mercredi 9 juin 2021

Mirebalais ou l'Amour interdit


 

Synopsis

Sous la France de Louis XV le bien-aimé, au coeur de cette vie de cour, la marquise de Pompadour trône en reine des favorites jusqu'à l'arrivée impromptue de Mauro. Ce jeune éphèbe à l'insolente musculature a acquis la réputation sulfureuse d'être le meilleur mirebalais du royaume. Dans la torpeur de la nuit, il prête sa fougue pour honorer les dames délaissées par leurs nobles maris fatigués... Mais au sein de cette société d'Ancien régime où l'intrigue se mêle à l'ambition, Mauro va provoquer des inimitiés aussi tenaces que mortelles. Peut-on jouer avec l'amour sans en devenir l'esclave ?
 
William Leymergie se dévoile avec ce premier roman qui nous plonge au coeur de la vie amoureuse de la France du XVIIIe siècle. Une épopée historique haletante qui raconte pour la première fois le rôle des mirebalais, ces hommes de plaisir occultés par l'Histoire alors qu'ils étaient pourtant au centre de ses intrigues.

Au XVIIIe siècle, Louis XV le "Bien-Aimé" est au pouvoir. Il a une favorite : la marquise de Pompadour, femme intelligente, jolie, et surtout ambitieuse. La France compte environ 25 millions d'habitants, et s'apprête à en accueillir un nouveau. Il se prénomme Mauro Mortesagne. 

Dordogne, Mauro, 19 ans, est apprécié de tous au village. Sa bonté, sa gentillesse, sa vigueur sont appréciées notamment dans les tâches paysannes à effectuer sur les terres viticoles du vicomte Hervé Possoles de Meynac. Mais c'est surtout son insolente musculature qui fait sa réputation.  C'est un beau garçon, il le sait. Il en joue d'ailleurs. Même les cuisinières sortent sur le pas de la porte pour apprécier la musculature de son torse nu luisant de sueur. Les femmes sont sous le charme de Mauro. 
Une réputation sulfureuse le suit, les femmes apprécient ses caresses, son insolente vigueur sous les draps, mais aussi ce que la nature lui a offert...

Le curé de la paroisse repère vite ce jeune homme apprécié de tous par ses différentes qualités, il a mené son enquête aux quatre coins de la vicomté et s'est renseigné sur Mauro. L'instituteur a évoqué les capacités de Mauro que ce soit dans les calculs, il a un don pour les mathématiques, et il sait parfaitement lire et écrire. Le curé Noyès a également pu écouter les confessions de certaines femmes qui ne cachent pas d'avoir pu goûter aux talents du fougueux jeune homme. Et pour finir, Mauro n'est pas contre la bataille, il a le sang chaud. 

Le curé Noyès porte un certain intérêt à Mauro, à ses capacités et son intelligence. Il a dans l'idée de prendre Mauro sous son aile en le recommandant pour devenir Mirebalais. Qu'est ce qu'un Mirebalais ? C'est un homme de plaisir lors de soirées organisées par la noblesse pour honorer les dames délaissées par leurs nobles maris d'un certain âge, fatigués, corpulents, et préférant passer du temps aux jeux... La musculature de Mauro et sa réputation sulfureuse vont faire de lui le meilleur Mirebalais du royaume. Il faut pour cela avoir un certain talent, comme Mauro. Mais il faut également savoir rester discret. Lors de ces soirées organisées, le port du masque est requis, et lorsque le soleil se lève, la discrétion est de rigueur. 

Mais la fougue et le succès de Mauro auprès de ces dames de la noblesse vont lui jouer de mauvais tours, Mauro va provoquer quelques inimitiés pouvant lui couter la vie. 

Le succès et le talent de Mauro vont faire le chemin jusqu'aux oreilles de la Pompadour à l'Hôtel d'Evreux... 

Mais jouer avec l'amour peut être dangereux, au point d'en devenir l'esclave...
Quelle belle surprise !!

Voici donc le premier roman historique de William Leymergie et ce fût une très belle découverte. William Leymergie a déjà écrit, mais jamais de roman. Il s'agit de son premier, et je suis donc agréablement surprise par ce 1er roman. On peut même dire que j'ai adoré l'ambiance de cette épopée historique.

Une intrigue qui vous tient en haleine du début à la fin, et on redemanderai même !! On est très vite happé par l'intrigue historique, par l'ambiance et par les personnages très attachants. 

Un récit plein de rebondissements, de rythme. Une aventure haletante. J'aurai eu envie qu'elle dure un peu plus longtemps pour pouvoir vivre encore quelques aventures en compagnie de Mauro et de ses amis. Intrigue vraiment bien menée du début à la fin. On y découvre même un côté historique que moi-même je ne connaissais pas, l'histoire des Mirebalais. 

Un fait historique réel, les Mirebalais sont des hommes de plaisir qui bien souvent se retrouvaient au coeur d'intrigues historiques importantes. Ce nom Mirebalais vient d'une race d'ânes reproducteurs qui a pris le nom d'un village dans le Poitou, Mirebeau. On appelle ces ânes des mirebalais, ils sont particulièrement robustes... Des hommes portent ce même nom, Mirebalais, pour leurs capacités et leurs musculatures, ainsi que pour leur réputation sulfureuse. 
Ils doivent rester discret de leurs ébats avec les épouses des nobles hommes, et ils doivent veiller à satisfaire les désirs de ces femmes de la noblesse pendant que leurs maris préfèrent le jeu. Des messieurs bien souvent âgés, de corpulence grasse, fatigués, et n'arrivant plus à satisfaire leurs jeunes épouses.
Dans ce roman, William Leymergie met en avant ces hommes peu connus. Des hommes de plaisir occultés par l'Histoire alors que bien souvent ils se retrouvaient au coeur même de ses intrigues du fait de leur position au sein de la noblesse.

On fait la connaissance de Mauro à sa naissance puis à son adolescence. Un jeune homme ayant toutes les qualités qu'elles soient physiques ou intellectuelles. Le curé du village veut le prendre sous son aile et a de l'ambition pour lui. Tout un groupe d'amis se lie à Mauro pour de belles aventures historiques qui nous mèneront de la Dordogne à Paris.

Des personnages bien construits, intéressants, attachants. J'ai adoré le personnage de Mauro, toujours serviable, attentionné, courageux et ayant l'esprit de bravoure. On le suit dans son évolution, au fil de son destin.

Les décors nous plongent directement sur des terres agricoles, viticoles, de Dordogne et c'est un vrai plaisir. Mais on se retrouve également transporté à Paris et Versailles, dans des lieux qui ont marqué l'Histoire tel l'Hôtel d'Evreux, dans la chambre même de la Pompadour. 

J'ai aimé la plume de l'auteur, c'est fluide, addictif même. J'ai trouvé les dialogues agréables, avec ce soupçon d'humour que l'on connaît à l'auteur, très appréciable tout au long de la lecture. On y retrouve également quelques scènes grivoises (^^), avec ces hommes de plaisir peu connus de l'Histoire et mis en lumière, quelques scènes coquines étaient de mise.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré cette épopée historique et subtilement grivoise, 
mais aussi découvrir ce fait historique occulté de l'Histoire que sont les Mirebalais. 
Une belle découverte avec cette aventure captivante.


Merci aux Editions Albin Michel pour cette lecture.



lundi 31 mai 2021

A la vie, à la mort

 



Synopsis : 

Nous sommes au milieu de l'été. La célèbre productrice de l'émission Suspicion, Laurie Moran, et son fiancé Alex Buckley, récemment nommé juge fédéral, sont à quelques jours de leur mariage. Mais les préparatifs tournent au cauchemar lorsque le neveu d'Alex, Johnny, disparaît sur la plage.

Des témoins racontent avoir vu le garçon de sept ans jouant dans l'eau et ramassant des coquillages derrière une cabane. Puis plus rien...

Tandis qu'une course contre la montre s'engage, de lourds secrets de famille remontent à la surface. Pour la première fois, Laurie, qui a consacré sa carrière à résoudre des affaires classées, doit affronter son propre drame...
Laurie Moran, la productrice de l'émission Suspicion, télé-réalité sur les affaires de crimes non résolues, s'octroie quelques jours de vacances pour préparer son mariage avec Alex Buckley, juge fédéral, qui doit avoir lieu dans quelques jours. La cérémonie se déroule dans les Hampton et une poignée de personnes proches doivent y assister. 

Arrivée sur place, Laurie retrouve son fils Timmy, 10 ans, son futur mari Alex, mais aussi le frère du marié et sa femme Marcy ainsi que leur petit garçon de 7 ans, Johnny, et leurs 2 petites jumelles. Léo, le père de Laurie doit également les rejoindre après une affaire à régler, à près de 70 ans il est toujours en activité occupant un poste important dans la police. 

Laurie a fait appel à leur nounou habituelle qui doit elle aussi arriver pour garder Timmy, Johnny, et les petites jumelles lorsque nécessaire. 

Mais ce qui devait être festif, avec la préparation de la cérémonie, tourne au drame. Le neveu d'Alex, le petit Johnny, 7 ans, disparaît alors qu'il était encore présent 2 minutes auparavant. La panique gagne les membres de la famille, ainsi que la nounou. Des témoins se souviennent avoir vu Johnny sur sa planche de surf sur l'eau, d'autres se souviennent l'avoir vu ramasser des coquillages sur la plage derrière la cabane à glaces... Mais personne ne saurait dire la dernière fois qu'il a vu le petit garçon. 

La police locale met rapidement en place des recherches, à la fois maritimes car n'est pas mis de côté la possibilité qu'il se soit noyé, et à la fois terrestres, on peut également penser à un enlèvement d'enfant.

Au soleil couchant, toujours aucun signe du petit garçon. Plus le temps passe, plus la panique gagne Marcy et son mari, les parents du petit Johnny, mais aussi Alex, Laurie, et Léo.

Tout le monde est sur le fait, à la recherche d'indices possibles sur cette disparition. A t-il été enlevé, si oui quelle en serait la raison ? C'est ce que doit découvrir toute la famille ainsi que la police. Pour cela, certains secrets de famille vont devoir émerger. Mais, il va falloir mettre cartes sur table aussi du côté de Laurie et Léo qui occupent des postes importants et qui se sont occupés dans le passé d'affaires dérangeantes. Peut-il y avoir un lien avec l'une de ces affaires ? Il ne faut rien négliger, il en va de la vie du petit garçon et une course contre la montre s'engage puisqu'on le sait les premières heures sont décisives. 

Pour la première fois depuis le début de sa carrière de productrice d'émission de télé-réalité sur des affaires criminelles non résolues, Laurie se voit au 1er plan et doit affronter son propre drame. 
Suspense au rendez-vous !

Adolescente je me plongeais déjà dans les romans de Mary Higgins Clark. Cela faisait bien longtemps par contre que je n'avais pas lu l'un de ses romans à suspense. Celui-ci est particulier, il s'agit du dernier qu'elle a écrit, malheureusement décédée depuis. 

Mary Higgins Clark s'était associée à Alafair Burke pour cette série "Suspicion", puisqu'en effet cet opus "A la vie, à la mort" fait partie de cette série. Il s'agit donc du 7ème et dernier tome de la série. Alafair Burke reprendra t-elle l'écriture de la suite de la série ? ... 

En tout cas, j'ai donc lu ce dernier opus bien que n'ayant pas lu auparavant les autres tomes de la série. Mais cela ne m'a en rien dérangée. Bien sûr, il y a des personnages récurrents, mais dans ce roman "A la vie, à la mort", on comprend facilement ce qui s'est passé dans les précédents tomes, et surtout cet opus est plutôt consacré à des personnages secondaires de la série. Donc il peut se lire indépendamment des autres tomes de la série.

L'intrigue est très bien menée, avec des rebondissements qui surprennent le lecteur, et un très bon rythme dans l'intrigue puisqu'aucun temps mort ressenti à la lecture. 
Pas de meurtres dans cette intrigue, mais une disparition d'enfant où l'un des personnages récurrents de la série, Laurie Moran, est touchée directement par le drame. 
Les secrets de famille remontent à la surface pour pouvoir retrouver l'enfant, un compte à rebours se fait ressentir dans la tension et le rythme de la lecture. 

Les personnages sont intéressants, et je dois dire que du coup j'ai très envie de découvrir les autres opus de la série pour en découvrir un peu plus sur les personnages principaux. La série est centrée sur le personnage de Laurie Moran, une célèbre productrice d'émission télé-réalité sur des affaires criminelles non élucidées "Suspicion". (Suspicion étant du coup le nom de la série livresque de MHC et A. Burke)
Un personnage que j'aimerai découvrir un peu plus. Elle est entourée d'autres personnages qui sont issus essentiellement de sa famille. Ils occupent tous des postes importants dans la police ou la justice.

Pour cette intrigue, chacun se pose la question si la disparition de l'enfant, neveu du futur mari de Laurie, est liée avec l'un des membres de la famille de par les affaires criminelles que chacun peut avoir à traiter. 

On retrouve une alternance de chapitre très rapidement dans la lecture, à la fois avec les recherches entreprises pour retrouver le petit Johnny par la police et les membres de la famille ; et une alternance avec ce que va vivre le petit Johnny en question. 
Car oui, le lecteur a un visuel sur ce qui arrive au petit garçon sans pour autant avoir toutes les clefs en mains et surtout sans savoir qui est à l'origine de ce qui lui arrive. 

Suspense au rendez-vous, et ce que j'apprécie avec les romans de MH Clark c'est que l'on reste dans de la sensibilité. Ici ni meurtre ni violence. Plusieurs intrigues se mêlent ensemble, et nous n'avons le dénouement qu'au bout du roman en ayant un suspense maintenu, sans pour autant ressentir aucune violence. 

Des émotions présentes, à la fois du côté de l'enfant, à la fois du côté des parents du jeune garçon et du reste de la famille.

Une fin de série très agréable à lire, un tome qui peut se lire indépendamment. 
Le dernier roman écrit par Mary Higgins Clark.
Merci pour ces bons moments lectures remplies de suspense.  





Merci aux Editions Albin Michel pour cette lecture

mardi 25 mai 2021

L'assassin habite au 21

 



Synopsis

Sept victimes en deux mois et demi - sept crânes fracassés. Et l'assassin a signé tous ses meurtres en abandonnant un bristol sur les lieux : il s'appelle Smith...

Smith... La police londonienne est sur les dents, et les milliers de Smith de la capitale connaissent des moments difficiles.
Jusqu'au jour où une piste fortuite conduit le Yard du côté de Russel Square.

C'est là qu'habiterait l'assassin, au 21. Mais lequel de tous les hurluberlus - plus étranges et plus pittoresques les uns que les autres - qui peuplent la pension Victoria pourrait bien être Mr. Smith ?

"Le passant tomba sans un cri, absorbé par le brouillard avant d'avoir touché terre. Sa serviette de maroquin fit floc en giflant le trottoir. Mr Smith soupira. Il pensait : "Comme c'est facile ! Plus facile encore que la première fois !"

Parce que oui, Mr Smith n'en est pas à son 1er coup d'essai. Sept victimes en un peu plus de deux mois. Tous les meurtres ont été signés par un bristol abandonné sur les lieux, signé de Mr Smith. Chaque victime a eu le crâne fracassé par un sac rempli de sable. 
Aucune piste, aucun témoin car les crimes sont toujours exercés lorsqu'un brouillard épais saisi les ruelles de Londres. 

Les londoniens ont peur, la panique gagne chacun. Plus personne ne veut louer un logement à un tel ou tel Mr Smith, certains Mr Smith se font même renvoyer de leur emploi...

La police londonienne n'a aucune piste et des milliers de Smith sillonnent la capitale. Il ne fait pas bon s'appeler Mr Smith en ce moment...

Le jour où un témoin affirme avoir vu l'assassin rentrer chez lui au 21 Russell Square, l'Inspecteur-chef Strickland reprend du poil de la bête. C'est là qu'habiterait l'assassin.

A peine perdu, lorsque la police découvrira que le 21 Russell Square abrite une pension de famille !! Qui peut bien être Mr Smith, l'assassin, parmi les pensionnaires tous et toutes un peu atypiques... Scotland Yard est sur le qui-vive. 


So british !!

Et pourtant écrit par un auteur belge ! Que j'aime ce style d'enquête, un peu façon huis-clos. J'entends par-là que les potentiels assassins se trouvent en huis-clos dans une maison et que l'on en vient à soupçonner tel ou tel personne. 

Une intrigue policière bien ficelée, où nos facultés de déduction viennent alors s'immiscer dans la lecture autant que le devrait notre police londonienne ici pour retrouver l'assassin qui habite au 21. Les indices sont disséminés ça et là au cours de la lecture comme dans certains Agatha Christie, Gaston Leroux, etc. 

Avant le dénouement, l'auteur s'adresse directement au lecteur pour savoir si les indices disséminés tout au long du roman l'ont mis sur la piste... C'est original et en même temps classique. J'aime bien. 

Les personnages sont assez pittoresques car au cours de l'enquête ils vont arrêter plusieurs personnes et faire choux blanc. La police londonienne est alors ridiculisée par les Londoniens qui clament que la Scotland Yard ne sait pas faire son travail. 

Grâce à cela, nous avons donc un côté humoristique et léger.

Les potentiels suspects forment une galerie de personnages atypiques et eux aussi ayant ce côté léger et humoristique. 

Les décors sont bien plantés, avec un brouillard épais atténuant tous les bruits et tout visuel possible. Un Londres comme on peut le connaître dans certains romans policiers de ce genre. 

Roman très court, très fluide, qui se lit facilement et rapidement.

A noter que ce roman a été adapté en film par Henri-Georges Clouzot, où le nom de Mr Smith a été francisé par Mr Durand. Je n'ai pas eu l'occasion de le visionner mais il est noté comme étant un chef d'oeuvre...donc à voir. 

Une enquête classique comme j'aime, 
à déguster avec une bonne tasse de thé à ses côtés.


vendredi 21 mai 2021

La lumière était si parfaite

 


Synopsis : 

Comment sa vie a-t-elle pu lui échapper à ce point ? Devenue mère au foyer à la naissance de ses enfants, Megg fait face aujourd’hui à une ado en crise qu’elle ne reconnaît plus. Son mari ne se préoccupe guère des tâches quotidiennes. Et puis il y a eu le coup de grâce, cette saleté d’infarctus qui a fauché sa mère avant l’heure. Tandis qu’elle se résout à vider la maison de son enfance, Megg déniche une pellicule photo qui l’intrigue, et décide de la faire développer. Rien ne pouvait la préparer à la série de clichés qu’elle découvre alors… Une révélation qui bouleversera sa vie. Partie sur les traces d’un passé maternel dont elle ignore tout, Megg ne se doute pas que c’est son avenir qu’elle est en train de reprendre en main.

Il y a quelques années encore, lorsque le réveil sonnait à 6h17, Megg était en forme et pleine d'énergie pour attaquer la journée et cocher un maximum de cases de sa to-do-list. 

Aujourd'hui, à 6h17, le démarrage est plus difficile, le courage est plus long à trouver pour se lever et saisir le carnet des choses à faire c'est à dire gérer l'emploi du temps de tout le monde, les tâches impératives à accomplir, les démarches administratives à régler...

Megg est femme au foyer depuis la naissance de ses enfants, Lalie, ado en pleine crise qui est en seconde, et Malone, qui est à l'école primaire en CM1 et dont la chose chose qui le préoccupe le plus est la couture de tel ou tel vêtement qui le gêne. 

Aujourd'hui, Megg est gagnée par l'épuisement. 
Epuisée par les tâches quotidiennes qui ne cessent d'augmenter. 
Epuisée par Lalie, ado revêche qui ne cesse de lancer des piques à sa mère sans que Megg ne sache qu'elle dent sa fille a contre elle. Le discours entre elles deux est impossible, pourtant Megg cherche le moyen d'entrer en contact avec sa fille. 
Epuisée de ne plus être vue comme une femme par son mari, qui la voit comme une merveilleuse gestionnaire des tâches quotidiennes. Un mari ravi de raconter à sa femme, sa journée chargée au travail, ses réunions, ses projets de travail. Mais qu'elle ne peut pas comprendre bien sûr, puisqu'elle est toute la journée à la maison. Mais elle est une parfaite gestionnaire, même le jour où il invite des collègues de travail et leurs épouses à dîner quasi au dernier moment sans même que Megg ne connaisse une seule personne parmi eux. Sa petite femme a réussi à leur faire un délicieux dîner où tout le monde s'arrachera les recettes !

L'épuisement la gagne, le burn-out est à quelques mètres... surtout que Megg doit également faire face au décès de sa mère survenu 6 mois plus tôt. 

Heureusement, pour la comprendre il y a Romy. Romy c'est la voisine qui a emménagé à côté il y a moins d'un an et demi et amie depuis autant de temps. Elle sait passer à l'improviste chez Megg pour son plus grand plaisir, une vraie bouffée d'air frais. La voir redonne le sourire, toujours habillée de façon multicolore, Romy est pleine de peps. Et pourtant... 

Lorsque Megg doit vider le grenier de la maison de ses parents, Romy se propose de venir l'aider pour qu'elle ne soit pas seule à ressasser les souvenirs. C'est Romy qui met la main sur une vieille pellicule photo argentique, jamais développée, au fond d'un carton. C'est Romy également qui pousse Megg à faire développer cette pellicule. 

Megg ne se doute pas que cette pellicule photo va changer sa vie. Quelle n'est pas la surprise de découvrir ce que contient cette pellicule photo ! Pousser à nouveau par Romy, Megg se décide à partir sur les traces du passé maternel dans un road trip qui risque fort de changer notre mère de famille.

Une lecture qui fait du bien !!

Je n'ai pas encore lu tous les romans de Carène Ponte, mais à chacune de mes lectures de l'un de ses romans, j'en ressors paisible, souriante. Son dernier roman "La lumière était si parfaite" n'y a pas fait défaut. Quel plaisir ! 

Je ne vais pas pouvoir vous dévoiler certaines choses, je préfère en raconter le moins possible sur l'intrigue de mes lectures, mais Carène Ponte aborde des thèmes actuels qui nous parlent forcément. L'un d'entre eux est le burn-out, peu importe d'où il arrive, il s'agit toujours d'une charge mentale bien trop élevée à surmonter par une personne. Ici c'est le cas de l'une des personnages principales de ce roman, puisqu'ici en effet, les personnages principales sont essentiellement des femmes. Un burn-out qui est là, tout proche, prêt à exploser. Comment y faire face lorsque l'on n'est écouté par personne de son entourage proche, lorsque ce même entourage ne veut pas voir le quotidien de la personne concernée. Ici, c'est Megg, mère de famille, qui croule sous la charge de tâches quotidiennes à réaliser pour le bien-être de sa famille. 

D'autres thèmes forts et actuels sont mis en avant dans ce roman, je peux vous parler du deuil d'un proche à surmonter, des relations mère-fille avec une ado en pleine crise, des relations de couple aussi lorsque l'un travail et l'autre pas. Mais il y a d'autres thèmes intéressants que je ne peux ici vous dévoiler car ils font partie des rebondissements et surprises qui attendent le lecteur. 

Les personnages sont très intéressants. Bien entendu, celui de Megg, mère de famille, concernée par le burn-out mais également concernée par un décès proche, et par des secrets qui vont se révéler à elle et qu'elle va devoir affronter. Peut-être en bien, peut-être en mal, pour cela elle va devoir parcourir du chemin et réapprendre à vivre aussi d'une autre manière.
Parmi les personnages, on retrouve également Romy, la voisine et amie. J'ai trouvé ce personnage vraiment extra, lumineux, pimpant, qui fait un bien fou de l'avoir en tant qu'amie, et pourtant on sent au fond d'elle ce petit quelque chose de triste qu'elle ne veut montrer. Elle est à la fois pimpante, drôle, et touchante aussi.
Il y a aussi Lalie, l'ado en crise qui va devoir s'ouvrir pour traverser les quelques années qui vont l'emmener vers l'âge adulte. Une tâche bien difficile. Un personnage très bien construit, avec ses angoisses, ses doutes, ses peurs d'ados. 

Les personnages masculins viennent en second rôle, avec Stéphane le mari qui travaille beaucoup trop et qui ne se préoccupe que de son travail, ses projets, ses collègues, et de sa chemise bleu que sa femme doit absolument lui récupérer au pressing. Un mari qui ne cherche pas à voir ce qui se passe en dehors de son travail. 
Et puis, il y a Malone, un petit garçon extrêmement attachant. Oh la la que j'ai adoré ce petit canard !! Beaucoup demandeur d'attentions par sa maman, mais extrêmement attachant. 

L'histoire est belle, on va de surprise en surprise. Tout au long du roman il y a une intrigue que je ne peux aborder, elle est liée à ce qui se trouve sur la pellicule photo argentique que Megg va trouver. Des secrets de famille qui concerne sa mère. 
On va les découvrir petit à petit en même temps que Megg, en parcourant les routes nous menant en Italie, en Croatie, en Bulgarie. Façon road-trip féminin, j'ai adoré parcourir les routes et faire de longs trajets en voiture pour y découvrir de merveilleux paysages. Dans ce road-trip, les confidences se dévoilent, elles libèrent. Il y a beaucoup de psychologie féminine dans ce roman. Les conseils de Romy sont absolument géniaux. 

Les descriptions des lieux visités sont de qualité, et nous donnent fortement envie de parcourir les mêmes lieux. Très envie de visiter certaines villes parcourues dans ce road-trip, que ce soit en Italie, en Croatie ou en Bulgarie.

Les situations vécues sont parfois cocasses, c'est l'humour que l'on connaît et que l'on apprécie de Carène Ponte. 

La plume de Carène Ponte est toujours aussi fluide, agréable, addictive, lumineuse. On a juste envie de tourner les pages avec bonheur, et on n'a surtout pas envie de quitter ni l'ambiance ni les personnages du roman. 

Un feel-good qui fait du bien, traitant de sujets d'actualité.



Merci à Fleuve Editions pour cette lecture


mardi 18 mai 2021

Le craquant de la nougatine

 


Synopsis

" Voilà, je me présente : Romain Piveteau, 42 ans, Niçois d'origine qui-a-gardé-des-O-un-peu-ouverts, restaurateur sympa, père solo qui-fait-ce-qu'il-peut, ex drôle. Ça tient en peu de mots. Il n'y a pas de quoi charmer une comédienne aux allures de déesse romaine.
Quand j'y pense... Alba, déesse romaine... ça aurait pu être un signe pour un Romain comme moi... Il paraît que les couples se fondent toujours sur une espèce de légende originelle... "

Le cœur a ses raisons qu'on aimerait parfois ignorer

Dans un bus, Romain rencontre Alba. Transporté par le charme éclatant de cette inconnue, il ne résiste pas à l'irrépressible envie de la revoir. Mais osera-t-il faire le premier pas ? Et surtout : a-t-il seulement droit à cette histoire ?
Parfois, on se croit au fond du trou. Au fond d'un puits. L'esprit brouillé, pessimiste. 

Jusqu'à ce matin, Romain se voyait au fond d'un puits sans lumière, privé du moindre horizon.

Tous les jours qui passent, il se lève juste pour aller travailler dans son restaurant et pour ses deux enfants.

Et puis ce matin, sa route a croisé un soleil. Un soleil prénommé Alba. Véritable apparition. Romain n'a jamais cru au coup de foudre, ça ne devait pas en être un, non. Plutôt une apparition... Une chevelure rousse coincée sous un bonnet de laine turquoise, des yeux noisette, des tâches de rousseur... Un vrai rayon de soleil sur le visage blafard de Romain à faire peur depuis trop longtemps. Eblouissement, vitamine D...et l'envie de rester au soleil. 

Tant d'hésitations pour ce papa solo, mais il a en lui cette irrépressible envie de revoir Alba. Oserait-il prendre contact avec elle ? Raison ou passion ? Résignation ou révolte ? Sagesse ou folie ? 
A-t-il seulement droit à cette rencontre, à cette histoire ? A ce cadeau bonus de la vie ? 
Craquant de la nougatine à déguster !!

Encore une fois, je me suis laissée emporter par les mots et la sensibilité de Laure Manel. 
Bien difficile de pouvoir exprimer toutes les émotions ressenties à travers ce roman car c'est un roman très difficile à résumer et à évoquer pour ceux qui ne l'ont pas encore lu car toute la thématique du roman est l'intrigue elle-même... Cette thématique n'est absolument pas abordée dans la 4ème de couverture, ni dans le début du roman. Et là où vous ne vous y attendez pas, en plein coeur du roman, à une certaine page, votre petit coeur de beurre fait "crac". Vous vous dites : "non, ça n'est pas ce à quoi je pense ?" et vous tournez encore quelques pages... et bam. 

Une histoire qui nous ramène à la réalité, dans des situations familiales, amicales, sociales.

Donc, bien difficile d'évoquer pour moi ce roman car le mieux est dans savoir le moins possible.

Juste vous dire qu'il s'agit là d'une thématique très actuelle, extrêmement intéressante et touchante. Nous ne pouvons qu'être ému par les personnages du roman et par l'histoire.

Des personnages bien construits, avec des caractères différents, intéressants à suivre dans leur évolution. Ils sont complets, ils ont des hauts et des bas comme toute personne lambda. Un personnage masculin tendre, émouvant, sensible, attentionné, mais aussi éprouvé, emprunt de doute. 
Le personnage féminin d'Alba est pétillant, on la sent sensible, sous la coupe des recommandations de sa mère vis à vis des hommes, dont très prudente. J'ai aimé les métiers qu'ils exercent l'un et l'autre. Romain est restaurateur, il a son propre restaurant qu'il tient avec son meilleur ami. Laure Manel s'est intéressée au métier de restaurateur, des plats ou desserts sont souvent évoqués dans telle ou telle situation. De quoi régaler nos papilles. 
Et Alba est, quant à elle, comédienne voix off. Elle est à la fois comédienne sur des plateaux de théâtre mais elle est également comédienne voix off pour des publicités, des livres audio... et espère vivement pouvoir un jour être voix off dans un film ou une série, pourquoi pas sur Netflix. Là aussi, j'ai adoré l'intérêt que Laure Manel a apporté pour que l'on découvre les coulisses de ce métier. C'est approfondi et bien travailler. J'ai trouvé ce métier très intéressant.

Les personnages secondaires ont eux aussi un certain intérêt, il y a des liens amicaux remarquables. 

La construction du roman est originale. On retrouve des chapitres très courts, de deux pages voir d'une page. Cela apporte un certain rythme je trouve. Certains chapitres sont plus ciblés sur Romain, d'autres sur Alba.

La narration est elle aussi originale puisqu'il est rare de trouver une narration faite par le personnage masculin. Ce même personnage masculin qui s'adresse également directement au lecteur pour certains commentaires, c'est assez rare et à vrai dire j'ai bien aimé. 

La plume de Laure Manel est toujours aussi jolie, sensible, humaine, bienveillante. Elle sait dresser des portraits d'hommes et de femmes vrais, réels, vivant des situations que l'on peut vivre dans la vie. Comme je vous l'ai dit, des situations familiales, amicales, sociales, toujours très intéressantes, parlantes. Il y a toujours une certaine psychologie bien approfondie dans les situations et personnages des romans de Laure Manel.

Je ne peux vous en dévoiler plus, car franchement tout est à découvrir dans ce roman pour en garder l'effet de surprise. Certains y auront leur jugement de par la situation, très certainement. Je peux juste vous dire qu'il est dédicacé de tel façon : "Aux amoureux, aux malheureux, aux rencontres qui sauvent". 

Ce craquant de la nougatine a plu à mes papilles !!



Merci aux Editions Michel Lafon pour cette lecture

vendredi 14 mai 2021

Les échos du souvenir

Synopsis

1936. À peine arrivée à Paris, la Ville Lumière apparaît à Annabelle Blake, jeune infirmière contrainte de fuir Londres, comme la cité de tous les possibles.

Elle y fait la connaissance d'Étienne, poète en devenir, et de Henri, peintre en quête de reconnaissance. Ensemble, ils passent leurs journées à flirter et à prendre du bon temps. Mais ce Paris bohème n'est pas qu'une fête, d'autant que la guerre civile menace en Espagne...

Deux décennies plus tard, suivant les pas de sa mère, Eugénie, une artiste prometteuse, tombe amoureuse de la capitale sitôt arrivée gare de Lyon. Mais elle ne se doute pas des secrets que son séjour va faire surgir...


Annabelle Blake, 23 ans, est contrainte de quitter l'Angleterre. Elle semble ne plus pouvoir tirer le moindre profit de ses nombreuses années de formation d'infirmière, ni de l'énergie dépensée chaque jour à l'hôpital. Deux semaines auparavant, on l'a injustement renvoyée de l'hôpital, et la lettre de référence, guère élogieuse, dont la direction de l'établissement s'est fendue signifiait bien qu'elle ne parviendrait pas à décrocher un autre emploi d'infirmière. Annabelle se retrouverait bientôt à court d'argent et hors de question de se diriger vers son père qui terrorisait assez sa mère, pour que celle-ci se plie aux décisions du patriarche. Un père qui n'a pas hésité à chasser sa fille de leur demeure. 

Sa meilleure amie, Caroline, infirmière également, est partie porter mains fortes sur le front, en pleine guerre civile espagnole. Annabelle ne sait où elle se trouve exactement. Elle sait juste que Caroline est partie pour l'Espagne avec ses deux frères. 

Annabelle prend donc la décision de quitter l'Angleterre pour repartir de zéro à Paris tant elle aime son métier d'infirmière. Elle y logera chez sa tante et y retrouvera un poste d'infirmière. 

Les premiers instants de vie d'Annabelle dans la capitale française la submergent d'intenses émotions. Un ciel bleu s'étale à sa vue ainsi qu'une belle lumière, contrairement au smog habituel et à la saleté des rues de Londres. Au premier coup d'oeil, elle aime l'architecture des immeubles parisiens, elle prend du temps à rêvasser sur le Pont-Neuf au-dessus de la Seine. 

La maison de sa tante possède une ambiance bohème particulière, il y flotte d'exquis arômes de cannelle, de gardénia, de peinture à l'huile ainsi que d'autres senteurs plus entêtantes... Un véritable capharnaüm y règne mais elle s'y sent bien.

C'est à Paris, qu'Annabelle fait la connaissance d'Etienne et d'Henri. L'un est poète en devenir, l'autre est peintre en quête de reconnaissance. Ils sont tout deux plein de charme, mais aussi de talent. Annabelle découvre alors un monde de passion, autant chez sa tante Aline qui héberge également des artistes (qu'ils soient peintres, musiciens, écrivains), mais aussi auprès d'Henri et d'Etienne qui partagent leur passion pour l'art avec elle. Henri et Etienne sont amis depuis longtemps, rien ne pourra les éloigner, ni la vie, ni aucune femme. Ils se vouent une amitié incommensurable. Leurs journées, ils les passent tous les trois ensemble, à parcourir les rues de la capitales, à boire un verre à une terrasse de café. Toujours entourés de cet esprit bohémien et artistique. 

Le monde exaltant du Paris des années 30 ne tarde pas à emporter la jeune Annabelle dans ses rouages. 

En 1936, beaucoup de jeunes s'engagent dans la lutte contre le fascisme qui menace l'Espagne. Autour d'Annabelle, nombreux sont ceux qui s'engage bénévolement sur le front de la guerre civile en Espagne. Le côté bohème parisien qu'Annabelle a vécu jusque là pourrait n'être alors que de passage...

1956, deux décennies se sont passées. La jeune Eugénie Ashton quitte l'Angleterre pour Paris où elle doit y passer une année pour ses études. Eugénie est brillante, et a reçu une bourse pour intégrer l'école des Beaux-Arts de Paris. Annabelle est fière de sa fille, tout comme son père George. Mais la voir partir pour Paris tourme l'esprit d'Annabelle. Bien sûr, Eugénie serait logée chez sa tante Aline comme elle à son arrivée dans la capitale parisienne, mais elle savait aussi qu'Eugénie allait forcément emprunter les mêmes rues qu'elle avait empruntées en son temps. En un sens, Annabelle se sentait un peu jalouse de ce qu'allait vivre sa fille. Eugénie allait vivre son aventure et découvrir son propre Paris.

Eugénie tombe amoureuse de Paris, tout comme sa mère il y a 20 ans, dès son arrivée. Elle va découvrir un tout autre Paris, mais toujours avec autant de plaisirs artistiques. Un Paris lumineux. Pourtant, cette ville détient les échos du souvenir... une part d'ombre qui pourrait changer la vie d'Eugénie.
Une jolie lecture sur fond de saga familiale.

Un roman à la fois romantique, qui vous plonge dans une jolie romance au coeur d'un Paris, capitale de l'amour, à l'atmosphère bohème et artistique ; mais aussi un roman qui vous plonge dans une toute autre ambiance beaucoup plus menaçante, celle de la guerre civile espagnole.

Ces deux ambiances, je l'ai aimées car très bien retranscrites par Tamara McKinley. On ressent fortement ces deux ambiances extrêmement différentes. L'ambiance bohème et artistique des années 30 au coeur de Paris est un vrai régal, c'est plaisant et enivrant pour le lecteur tout comme pour le personnage d'Annabelle qui découvre une ville lumineuse. La villa de sa tante, où Annabelle doit vivre, est absolument remarquable. Elle est décrite avec une multitude de détails qui nous permet, à nous lecteur, de s'immiscer également en ces lieux atypiques. A savoir, une maison qui accueille des artistes, qu'ils soient peintres, écrivains ou musiciens ; une maison aux décors atypiques et très bohèmes de ces années 30. J'ai adoré découvrir ces lieux ! On est pris d'émotions autour des passions des personnages du roman, autour de l'art. 

Et lorsque l'on bascule alors dans l'ambiance de la guerre civile espagnole où bon nombre de jeunes se battent contre le fascisme....on est là aussi pris d'émotions mais tout autres. Des émotions fortes où l'on sent surgir la menace grandissante dans des villes et villages au coeur du Pays Basque et de l'Espagne. Je ne peux trop en dévoiler sur ces moments du roman. On doit faire face à une zone de guerre, les émotions à la lecture sont tout autres et on remarque alors le brio de l'auteure de pouvoir nous faire basculer dans deux ambiances totalement différentes et aux rythmes différents également. 

Le roman est une belle saga familiale, avec l'histoire en miroir d'une mère et celle de sa fille. Une intrigue qui se déroule sur deux décennies. On y vivra la passion, mais aussi l'horreur. On y découvrira une intrigue et des secrets qui émergent du passé. 

Les personnages sont intéressants. J'ai aimé le personnage d'Annabelle, profondément éprise de son métier d'infirmière et on y détecte le courage et la passion. L'auteure nous partage les émotions que vit ce personnage, partir à l'aventure dans un Pays qu'elle ne connaît pas, ses appréhensions, ses envies, son courage aussi. 
Les personnages des deux hommes, Etienne et Henri, sont eux aussi intéressants à suivre. J'ai aimé leur évolution. Leur amitié est immense, leur caractère bien différent. Un point d'honneur également au personnage d'Aline, la tante d'Annabelle. Quel personnage ! Une femme qui vit au milieu d'artistes, artiste elle-même, au milieu d'une maison atypique à l'ambiance très bohème comprenant un perroquet malicieux, des senteurs de parfums divers et enivrants et de somptueux décors... Une femme courageuse que l'on va suivre aussi sur deux décennies et où la vie ne lui fait pas de cadeau mais là aussi je ne peux rien dévoiler. 

L'auteure délaisse ici les grands espaces australiens dont elle a l'habitude de nous partager avec émerveillement, mais pour autant elle nous décrit parfaitement ces lieux parisiens bohèmes et artistiques des années 30. Tout comme les ravages sur les terres espagnoles, ainsi que la peur qui gagne le Pays Basque à feu et à sang. 

Le roman est découpé en deux parties, la première partie avec la jeunesse d'Annabelle où elle débarque à Paris en 1936. Et 20 ans plus tard, en 1956, avec sa fille Eugénie qui débarque elle-aussi à Paris. Je ne cache pas que j'ai une grande préférence pour la 1ère partie et la vie d'Annabelle que la 2ème partie avec Eugénie. Certainement dû au fait que ce que vit Annabelle est beaucoup plus intense et courageux. Dû aussi au fait que cette 1ère partie sur la vie d'Annabelle prend une place plus importante dans le roman, à la fois dans l'intrigue mais aussi dans le contenu c'est à dire que cette partie là est plus longue. 1956 ne nous apparaît qu'au dernier quart du roman, et l'arrivée d'Eugénie à Paris est donc beaucoup plus courte et nous embarquera peut-être moins du coup que le passé de sa mère même si les secrets sont révélés plus principalement dans cette dernière partie. J'ai donc une attirance particulière pour la 1ère partie et les mots plus puissants qui font l'intrigue du roman. Les révélations de la 2ème partie peuvent quant à elles être parfois déjà connues du lecteur et sans surprise mais sans gâcher pour autant la lecture.

L'écriture est toujours aussi belle avec Tamara McKinley, des mots qui vous font ressentir tant d'émotions, mais aussi des descriptions qui vous plongent dans des lieux tout autant différents qu'ils sont. On est parcouru par la romance lorsqu'il y a romance, on est parcouru par le danger lorsqu'il y a danger. Tamara McKinley sait parfaitement nous plonger dans différentes ambiances. 

L'intrigue historique sur fond de guerre civile espagnole est très intéressante, le côté historique prend de l'ampleur dans cette partie du roman. De même que l'avant et l'après seconde guerre mondiale est lui-aussi intéressant. 

Un roman riche en amour, dans un contexte dramatique et historique. 
Un roman que je recommande à vous qui aimez les belles sagas familiales. 


Merci aux Editions L'Archipel pour cette lecture.


vendredi 7 mai 2021

TROIS

 


Synopsis

« Je m'appelle Virginie. Aujourd'hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore.
Nina me méprise. Quant à Etienne, c'est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l'enfance. Je ne me suis jamais attachée qu'à ces trois-là. »

1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.
2017. Une voiture est découverte au fond d'un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l'événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d'enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d'amitié ?

« Je m'appelle Virginie. Aujourd'hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore.
Nina me méprise. Quant à Etienne, c'est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l'enfance. Je ne me suis jamais attachée qu'à ces trois-là. »

Nina, Adrien et Etienne. Les trois se sont rencontrés en 1986 dans la cour de l'école primaire Pasteur le jour de la rentrée en CM2, dans le petit village de La Comelle.
Adrien est châtain foncé, très mince, tellement timide qu'il semble caché derrière lui-même.
Etienne est grand, les traits fins, les cheveux bonds, des yeux bleu piscine qui marquent ceux qui le croisent.
Nina possède la grâce d'une biche. Des yeux d'ébène, une peau brunie par le soleil d'été. 

Depuis cette rencontre, ils passent tout leur temps libre ensemble. Ils rient des mêmes choses. Nina est leur trait d'union, sans elle, Adrien et Etienne ne se voient pas. Ils étaient trois ou rien. Ils se font la promesse qu'une fois le bac en poche, ils quitteraient La Comelle pour poursuivre leurs études à Paris, tous les trois, et ne jamais se séparer. 

Trente et un ans après, ils ne se voient plus, ne se parlent plus. 

2017, à La Comelle, on découvre une voiture au fond du lac. Celui où tous les jeunes se retrouvaient le soir. L'événement attire les curieux. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l'affaire de la voiture du lac. Cette affaire fait parler au village. 

Depuis quand, cette voiture traîne t-elle au fond des eaux du lac ? 
Remontons le temps grâce à Virginie qui se souvient des trois et de leurs liens inatteignables pour autrui et totalement atypiques. Virginie dévoile trente et un ans de liens extraordinaires. 

Mais peut-on y voir un lien avec la découverte de cette voiture au fond du lac ?  
Les choses de la vie, le temps qui passe...

Quel moment lecture !! Se laisser envoûter par les mots de Valérie Perrin, découvrir lentement les fils de l'intrigue et les personnages, se replonger avec délectation dans la période de l'adolescence et surtout dans les années 80s, 90s, et 2000. Que de souvenirs, du coup, à la lecture de ce roman. 

Des personnages très attachants, que l'on apprend à connaître petit à petit grâce à des flash-backs jusqu'au moment de leur rencontre en 1986 en classe de CM2. Trois personnages, 2 garçons, 1 fille, et une magnifique histoire d'amitié assez atypique car très fusionnelle dès le départ. Peu de liens amicaux de ce genre existent. On vit des moments forts de leur enfance, de leur adolescence, de leur vie de jeunes adultes à leur côté. Personnages attachants, extrêmement bien travaillés par l'auteure avec des caractères bien différents, des émotions rendues très réelles et que l'on perçoit d'une façon magnifique et très parlante. 

J'ai envie de dire également que parmi les personnages du roman, l'amitié est à elle seule une superbe héroïne. Elle est si bien mise en avant par Valérie Perrin qu'on la place au même niveau qu'un des personnages du roman. C'est superbe...

Les personnages secondaires sont tout autant intéressants que les personnages principaux. Ils sont essentiels à l'histoire, très présents dans la vie des trois. 

Une histoire intense qui entre en vous. Elle est riche en émotions diverses et elle ne vous lâchera pas de sitôt. Les rebondissements sont nombreux. Dès le début du roman, on comprend donc qu'en 2017, le trio d'amis ne se parlent plus, ne se voient plus. Pourquoi ? Que s'est-il passé entre eux ? Pourquoi cette si belle amitié, fusionnelle et atypique, n'existe plus en 2017 ? 
Nous allons le découvrir au fil des pages grâce à l'alternance de chapitres entre 2017 et remontées dans le temps depuis 1986. On découvre alors leur vie, leurs états d'âme, leurs moments de joie, leurs peines, leurs questionnements, leurs doutes, leurs envies, leurs serments, leurs trahisons, leurs années d'école, d'adolescence... C'est intense. 

Valérie Perrin met en avant également des vies dans un petit village de campagne, où tout le monde se connaît, où tout le monde sait tout sur tout le monde, et les inconvénients et le mal qu'il peut y avoir dans ce cas de figure. Elle met en avant ces trois jeunes qui une fois leur bac en poche rêvent de quitter ce petit village de campagne pour venir à Paris et s'en font la promesse.

Il y a également une intrigue tout au long du roman. En 2017, on retrouve, au fond du lac du village, une voiture. 
Une voiture extrait de la vase et de l'eau insalubre. Une voiture qui visiblement serait là depuis de nombreuses années. Tout le roman tourne autour de cette intrigue à la façon d'une enquête. 
On se doute au début du roman qu'il y a peut-être un lien entre la voiture et l'histoire des trois. Mais qu'en est-il exactement ? Les informations vont alors nous êtres distribuées avec parcimonie tout au long du roman et ainsi faire perdurer le suspense. Et en effet, on ne saura le fin mot qu'au moment du dénouement sur les dernières pages du roman. Le suspense est à son comble de ce côté. 

Valérie Perrin aborde dans ce roman des thèmes forts, et je ne vous en dévoilerai pas trop à ce sujet car ils sont au coeur de l'intrigue du roman mais je peux vous en citer quelques uns : Valérie Perrin aborde le deuil, la maladie, la famille, mais aussi le milieu des refuges d'animaux. C'est appondit, très intéressant, et traité avec beaucoup de justesse et d'émotions. On retrouve également des thèmes sur la vie, j'entends parle-là que Valérie Perrin parle très bien du passage de l'enfance à l'adolescence puis du passage de l'adolescence à la vie d'adulte. C'est très intéressant, très vrai, très parlant. Pas de tabous ici. Tant de messages forts, de thèmes forts, mais je ne peux trop en dévoiler. 

J'ai beaucoup aimé les époques 80s, 90s, 2000, parfaitement retranscrites et très parlantes là aussi pour le lecteur qui a vécu ces années là. C'est une vrai fresque générationnelle qui prend le rythme de chansons qui marqué chacun d'entre nous. Le roman vibre aux sons du groupe Indochine, d'Etienne Daho, Joe Dassin, Alain Bashung, Francis Cabrel, et tant d'autres encore. Indochine tient une place importante dans ce roman, et le roman est d'ailleurs "dédicacé" à Nicola Sirkis le chanteur du groupe, il y avait également si je ne me trompe pas un album d'Indochine qui portait le titre Trois, un chiffre que l'on retrouve aussi dans certains titres de leurs chansons (3ème sexe, 3 nuits par semaine).
Il y a beaucoup de références culturelles mais aussi de références événementielles historiques, sociales, et culturelles, de ces années là. J'ai beaucoup aimé, cela m'a fait remonter beaucoup de souvenirs, ayant vécu moi-même ces années. On revit trois décennies aux côtés des trois. 

Le début du roman démarre par une narration faite par Virginie, journaliste qui va s'occuper de couvrir l'affaire de la voiture retrouvée au fond du lac. Virginie semble proche des trois. Cette narration ajoute beaucoup dans le côté suspense. Qui est Virginie ? Au début du roman, on sait qu'aujourd'hui, de Nina, Adrien et Etienne (le trio d'amis), seul Adrien lui parle encore. Nina la méprise, et Etienne c'est Virginie qui ne veut plus le voir. Toute l'histoire des trois nous sera alors révélée par Virginie. Ce choix de narration est judicieux et rend ce roman si étonnant.

L'écriture est superbe, intense, elle offre une émotion palpable, à chaque page tournée. La façon d'écrire de Valérie Perrin donne l'impression d'immerger totalement dans le roman et dans l'histoire, de vivre les situations avec autant d'intensité que pour les personnages. On se sent impliqué dans l'histoire, peut-être aussi parce que l'histoire parle forcément à tous d'une certaine façon. La plume de Valérie Perrin est à la fois fluide, intense, et addictive. 

Tant de choses encore à dire sur ce roman..... 

Un roman qui bouleverse et qui rend nostalgique. 
Une histoire intense qui vous replongera dans trois décennies, les 80s, les 90s et les années 2000. 
Je ne peux que conseiller cette superbe lecture aux moments forts.



Merci aux Edtions Albin Michel pour cette lecture.