lundi 17 août 2026

La mue : Un pèlerinage au Japon

 




Quête de soi. 

Emilie Saitas est une autrice et illustratrice Belge. 

Elle pensait ne plus reprendre l'avion, la voici installée dans un avion pour partir au Japon pour deux mois de marche sur l'île de Shikoku. Elle l'a décidé sur un coup de tête, un besoin. 

Un 16 juin, elle se retrouve sur le chemin des 88 temples, l'un des plus anciens lieux de pèlerinage, parcours spirituel bouddhiste de forme circulaire reliant 88 temples sur le pourtour de l'île de Shikoku. 
C'est l'un des plus vieux pèlerinage bouddhiste au Japon. Je ne connaissais pas du tout, et ce roman graphique m'a permis de faire cette découverte. Près de 1200 km à parcourir, traversant une végétation sauvage, des montagnes, longeant l'océan entre la mer intérieure de Seto et l'Océan Pacifique. Les illustrations, croquis au crayon, sont dépaysants et on voit bien les différents paysages traversés au cours de cette aventure. 

L'autrice se lance dans cette aventure après avoir découvert la marche sur le chemin de Compostelle. 

Elle nous offre un journal de bord avec ce roman graphique, qui capture chaque instant de son parcours, tant au niveau de sa marche dans la journée que de ses pauses et soirées dans des lieux parfois insolites. 

Une ode à la lenteur de chaque instant. Le corps, l'esprit aussi, s'allègent au fil des pas, au propre comme au figuré. Les rencontres peuvent être sauvage, comme avec les serpents par exemple. 

Et pour Emilie Saitas, il s'agit là, pour elle, d'une sorte de mue et un désir de changement, à l'image de ces serpents croisés au fil des chemins. Elle est arrivée au Japon épuisée. Elle espère un changement physique et psychique grâce à ce parcours des 88 temples. Savoir se perdre pour mieux se retrouver. 

J'aurais juste aimé en savoir un peu plus sur son état d'esprit avant d'entamer ce chemin, cela n'est pas trop détaillé sur le pourquoi elle a tout quitté pour se lancer dans cette aventure. 

Pèlerinage sous forme de récit de voyage que j'ai trouvé intéressant, avec une mise en avant des us et coutumes, tant au niveau des temples, que les traditions japonaises. 

Une introspection qui offre aussi au lecteur une certaine lenteur dans cette lecture, et ça fait du bien. 

Bien plus qu'un défi physique avec ces 1200 kms à parcourir, un voyage d'introspection.

mardi 11 août 2026

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle

 



Evelyn Hardcastle sera assassinée ce soir à 23 h 00. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ? 

Aident Bishop a une journée pour identifier le meurtrier et empêcher le meurtre. Tant qu'il n'est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée, se réveillant à chaque fois dans le corps d'un autre invité de la luxueuse demeure. Certains de ses hôtes sont plus serviables et plus aimables que d'autres... 

A qui peut-il faire vraiment confiance ?
C'est un flop pour ma part.

Comment vous dire... Je suis passée à côté de cette lecture. Pourtant, j'avais vu de nombreux bons retours sur ce titre, mais ça ne l'a pas fait pour moi. 

Certes, une intrigue atypique qui partait plutôt bien, je trouvais même créatif cette enquête dans une boucle intemporelle. Mais l'intrigue m'a très vite perdue car je l'ai trouvée complexe et très vite elle a quelques peu plombée ma lecture avec ses près de 600 pages qu'il est bien difficile à suivre lorsque l'intrigue ne nous happe pas. 

J'ai trouvé difficile de suivre tout ce monde rencontré au fil des pages et malgré avoir mis toute ma concentration dans ma lecture. Trop de personnages, rencontrés x fois du fait que le personnage principal revit la même journée dans la peau d'un des hôtes de la demeure. Donc visualiser bien ce fait d'avoir de nombreux personnages et de revivre la même journée d'une façon différente.... pfff
Au fil des pages, je me suis sentie perdue et je n'ai pas trouvé de côté palpitant à l'histoire. Beaucoup trop d'événements s'ajoutent à l'intrigue, de quoi nous perdre encore plus.

La concentration doit être à son maximum du côté de la chronologie aussi, puisqu'on revit x fois la même journée lorsque le personnage principal d'Aiden se réveille chaque matin dans la peau d'un nouvel hôte. 

Bref, tout ça fait que je me suis vite ennuyée dans cette complexe intrigue. J'ai quand même voulu aller au bout du roman et de ses 600 pages, car je voulais découvrir le dénouement de cette intrigue, mais je vous avoue que je n'avais pas une franche motivation dans ma lecture. Le final ne m'a pas plus que ça emballée d'ailleurs. 

Vous l'avez donc compris, c'est un flop sur un roman qui a pourtant été beaucoup apprécié par les lecteurs. Mais voilà, trop de détails et d'événements à retenir, des longueurs aussi sur ces 600 pages de lecture, pour pouvoir apprécier pleinement cette intrigue. 
Après ma lecture, certains lecteurs sont venus partager avec moi leur retour de lecture et m'ont fait part du même ressenti que moi sur cette lecture. 

A vous de juger...



jeudi 6 août 2026

Le printemps de Sakura

 





Sakura a 8 ans et vit à Tokyo avec son père depuis le décès accidentel de sa mère quelques années auparavant. Depuis, Sakura n'arrive pas à surmonter sa peine.

Pour des raisons professionnelles, son père, français d'origine, doit s'absenter quelques semaines pour son travail et décide de confier Sakura à sa grand-mère japonaise.  Mais Sakura ne connaît pas beaucoup son aïeule, et elle ne l'a quasiment pas vue depuis le décès de sa mère. 

Après un trajet jusqu'en bord de mer et son père reparti, les premiers jours sont difficiles pour Sakura car cette aïeule vit de façon traditionnelle et surtout au rythme de la nature. Ce qui plonge Sakura dans un grand désarroi. 

Le temps d'un printemps, ce séjour auprès de sa grand-mère maternelle va peut-être extérioriser la peine de Sakura, lui permettant de dépasser le drame et de s'ouvrir de nouveau à la vie. 
Petite pépite avec un coup de coeur pour ce roman graphique de Marie Jaffredo. 

Roman graphique de toute beauté et il fait un bien fou au coeur et à l'esprit. 

Une vie simple pour cette grand-mère qui vit en bord de mer, un vie traditionnelle japonaise. On ressent cette façon de vivre avec ce retour à la nature et ça fait du bien. 

Une résurrection pour cette petite fille avec un éveil des sens pour la petite fille de la ville. Eveil des sens sur des petites choses toutes simples de la vie, la découverte de plaisirs simples comme la pêche à pied, les senteurs des fleurs, l'air de la mer...

Magnifique BD, ou plutôt roman graphique de 112 pages. Magnifique, tant sur cette très belle histoire de deuil, de résilience, reprendre goût à la vie ; tant sur les splendides planches de dessins dans des tons doux identiques à l'histoire. Les décors sont superbes, chaque détail est à observer et les dessins sont d'une grande délicatesse et poétiques. 

Tout est apaisant ici. On y fait de belles rencontres, on vit des moments que l'on doit chérir chacun dans nos propres vies. Le goût de la vie est parfois fait de petites choses, et elles peuvent permettre à se relever après un drame. Que l'on soit enfant ou adulte. 

Doux, poétique, apaisant, ne passez pas à côté de cette merveille.

mardi 4 août 2026

Bilan lecture - Juillet 2026

 




Bonjour,

Il est l'heure de faire un bilan lecture de ce mois de Juillet. Un mois aussi compliqué pour moi que Juin... 

J'espère pouvoir consacrer plus de temps à la lecture à partir de la rentrée, oui, je sens que le mois d'août sera très ressemblant à Juin et Juillet.

Mais passons plutôt au bilan. J'ai lu un roman graphique jeunesse, 2 romans graphiques adultes, 4 romans

Voici le détail




Une pour toutes, de Dominique Monféry. Un très beau roman graphique, une qualité de dessin et une qualité de papier qui magnifie ces sublimes planches de dessins. Il est adapté de l'oeuvre de Jean-Laurent Del Socorro. Une jolie découverte. (Chronique en préparation)

Le Dieu des bois, de Liz Moore. J'ai été happée par cette lecture, et au final j'ai adoré. (Chronique en préparation)

Jefferson, d'Antoine Ronzon. Roman graphique jeunesse adapté de l'oeuvre de Jean-Claude Mourlevat. Très beaux messages dans ce roman graphique. (Chronique en préparation)



La Mue : un pélerinage au Japon, d'Emilie Saitas. Un récit de voyage instructif et dépaysant. (Chronique en préparation)

La disparue de Belle-Île, de Christope Ferré. Un auteur que j'avais lu il y a quelques années avec Les amants du Mont-Blanc. ( Chronique en préparation)

Malaven, d'Olivier Bal. Un escape game qui tient en haleine. Intrigue bien ficelée. (Chronique en préparation)

Le sentier des citrons, d'Alessia Castellini. Immersion en Italie sur 2 temporalités. (Chronique en préparation)



Je vous souhaite de découvrir de belles lectures en août.

jeudi 30 juillet 2026

Les rebelles d'Oxford - Tome 1 : Panique chez les Montgomery

 




1879, en Angleterre. 

Annabelle est une jeune femme brillante mais sans le sou. Elle vient d'être admise à l'Université d'Oxford grâce à une bourse offerte par une ligue de suffragettes. En échange de ses études, elle doit soutenir le mouvement et aura comme mission de recruter des hommes d'influence pour défendre leur cause. Elle va devoir rallier le duc de Montgomery, un homme froid qui possède une vision archaïque de la gent féminine. 

Son défi : ne pas céder à l'attirance puissante qu'elle ne peut nier pour l'homme qui s'oppose à tout ce qu'elle défend. 

Haut placé dans la politique britannique sur ordre de la Reine, Sebastian cherche une épouse d'un rang égal à son rang social. Mais il ne peut rester de marbre devant la beauté d'Annabelle. Il lui demande alors de devenir, non pas son épouse du fait qu'elle n'a pas le rang exigé, mais sa maîtresse. 

Comment ose t-il ? Annabelle est furieuse. Elle, femme libre et indépendante, jamais n'acceptera pareille proposition. 

Encore faut-il qu'elle résiste au charme redoutable du séducteur.

Une période historique que j’aime beaucoup, l’Angleterre victorienne.


Epoque Victorienne, comme j'aime. 

Voilà une histoire d'amour au temps des suffragettes qui m'a fait passer un bon moment lecture. 

L'humour est très présent entre cette jeune femme, roturière au franc-parler, face à ce duc séducteur de première et homme influent dans la politique. Un homme aux principes archaïques vis à vis des femmes, donc tout le contraire de ce qu'attend l'héroïne du roman, en avance sur son temps. 

Cette période historique est toujours un régal. Ici, nous sommes sur fond des suffragistes d'Oxford, avec une histoire d'amour qui menace de bouleverser l'ordre social britannique. Comme je vous l'ai dit, l'héroïne est moderne, inscrite à l'Université, suffragiste, et bien sûr elle n'a pas sa langue dans sa poche. 

Même si on voit venir de loin les situations au cours de la lecture, la romance naissante est drôle, le décor de cette Angleterre Victorienne est charmante, et on passe un agréable moment lecture.

C'est le 1er tome de la série Les rebelles d'Oxford, si j'en ai l'occasion je lirai les autres opus. 

Une romance historique légère et divertissante. 





lundi 27 juillet 2026

Tant que fleuriront les citronniers

 





Syrie. La révolution a commencé lorsque Salama était étudiante en pharmacie à Homs. Elle avait encore une famille, ses parents, son grand-frère, un foyer, un avenir. 

En quelques mois, Salama a tout perdu. Aujourd'hui, elle est bénévole à l'hôpital, soignant les blessés qui affluent chaque jour. Les infirmières et les médecins manquent, on a donc réquisitionné les étudiants pharmaciens pour soigner les blessés et pallier au manque de personnel. 

Lorsqu'elle n'est pas à l'hôpital, elle retrouve Layla, sa belle-soeur enceinte, la seule famille qu'il lui reste. 

Le coeur de Salama est déchiré entre vouloir aider son pays en quête de liberté et mettre Layla à l'abri avant qu'elle ne donne naissance, loin de la violence de la guerre. Salama est si désespérée qu'elle a manifesté une incarnation de sa peur sous la formation de Khawf, personnage imaginaire.  

Lorsque Salama rencontre Kenan, un garçon de son âge, elle est encore plus perdue. Kenan, caméra au poing, se bat avec les images pour montrer au monde ce que le peuple syrien subit. 
Gros coup de coeur avec ce roman bouleversant. 

Je n'ai en effet qu'un mot à dire : bouleversant. Ce livre n'est pas seulement touchant, il laissera une empreinte dans votre coeur et dans votre esprit. Le genre d'histoire qui ne vous quittera pas. Vous voyez de quoi je parle ? 

Ici, on vit des moments déchirants auprès de Salama. Cette jeune femme de 18 ans est pleine de courage. Elle est aussi déchirée entre sa loyauté pour son pays et sa conviction de vouloir survivre et mettre à l'abri sa belle-soeur enceinte. Quitter son pays ou se battre pour lui au détriment de sa vie ? 

Une histoire poignante de perte, de douleur, de courage, de résilience, d'amour, et d'espérance aussi. 

Bien qu'il s'agisse d'une fiction, il fait bien sûr écho aux luttes réelles des Syriens. Ce roman nous rappelle aussi qu'il faut toujours garder l'espoir en vue. 

Les mots de l'autrice sont touchants. L'écriture est immersive, elle rend les émotions encore plus fortes et il est bien difficile de lâcher le roman en cours de lecture. Ce roman est paru chez Nathan, donc roman dit "jeunesse", pas avant 16 ans au moins, et bien entendu pour adultes. Lisez-le ! 

Vous l'avez compris, c'est un énorme coup de coeur, ne passez pas à côté de ce roman. 



vendredi 24 juillet 2026

La Ballerine de Kiev

 




L'histoire de Svitlana et Dmytro, deux danseurs étoiles de l'Opéra de Kiev.

Svitlana avait choisi la danse pour religion. Ils sont mari et femme. 

Lorsqu'en février 2022, comme toute l'Ukraine, aux 1ers jours du conflit, ils sont happés par la guerre, leur vie va être bouleversée tout comme leur quotidien à l'Opéra de Kiev. Ils dansent ensemble sur Le Lac des cygnes aux côtés des autres de leur troupe.

Les 1ers obus tombent sur Kiev. Dmytro s'engage dans l'armée. Lui qui a tout dansé, endosse un rôle pour lequel il n'a jamais répété. Svitlana devient secouriste. "En cherchant à sauver les autres, c'est aussi elle qu'elle empêche de sombrer."

Ils menaient une existence sur leur corps, leur art, ils découvrent désormais la peur, la mort, la résistance, la solidarité, et vont devoir faire des choix impossibles. Danser a t-il encore du sens face à la barbarie ? L'art permet-il de résister et de se reconstruire ? 

Svitlana ne dansera plus jamais comme avant.

Des thèmes forts. 

La solidarité, la perte, la résistance, tant de thèmes forts et profonds dans ce magnifique roman. 

Une émotion intense à la lecture de ce court roman d'une puissance magistrale. On a entre les mains un roman qui nous montre la réalité de ce que vivent au quotidien les Ukrainiens depuis les 1ers instants de la guerre en Ukraine. Et face à cette guerre, il y a la peur, la mort, le courage, et surtout la résistance de ces gens qui se battent pour leur survie et l'identité nationale de leur pays. 

L'art, leur profession, leur passion, devient alors un signe d'espoir. 

Les choix du couple, leur lutte de chaque instant sont au coeur du roman, à chaque instant tragique de cette guerre. 

C'est un roman poignant, à la fois sombre mais aussi plein d'espoir, rempli de résilience. 

Une écriture forte que j'ai trouvée très immersive. Difficile à lâcher la lecture d'ailleurs. 
Rappelons que l'autrice est Grand Reporter. On comprend alors ce côté immersif que l'on perçoit dans ce roman et ce côté percutant. 

Un hymne à la liberté. A lire.