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jeudi 16 juillet 2026

J'ai toujours cette musique dans la tête

 


Un couple qui s'aime comme au premier jour : Yanis et Véra, la quarantaine. Ils sont les parents de trois magnifiques enfants. Mais voilà, Yanis supporte de moins en moins bien sa collaboration avec Luc, le frère de Véra. 

Yanis est un talentueux autodidacte dans le bâtiment, il est créatif et courageux. Son beau-frère, Luc, architecte pragmatique et prudent, il est le cérébral des deux et gère les finances. Leur association est de plus en plus fébrile. Yanis souhaiterait avoir plus d'importance au sein de leur société. 

La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait depuis longtemps. 

Poussé par sa femme, financé par le providentiel client, Tristan, qui ne jure que par lui, Yanis se lance alors à son compte. Les liens familiaux avec Luc sont alors rompus. Ils s'évitent. Véra soutient à 100 % son mari. Elle ne veut plus voir son frère et quant à sa meilleure amie...elle ne la voit plus non plus. Pour sa meilleure amie, il s'agit là justement un projet fou. 

Petit à petit, le rêve qui semblait prendre vie prend une toute autre tournure, bien plus sombre. 

Certains tourbillons de la vie se transforment en ouragan. Yanis pourra t-il s'en échapper sans emporter Véra et son couple ? 

Les choix de vie, les ambitions de chacun. 

Je me suis totalement laissée porter par cette réflexion sur la vie, sur les choix de vie, les bons, les moins bons.

L'autrice nous offre une belle analyse sur les choix de vie de ce couple et jusqu'où leurs choix vont les emporter. Un couple fusionnel, un soutien indélébile, ambition.

L'alternance des chapitres entre Yanis et Vera est très intéressant car on a la version des événement de l'un et de l'autre personnage, ça apporte un côté palpitant à l'histoire en plus mais je ne veux rien spoiler sur ce sujet palpitant. Le prologue met en bouche et on se plonge dans la lecture avec ce côté captivant.  

Les personnages sont tout aussi intéressants, aussi bien Yanis, son côté ambitieux avec son manque de confiance en soi, souvent rabroué dans sa créativité par son beau-frère, Luc.
Luc, que l'on comprend également dans sa façon d'agir. Il doit tenir les rennes d'une société et ses finances. 
Quant à Véra, le personnage est tout autant intéressant. Elle soutient son mari quitte à ne plus parler à son frère et à sa meilleure amie. 

Un côté psychologique que j'ai apprécié car abordé du point de vue des différents personnages, et bien abordé. 

Au coeur de l'histoire, on retrouve une intrigue avec un suspense qui monte en puissance sur une partie du roman. Il y a un côté palpitant qui nous donne du mal à lâcher le roman. 

Roman très prenant que je ne peux que vous conseiller. 

samedi 3 août 2024

A la lumière du petit matin

 



Hortense approche de la quarantaine. Depuis près de 15 ans maintenant elle vit à Paris, où elle exerce le métier de professeur de danse et sa vie parisienne lui procure joie et satisfaction professionnelle même si elle a été très attachée à son Luberon natal. Elle a monté une école de danse avec ses amis danseurs, Sandro et Bertille. 

Depuis la mort soudaine de ses parents il y a quelques années, Hortense vit une liaison avec un homme marié, Aymeric. 

Hortense s'est en effet dite toujours heureuse et sa vie lui satisfait comme elle est, mais un coup du destin va lui faire observer sa vie actuelle entre cet homme marié qui, elle le sait, ne quittera jamais sa femme ; entre sa culpabilité aussi de vivre cet amour adultérin qu'elle reconnaît.

Il va falloir à Hortense ce fameux coup du destin, que la vie la fasse trébucher, pour lui permettre enfin d'observer sa vie mais aussi ses attentes réelles de la vie. Ce dont elle a besoin à l'approche de la quarantaine. Une introspection intérieure que jusqu'ici elle avait refusé d'affronter.

Est-elle alors réellement heureuse ? Acceptera t-elle d'affronter ses attentes réelles ? 
Oh jolie lecture !

Un roman que j'ai beaucoup apprécié avec l'histoire de cette femme, Hortense, bientôt la quarantaine. 

L'histoire et les messages sont intéressants, une introspection sur soi, sur les attentes de la vie. Et si en fin de compte on se posait pour réfléchir à nos attentes de la vie, et savoir si celles déjà mises en place sont vraiment celles attendues. 

Les mots de l'autrice sont très justes sur les questionnements d'Hortense entre ses attentes de la vie, ses réflexions sur sa liaison avec un homme marié depuis des années. Un amour oui, mais lui apporte t-il ce dont elle a besoin ? J'ai aimé l'évolution que l'autrice a apporté au personnage d'Hortense, avec des hauts et des bas car son amour inconditionnel pour Aymeric est fort, alors difficile de devoir remettre en question cet amour même si intérieurement elle sait que ses attentes sont autres. 

Du coup, j'en viens à dire que les émotions des personnages sont vrais et les personnages sont traversés par des émotions en dents de scie. J'ai aimé également les émotions vécues par Hortense face au deuil, pas encore terminé, de ses parents.

Le personnage d'Aymeric, je vous laisse le découvrir, mais pour ma part il m'a été antipathique à souhait.  

J'ai aimé les lieux où se déroulent l'action du roman, on passe d'une salle de danse à Paris assez fraternelle je trouve, à des lieux plus dépaysant dans le Sud de la France et une bâtisse où les soirées doivent être enchanteresses.

L'amitié dans ce roman tient un rôle très important et cette bienveillance chaleureuse fait du bien. 

L'autrice nous envoie un message comme quoi il faut écouter nos petites ou grandes attentes de la vie, ne pas attendre que ses attentes intérieures ne se réalisent pas et défilent tout comme le temps qui passe... se dire un jour qu'il est trop tard.

En somme, un joli portrait de femme mais pas que. 
C'est aussi un joli portrait sur l'amitié, l'amour, et l'écoute de soi.   


jeudi 2 juillet 2020

Nos résiliences





Synopsis :

"Notre vie avait-elle irrémédiablement basculé ? Ne serait-elle plus jamais comme avant ? Étrange, cette notion d'avant et d'après. Je sentais que nous venions de perdre quelque chose d'essentiel. Aucune projection dans l'avenir. Aucun espoir. Rien. Le vide. Une ombre planait désormais sur notre vie. Et j'avais peur. Mais cette peur, je devais la canaliser, l'étouffer, l'éloigner, je ne pouvais me permettre de me laisser engloutir. "
Un seul instant suffit-il à faire basculer toute une vie ?


Ava est galeriste. Une galerie d'art léguée par son grand-père puis son père qui l'a formée dans ce métier. Elle savait qu'elle avait de la chance d'exercer ce métier et que ce métier, tout comme la galerie, lui ait été légué. Elle avait été terrifiée au début, d'être seule, de réussir à conserver et faire vivre la galerie sans son père. Un père qu'elle admirait. Un homme d'une élégance rare, qui lui a tout appris : trouver des artistes, les faire connaître, faire vivre la galerie, organiser des expositions. L'artiste qu'elle vient de découvrir, Idriss, est d'une grande timidité et malgré son talent plus que prometteur, il est rongé par une angoisse paralysante. Il a un talent fou, Ava croit en lui et cela faisait longtemps qu'un artiste ne l'avait pas autant touchée. La prochaine exposition lui sera consacrée, la préparation du vernissage est bien entamée pour Ava. Il a lieu d'ici quelques jours.

Xavier, est vétérinaire de métier. Il a sa propre clinique vétérinaire, mais il lui arrive également de partir travailler dans un centre de soins animaliers en pleine brousse en Afrique. Chaque année, il libère de son temps pour l'Afrique, pour plusieurs semaines ou mois.

Ava et Xavier se sont rencontrés il y a 15 ans grâce à une petite chatte trouvée par Ava et bien amochée. A leur rencontre, une attirance vraie entre eux, Xavier lui annonçait qu'il partait pour l'Afrique pour un mois. Depuis, ils vivent ensemble, ont deux enfants.

Xavier continue ses vacations en Afrique. Et entre eux, il y a toujours ce même amour et ce même désir. Ava a toujours hâte de ressentir les émotions qui la parcoure lorsqu'elle sait que Xavier doit rentrer d'Afrique. Le manque, la faim de s'appartenir les emportaient dans des nuits d'amour... vient ensuite un temps de réadaptation à la vie familiale, se réapproprier leur monde. Il faut toujours quelques jours à Xavier pour se réintroduire dans leur vie familiale. Elle lui laissait le temps qu'il faut, il était l'amour de sa vie, le père de ses enfants. 

Mais Ava aurait aimé un peu plus de soutien de sa part pourtant, à la venue de son vernissage. Elle voyait à peine Xavier qui passait ses journées à la clinique vétérinaire. Leur quotidien était inhabituel et cela souciait Ava déjà bien inquiète dans la préparation de son vernissage.
Comment s'imaginer alors que ce quotidien, leur quotidien, allait être dévasté ?
Une épreuve inattendue pour toute la famille.
Leur vie avait-elle irrémédiablement basculé ?
Ne serait-elle plus jamais comme avant ?

Coup de coeur !

Chacune de mes lectures des romans d'Agnès Martin-Lugand s'est transformée en une pépite haute gamme. Une auteure qui arrive à chaque fois à me bouleverser. Avec ce roman Nos résiliences, c'est l'apothéose. 

Une histoire d'un grand réalisme, bouleversante. La grande question qui ressort de ce roman est "Est ce qu'un seul instant peut changer une vie ?" Une vie paisible, comblée d'amour entre un couple et leurs deux enfants. Une vie professionnelle qui sourit au couple.... Mais en fin de compte, du jour au lendemain un drame peut faire basculer cet équilibre familial d'un claquement de doigts. Le destin ? 

Face à l'insurmontable, ce roman met en avant la force humaine. Beaucoup de blessures, de douleurs à travers les mots d'Agnès Martin-Lugand, celles que ressentent les personnages, on les vit avec eux. Mais il y a également énormément d'amour. Une intrigue écrite avec beaucoup de soin sur le ressenti de chacun dans un combat face à une épreuve inattendue pour une famille, un couple. L'intrigue tourne alors sur ce travail de reconstruction après un drame. Encore faut-il le vouloir... 

Agnès Martin-Lugand nous offre les ressentis, les failles, les bouleversements, des victimes directes du drame, mais aussi des victimes collatérales. Cet effet de répercussion sur des proches. En suivant les ressentis de chacun, on passe pas un flot d'émotions. Désespoir, incompréhension, exclusion, colère, mutisme, culpabilité, souffrance, férocité, amour, force, combativité. Révélation. 

Révélation de soi, et faire preuve alors de résilience pour surmonter le drame, surmonter ses conséquences. Trouver le chemin de la guérison, retrouver un équilibre. Mais il faut avoir une force extraordinaire en soi pour parcourir ce chemin lorsque l'autre sombre dans l'abîme ! Combattre pour deux absorbe tellement de force, qu'il faut sortir toute la férocité tapie au fond de soi pour ne pas s'arrêter de vivre, pour tenir, pour résister. L'un veut se battre quand l'autre veut souffrir..... Un combat lourd, long, dangereux aussi parfois. Et accepter. Accepter que la vie d'avant ne sera plus. 

Avec ce roman, l'auteure nous offre à nouveau un superbe portrait de femme. Une femme qui part au combat, qui ne baisse pas les bras même si l'envie lui traverse l'esprit parfois... Une femme qui dévoile son acharnement pour ses enfants, pour son mari, pour elle, pour tous les proches de ce drame. Les mots d'Agnès Martin-Lugand sont d'une grande sensibilité pour nous faire ressentir ce que traverse chacun des personnages. Notamment avec ce personnage d'Ava qui porte tant sur ses épaules. On traverse ses peurs, ses doutes, son impuissance, ses désirs, ses envies...

On s'attache énormément aux personnages, tous autant qu'ils sont. On s'attache bien sûr au personnage d'Ava, au personnage de Xavier, mais aussi à leurs deux enfants face à leurs émotions, aux autres membres de la famille, aux amis, aux victimes du drame. Des personnages réels, profondément humains de par leurs émotions traversées. 

Une écriture magnifique, comme pour chacun de ses romans. Tant d'émotions palpables qui s'en dégage. Des mots, des phrases, qui vous prennent aux tripes. Qui rendent les personnages inoubliables. Et une intrigue bouleversante tant et si bien que lorsque vous refermez le livre, vous ressentez un grand manque déjà....  Il m'a d'ailleurs fallu du temps pour me replonger dans une nouvelle lecture, tellement Nos résiliences vibrait encore en moi. 

Cette lecture, vous pourrez l'accompagner d'une play-list. Celle qui a accompagnée l'auteure durant l'écriture du roman. Une play-list qui suit la chronologie du roman, elle accompagne donc le lecteur tout au long du roman. C'est d'une grande originalité, et c'est une expérience très appréciable. 

Vous l'aurez compris, je ressors bouleversée de cette lecture et je souligne à nouveau le talent 
d'Agnès Martin-Lugand pour nous transmettre les émotions de ses personnages. 
Des mots, des émotions qui raisonnent encore dans ma tête...




Merci aux Editions Michel Lafon pour cette lecture.



vendredi 15 mai 2015

La vie est facile, ne t'inquiète pas




Auteur : Agnès Martin-Lugand
 
 
Editeur : Michel Lafon
Roman - Deuil - Reconstruction de soi - Amour - Amitié 
Pages : 317
Parution : 23 Avril 2015












4ème de couverture :
 

« Alors que j’étais inconsolable, il m’avait mise sur le chemin du deuil de mon mari. J’avais fini par me sentir libérée de lui aussi. J’étais prête à m’ouvrir aux autres. »
Depuis son retour d’Irlande, Diane a tourné la page sur son histoire tumultueuse avec Edward, bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux Gens heureux lisent et boivent du café, son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné et surtout il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car Diane sait qu’elle ne se remettra jamais de la perte de sa fille.
Pourtant, un événement inattendu va venir tout bouleverser : les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé, vont s’effondrer les unes après les autres.
Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?
 


 
Suite de Les gens heureux lisent et boivent du café
 
 
Diane avait tout quitté après la mort de son mari et de sa fille, Clara, dans un accident de voiture. Elle était partie se réfugier en Irlande.
 
Un voyage qui a permis le début de sa reconstruction. Se reconstruire, elle va le poursuivre à Paris après son retour d'Irlande. Elle a tourné la page sur l'année qu'elle a passé là-bas et sur les personnes avec qui elle a fait connaissance et auprès de qui elle a pu commencer à se reconstruire tant bien que mal.
 
Avec l'aide de son meilleur ami Felix qui, pendant l'année d'absence de Diane, a continuer d'ouvrir chaque jour le café librairie "Les gens heureux lisent et boivent du café", elle va reprendre la gestion du café littéraire. Félix l'a toujours soutenue et il va continuer car il semble que Diane reprenne du poil de la bête.
Les jours passent et Diane retrouve le bonheur au fil du temps, elle prend plaisir à la gestion de son café littéraire avec Félix à ses côtés. C'est dans son café littéraire qu'elle va faire la rencontre d'Olivier qui vient juste de se s'installer dans le quartier. Plus les jours passent, et plus souvent Olivier fait son apparition aux Gens heureux... Il semblerait qu'il soit épris de Diane. Félix s'en est vite rendu compte. Diane aussi semble être prise sous le charme d'Olivier, mais sans un petit coup de pouce pour la pousser dans les bras d'Olivier, Félix sait bien qu'elle ne fera pas le 1er pas.
Il est toujours là pour épauler Diane dans son quotidien et dans ses sentiments qu'elle refoule. Poussée par Félix, enfin elle se libère et se laisse séduire par Olivier. Cet homme est charmant, attentionné avec Diane...tout ce qu'elle recherche. Tout va très vite entre eux, mais Diane arrive quand même à mettre un frein dans leur passion. Elle ne souhaite pas d'enfant et le fait savoir à Olivier. La perte de sa fille Clara a été trop douloureuse pour Diane et elle aurait l'impression de la trahir en sorte si elle avait un autre enfant, et surtout l'impression que Clara lui en voudrait d'aimer quelqu'un d'autre. Olivier comprend son refus.
 
Mais la douce vie que Diane a repris en main pour se reconstruire auprès d'Olivier et de Félix aux Gens heureux va se voir être bousculée lors d'un événement plus qu'inattendu.
Comment va-t-elle devoir affronter ceci...alors qu'elle avait enfin trouvé une stabilité dans sa vie...
 
Comment vais-je pouvoir écrire une chronique sur ce livre et comment trouver les mots justes pour vous faire resssentir ce que j'ai vécu à travers ces lignes.
C'est un véritable coup de cœur !!
 
J'avais déjà beaucoup aimé Les gens heureux lisent et boivent du café, une très belle découverte et une lecture engloutie en un rien de temps.
Ici, avec La vie est facile, ne t'inquiètes pas, la vitesse de lecture a explosé !! Lecture quasiment faite en une traite. Dès que nous sommes plongés dans cette lecture, il est impossible de s'en défaire.
 
L'histoire nous plonge donc dans la suite de Les gens heureux... et on poursuit l'aventure de Diane qui tente tant bien que mal de se reconstruire et faire face au deuil, celui de son époux et de sa fille. De nouveau, dans cette 2ème partie, l'émotion est présente du début à la fin. On a ici, la vie comme elle est avec des drames, des joies, du sens de la vie, de l'amour, de l'amitié. Et bien évidemment la difficulté du travail de reconstruction après le deuil. L'auteur sait trouver les mots justes pour cela.
 
On s'attache aux personnages, tout comme dans Les gens heureux... On ressent beaucoup d'émotions à travers eux, ça vous prend aux tripes.
 
Et ça c'est dû également au style d'écriture. Très bonne écriture, style fluide qui vous embarque du début à la fin, les mots sont remplis d'émotions. Le seul regret de nouveau, c'est la place de la cigarette dans le livre, trop récurrent comme dans Les gens heureux... dont j'avais fait la remarque également.
Très bon style qui fait monter l'émotion en puissance au fur et à mesure que l'on tourne les pages du roman.
 
C'est donc rempli d'émotions et il est très difficile d'en parler je trouve. C'est un roman qui se déguste comme Les gens heureux... Une histoire intense qui ne vous lâche pas et même une fois refermé, le roman restera en vous pendant très longtemps.
 
Juste magnifique et il vous submergera d'émotions diverses !!
 
 
 
http://www.michel-lafon.fr
 
 
 
 
 

 


jeudi 23 avril 2015

Les gens heureux lisent et boivent du café





Auteur : Agnès MARTIN-LUGAND



Editeur : Michel Lafon
Roman - Psychologie - Deuil - Exil - Reconstruction - Irlande - 
Pages : 208
Parution : Juin 2013










4ème de couverture : 

"Ils étaient partis en chahutant dans l'escalier. [...] J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux."


Clara avait insisté pour partir avec son père. 
"- Maman, s'il te plaît ?" 
- Clara, j'ai dit non. 
- Allez, Diane. Laisse-la venir avec moi.
- Colin, ne me prends pas pour une imbécile. Si Clara vient avec toi, vous allez traîner, et on partira en vacances avec trois jours de retard."

Diane avait cédé. Clara et Colin étaient partis tout en continuant de chahuter et faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avaient percutés. 
 
Lorsqu'elle était arrivée aux urgences en compagnie de son meilleur ami, Félix, les médecins lui avaient annoncé que pour sa fille s'était trop tard, elle était morte dans l'ambulance. Ils lui avaient juste laissé le temps de vomir et de lui apprendre que ce n'était plus qu'une question de minutes ou au mieux de quelques heures pour son mari si elle voulait lui faire ses adieux. 
 
Diane aurait voulu hurler, elle pensait être tombée en plein cauchemar, et aurait voulu croire qu'elle allait se réveiller. 
Voilà un an qu'elle se répétait tous les jours qu'elle aurait préféré mourir avec eux. 
Voilà un an qu'elle était vautrée sur son canapé à fixer les volutes de fumée de sa cigarette, vêtue de son pyjama ou bien habillée avec les chemises de Colin. Les cendriers débordant, les tasses vides, les boîtes de plats à emporter et bouteilles jonchant le sol. Ne sortant plus de chez elle.
Félix n'en pouvait plus de la voir végéter comme ça, sans se reprendre. Il va tout faire pour qu'elle se batte et qu'elle sorte de sa dépression et pour ça il a trouvé l'idée de l'emmener en voyage. Diane n'en a aucune envie et compte trouver une idée pour lui couper l'herbe sous le pied. C'est en s'asseyant au bureau de Colin qu'elle va trouver cette idée. Partir en Irlande, où Colin avait toujours eu envie d'aller. Quel endroit pourrait lui apporter la paix et la tranquillité ne connaissant rien à ce pays ? Elle finit par fermer les yeux et posa le doigt au hasard sur un atlas représentant l'Irlande. Le hasard lui choisit la ville de Mulranny.
 
Elle loue un cottage avant de partir et quitte son appartement sans rien emporter avec elle, pour un délai non déterminé. Félix ne pense absolument pas que Diane soit capable de faire une chose pareille. Et pourquoi irait-elle s'enterrer là-bas...
 
Arrivée à Mulranny, elle se retrouve au fin fond d'un trou perdu. Petit cottage en bord de mer. Une météo capricieuse. Totalement isolée et ne connaissant personne... c'est ça qu'elle souhaitait. Elle y rencontre la propriétaire du cottage qui l'accueille avec chaleur, un accueil trop chaleureux pour elle qui n'a plus l'habitude de vivre en communauté. Quelques semaines passent, l'isolement est là sauf lorsqu'elle partage quelques moments avec le couple de personnes âgées qui lui a loué le cottage avec qui elle a noué une certaine sympathie. Elle ne pensait pas qu'elle s'en serait crue capable de nouveau, de nouer contact. Mais elle trouvait qu'il faisait bon vivre auprès d'eux. Elle n'a rien raconté de sa vie passée. 
Cet isolement qu'elle souhaitait va être quelque peu perturbé par son voisin qu'elle n'avait, jusqu'à alors, jamais vu. 
Diane doit se reconstruire mais en trouvera-t-elle la force ? et trouver également la force de rouvrir son coeur aux personnes qui l'entoure ? 
Une lecture addictive puisqu'une fois ouvert, je n'ai pas pu m'empêcher de terminer le livre.


Une histoire émouvante sur le deuil et la reconstruction avec cette jeune femme qui essaie de se reconstruire après avoir sombré plus d'un an dans la dépression depuis le décès accidentel de son mari et de sa fille. Pour cela, elle a besoin de s'exiler et quitter tout ce qu'elle avait comme si elle avait besoin de nouvelles bases pour cela. Elle choisit un pays où son mari a toujours rêvé d'aller, une sorte de lien encore entre elle et lui. Elle s'exile en Irlande où la météo, on le sait, n'est pas souvent au beau fixe pour avoir le moral. 
Pensant y trouver un certain isolement, elle va être l'objet d'un accueil chaleureux. Et puis celui un peu plus hostile de son voisin, Edward. Elle va devoir apprendre à palier les deux, cette hostilité envers elle de la part de son voisin qu'elle ne comprend pas et une chaleur humaine de la part de certains habitants du coin. 
Les personnages sont extrêmement attachants. Tout d'abord avec cette jeune femme emplie de désespoir face à la perte de sa fille et de son mari. Comment trouver la force de remonter à la vie après cela ? 
Et puis chaque personnage apporte quelque chose. Félix, le meilleur ami de Diane, qui ne sait plus comment faire pour l'aider, pris au désespoir de voir son amie comme ça. 
A Mulranny, la chaleur humaine que Diane reçoit de la part de certains habitants fait du bien. Ils ne connaissent pourtant rien de son malheur. Cette chaleur humaine contraste avec la météo capricieuse.
Le personnage d'Edward est, lui aussi, intéressant. On le découvre petit à petit, et petit à petit on découvre les failles de ce personnage et d'où vient cette hostilité. On se prend donc d'attache pour tout ce petit monde, et les passages sont touchants.
 
Les émotions sont très changeantes au cours de la lecture, une alternance entre les passages touchants et ceux plus cocasses. Impossible de rester insensible face au parcours de Diane.
 
Le style est assez dynamique et d'ailleurs on entre vite dans le sujet puisque le début du roman est assez brutal. Difficile de décrocher de la lecture ensuite. 
 
La fin m'a quelque peu surprise... assez inattendue même d'ailleurs.
 
Une chose m'a ennuyée par contre, le fait que dans le scénario le personnage de Diane fume cigarette sur cigarette et qu'on retrouve l'action maintes et maintes fois au cours de l'histoire et c'est assez lassant de retrouver cette même action en nombre X...
 
Avant de lire ce roman, j'avais déjà découvert le 2ème roman d'Agnès Martin-Lugand (Entre mes mains le bonheur se faufile). Deux histoires très différentes, très addictives l'une et l'autre dans le sens où pour les deux j'ai eu beaucoup de mal à lâcher la lecture sans aboutir à la fin de celle-ci d'une traite. 


Histoire émouvante sur la reconstruction d'une femme 
après la perte de son mari et de sa fille. 



lundi 28 juillet 2014

Entre mes mains le bonheur se faufile





Auteur : Agnès Martin-Lugand

Editeur : Michel Lafon
Collection : Roman
Roman - Romance - Passion - Choix de vie - Couture - Secrets - Quête d'identité
Pages : 336
Parution : 05/06/2014







Le bonheur s’est glissé entre les mains d’Iris, le jour où elle a pris la décision et le risque de changer de vie.

Depuis son enfance, Iris a toujours eu une passion pour la couture. Du dessin des modèles à la création de fil en aiguille de ceux-ci, cette passion la rendait heureuse. Mais ceci est resté à titre de passion car ses parents n’ont jamais entendu de la même manière l’avenir d’Iris. Ils ont toujours dénigré la passion d’Iris et n’ont jamais tenu cas des ambitions de leur fille. Tout ceci n’était d’après eux qu’un caprice, et surtout ce n’était pas un milieu convenable.

Jeune femme sortie de l’adolescence qu’elle était devenue, on attendait juste d’Iris qu’elle soit une petite femme gentille et docile, souriant béatement aux exploits professionnels de son cher et tendre. Il était convenable de se marier jeune, elle a donc épousé Pierre, médecin.

La trentaine maintenant, elle a une existence de bourgeoise de province et on attend d’elle qu’elle soit une mère au foyer exemplaire, enchaînant les grossesses et sorties scolaires. Ses parents avaient décidés pour elle.
Mais Iris n’a pas encore d’enfant et Pierre est souvent absent du domicile, trop pris par sa carrière de médecin à l’hôpital. La routine s’installe dans leur couple. Et le travail qu’exerce Iris dans une banque n'a jamais passionné la jeune femme.
 
Un dimanche midi, au repas familial chez ses parents, elle découvre qu’ils lui ont caché un secret la concernant. Jamais ils ne lui ont donné une lettre qu’elle avait reçue de la part d’une école de mode à laquelle elle avait postulé en secret il y a des années maintenant. Ils ont caché la lettre de réponse et ont toujours maintenu ce mensonge. Cette lettre était une lettre d’acceptation.

Lorsqu’elle découvre cette trahison, elle quitte la table dominicale suivie de son mari qui la soutient à 100% concernant cette révélation et décide de ne plus jamais remettre les pieds chez ses parents.    

Une trahison qui va lui donner du courage, celui, enfin, d’assouvir sa passion. Elle décide de reprendre des «études» et de s’inscrire à une formation privée haut de gamme de 6 mois à Paris organisant des cours dispensés par des professionnels issus de grandes maisons de couture. Pour elle, c’était l’occasion ou jamais de réaliser son rêve. Bien que son mari Pierre la soutienne, il montre une certaine réticence au fait qu'elle s'installe pour 6 mois à Paris et ne rentre que les week-ends. Mais rien n’y change, Iris doit prendre le risque de quitter sa vie étriquée et son travail à la banque qui ne lui correspond pas. En plus de ça, Pierre la délaisse pour sa carrière à l’hôpital. Son mari se laisse alors convaincre par la volonté d’Iris mais il ne lui donne que ces 6 mois pour faire ses preuves, une fois la formation terminée il lui a d’ores et déjà exigé de regagner le domicile et de s’engager à lui donner un enfant (ce qui n'est pourtant pas dans les ambitions d'Iris actuellement).
 
Iris quitte la province pour s’installer à Paris. Elle commence sa formation dans cette école privée de mode. Les premiers jours lui paraissent très difficiles, encore plus lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est la plus âgées de toutes (et qu'elle se rend compte qu'elle a perdu ses années d'adolescentes où elle aurait pu suivre ce cursus d'étude de mode). Mais c’est la première fois qu’elle peut enfin montrer son amour, sa passion pour la couture.

Elle va, dans cette école privée, y faire deux rencontres qui vont bouleverser sa vie et lui ouvrir de nouveaux horizons. Elle va faire la connaissance de Marthe, la Directrice de l’établissement, égérie et mentor. Elle a tout de suite vu les dons d’Iris pour la mode et la couture, et la prend rapidement sous son aile. C’est une femme troublante et extrêmement autoritaire envers Iris. Iris trouvait Marthe fascinante et troublante à la fois, elle voulait tout apprendre d’elle et profiter de son expérience de femme. Elle voulait qu’elle soit son guide.

La deuxième rencontre est celle de Gabriel, charismatique, séducteur autant détestable qu’irrésistible. Il plaît aux femmes, Marthe lui a tout appris. Pourtant, il n’est pas celui que l’on croit et celui qu’il veut faire paraître…
 
 
Gros coup de cœur pour ce roman
 

J’espère d’ailleurs retranscrire dans ma chronique tout le plaisir et toutes les émotions que cette lecture m’ont offert.

 
Roman marquant et qui va rester longtemps gravé dans ma mémoire. Belle découverte avec l’auteure Agnès Martin-Lugand, j’ai donc désormais envie de découvrir son 1er roman « Les gens heureux lisent et boivent du café ».
Ce roman m’a happée de suite et je dois bien avouer qu’il était difficile d’en sortir pour le poser le temps du travail quotidien… Une seule hâte, m’y replonger le plus rapidement possible. 
Très beau roman sur les femmes, le doute, les choix à faire dans la vie. Il en ressort de cette lecture beaucoup d’émotions diverses. Pour tout vous dire, on se sent tellement happé par cette lecture qu’on a l’impression de vivre chacun des faits et gestes du personnage d’Iris. On a envie de la soutenir dans sa démarche, on a envie qu’il ne lui arrive que du bonheur pour qu'elle puisse atteindre enfin son but.
L’histoire nous tient en haleine avec un brin de suspense au fil des pages. L’auteure est douée et utilise une écriture remarquable. On suit pas à pas l’évolution d’Iris, personnage extrêmement attachant. C’est une femme forte, et encore plus depuis qu’elle a eu connaissance de la trahison faite par ses parents. Ceci lui a encore plus donné la niaque. Elle va se battre pour se prouver qu’elle est douée pour cette passion qu’elle a toujours eue. On ne lui souhaite qu’une chose, c’est enfin de vivre pour elle car on lui a toujours dicté sa conduite, sa vie, avec une certaine emprise.
Elle va enfin vivre sa passion, se prouver qu’elle est douée. On lui fera comprendre d’ailleurs qu’en effet elle a de l’or dans les mains. Elle fera des rencontres qui lui apporteront du bon comme du mauvais. Il faudra alors qu’elle fasse attention à ce que ce bonheur qui s’approche à petits pas, enfin… ne se faufile pas entre ses mains… Car le bonheur pourrait bien être diabolique.
Des surprises nous attendent au cours de cette lecture avec les différents personnages. Qu'ils soient charismatiques, dictatoriels, troublants, séducteurs, ils ne sont pourtant pas ceux que l'on croit. Et l'on va de surprise en surprise, croyez-moi...

Point fort aussi sur : la couverture que je trouve magnifique, mais aussi sur la merveilleuse écriture d’Agnès Martin-Lugand.

Très beau roman, très beau portrait d’une femme en quête d’identité.
Une aventure palpitante dont on a beaucoup de mal à se libérer. 



Livre lu et chronique sur mon ancien blog en Juillet 2014