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mercredi 13 octobre 2021

Une main encombrante - Série Wallander

 




Le vent souffle dehors, la pluie ne cesse de frapper, et les feuilles mortes ne cessent de tourbillonner. Nous sommes en automne, en Scanie, province de Suède. Wallander aspire à une retraite paisible. Déjà 30 ans qu'il exerce le métier de policier et il peut voir aujourd'hui que son métier a beaucoup changé.

Dans le jardin d'une maison sur le marché de la vente, on découvre des os affleurant le sol parmi les feuilles mortes de l'automne. Quelque peu mélancolique, Wallander va prendre cette enquête à bras le corps. Cet ossement de main retrouvé dans le tas de feuilles va laisser place à un ossement entier de corps humain. Une découverte macabre pour Wallander. 

Pour son enquête, il va devoir remonter le temps pour pouvoir identifier les ossements de cette main et de ce corps, et surtout savoir pourquoi la victime se retrouve dans ce jardin depuis de nombreuses années visiblement. Les ossements viennent-ils d'y être déposés, la mort a t-elle été donnée ailleurs ? Les os ont-ils remonté à la surface avec le temps ? C'est à toute ces questions que Wallander va devoir répondre, en tout cas la victime n'est pas morte de mort naturelle... 

La dernière enquête de Wallander.

J'avoue n'avoir pas lu dans son intégralité toute la série, mais j'ai lu par ci par là certains opus de cette série ayant pour protagoniste principale l'enquêteur Wallander et à chaque lecture j'y retrouve une enquête bien menée et des protagonistes plaisant à suivre. 

Dans ce dernier opus, 11ème enquête de Wallander, bien sûr je ne vous révèle rien concernant la vie privé de notre enquêteur hormis le grand item que l'on retrouve dans le synopsis qu'est l'arrivée de l'âge de la retraite pour notre enquêteur. 

Je peux simplement vous dire qu'il se pose beaucoup de question sur sa carrière et son avenir. J'en viens donc principalement à l'enquête en elle-même pour ne rien vous dévoiler d'autres concernant le protagoniste principal de cette série. L'enquête est courte et se lit très rapidement (- de 200 pages), elle concise et directe. Aucun temps de longueur, on va droit au but. L'intrigue est bien menée concernant ces ossements de main retrouvés sous un tas de feuilles mortes dans un jardin. 

Concernant les personnages, Wallander est toujours très intéressant à suivre du point de vue professionnel aussi bien que du point de vue de sa vie privée. On retrouve également le personnage de sa fille Linda, personnage intéressant à suivre également. Je ne peux rien vous dévoiler les concernant sur cet opus en dehors de l'enquête en elle-même, mais j'ai aimé ce qui tourne autour du père et sa fille. J'en viendrai même à dire qu'il y a une part touchante.

Wallander est dans chacune des enquêtes un enquêteur humain, attachant.

Autour de l'enquête, on retrouve une fait historique de la Scanie, cette province historique de la Suède. Cette touche historique est donc intéressante à découvrir. L'enquête en devient alors très réaliste.

La période où se déroule l'histoire est l'automne, et le décor automnal est superbement planté. Le vent, la pluie, les feuilles mortes qui virevoltent ou qui se collent aux vitres. On y est et on ressent totalement cette période de l'année.

La plume d'Henning Mankell est toujours très agréable, comme à chaque fois. Il y a tous les ingrédients nécessaires. On retrouve également une certaine lenteur ici, à l'image de notre enquêteur et de sa fin de carrière.

Nous retrouvons à la fin du livre, une douzaine de pages qui s'intitulent "Wallander et moi". L'auteur partage avec le lecteur la genèse du personnage Wallander et surtout sa création et son rapport avec l'auteur. C'est superbement écrit, très intéressant à découvrir. Ces quelques pages montrent également l'attachement d'Henning Mankell à son personnage. 

A nouveau, un petit plaisir de lecture avec cette courte enquête très agréable et intéressante à suivre avec un enquêteur humain. 






Lu dans le cadre de ma participation au Challenge Pumkin Autumn Challenge 
pour le Menu Automne Douceur de vivre
Sous-catégorie It's just a bunch of Hocus Pocus
(halloween, Samhein, Automne...)

lundi 9 décembre 2019

L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent




Auteur : Philippe Delerm

Editeur : Editions du Seuil
Collection : Romans français
Romans - Recueil de nouvelles - Souvenirs - Actes quotidiens de la vie 
Pages : 120
Parution : 12 septembre 2019













Il y a des gestes qui en disent long...

On se camoufle derrière certains gestes, ou parfois carrément l'inverse on se montre à tous. Il y en a certains que l'on fait grâce à un objet... 

Des gestes qui disent beaucoup : l'embarras, la satisfaction de soi, le simple fait d'exister... Parfois même ils nous trahissent. Mais tous nous révèlent ! Que ce soit dans nos gloires, nos petitesses, nos amours, ou détestations.

Tant de gestes que l'on fait au quotidien, que ce soit le vapotage où l'on avoue publiquement une addiction. On reste dans une certaine gestuelle mais rien ne vaut la vraie cigarette et ce qu'elle incarne. Des postures allant de la virilité à la féminité. Elle est encore à la fois Humphrey Bogart, Lauren Bacall. Elle est Gainsbourg glissant vers Gainsbarre, un fumeur de Gitanes provoquant la mort. 

Il y a ces gestes pour éplucher une clémentine... où la volupté suprême est de commencer à la dépiauter d'une seule main, de l'abandonner du regard en continuant de lire un livre...On essaye précieusement de préserver le filament central qui nous rappelle notre enfance. On tient l'écorce entière et le fruit dans la paume. On se rapproche de Noël... 

Il y a également ce geste du jeu de paume. Mais si... ce geste si viril qui s'effectue de préférence au cours d'une manœuvre délicate où les mains empoignant le volant semblerait plutôt requis. Cette gestuelle que l'automobiliste opte d'un effleurement de la paume de la main dans un grand tourniquet du volant dans un sens, puis dans l'autre...

Et tant d'autre encore...

La lecture des mots de Philippe Delerm est pour moi à chaque fois un régal.

Première fois que j'ai lu un Delerm c'était avec "La première gorgée de bières et autres plaisirs minuscules" et là je suis tombée amoureuse des mots de cet auteur...

Après avoir parcouru depuis, d'autres romans et recueils de nouvelles de Philippe Delerm, je reste toujours autant amoureuse de ses mots. 

Il a toujours ce regard si juste sur des petits gestes de notre vie quotidienne, des gestes qu'il rend poétique à chaque fois. 

J'ai retrouvé sa plume à travers ce recueil de nouvelles centré ici sur nos gestes et ce qu'il ressort de ces gestes. Philippe Delerm a l'oeil aguerri pour traduire les attitudes humaines. 

Sa délicate plume est là aussi pour rendre nos gestes si poétiques sous son analyse tellement juste. 

Des gestes qui parleront à tous, des gestes qui feront remonter des souvenirs à certains aussi. Il en a été le cas pour moi-même avec notamment la nouvelle "D'une seule main la clémentine" que j'ai beaucoup aimé. 

C'est tellement ça... ces petits moments de la vie... et je crois bien qu'il n'y a que Philippe Delerm pour aussi bien décrire ces petits gestes futiles, ces petits instants de vie, avec tant de finesse, douceur, poésie, et vérité. 

Il analyse avec grande justesse les gestes de chacun, se mouvoir devient alors un moment de grâce ou encore une description de l'humain et ce qu'il peut en découler, s'y cacher.... 

J'ai eu quelques préférences pour certaines nouvelles, et un gros coup de coeur pour "Passer la main sur un livre".... tellement parlant pour nous lecteurs.

A nouveau, je me suis délectée des mots de Philippe Delerm à travers des textes courts sur nos gestes du quotidien. 
Son regard est toujours le plus profond, le plus doux, le plus vrai.