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mardi 12 juillet 2016

La ménagerie du bout du monde



Auteur : Carol Birch
Traducteur : Carole Delporte

Titre original : Jamrach's menagerie

Editeur : City Editions / Terra Nova
Collection : Roman
Roman - Angleterre - Navigation - Epoque Victorienne - Roman initiatique - Amitié - Littérature anglaise -
Pages : 362
Parution : 16 mars 2016







Synopsis :

Dans la crasse des Docklands du Londres victorien, un enfant fait une incroyable rencontre avec un tigre évadé d'un zoo. Le jeune Jaffy Brown est irrésistiblement attiré par le magnifique animal qui va le prendre dans sa gueule sans lui faire le moindre mal. Cette rencontre fait entrevoir à Jaffy un monde merveilleux, exotique, et éveille l'envie de voyager, loin de la vie tracée pour lui. Des années plus tard, avec son meilleur ami, il s'engage donc sur un baleinier. Le voyage est aventureux et les conduit aux confins de l'océan Indien. Mais, sans le savoir, c'est à la découverte de lui-même que voyage Jaffy Brown. D'aventures en tragédies, le jeune homme découvre sa part d'humanité. Et peut-être même le sens de toute une vie...
 
"Je suis né deux fois. La première dans une chambre de bois bercée par les eaux noires de la Tamise, la deuxième huit ans plus tard sur la Highway, quand un tigre m'a emporté dans sa gueule. C'est là que tout a vraiment commencé."


Agé seulement de 8 ans, Jaffy Brown et sa mère viennent d'emménager dans le quartier de Ratcliffe Highway, bien mieux que leur ancien quartier qui puait la merde aux abords de la Tamise. Sur la Highway, les échoppes débordaient d'oiseaux colorés, les vitrines étaient impeccables, etc. En allant faire une course pour son voisin, Jaffy découvre son nouveau quartier dans toute sa splendeur. Encore plus surprenant, il y découvre une incroyable bête. Bien sûr il avait déjà vu un chat, mais il semblerait que ceux de Highway soient d'une race supérieure car celui qu'il croise fait la taille d'un petit cheval et il a un poitrail massif... Il était d'or avec sur le pelage des zébrures parfaitement dessinées. Ses pattes sont de la taille de pieds de tabouret, et son poitrail d'un blanc neigeux...
 
Aucune peur n'habitait le petit Jaffy lorsqu'il croisa ce tigre échappé de la Ménagerie de Charles Jamrach. Tout le monde autour du petit Jaffy prit peur, voyant ce gamin de 8 ans s'approcher du tigre pour aller le caresser sans réfléchir. Le tigre l'attrapa dans sa gueule tel un chaton... Jaffy resta de marbre même une fois dans la gueule du tigre. Puis, il fût secouru par Jamrach lui-même. Jamrach, important commerçant d'animaux exotiques, le félicite d'avoir gardé autant son sang froid. Il trouve ce petit étonnant et lui offre un emploi dans sa ménagerie.
 
Le tigre l'avait fait renaître et après avoir croisé le chemin de cet animal fabuleux, tout a changé pour Jaffy. Son existence a pris un nouveau cap et un nouvel avenir s'est dessiné.  
 
Jaffy est très content, d'une part il aime les animaux et d'autre part il sait que lui et sa mère ont besoin d'argent. Etre parmi les animaux était tout ce qu'il avait toujours voulu.
 
Jaffy se lie d'amitié avec un autre employé de la ménagerie, Tim. Un peu plus âgé que Jaffy, il tente de lui faire faire les plus ingrates tâches et se moque un peu de lui, mais Jaffy est bien plus malin que Tim. Malgré cela, il aime bien Tim. Tous les deux traînent souvent ensemble, et Jaffy est vite tombé amoureux de la sœur de Tim. Ces trois là grandissent ensemble dans les rues de Londres, à aller jouer dans de vieux bateaux sur la Tamise. Jaffy s'extasie toujours devant les singes ou dromadaires. Il est fière également de côtoyer Dan, navigateur qui ramène les cargaisons d'animaux des plus lointains continents.
 
Quelques années plus tard, Jaffy est âgé de 16 ans et on lui propose, ainsi qu'à Tim, d'embarquer sous la responsabilité de Dan Rymer à bord d'un baleinier, le Lysander, pour une durée de 3 ans. Ils sont tous les deux envoyés sur le vieux vaisseau pour y capturer un "dragon" pour la ménagerie. Une commande passée par un homme riche. Personne encore n'a réussi à capturer ce "dragon" qui vit sur une île à l'est de la mer de Java. La population locale a la certitude que cette créature vit sur leur île, et un navigateur en a ramené des croquis. Jaffy reste éberlué devant les dessins, l'animal ressemblait à un énorme crocodile avec de longues pattes. Il s'agit en fait du dragon de Komodo, alors inconnu à l'époque.
 
Trois ans à sillonner les mers, on n'est plus le même. A son retour, Jaffy le sait il sera un autre homme, il aura exploré des lieux étranges, il aura vu la mer.
 
Trois années de quête de chasse et capture de dragon bien difficiles car à bord du Lysander, la terreur a bien des fois labouré les entrailles de Jaffy toutefois mêlée à des moments de joie. Pourquoi Jaffy s'était embarqué dans cette entreprise ? Cela reste un mystère aujourd'hui encore. L'équipage fût exalté aux premiers jours, une bande de joyeux drilles totalement inconsciente puis au fil des mésaventures, chacun se dit qu'il voudrait retourner à Londres. Une longue traversée remplie de tumultes attend l'équipage...
Quelle aventure extraordinaire !!!


Aventure envoûtante, épique, qui démarre sur les docks de Londres à l'époque victorienne. L'écriture nous retranscrit la sensation d'être sur ces docks, nous fait vivre les odeurs (pas très réjouissantes d'ailleurs à cette époque).
 
Franchement, je ne pensais pas autant aimé ce roman et je ne pensais pas avoir en main un si bon roman initiatique. Il m'est bien difficile maintenant d'en parler car il retrace tellement d'aventures diverses et tellement d'émotions qu'il en devient difficile à expliquer son ressenti et à résumer l'histoire tout en la filtrant au maximum car il faut vraiment la découvrir sans la "spoiler". Exprès, du coup, je ne parlerai pas de certains faits marquants du roman.
 
J'ai vraiment été captivée par cette histoire qui va d'aventures en tragédies où un jeune garçon va voir sa vie bouleversée puis le jeune homme qu'il est devenu en grandissant va découvrir le sens de sa vie à travers ce voyage.
 
Des aventures, il y en a ! Entre explorations diverses, chasse à la baleine, puis chasse d'un dragon du Komodo, et puis cette périlleuse traversée maritime de tout l'équipage... On serre les dents à chaque fois pour les membres de l'équipage et l'auteur ne lésine pas sur les descriptions de la vie à bord du baleinier et des difficultés de survie, les tempêtes à traverser, etc. Parmi tant d'autres vécues, quelle épreuve la chasse à la baleine !! Intéressant historiquement parlant.
 
L'écriture est parfaite pour nous décrire des scènes bouleversantes dont je ne peux parler ici de peur de "spoiler" ne serait-ce qu'une infime partie du livre.
 
Et puis, on s'est forcément pris d'amitié pour le personnage de Jaffy que l'on découvre au début du roman alors âgé de 8 ans. Très bonne description de la vie d'un enfant à l'époque victorienne sur les docks de Londres. On le voit grandir puis prendre la mer, donc du coup on a, en tant que lecteur, peur pour lui à travers les aventures qu'il vit. Pour lui, c'est une quête initiatique où il découvrira sa part d'humanité.
 
Beaucoup d'émotions car il y a des incidents qui se produisent lors de leur périple en mer mais là encore je vais essayer d'en dire le moins possible. A travers l'écriture on ressent la souffrance de l'équipage, l'horreur vécue parfois. Beaucoup à dire sur tant de choses... : l'amitié, la souffrance, le désespoir, la culpabilité...
 
On ne ressort pas facilement de ce roman et il en découle beaucoup de compassion envers certains personnages. Des personnages, du coup, qui vous marquent car l'histoire est retranscrite tellement bien et d'une façon très réelle qu'on a l'impression que l'aventure en elle-même a pris vie ainsi que les personnages.
 
A noter également que l'histoire s'est inspirée d'un fait réel que je ne veux, là non plus, pas aborder pour en dévoiler le moins possible. Historiquement parlant c'est très intéressant sur différents points.
 
Magnifiques décors retranscrits par l'auteur. Entre ce Londres Victorien, cette mer parfois calme mais bien souvent déchaînée, mais aussi ces lieux encore inconnus, ces îles aux odeurs envoutantes, etc.

Superbe lecture, je ne pensais pas avoir un roman aussi riche donc grande surprise ! 







mercredi 4 mai 2016

L'anatomiste



Auteur : Marilyne Fortin

Titre original : La Fabrica

Editeur : Terra Nova
Roman - Renaissance - Médecine - Chirurgie - Anatomie - Dessin - Peinture - Art - Pauvreté - Richesse - Prostitution - Intrigue
Pages : 394
Parution : 13 janvier 2016









Synopsis :


Né dans une famille miséreuse, Blaise est vendu par son père alors qu'il n'est encore qu'un enfant. Dans l'atelier d'un peintre, il perfectionne son art du dessin et rêve de devenir un grand artiste. Mais en 1539, la Renaissance a beau étendre ses lumières sur la France, elle éclaire difficilement ceux qui, comme lui, sont issus de la fange des ruelles. Les hasards de la vie font qu'il est contraint à travailler pour Gaspar de Vallon. Ce chirurgien méprisant et ambitieux lui demande d'illustrer son traité anatomique. Il impose à Blaise toujours plus de séances de dissections de cadavres et le force à une quête effrénée et illégale pour dénicher des corps dans les cimetières de Paris. Une rencontre vient toutefois bouleverser ce parcours : celle de Marie-Ursule, une prostituée énigmatique. Captivé par la beauté de la jeune femme, Blaise sent renaître son âme d'artiste et sa volonté de déjouer le mauvais sort qui semble s'acharner...

 Paris, 1524, le jeune Blaise vit dans la misère sous la coupe d'un père brutal. Celui-ci lui demande de faire tout un tas de petits boulots pour lui. Le seul plaisir pour Blaise, partir au petit matin dans la forêt et faire des croquis de la nature. Il a un talent inné entre les mains, il dessine à la perfection. Bien sûr, son père a compris bien vite qu'il pourrait tirer de l'argent du don de Blaise. Il l'emmène sur les marchés pour faire le portrait de ceux qui sont prêts à payer quelques pièces. Il l'oblige parfois à faire quelques dessins de scènes pas très catholiques. Blaise n'a pas le choix, il prend sa vie comme elle est, il ne veut surtout pas avoir le même sort que sa sœur... Il détestait ce père sournois, et détestait faire partie de ses traficotages.
 
Sur un marché, il est repéré par un peintre. Le lendemain, le père de Blaise l'oblige à le suivre. L'enfant sent bien qu'il se trame quelque chose... Il comprendra vite qu'il vient d'être vendu au peintre.
Quelques jours passèrent sans que l'homme ne lui explique quoi que ce soit. On décrassa Blaise, on l'habilla avec de beaux vêtements. Personne ne l'avait frappé jusque là... Et enfin, maître Battisto lui expliqua qu'il était un grand peintre reconnu également en Italie et qu'il comptait apprendre à Blaise le travail de peintre. A une condition, qu'il y est une confiance mutuelle. Blaise se détendit petit à petit en compagnie de maître Battisto et décida de lui faire confiance malgré qu'il ait été si souvent trompé dans sa vie, mais maître Battisto lui promettait un bel avenir.
 
Et en effet, il lui apprit à observer les êtres humains, à lui donner des conseils sur les lumières, etc.
 
Les années passent, Blaise est l'apprenti de maître Battisto et continue de perfectionner son art.
 
Mais en 1539, Blaise est cédé et contraint de travailler pour Gaspar de Vallon, un chirurgien méprisant et fort ambitieux et cruel anatomiste. Il en devient alors son esclave. Il découvre alors des soirées secrètes, des soirées de dissection de cadavres. On lui demande alors de bien observer les textures plutôt que les chairs sanguinolentes, ou viscères impudiquement dévoilés ou liquides gouttant sur la table.
 
Gaspar de Vallon ayant perçu le talent de Blaise, va profiter de celui-ci pour illustrer son traité anatomique qu'il entreprend : La Fabrica. Qu'il désigne comme étant le traité anatomique plus grand que nature. Il rêve d'être le 1er à terminer un tel ouvrage mais les Italiens ont eux aussi entrepris de constituer un ouvrage semblable, et ils mettent en pratique des méthodes scientifiques audacieuses. Une obsession pour De Vallon, surpasser les Italiens. Il espérait quelque chose d'inoubliable et voulait que son œuvre marie les récentes découvertes de la science et la fine fleur de l'art moderne. Il désirait qu'elle soit abondamment illustrée et très réaliste pour que les étudiants de médecine ou chirurgie l'utilise. Il espérait que l'Europe le cite un jour et voulait un ouvrage colossal.
 
Si bien que De Vallon augmente la cadence d'anatomies secrètes pour clôturer son œuvre. Il compte bien se servir de Blaise, qui a des doigts en or avec son talent inestimable de dessinateur. Et les reproductions de Blaise des différentes parties du corps humains sont sensationnelles.
Gaspar De Vallon lui impose alors de plus en plus de séances de dissection de cadavres et surtout l'envoie directement dans un Paris putréfiant en quête de corps de première fraîcheur dans les cimetières parisiens... Une quête illégale où Blaise risque la pendaison s'il se fait prendre. Mais il n'a pas le choix, Gaspar de Vallon le tient en coupe et il doit travailler pour lui et cela gratuitement.
 
Le destin de Blaise va croiser celui de Marie-Ursule, une orpheline élevée par une anglaise exilée et vouée à la damnation éternelle. Les manigances de sa mère vont faire entrer Marie-Ursule dans le cercle intime de De Vallon. Blaise découvrira vite que Marie-Ursule est une prostituée. Il est captivé par sa beauté si particulière. Marie-Ursule, elle, est attirée par l'argent. Blaise et Marie-Ursule vont tisser une amitié secrète et s'aperçoivent que leur vie ne leur plaît pas et qu'elle est dangereuse... Blaise, lui, aimerait retrouver son âme d'artiste qu'il a perdu petit à petit en étant forcé de participer aux anatomies et aux croquis qu'il devait effectuer pour De Vallon. Marie-Ursule, elle, aimerait quitter ce Paris qui l'a forcé à vendre son corps. Elle aspire à une autre vie... mais les mauvais sorts s'acharnent.
Quel roman historique !!
Passionnant !!
 

Premier roman très réussi qui mêle la fiction à la réalité. Au fil d'une histoire fictive, on découvre par contre la véritable histoire de la rédaction de traités d'anatomie à l'époque de la Renaissance. En effet, Marilyne Fortin a découvert au décours de ses études un traité anatomique anonyme du XVIe siècle illustré d'extraordinaire gravures. Est née l'idée d'une fiction sur l'artiste inconnu tout en mêlant faits historiques.
 
C'est extrêmement bien reproduit, une fois plongé dans le roman on a l'impression de traverser les ruelles lugubres de Paris et l'auteur nous transporte directement dans des cabinets d'anatomie tenus secrets et illicites. Le parcours de ce jeune artiste, Blaise, est passionnante et cela retrace donc sa vie à partir de son enfance jusqu'à ce qu'il atteigne environ 30 ans. De même pour la description des situations, le lecteur observe chaque détail grâce à l'écriture foisonnante de l'auteur.
 
L'auteur ne lésine pas sur les détails, rien ne manque aux descriptions des divers personnages issus de différentes classes sociales, autant des classes sociales pauvres que des classes sociales riches. On y retrouve donc Blaise, un enfant vendu par son père, Marie-Ursule contrainte de vendre son corps par sa mère, mais on y retrouve également un chirurgien imbu de sa personne et méprisant, etc. C'est magnifiquement décrit.
On se prend forcément d'attache pour le personnage de Blaise qui n'a, franchement, pas connu une vie facile...

Le Paris de l'époque est lui aussi superbement décrit. On y entre dans des monuments emblématiques, qui pour certains existent encore.

Les séances d'anatomie sont relatées avec beaucoup de précision, si bien qu'on a l'impression d'y participer également sans passer pour autant dans des scènes glauques. L'écriture reste élégante pour ne pas rentrer dans le glauque. L'auteur lève le voile sur ces séances de dissection ni réglementée et sans aucune hygiène, où l'on donnait les déchets aux chiens. Les parisiens de la haute société se pressaient en cachette pour assister à l'une de ces séances d'anatomie secrète qui devenait alors un spectacle. Les moyens de dénicher un cadavre sont aberrants....

Les mœurs de l'époque sont évoquées de manière subtile. Historiquement, c'est vraiment très intéressant.

L'écriture est, vous l'aurez compris, parfaite et rend l'histoire captivante du début à la fin.

C'est également très bien rythmé entre faits historiques et fiction.

Magnifique livre-objet également. Avec, au début de chaque chapitre, une vignette extraite des planches de La Fabrica, traité d'anatomie.

Fresque historique couplée à un récit de vie, incroyable et palpitante.


Exemple de vignette des débuts de chapitres.








lundi 11 janvier 2016

Les filles oubliées




Auteur : Sara Blaedel
Traducteur : Martine Desoille

Titre original : The Forgotten girls

Editeur : Editions Terra Nova
Thriller - Thriller nordique - Enquête criminelle - Série - Enquêtrice Louise Rick - Danemark -
Pages : 320
Parution : Novembre 2015









Synopsis :

Le corps d'une femme est découvert dans une forêt isolée du Danemark. Une cicatrice sur le visage aurait dû rendre son identification facile, mais personne n'a signalé sa disparition. Louise Rick, enquêtrice au Département des Personnes Disparues, lance un appel à témoins.
Une femme âgée reconnaît la victime qu’elle a connue enfant. Il s’agit d’une certaine Lisemette, qui fut internée autrefois dans un hôpital psychiatrique. Comme les autres enfants de cette lugubre institution, Lisemette était une « fille oubliée », abandonnée par sa famille.
L’enquêtrice fait alors une autre découverte troublante : la victime avait une sœur jumelle. Et toutes les deux sont censées être mortes depuis une trentaine d'années...


 

Quatre jours viennent de s'écouler depuis que l'on a découvert le corps d'une femme dans les bois, et la police ne l'a toujours pas identifiée. Pas le plus petit début d'indice non plus, ce qui contrarie Louise Rick en charge de l'enquête.

C'est la deuxième semaine de Louise en qualité de directeur technique de l'agence des enquêtes spéciales. Une unité qui venait de se créer. Chaque année, entre 1600 et 1700 personnes sont portées disparues au Danemark, la plupart sont retrouvées quoique pas toujours en vie... Le département de Louise a donc pour tâche de résoudre ces affaires là.

Personne n'a signalé encore de disparition pouvant être liée au corps de cette femme retrouvée morte dans les bois. Rien ne permet à la police d'identifier cette femme car il n'y a aucune correspondance aux disparitions déjà signalées. La femme serait morte depuis au moins une semaine. L'affaire est donc complexe pour Louise et son nouveau collègue Eik Nordstrøm.

Ce corps a été retrouvé à la lisière d'une forêt non loin du lac Avnso, région que connaît très bien Louise puisqu'elle y a vécu il y a 21 ans. Elle a donc gardé encore en mémoire la plupart des routes, des lieux, mais aussi des habitants de cette région.

Louise et son collègue en viennent à lancer un appel à témoins pour les aider dans l'identification du corps. Une femme d'un certain âge se manifeste auprès d'eux en déclarant avoir reconnu le visage de cette femme morte. Celle-ci, en effet, portait des signes très distinctifs sur son visage, notamment une cicatrice. Elle certifie reconnaître le visage de Lisemette.  
Elle l'aurait connue en 1965 à l'Institut Elisund, un institut pour handicapés mentaux où elle était aide-soignante. Un lieu où les enfants étaient quasi abandonnés par leurs parents, car ceux-ci préféraient cacher ou même oublier le fait qu'ils avaient mis au monde un enfant "anormal". Ils ne venaient pas leur rendre visite. Et puis, il y avait des parents à qui l'on conseillait de ne pas venir car les enfants devenaient ensuite agités et anxieux.
Louise en était écœurée à la description des lieux par cette femme.

La femme ne se souvenait pas du nom de famille de l'enfant. Il serait donc difficile à Louise de faire des recherches hormis d'aller voir sur place dans les anciens registres d'Elisund.

L'institut Elisund glacera les sangs de Louise, cette institution transformée en quelques sortes en musée désormais est plus que lugubre et Louise y fera des découvertes étonnantes. Au sous-sol, on y découvre des salles où on y trouve encore des camisoles, des tables avec attaches, etc. Et puis, le nez dans les archives, Louise découvre que Lisemette n'est autre que le diminutif de deux enfants : deux jumelles, Lise et Mette. Et découverte encore plus brutale, elles seraient mortes il y a 30 ans...déclarées mortes à l'âge de 17 ans.

Ne reste plus qu'à Louise et Eik de remonter le temps pour pouvoir reconstituer des liens entre passé et présent avec cet institut Elisund... Louise n'a pas encore idée de toute l'horreur qu'il reste à découvrir.
Comme si ce n'était pas assez compliqué pour Louise, d'autres femmes sont attaquées dans les bois avec agressions sexuelles. Un violeur traque ses proies dans les bois...

Et Louise doit également faire face à son propre passé, dans ces lieux qu'elle a bien connus.

Très belle surprise et 1er coup de cœur de l'année !!


Je ne connaissais pas du tout Sara Blaedel et à la sortie de ma lecture de ce thriller je me suis dis que je venais de faire une belle découverte d'une "reine du crime nordique". Louise Rick est un personnage récurrent dans les thrillers de Sara Bladel, son enquêtrice fétiche en fait et l'auteure est inscrite désormais dans mes listes pour ses prochaines parutions.

Un personnage qui arrive dans une nouvelle brigade, une unité de police qui recherche des personnes disparues, et son premier cas n'est pas des plus simples pour elle il faut le dire.
Une enquête bien ficelée et qui va de rebondissement en rebondissement. Pas le temps de s'ennuyer, d'autant plus que le rythme de l'écriture est parfait pour cette enquête.

L'enquête principale est en effet compliquée par de nouveaux meurtres et viols dans cette même forêt du Danemark. Petit à petit, on va de découverte en découverte entre passé et présent et le côté sombre du roman prend lui aussi de plus en plus d'ampleur. Tout est parfaitement bien construit et haletant pour le lecteur.

Ecriture parfaite ! L'auteure nous offre de belles scènes d'angoisse, mais aussi des situations fortes que je ne peux expliquer de peur de vous dévoiler des bribes de l'histoire.

La vérité éclatant, le lecteur est encore plus soufflé en découvrant que cette œuvre est une fiction basée sur des faits ayant eu lieu dans des institutions psychiatriques il a très longtemps. Elle a donc changé certains aspects pour les adapter à son roman. On est donc ni plus ni moins pris aux tripes !! Un contexte de fond sur ces institutions psychiatriques très intéressant, où l'on cloisonnait les pensionnaires pour ne plus qu'ils ne voient aucun membre de leur famille et où on faisait croire à ces familles que c'était pour le bien des pensionnaires... Ecoeurant, c'est le mot.

Descriptions parfaites non pour des scènes macabres, mais plutôt pour des scènes de situations angoissantes entre personnages, lorsque Louise Rick doit par exemple faire certaines révélations à des familles de victimes ou prendre contact avec des victimes.

De bonnes descriptions également pour le lecteur sur les lieux, ces bois nordiques.

Les personnages sont intéressants, j'ai aimé être en compagnie de Louise Rick et son coéquipier Eik avec qui cela ne partait pourtant pas très bien au départ puisqu'elle n'appréciait pas trop cet homme. Portraits bien dessinés et chacun d'eux a ses propres tragédies personnelles du passé. Sara Blaedel insert des scènes de vie personnelles à Louise Rick avec notamment les déboires de sa meilleure amie. Par contre, sa vie perso actuelle à elle, on ne la connaît pas vraiment. On connaît son passé mais sa vie perso actuelle est plutôt en suspend.

Une lecture qui m'a happée du début à la fin.
Une fin d'ailleurs pimentée par un rebondissement qui vient monter d'un cran la tension du lecteur pour notre plus grand plaisir. Un très bon thriller.