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vendredi 24 juillet 2026

La Ballerine de Kiev

 




L'histoire de Svitlana et Dmytro, deux danseurs étoiles de l'Opéra de Kiev.

Svitlana avait choisi la danse pour religion. Ils sont mari et femme. 

Lorsqu'en février 2022, comme toute l'Ukraine, aux 1ers jours du conflit, ils sont happés par la guerre, leur vie va être bouleversée tout comme leur quotidien à l'Opéra de Kiev. Ils dansent ensemble sur Le Lac des cygnes aux côtés des autres de leur troupe.

Les 1ers obus tombent sur Kiev. Dmytro s'engage dans l'armée. Lui qui a tout dansé, endosse un rôle pour lequel il n'a jamais répété. Svitlana devient secouriste. "En cherchant à sauver les autres, c'est aussi elle qu'elle empêche de sombrer."

Ils menaient une existence sur leur corps, leur art, ils découvrent désormais la peur, la mort, la résistance, la solidarité, et vont devoir faire des choix impossibles. Danser a t-il encore du sens face à la barbarie ? L'art permet-il de résister et de se reconstruire ? 

Svitlana ne dansera plus jamais comme avant.

Des thèmes forts. 

La solidarité, la perte, la résistance, tant de thèmes forts et profonds dans ce magnifique roman. 

Une émotion intense à la lecture de ce court roman d'une puissance magistrale. On a entre les mains un roman qui nous montre la réalité de ce que vivent au quotidien les Ukrainiens depuis les 1ers instants de la guerre en Ukraine. Et face à cette guerre, il y a la peur, la mort, le courage, et surtout la résistance de ces gens qui se battent pour leur survie et l'identité nationale de leur pays. 

L'art, leur profession, leur passion, devient alors un signe d'espoir. 

Les choix du couple, leur lutte de chaque instant sont au coeur du roman, à chaque instant tragique de cette guerre. 

C'est un roman poignant, à la fois sombre mais aussi plein d'espoir, rempli de résilience. 

Une écriture forte que j'ai trouvée très immersive. Difficile à lâcher la lecture d'ailleurs. 
Rappelons que l'autrice est Grand Reporter. On comprend alors ce côté immersif que l'on perçoit dans ce roman et ce côté percutant. 

Un hymne à la liberté. A lire. 

lundi 13 juillet 2026

Un assassin parmi nous

 




Direction le Mitchell's Inn, un hôtel de charme encerclé par la forêt et isolé à des kilomètres de tout. C'est l'hiver, et cet hôtel niché au coeur de la forêt est le cadre parfait pour un week-end relaxant. Juste le calme, pas de téléphone ni internet, juste les arbres, la neige et les montagnes. 

C'est ce que viennent justement chercher les clients pour fuir la frénésie de New York, seuls ou en couple. Des cheminées immenses pour lire au coin du feu, une cave à vin bien remplie, les possibilités de ski de fond ou de raquettes... Revenir à la nature. 

Jusqu'à ce qu'ils découvrent au réveil le corps de Dana Hart, morte au pied de l'escalier. On pourrait penser d'un premier abord, qu'elle a dévalé l'escalier et qu'elle est morte sur le coup. 

Dehors le temps s'est dégradé, la tempête isole l'hôtel encore plus. Plus aucune possibilité de prendre la route pour venir ou partir, et la tempête vient de couper l'électricité. Plus aucun contact vers l'extérieur.

Cette mort ressemble à un accident. Mais lorsqu'un second invité meurt, les résidents commencent à paniquer. Ils comprennent alors qu'ils sont coupés du monde et que l'assassin est parmi eux. 

Qui aime jouer au Cluedo ? 

Voilà un parfait "whodunit", un roman à énigme comme je les aime. 

C'est mon 2ème roman lu de l'autrice. Sur ces 2 lus, je garde une préférence pour mon 1er et ma découverte de l'autrice avec : Une voisine encombrante.

Ici, une intrigue en huis clos classique. Et j'aime me plonger dans ce genre de polar. 

Des personnages coupés de tout, une tempête de neige isolant les clients de l'hôtel, un 1er meurtre qui a lieu dans des circonstances mystérieuses, puis un second. On a tous les éléments pour passer un bon moment livresque.

J'ai trouvé que l'intrigue prenait en ampleur au fur et à  mesure des événements et elle tient bien en haleine. 

Les descriptions sur le cadre ou le caractère des personnages est assez bien faites et cela nous plonge idéalement dans l'enquête et en les lieux.

Les personnages sont intéressants à découvrir et j'aime toujours les intrigues permettant de tenter de deviner qui est l'assassin. L'autrice sait bien attirer notre attention sur tel ou tel fait, nous rendant curieux de l'intrigue jusqu'au dénouement ainsi que les mystères que chaque personnage peut renfermer. 

Aimez-vous ce genre d'intrigue en huis clos ?

jeudi 9 juillet 2026

Norferville


 

 
Norferville, une ville minière du Grand Nord canadien, isolée de tout. C'est ici que se retrouve Teddy Schaffran, détective et criminologue à Lyon, lorsqu'il apprend que le corps de sa fille a été découvert dans cette ville isolée, Norferville. 

Sa fille Morgane a été sauvagement mutilée, abandonnée dans la neige, près d'une réserve autochtone. 

Teddy a tout plaqué pour se rendre sur place afin de comprendre ce qui est arrivé à sa fille. D'autant plus, qu'elle venait d'arriver à Norferville. Que faisait-elle là-bas d'ailleurs ? 

L'affaire est attribuée à Léonie Rock, flic métisse qui se voit contrainte de retourner dans cet endroit coupé du monde. Là où elle est née, et où, adolescente, 3 hommes inconnus l'ont violée. Un retour vers son enfer, bien que les températures frôles les -20 degrés.

Ensemble, Léonie et Teddy vont se démener pour trouver des réponses malgré l'inhospitalité de la nature mais aussi des hommes.

Direction le grand froid, à Norferville. 

Doit-on dire Bienvenue à Norferville, lorsqu'on y arrive ? Non.

Franck Tilliez a choisi délibérément une petite ville fictive et isolée du Québec. Il s'y passe des événements si terrifiants qu'il a préféré créer cette ville de toutes pièces. Néanmoins, la construction de cette ville fictive, de sa cité minière, de sa réserve innue et de l'environnement repose sur des modèles réels. Et ce décor planté pour ce thriller et cette intrigue m'a passionné du début à la fin. 

Quelle ambiance ! Le froid extrême, le côté mystique, l'isolement, les discriminations, les tensions sociales, etc, beaucoup d'éléments forment cette ambiance si particulière au roman. 

Une enquête qui a su me tenir en haleine aux côtés d'un tandem, Léonie et Teddy, que j'ai beaucoup apprécié. Cette jeune femme qui revient dans une ville qu'elle voulait rejeter de sa mémoire, là où elle a connu l'enfer d'un viol par 3 hommes qui n'ont jamais été retrouvés. Et ce père qui découvre le corps de sa fille mutilée sans savoir pourquoi elle se trouve dans cette ville isolée du Grand Nord. 

Plus on avance dans l'enquête plus on découvre une atmosphère sombre. Les Indiens Innus sont au coeur du roman, les discriminations envers ce peuple. L'enquête est palpitante, y vient s'ajouter un brin de mysticisme. Ajoutons aussi le côté intéressant avec ce thème social autour du sort des Indiens dans ce Grand Nord. 

L'auteur sait parfaitement faire monter la tension du lecteur avec des rebondissements tout au long de l'intrigue et nous captiver avec cette ambiance si particulière. 

Une ambiance qui vous prend aux tripes !


mardi 16 juin 2026

Le meilleur est à venir

 





Granville, bords de mer normands, là où un couple parisien, Margaux et Axel viennent d'emménager dans un vieux manoir familial : Les Engoulevents. Héritage d'Axel. 

Ce déménagement, c'est Axel qui l'a proposé à Margaux pour essayer de reconstruire leur couple. Bien que le manoir soit délabré, lui, historien et écrivain, pourra se trouver facilement un bureau parmi les pièces de la demeure. Les enfants auront la place qu'ils veulent. Elle, décoratrice, retrouvera facilement des clients. Peut-être aussi, pourront-ils transformer une partie du domaine en gîte. Le manoir offre un cadre idéal pour aider à la reconstruction. 

Ils espèrent retrouver leur complicité d'avant. D'avant l'infidélité de Margaux. Et si elle a accepté de quitter Paris, c'est pour tourner la page après une aventure qu'elle regrette encore, et donner une seconde chance à leur couple. 

Sauront-ils écrire une nouvelle histoire dans ce lieu chargé de souvenirs ? 


Je poursuis ma découverte des romans de Françoise Bourdin. 

Avec ce 2ème roman de l'autrice à mon compteur, je poursuis en effet ma découverte des romans de Françoise Bourdin. J'avais adoré ma 1ère lecture de l'autrice avec son roman : Serments d'automne que j'avais trouvé poignant, authentique, avec de merveilleux personnages, et avec une superbe description des lieux : la Bourgogne. 

Ici nous partons pour la Normandie, le cadre est lui aussi merveilleux sur les hauteurs de Granville et cette ambiance de bords de mer et ses merveilleuses maisons est apaisante. 

On suit ce couple qui tente de prendre un nouveau départ dans un cadre différent de ce qu'ils ont connu, Paris. Ils pensent pouvoir y sauver leur couple, éviter l'éclatement de la famille, prendre un nouveau départ. Ils espèrent retrouver une complicité, regagner la confiance d'Axel pour Margaux, gagner son pardon. L'un des thèmes du roman est bien sûr les conséquences d'une liaison et les difficultés de la reconstruction du couple, notamment dans la confiance de l'autre. Et on assiste aux efforts de Margaux pour y parvenir, mais il est bien délicat pour Axel d'offrir sa confiance à Margaux. Le côté psychologique sur ce thème est très bien abordé je trouve, l'autrice met en avant toutes les difficulté et pour l'un et pour l'autre dans cette confiance à regagner au sein du couple. Françoise Bourdin nous fait ressentir les émotions traversées au sein du couple, et pour Margaux avec les efforts qu'elle met en oeuvre, et pour Axel qui voit bien les efforts de sa femme mais qui a toujours ce doute au fond de lui. Le côté psychologique est très intéressant ici. 

J'ai beaucoup aimé les lieux, ce vieux manoir familial est chargé d'histoire, on le découvre petit à petit au fil de la lecture. Héritage d'Axel, la nostalgie est présente avec le passé de cette maison. Il est donc question aussi dans ce roman, de transmission. 

L'autrice aborde également le fait du changement de vie, repartir de zéro dans de nouveaux lieux, une nouvelle région. Prendre de nouveaux repaires, reconstruire ne serait-ce que par la décoration de cette demeure familiale. 

Un joli moment lecture, bien qu'il m'ait moins emportée tout de même que Serments d'automne je l'avoue, mais j'ai trouvé ce couple et cette famille touchants. Un roman sur le pardon, la reconstruction d'un couple, sur l'amour. C'est toujours très authentique avec l'autrice, aussi bien sur les personnages, sur les faits, sur les lieux où est plantée l'histoire, que sur les sentiments vrais qui viendront forcément nous parler. 

Envie de poursuivre ma découverte des romans de l'autrice.



mardi 19 mai 2026

Le cri

 


L'inspectrice Sarah Geringën est dépêchée à quelques kilomètres d'Oslo pour un suicide à l'hôpital psychiatrique de Gaustad. Le bâtiment dresse sa masse sombre parmi les pins enneigés. 

Le corps du patient 488, surnommé ainsi suivant les chiffres cicatrisés qu'il porte sur le font, s'est figé dans la mort, un cri muet aux lèvres - un cri de peur primale. 

Sarah pressent rapidement que cette affaire est atypique et beaucoup d'énigmes sont à résoudre. Pourquoi la victime a-t-elle cette cicatrice 488 sur le front ? Pourquoi dans sa cellule, se trouvent des dessins indéchiffrables ? Et que signifient ils ? Et surtout, Sarah se pose la question sur le personnel. Pourquoi le personnel de l'hôpital ment sur bien des points ?

Pour Sarah commence alors un compte à rebours. Va alors débuter une enquête terrifante qui la mènera sur la route d'une découverte vertigineuse sur l'une des question qui hante chacun d'entre nous : la vie après la mort...
Découverte de la plume de Nicolas Beuglet.

Du rythme, de l'action, il m'a été bien difficile de lâcher ce thriller en cours de lecture, pourtant il s'agit là d'un thriller de plus de 550 pages. 

En pleine découverte de la plume de l'auteur, j'ai passé un très bon moment livresques ici. 

Un thriller qui a su me tenir en haleine du début à la fin, bien difficile à lâcher donc c'est un bon point. Il a un rythme soutenu, aucun temps mort, de nombreux rebondissements. Rythme effréné qui nous entraîne en Norvège, mais aussi en France et aux Etats-Unis. 

J'ai été surprise par les sujets passionnants qui compose ce thriller. Surtout lorsque l'on sait que l'écriture du thriller est inspirée par des découvertes scientifiques réelles. L'auteur maîtrise bien son sujet en peut voir les recherches faites pour l'écriture. 

Je ne vous cache pas que plus on approche du dénouement plus c'est glaçant, mais je ne peux en dire trop sur l'un des grands thèmes qui compose ce thriller. Des théories scientifiques et expériences vraies. Un thriller sur la folie humaine, ça c'est certain. 

Je suis ravie d'avoir enfin découvert les thrillers de Nicolas Beuglet. Je n'ai qu'une hâte, poursuivre ma découverte de l'auteur. 

Un thriller haletant.


mercredi 13 mai 2026

Pourquoi j'ai mangé mon père

 


Le narrateur est Ernest, jeune pithécanthrope, fils d'une famille préhistorique dont le père, Edouard, est un génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu. 

Mais voilà, le progrès, l'innovation, ont leur lot de réfractaires.

Le conflit entre modernité et tradition se jouera entre notre inventeur, Edouard, et son frère Vania. L'oncle Vania est réfractaire à l'arrivée du feu. Ennemi du progrès, il continue de vivre dans les arbres alors que les autres membres de la famille en sont descendus et vivent désormais à terre. 
Critique d'une société moderne. 

Critique d'une société moderne à travers l'oeil d'une famille de la préhistoire. Ce court roman était depuis très longtemps dans mes intentions de lecture et je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas lu avant. Je me suis régalée.

J'ai beaucoup aimé ce roman humoristique et satirique qui raconte la vie quotidienne d'une famille préhistorique, explorant l'évolution humaine à travers le progrès et ce qu'il peut entraîner. 

Bien entendu, cette famille préhistorique nous ressemble, ils ont le même type de relations humaines que nous pouvons avoir, l'amours, la drague, la jalousie, les disputes, le conflit.

Cette évolution humaine, nous allons donc la voir se développer à travers le progrès et les conflits familiaux. 

Et j'ai trouvé ce roman extra, l'humour et le côté satirique sont au rendez-vous et j'adore ça. 

Tout en étant une famille de la période préhistorique, la famille d'Ernest n'est donc ni plus ni moins qu'une famille lambda comme pourrait l'être la nôtre à l'heure actuelle. Roy Lewis met en scène des situations cocasses pour parler de l'évolution humaine, l'adaptation au progrès, le développement de nouvelles compétences. Et j'ai envie de vous dire : ça ne date pas forcément de la préhistoire, c'est un éternel recommencement. Le père d'Ernest est un inventeur obsédé par le progrès, pensant améliorer la vie de sa tribu. D'autres sont réfractaires à ce progrès, occasionnant des disputes. 

Les dialogues sont bons, drôles, vrais. Et Ernest est un très bon narrateur tout au long de ce roman. 

J'ai trouvé ça à la fois intéressant, amenant une réflexion, bien sûr, sur le progrès mais aussi sur les comportements humains, les relations humaines. Et c'est à la fois très amusant de par les dialogues et les situations.

Les personnages sont attachants, et je n'avais pas envie de quitter cette famille. 

Original et drôle.


jeudi 9 avril 2026

Tuez-le si vous voulez

 




1988. Machéronte-le-Château, l'un des plus beaux villages perchés de l'hexagone. Petit village au coeur de la Drôme où semble régner une vie paisible, où tout le monde se connaît. 

Lorsque le fils du maire tombe amoureux de la jolie Lucile, tout le monde sait la colère du père à l'encontre de cette idylle. Pour Monsieur le maire, riche industriel, il est hors de question que son fils épouse une fille de rien. Même si elle est enceinte. 

Mais quand Lucile, 20 ans, est retrouvée morte dans les bois, le principal suspect n'est autre que Jean-Baptiste Combe, maire du village et homme respecté de tous. Les soupçons se portent sur lui mais sans résultat probant. De nombreux villageois soupçonnent son implication dans cette mort, mais l'homme d'affaires parvient à soudoyer des témoins et les soupçons se meurent... La police ne tient aucun élément concluant. Une mort jamais élucidée, et elle est toujours restée en travers de la gorge du père de la victime, Bernard Salomé.

2011, 23 ans plus tard, Jean-Baptiste Combe est toujours maire du village. 

Le désir de vengeance du père de Lucile est toujours présent lui aussi. Depuis tant d'années. Lorsqu'il remporte le pactole à l'Euromillions, jouant la date de naissance de sa fille, il voit les 150 millions de gains comme étant une opportunité pour réaliser ses rêves, vengeance en tête. 
Un seul rêve : se venger !

Un roman à suspense que j'avais trouvé en boîte à livres, une autrice que je ne connaissais pas, et j'ai pu apprécier cette lecture.

Il m'a fallu un peu de temps pour bien assimiler chaque protagoniste car ils sont nombreux au début mais on retrouve ensuite ces mêmes personnages, habitants de ce joli village perché dans la Drôme. 

L'intrigue est prenante. Ici il n'est pas question de découvrir qui est le tueur puisqu'on le connaît dès les premiers instants lecture. Non, ici, tout tourne autour du mot VENGEANCE, et tout ce que ce mot peut entraîner et faire faire. 

On explore donc ici les complexités de l'humain, les motivations de chacun pour arriver à leur but, mais aussi les conséquences que cela peut avoir.

Des personnages bien construits, mais parfois caricaturés aussi il faut l'avouer. Et dans la description de certains personnages, le style de l'autrice pour ces descriptions m'a quelque peu agacée car les descriptions des personnages féminins sont peu reluisantes.

Malgré ce bémol, j'ai trouvé l'intrigue autour de cette vengeance intéressante. Autour de la vengeance mais aussi autour de l'abus de pouvoir et ce que l'on est prêt à faire avec de l'argent. Mais aussi en sens inverse ce que l'humain peut être prêt à faire pour de l'argent...
Le roman est un joli pavé de plus de 600 pages mais à aucun moment j'ai trouvé le temps long, l'intrigue a su prendre de l'ampleur tout au long du roman. 

Un bon roman à suspense autour de la vengeance. 


mardi 24 mars 2026

Si je reste

 




Mia a 17 ans, elle est violoncelliste, a un petit ami rock star en herbe. Elle a beaucoup de talent et l'avenir devant elle. 

Nous sommes dans la région de l'Oregon, et Mia est à bord de la voiture familiale avec ses parents et son petit frère lorsque provient un accident de la route. Sa mère et son père meurent sur le coup. Son petit frère est transporté à l'hôpital. Et Mia sombre dans le coma dans un lit d'hôpital. 

Comme détaché, son esprit contemple alors son corps brisé. Mia entend tout. Elle assiste à la ronde des visites de ses proches, de ses amis, ainsi qu'aux diagnostics des médecins. Et puis, elle revoit sa vie d'avant. Imagine aussi sa vie d'après. 

Mais, doit-elle sortir du coma ? C'est à cela que les pensées de Mia sont dirigées. Vers cette grande question. Sortir du coma, oui, mais à quoi bon ? Doit-elle partir ? Doit-elle revenir ? 

Enfin lu ce roman jeune adulte. 

Un roman que j'avais depuis très longtemps mais jamais sorti de ma pile à lire. Un court roman jeunesse qui a su m'émouvoir bien sûr. Quel choix à faire lorsqu'on a que 17 ans ! 

Un accident, un avenir incertain... 
Les réflexions sont d'une telle justesse dans ce roman. La jeune Mia a peu de temps pour faire une sorte d'introspection sur sa vie passée, sur la perte de ceux qu'elle aimait. Et de cela, elle en tirera en quelque sorte sa réponse à ses questions de rester ou de partir. De ses introspections, on découvre alors le passé de Mia et notamment sa vie amoureuse. 

Je dois dire que cette partie là m'a moins emportée que le reste du roman et sa prise de décision, j'ai trouvé la romance un peu trop jeunesse pour moi.

Malgré cela, j'ai aimé ce passage dans le passé de Mia, essentiel pour comprendre son état présent immobile et ses réflexions pendant son coma. Il n'y a pas que ce côté romance, il y a tout ce qui touche aux liens familiaux, liens amicaux, ce qu'ils peuvent apporter. Et bien sûr, le grand thème du roman est le choix de vie... on peut en extraire également un thème sur le courage d'introspecter pour en faire ce choix...

C'est touchant, bien écrit, les réflexions sur la mort mais aussi sur les liens familiaux, amicaux, amoureux, sont justes. 

Une lecture agréable mais que je conseille plus pour les jeunes adultes justement.

mardi 17 mars 2026

Ceci n'est pas un fait divers

 




Ceci n'est pas un fait divers, non. C'est un féminicide.

Quand l'histoire commence, ils ont 19 et 13 ans. Ils sont frère et soeur. Et cette histoire tient en quelques mots, ceux que la cadette, témoin malgré elle, prononce en tremblant lorsqu'elle appelle au téléphone son frère : "Papa vient de tuer maman."
Un roman à lire.

Ceci n'est pas un fait divers, non. En effet, c'est un féminicide. Et les mots de Philippe Besson sont tout en sobriété et pudeur. Pourtant des mots nous offrant un récit percutant inspiré de faits réels. Sujet de société hélas, le féminicide, raconté par les enfants de la victime. D'autant plus, un acte effectué sous les yeux de la plus jeune des deux enfants.

Passé la sidération, ces enfants brisés vont devoir faire comme ils le pourront avec leur chagrin, leur colère, parfois même leur culpabilité. 

J'avais donc entre les mains un de ces récits que l'on nomme : nécessaire. Ce roman est d'une force incroyable, d'une émotion saisissante, et totalement immersif. Le narrateur est le fils de la victime, donnant alors la parole aux enfants de ces femmes victimes de féminicide. Enfants trop souvent écartés peut-être aussi dans ce type de situation. 

Un fils qui raconte l'indescriptible, une femme, une mère, tuée après 20 ans de vie commune. Tuée sous les yeux de sa fille. Un fils qui cherche des explications à ce qui vient de se produire. 

Philippe Besson se met alors dans la peau des victimes collatérales d'un féminicide et met des mots aussi sur l'avant du féminicide. Il analyse les signes précurseurs jusqu'aux répercussions du drame familiale et un long chemin à parcourir pour les deux enfants. 

Le roman est court mais il a un effet coup de poing. Les mots sont d'une grande justesse, traitant avec pudeur ce thème de société sensible et révoltant. 

On referme le livre avec beaucoup d'émotions, on en ressort ébranlé, mais ne passez pas à côté de ce roman.


vendredi 7 novembre 2025

Serment d'automne

 




Guillaume, architecte renommé, a quitté sa Bourgogne natale il y a des années maintenant pour y mener des études puis une brillante carrière à Versailles. 

Le voilà de retour en cette fin d'août, et à la hauteur de Beaune, en quittant l'autoroute, Guillaume commence déjà se sentir de nouveau chez lui. Il met momentanément de côté sa carrière alors même qu'un gros contrat est en jeu pour lui et ses associés. Mais voilà, son frère jumeau l'a appelé à l'aide, jamais il n'aurait crié au secours pour rien.

Il se rend au chevet de son frère jumeau, Robin, atteint d'un cancer. En arrivant devant la maison d'architecte qu'il avait dessinée pour son frère, Guillaume ne sait pas encore à quoi s'attendre. 

Son frère jumeau, Robin, a su mettre en avant son domaine vigneron, les terres de son épouse Laurence. A eux deux, ils se sont fait aussi une réputation dans le monde vigneron. Robin a caché sa maladie à Guillaume, tant qu'il a pu. Mais aujourd'hui, l'heure des vendanges arrive, et il sait bien qu'il ne pourra pas assumer la récolte, ni guider les vendangeurs saisonniers. Il ne pourra pas assumer la récolte de cette année sans l'aide de son frère. 

Guillaume a du mal à comprendre pourquoi son jumeau a tenu à lui cacher sa maladie, mais pour Robin, le fait d'en parler revenait à accepter l'avancée du cancer. Un orgueil mal placé qu'il avoue.

Ce qui devait être un court séjour pour Guillaume va durer à mesure que certains problèmes s'accumulent pour les vendanges, et il ne peut se résoudre à quitter son frère alors que la maladie progresse, ni quitter Laurence qui est enceinte de leur 1er enfant. 

L'arrivée du fils rebelle de Guillaume en Bourgogne ne va pas arranger les choses pour Guillaume. Entre eux, il n'y a plus de communication depuis que son fils, Ralph, lui a volé la femme avec qui il vivait. S'ajoute à cela le fait qu'à Versailles, ses associés du Cabinet d'architecture l'appellent pour mener à bien la présentation d'un possible gros contrat à décrocher.
Très beau roman !!

Partons en Bourgogne, au coeur des vignobles, tout juste avant l'automne. La saison des vendanges va bientôt démarrer.

Que j'ai aimé ce moment lecture, bien que les thèmes soit difficiles : la maladie, la dépression face à la maladie, la terreur de la mort, les relations familiales difficiles. Et bien que ces thèmes soit forts, difficiles, émouvants, et bien ce roman réchauffe le coeur. 

Les décors sont vrais sur ces terres de Bourgogne, et eux aussi son chaleureux où l'histoire débute tout juste avant l'heure des vendanges en se poursuivant sur ces vignobles bourgonnais sur les mois d'octobre, novembre, après la récolte du raisin. L'histoire se déroule en effet depuis fin août début septembre jusqu'en novembre, où sur ces mois on commence l'élaboration du vin une fois qu'il est récolté. 

Les personnages sont tous très attachants et j'avoue que je n'avais pas envie de refermer le livre pour ne pas les quitter. Pour chacun, on retrouve leurs fractures, différentes selon leurs ressentis face à la maladie, face à aux relations père/fils, face à cette femme enceinte pour la 1ère fois alors que son mari se bat contre la maladie. L'autrice partage magnifiquement leurs souffrances, et les sensations de Robin vis à vis de sa maladie, vis à vis de l'avancée de la maladie, la peur de mourir, la peur de ne pas voir son fils ou sa fille grandir. Le côté psychologique est très bien exploité dans ce roman. Et en tant que lecteur, on ne peut qu'être pris par les émotions. 

Des moments de vie vrais, durs, bienveillants. Une plume vraie elle aussi, et une histoire sur les choses de la vie comme on dit. C'est bouleversant et en même temps on en ressort avec le coeur gros et chaud. 

Je ne peux que recommander cette lecture.

mercredi 20 août 2025

Celle que je suis

 





Valentine est discrète, ordinaire, elle élève son petit garçon, Nathan, son seul bonheur, qui vient de fêter ses 6 ans. Elle travaille à temps partiel dans une grande surface culturelle, les livres sont sa seule évasion. 

Mais lorsque la porte de leur appartement se referme, Valentine vit alors dans la terreur. La terreur du moindre faux pas : une viande trop cuite ou trop froide, un vêtement non repassé...la colère, la jalousie de son mari...

L'arrivée d'un couple de voisin d'un certain âge dans l'appartement d'en face sur le même palier va alors bouleverser la vision du monde de Valentine. En effet, comment refuser la tendresse de Suzette ? Elle qui a tant manqué d'une mère. Comment ne pas résister à la gentillesse de Guy, qui se conduit avec Nathan comme le grand-père qu'il n'a jamais eu ? 

Valentine se laisse apprivoiser peu à peu par ce couple âgé, mais toujours lors de moments où elle peut les rencontrer en cachette de son mari, car jamais il ne la laisserai passer des après-midis comme ça avec autrui. 

Jusqu'au jour où elle commet une minuscule imprudence aux conséquences dramatiques.



Touchée au plus haut point par cette lecture. 

Premier roman que je lis de Claire Norton et cette lecture a été fort puissante. 

J'ai en effet fait la connaissance de Valentine, de son tendre petit garçon, Nathan. Malheureusement, on fait également la connaissance de son bourreau, son mari. 

Dès lors que l'on entame ce roman, on tourne alors les pages d'un roman bouleversant que vous ne pourrez plus lâcher. Et, on ne sait l'expliquer, mais il y a certains romans qui ne vous quitteront jamais une fois la dernière page du livre tournée, c'est le cas pour moi avec ce roman. 

Un sujet bouleversant, percutant, vous l'aurez compris. Le quotidien d'une femme battue, et sur le pourquoi elle reste auprès de son bourreau. La peur qui tenaille, le doute de soi, la peur pour son enfant. 

La magnifique écriture de Claire Norton nous transmet chacune des émotions qui traversent Valentine, qui traversent Nathan aussi, et qui traversent ce couple âgé qui vient de s'installer en face sur le même palier que Valentine. 

Ce roman vous prend aux tripes. 

Claire Norton aborde le thème des violences conjugales, violences physiques et psychologiques, et tout ce que cela engendre : l'isolement, la peur, la solitude, etc. 

Et on s'aperçoit aussi que la vie de cette femme lui est littéralement volée. 

Peut-on se reconstruire d'avoir vécu dans la peur et la souffrance ? C'est l'une des questions qui est abordée aussi à travers l'histoire de Valentine et Nathan.

Que faire, vu de l'extérieur, pour aider quelqu'un dans cette situation sans accélérer, sans engendrer, d'autres violences de la part de son bourreau. Est un des autres thèmes que l'autrice met en avant.  

C'est un véritable coup de coeur pour ce roman.

Psychologiquement parlant, ce roman est très abouti dans son ensemble. Magnifiquement écrit. 

Ne passez pas à côté de ce bouleversant roman, il marquera votre esprit à jamais.






mercredi 9 juillet 2025

Ma Chérie

 



"Ma Chérie", surnom qu'on a donné a Gloria pendant 10 ans. Du temps où Gloria Mercy Hope, de son vrai prénom, se promenait en fourreau de satin et cocktail à la main parmi les nantis. 

Gloria est née en 1933 dans un village perdu du Sud des Etats-Unis où les autres gamines la surnommait : Soeur Bigleuse à cause d'un léger strabisme. 
Elle quitte le village pour trouver un avenir plus reluisant, et partie de rien elle devient Miss Floride en 1952. Elle sera ensuite engagée comme mannequin. 

La trentaine, elle écoute ses riches amies de Miami parlées autour d'une piscine, cocktail à la main, et l'appeler "Ma Chérie".  Toujours des discussions superficielles autour d'une dernière mode ou de ragots.

Un beau matin, tout s'écroule pour Gloria. Elle se voit contrainte de retourner dans le village parental, déchue et sans un sou en poche. Juste une malle et quelques robes de créateurs qu'elle a pu sauver et emporter avec elle. L'amitié de ceux qui la nommait "Ma Chérie" lors de soirées mondaines : il n'en reste rien car ses amis lui ont tous tourné le dos. 

Contrainte alors de revenir vivre chez ses parents après tant d'années sans leur avoir donné de nouvelles, Gloria monte dans un bus jaune qui l'emmènera à destination. A bord du bus, un homme lui demande la permission de s'asseoir sur l'unique place libre, à côté d'elle. Il est instituteur, grand, et...Afro-américain. Sous les regards courroucés des autres passagers, Gloria accepte. 

Nous sommes en 1963, Martin Luther King a beau rêver, le monde n'est pas encore prêt à renaître. Mais peut-être "Ma Chérie" l'est-elle ? 

Passionnante lecture.

Mon 1er roman de l'autrice et j'ai très envie désormais de découvrir ses autres romans. 

J'ai adoré cette rencontre avec "Ma Chérie" ou Gloria. Mais aussi avec Marcus, l'homme du bus. 

Roman passionnant avec cette rencontre formidable entre Gloria et Marcus.

Le roman est court, scindé en différentes parties portant chacun l'un des 3 prénoms de Gloria Mercy Hope, l'héroïne : Gloire Pitié Espoir. 

Une femme partie de rien, qui se retrouve entourée de riches personnes, toutes plus superficielles les unes que les autres, et Gloria vit comme eux. Une femme qui se retrouve déchue de tout, de notoriété, d'argent... Une femme obligée de retourner dans son village d'enfance, qu'elle avait pourtant voulu fuir. Une femme obligée de renouer avec ses parents, à qui elle n'avait plus donné de nouvelles. 

Une femme que l'on va voir évoluer, renaître même peut-être. Et cela, au contact de Marcus. A son contact on sent que Gloria va prendre conscience de la vie actuelle aux Etats-Unis en 1960, de sa brutalité vis à vis des hommes et des femmes noirs. Elle qui vivait dans un monde naïf et rempli d'argent, sans le savoir, avoir accepter que Marcus s'asseoit à côté d'elle dans le bus sera sa vraie 1ère décision à elle. Et elle ne se laissera plus imposer ses choix, ils arrivent à elle naturellement. Elle va se confronter aux préjugés de cette société puritaine, ségrégationniste. 

L'autrice montre une femme qui comptera parmi ceux qui ont fait évoluer la façon de penser de la société de l'époque.

Les personnages sont très attachants, je n'avais pas envie de les quitter. Et cette rencontre entre Gloria et Marcus est formidable.

Les thèmes sont sensibles au coeur de cette époque des années 60 dans une Amérique conservatrice, puritaine. J'ai trouvé le contexte historique intéressant.

C'est très bien écrit, entre faits historiques, émotions, évolution des personnages. 

Je ne peux que vous conseiller cette superbe lecture.