du thé s'acquiert au fil du temps. Le poison de l'opium, lui, ne s'oublie jamais. »

C'est une route aux mille parfums, aux mille périls aussi : celle qui, partant de Londres, suit la voie des Indes pour se perdre irrémédiablement dans l'Empire de la Chine. Un périple que l'on nomme la route du thé.
Pour la première fois, en 1838, un homme va s'y aventurer, décidé à percer le secret des thés vert, bleu et blanc, inconnus en Angleterre.
Au fil de son voyage, il va rencontrer Pearle, un riche négociant irlandais, Wang, le gardien de la vallée sacrée, Lu Chen, l'invisible empereur du thé et Loan, une chinoise aux yeux verts qui porte, tatouée sur son épaule, une fleur de pavot.
Au terme de sa quête, l'opium.
Un amour que l'on ne choisit pas.


La maison Stowe était réputée dans l'Empire Britannique et Charles est l'héritier de cette maison. Son père lui a laissé le goût de l'aventure, du commerce et la passion du thé. Il lui apprend tout au sujet du thé, les origines et les propriétés.

La maison Stowe père et fils achetait tout ce qu'elle  pouvait auprès des navigateurs pour avoir toutes sortes de thés, si bien que la boutique portait l'enseigne : les mille parfums du thé.

Au début du XIXe siècle, la Chine produisait le meilleur thé et possédait le monopole du commerce et on parlait des mystères de la route du thé. 

A l'époque, les Anglais ne connaissaient que le thé noir mais Charles savait de part son père qu'il existait d'autres couleurs de thé. Son père, alors âgé, lui dit un jour qu'il n'a jamais pu découvrir les secrets du thé et cette route du thé. Charles lui répondit alors qu'il découvrirait tous ces secrets pour lui et qu'il reviendrait avec. 

Il voulu alors être le 1er homme à parcourir la route du thé et faire découvrir aux britanniques toutes les saveurs de cette boisson. Il s'embarque peu de temps après la promesse faite à son père sur un navire de commerce depuis les quais de la Tamise pour, dans un premier temps, Ceylan.
De là on emprunte au côté de cet aventurier, les chemins aux doux parfums exotiques.


Sur cette route du thé, là où on découvre 1001 thés différents, on découvre aussi l'opium et ses nuits remplies d'amour et d'exotisme, tentation pour beaucoup d'hommes sur cette route du thé... 

Dépaysement...

J'ai découvert cet auteur et ce livre grâce à la bibliothèque de mon village où il est organisé chaque trimestre un après-midi « coups de cœur » à laquelle je participe. Toute personne peut venir passer un moment pour discuter autour de livres qui nous ont touchés, nos coups coeur.

Et étant amatrice de thé, ce livre qui a été présenté parmi d'autres, m'a interpellé. 

Il est écrit avec la jolie plume de cet auteur, et retrace les rêves d'un homme à la façon d'un conte je dirais. C'est très poétique. L'auteur partage avec le lecteur les doux parfums sur les routes du thé et de l'opium. Les chapitres sont courts.

On suit pas à pas le parcours de cette homme parti découvrir une Chine encore sauvage et les trésors qu'il en recèle.


Une lecture agréable mais sans être non plus un énorme coup de cœur pour moi. Peut être parce que je l'ai trouvé court aussi. Il va plaire bien sûr à tous les amateurs de thé. 



Une lecture agréable, trop courte à mon goût par contre, 
à lire avec une bonne tasse de thé.



Livre lu et chroniqué sur mon ancien blog en Juin 2009