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vendredi 15 mai 2026

Blackwater Tome 6 : Pluie

 



6ème tome.

Voilà...6ème et dernier tome de la série Blackwater où cet opus vient conclure la saga de la famille Caskey. 

Il est difficile de quitter une série et de laisser derrière nous ses protagonistes lorsque l'on a aimé une série dans son ensemble. 

Bien entendu qui dit dernier tome d'une saga, dit : je ne vous partage pas de résumé de ce 6èùe tome. Je vous livre simplement mon appréciation sur cette saga que j'ai adorée. 

Adorée, parce qu'une saga familiale à la fois historique et à la fois fantastique, et ell a su mêler parfaitement ces deux genres. Aussi parce que c'est une saga familiale avec tous les ingrédients qu'il faut : les trahisons, la jalousie, les drames, etc. 
Et cela, en traversant les décennies, puisqu'au fil des tomes on traverse le temps. On commence la saga en 1919 et le dernier tome, celui-ci, débute en 1958. 

Chaque opus a su garder une très belle atmosphère, mystérieuse en tout cas avec la partie fantastique. Et cette ambiance a su rendre ma lecture à chaque fois palpitante. 

Le récit est riche avec des intrigues qui on su rester captivantes de mon point de vue, jusqu'à un final que j'ai trouvé bien concluant. 

Les personnages ont été merveilleusement créés, qu'ils soient puissants, machiavéliques, déterminés, mystérieux...ils ont tous une part importante à l'histoire et j'ai adoré faire leur rencontre.

J'ajoute à nouveau les superbes couvertures de cette maison d'édition. Qu'il est agréable de toucher ces couvertures en relief, et d'admirer le très beau travail apporté dessus.

Vous l'aurez compris, je ferme à regret cette saga que j'ai adorée. 
J'ai passé un très très bon moment en sa compagnie.

mercredi 15 avril 2026

Và où la rivière te porte

 




Années 40, dans les étendues sauvages du Colorado, petite ville d'Iola. 

Victoria Nash est une jeune femme de 17 ans. Elle gère tout avec brio, elle fait à manger, gère les quelques bêtes de la ferme, et s'occupe du verger de pêches de son père. Les pêches Nash sont d'ailleurs réputées et on vient de loin en acheter. 

Torie, comme son père la nomme, a perdu sa mère jeune et n'a aucune tête féminine qui a pu l'aider à se construire en tant que femme, pas de mère pour l'aider à faire la transition entre fille et jeune femme. Alors, elle s'est toujours débrouiller toute seule, entourée d'hommes : entre son père colérique et un frère violent, Seth. 

Lorsqu'un jour, elle rencontre Wilson Moo, un vagabond venant d'arriver en ville, Victoria se sent attirée par cet homme et ne peut expliquer les émotions qu'elle ressent envers lui. Une relation qui va devoir restée secrète, marquée par des défis, dont celui des préjugés raciaux de la communauté. Wilson est un indien au passé mystérieux. 

L'étincelle entre eux va déclencher autant de passion que de malheurs. Dans cette ville entre montagnes et rivière, Victoria va devoir affronter le passage à l'âge adulte seule, faire face aux changements de son temps tout en sauvant sa propre vie et celle de son si cher verger de pêches. Elle découvrira un amour interdit, mais aussi la perte...

Enorme coup de coeur pour ce roman de toute beauté. 

Je l'ai refermé en me disant que les protagonistes et les lieux allaient me manquer. 

Que d'intensité ressentie à la lecture de ce roman ! Magnifique roman initiatique, historique aussi. L'écriture est belle, profondément émotionnelle et surtout immersive. Les personnages ainsi que les faits qui se produisent semblent réels. Idem pour les lieux. Des descriptions magnifiques sur cette nature qui nous parle, qui prend place tel un personnage à part entière dans ce récit. Des citations à extraire de cette terre, de cette eau. 

Extrait : 
"La force, avais-je appris, était pareille au sol de cette forêt, faite de petits triomphes et d'erreurs innombrables, d'heures de soleil suivies de soudaines tempêtes qui ravageaient tout. Nous sommes tous semblables, ne serait-ce que parce que nous partageons cette même belle et douloureuse manière de croître, une étape après l'autre, en tombant, en repoussant les débris pour nous relever, sans jamais perdre espoir."


L'histoire...est de toute beauté. Une histoire déchirante, puissante. Les thèmes sont forts : les luttes de la femme dans un monde hostile et patriarcal, l'amour, la résilience, le passage à l'âge adulte, le racisme. Tant de messages intenses et toujours d'actualité. 

Victoria est un personnage extrêmement touchant, elle devra se battre, apprendre à survivre grâce à la nature. 

Le roman est marquant, il ne me quittera pas de sitôt. 

Si vous ne l'avez pas encore lu, je ne peux que vous le conseiller. 

mardi 7 avril 2026

La ferme du bout du monde

 


L'histoire commence en 1939, où Will et Alice, frère et soeur, sont évacués vers une ferme dans le nord de la Cornouailles auprès de Maggie, la fille du fermier. Ici, ils vont vivre une enfance protégée des ravages de la guerre, au milieu des champs d'orge et d'un ciel qui s'étend à l'infini. 
Jusqu'à l'été 1943, qui bouleverse leur destin. Un fait se produit, il aura des conséquences tragiques sur leur destin. 

Eté 2014, 70 ans plus tard, Lucy la petite fille de Maggie s'enfuit de son domicile londonien après avoir compris être trompée par son mari. Elle rejoint la ferme de sa grand-mère en Cornouailles, cherchant un endroit pour guérir. Mais rien ne l'a préparée à ce qu'elle va y découvrir. Elle n'est pas revenu ici depuis des années et découvre une ferme au bord de la faillite. 

Lucy peut-elle se reconstruire elle ainsi que la ferme familiale ? Et surtout, peut-on tout réparer 70 ans plus tard ? 

Magnifique roman. 

Deux étés, 1943, 2014, séparés un drame inavouable. Une saga familiale qui tisse la toile de trois générations d'une famille vivant dans une ferme isolée en Cornouailles. J'ai adoré le mélange des 2 époques, alternant le passé et le présent pour bien comprendre le destin de cette famille. 

Un roman sur l'identité, l'appartenance familiale. Il met en avant les regrets, la culpabilité, la pénitence. Des mensonges qui ont eu une fatalité sur la famille. De sombres secrets qui font encore mal 70 ans après. 

L'histoire met en avant les magnifiques paysages cornouaillais.

J'ai trouvé la lecture captivante et je suis très preneuse d'histoires de familles. J'ai savouré chaque moment de vie des membres de cette famille. Leurs difficultés, leurs failles, leurs émotions. L'autrice montre aussi la vie difficile à la ferme, tant dans les années 40 qu'en 2014 où la ferme familiale est au bord de la faillite. Une lutte quotidienne pour la maintenir à flot, pouvant même provoquer des ravages au sein même de la famille. 

Roman multigénérationnel que j'ai beaucoup aimé, tant sur les personnages que sur l'histoire familiale, et cette merveilleuse région cornouaillaise.

mardi 10 mars 2026

Les naufragés de l'île Tromelin

 



Un minuscule bloc de corail perdu dans l'océan Indien, cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. Aucun navigateur ne souhaite prendre la route aux abords de cette île tant redoutée. 

C'est là qu'en 1761, échouent les rescapés du naufrage de L'Utile, navire français affrété par la Compagnie française des Indes orientales qui transportait clandestinement 160 esclaves malgaches vers l'île Maurice. 

Lors d'une nuit en pleine mer, une erreur dans la lecture des cartes maritimes provoque le naufrage de L'Utile sur les récifs coralliens de l'île Tromelin, à 436 km de Madagascar. 

Des membres de l'équipage et 80 esclaves parviennent à atteindre le récif, les autres périssent en mer.  

Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter dans des conditions extrêmes, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu.

Vient ensuite l'idée de construire un bateau de fortune à partir des débris de L'Utile. Pourtant quand les Blancs embarquèrent sur le bateau de fortune que, avec l'aide des esclaves, ils avaient réussi à construire, ils furent abandonnés faute de place sur ce bloc de corail pelé. Le premier Lieutenant leur jura qu'il viendrait les rechercher, mais une fois arrivé à bon port, les autorités s'obstinèrent à l'en empêcher. 

Les esclaves, 15 ans durant, furent laissés là-bas à leur triste sort. 15 ans pour que quelqu'un agisse et affrète un bateau. 
Un récit basé sur des faits réels. 

En sachant cela, je me suis dit qu'il allait être passionnant, puissant et révoltant aussi. Roman écrit en hommage particulier à la soixantaine de femmes et d'hommes qui furent abandonnés honteusement sur l'île Tromelin, minuscule bloc de corail. 

Passionnante et bouleversante histoire vraie avec laquelle j'ai passé un moment lecture captivant. L'autrice s'est investi dans l'écriture de ce roman, et a su restituer ce récit en se basant sur des archives officielles et recherches d'un passionné d'archéologie maritime, Max Guérout. 

L'écriture est superbe, un vocabulaire adéquate pour retranscrire ce récit vrai sur l'appui d'archives concernant le naufrage du vaisseau L'Utile : cartes d'époque, rôles d'équipage, comptes d'armement, états de service des officiers, inventaires, correspondances des bureaucrates de la Compagnie des Indes... Max Guérout a aussi retranscrit à Irène Frain les ustensiles utilisés à l'époque ou pièces d'armement diverses. Si bien que la justesse des événements est immersive dans l'histoire. 

De sa propre lecture d'archives, elle a exhumé des personnages qui lui sont venus en tête. 

Un drame arrivé à l'oreille de certains à l'époque, qui a su trouver des porte-voix dont Condorcet. L'histoire des rescapé de L'Utile est l'un des premiers maillons de la chaîne d'indignation qui a conduit, en 1794, à la 1ère abolition de l'esclavage par la République française. 

On referme ce livre en étant révolté, on découvre un récit vrai, émouvant et indispensable 
pour ne pas oublier ces hommes et ces femmes. 


lundi 16 février 2026

Les livres disparus de la Ve Avenue

 




1913, Laura Lyons ne pourrait demander mieux à la vie : son mari est le superintendant de la bibliothèque publique de New York, permettant à leur famille de vivre au sein même du prestigieux bâtiment avec leurs deux enfants, Harry et Pearl. 

Mais Laura, si passionnée qu'elle est, en veut plus. Alors elle postule pour des études de journalisme et ouvre en grand son univers qui l'emmène jusqu'au si bohème quartier : Greenwich Village. Elle y découvre un groupe radical entièrement féminin où l'on y exprime ses opinions sur le suffrage, la contraception, les droits des femmes. De quoi remettre en question Laura et son rôle traditionnel d'épouse et de mère. 

Mais lorsque des vols de livres précieux menacent le foyer, elle se retrouve face à ses responsabilités. 

80 ans plus tard, 1993. Sadie lutte avec l'héritage de sa grand-mère, la célèbre essayiste Laura Lyons, surtout depuis qu'elle a décroché un poste de conservatrice à la bibliothèque publique de New York. Mais sa vie devient vite un cauchemar lorsque des livres rares sont volés. 

L'enquête projettera Sadie vers des vérités indésirables sur son héritage familial. 
Mon 1er coup de coeur de l'année 2026.

Ce roman a été le 1er que j'ai lu en janvier 2026 mais aussi mon 1er coup de coeur de l'année. 

Un roman historique à double temporalité, avec une série de vols de livres précieux qui ébranle l'emblématique bibliothèque publique de New York, laissant 2 générations de femmes déterminées à se battre pour les retrouver. 

Deux femmes fortes, deux époques, des thèmes ô combien intéressants, font de ce roman un magnifique roman historique. 

On vogue en des lieux majestueux, la bibliothèque publique de New York. Que demander de plus lorsque l'on est amoureux des livres que de retrouver de si majestueux lieux emblématiques et une intrigue autour de livres rares. Des lieux bien décrits, apportant une lecture immersive. 

Les thèmes sont riches : la condition de la femme, leurs droits en 1913, les barrières pour l'accès aux femmes aux études, leur émancipation. Mais aussi des secrets de famille qui vont devoir apparaitre 80 ans plus tard en 1993. Une intrigue familiale magnifique et passionnante. 

Le roman est captivant, impossible à lâcher du fait de cette superbe intrigue. Les mystères se révèlent au fil des pages, disséminés au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, avec des mots qui tiennent en haleine. L'écriture est belle, les mots sont justes pour aborder les thèmes cités ci-dessus.

Très belle plume tant sur l'intrigue que sur la qualité des personnages. 
Destins de femmes à ne pas rater !

lundi 19 janvier 2026

Le monde véritable

 



Roman en lien avec la série Mille femmes blanches



1877 : Victime de violences conjugales, Molly McGill, jeune institutrice, est condamnée pour le meurtre de son mari. Emprisonnée à Sing Sing, elle a l'occasion de s'en sortir en acceptant de rejoindre un convoi de mille femmes blanches destinées à épouser des guerriers indiens. Elle va bientôt découvrir les mœurs des Cheyennes, leur culture, leur communion avec la nature. 

Mais quelques mois après, en dépit de tous les traités, et pour fuir l'armée américaine, un petit groupe de femmes dont Molly vont suivre une vieille Cheyenne aveugle vers "Le monde véritable", paradis selon la mythologie amérindienne. 

Elle les aide à passer dans "le monde véritable". Sorte de paradis où il serait possible de vivre en paix, mais celui-ci est bientôt menacé par des esprits maléfiques. 




Un brin mitigée. 

De Jim Fergus, j'ai lu le 1er tome de la saga Mille femmes blanches que j'avais adoré. Les autres titres de la série m'attendent dans ma pile à lire, ainsi que d'autres romans de l'auteur. 

Ce titre "Le monde véritable" me tentait également et l'ayant vu en bibliothèque, j'ai pu l'emprunter. Je ne m'attendais pas d'ailleurs à ce qu'il soit autant lié avec Mille femmes blanches. Attention, cela reprend quand même pas mal d'éléments de la saga Mille femmes blanches.

Alors que j'ai adoré le 1er opus de la saga Mille femmes blanches, je ressors un brin mitigée de cette lecture malgré qu'en soit l'histoire ne m'ait pas déçue non plus.

Ce titre, il faut en fait le lire plutôt comme une fable. Une fable sur un monde que l'on ne connaît pas.

En soi, j'ai apprécié l'histoire qui nous offre un joli portrait de femme, Molly. On retrouve aussi un bel hommage à la culture cheyenne. L'auteur mêle idéalement une actualité bien présente sur les dangers qui guettent notre monde.

Mais en même temps, je n'ai pas réussi à m'attacher pleinement à l'histoire. L'impression de me replonger dans Mille femmes blanches, même si je n'ai lu que le 1er tome, et qu'en somme ce roman "Le monde véritable" n'apporte pas plus que ça...

 Ce que j'ai aimé retrouver, c'est la connexion avec la nature et cette culture indienne liée aux esprits.

Une lecture en demi-teinte vous l'aurez compris, malgré cela je ne regrette pas non plus d'avoir lu ce court roman.

mardi 9 décembre 2025

Blackwater V - La fortune

 



Quel plaisir de retrouver le Clan Caskey que j'avais laissé après ma lecture du tome 4 il y a quelques mois. 

Comme d'habitude je ne vous dis rien sur le contenu de l'histoire, il s'agit ici du tome 5 de la saga Blackwater. 

Le Clan Caskey se développe et se transforme suite à la Seconde Guerre mondiale. On avance dans le temps au fil des tomes, j'aime découvrir l'évolution de ce clan Caskey au fil des décennies. 

Dans ce Tome V, du changement à noter. Rapprochements inattendus, alliances, relations qui évoluent. Cette saga familiale, à la fois saga historique et à la fois saga fantastique, arrive à me tenir en haleine tout au long des tomes. J'aime toujours autant traversé les décennies et j'aime l'évolution que donne l'auteur aux personnages. 

On découvre toujours des secrets cachés, autour des eaux tumultueuses des rivières de la Perdido et Blackwater. 

Toujours autant captivée, les pages défilent dans que je ne m'en aperçoive tellement je suis happée. Il me reste un tome à lire de cette saga et j'ai hâte de l'avoir en mains pour en découvrir les derniers rebondissements et trajectoires inattendues que pourront prendre les personnages suite à ce tome.

Le final donne vraiment envie de se plonger dans le tome 6.


mercredi 26 novembre 2025

Les sirènes

 


2019, Lucy vient de vivre une nuit cauchemardesque. Elle vient de se réveiller au beau milieu de la nuit à la suite d'une crise de somnambulisme qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Horrifiée par ce qui vient de se produire, elle s'enfuit en laissant tout derrière elle, y compris l'université, et part se réfugier auprès de la seule personne qui sera capable de la comprendre : sa soeur. 
Une soeur qu'elle n'a pas vu depuis longtemps, depuis que celle-ci a déménagé sur la côté de la Nouvelle Galle du Sud. 
Lorsque Lucy arrive chez sa soeur, elle n'avait encore jamais vu sa maison. Elle trouve une maison délabrée, perchée en bord de falaise et affrontant le vent et les vagues. Elle n'y trouve pas sa soeur, et personne ne sait où elle se trouve. Où est Jess ? 

Lucy attend son retour et cherche à comprendre. Elle commence à déterrer d'étranges rumeurs et légendes sur la ville côtière où vit sa soeur. Des récits concernant des hommes disparus dans des circonstances bien mystérieuses, et d'un bébé abandonné retrouvé dans une grotte balayée par la mer. 
Et surtout, Lucy commence à entendre des voix de femmes murmurés sur les vagues de l'océan. 

L'histoire de deux soeurs, en 1800, Mary et Eliza, dans un monde où les hommes étaient maîtres. Elles ont été arrachées à leur foyer et forcée de monter à bord d'un navire de bagnards depuis l'Irlande vers l'Australie. Sur le bateau, les deux soeurs remarquent des changements inexplicables de leur corps...

La magie de la mer.

Il me tardait de découvrir ce roman d'Emilia Hart, après avoir eu un coup de coeur pour son autre roman lu l'année dernière : La maison aux sortilèges. 

Cette fois-ci on part côtoyer la magie des océans.

Et je me suis totalement laissé embarquer dans cette histoire de femmes, fascinée par le mythe des sirènes. L'intrigue est bien menée et tient en haleine entre ce mélange de fantastique, historique, et à la fois contemporain aussi. 

On retrouve deux chronologies, 2019 où Lucy souhaite rejoindre sa soeur qu'elle n'a pas vu depuis longtemps maintenant. Une soeur disparu des lieux où elle réside. Une intrigue pour nous aussi lecteur puisque Lucy va partir à la recherche de sa soeur. Autre intrigue qui se met en place, des rumeurs autour de cette ville côtière, des hommes disparus et un bébé peut-être né dans une grotte bordé par les eaux.
Une chronologie en 1800, où Mary et Eliza, ont été forcées de monter à bord d'un navire de bagnards envoyés depuis l'Irlande jusqu'en Australie pour y être soit vendues ou emprisonnées. 

Dans ces intrigues sur deux chronologies, on retrouve des liens de sororité et une profonde résilience autour de ces femmes. Des femmes prêtes à traverser et affronter des combats. L'intrigue mêle parfaitement les deux chronologies et les différentes histoires au coeur de cette intrigue, le dévoilement des secrets se fait progressivement et c'est idéal pour tenir le lecteur en haleine.

Les sujets sont forts et sensibles. Je ne peux, bien évidemment, rien dévoiler de plus.

Il y a une atmosphère captivante, si particulière, autour de la mer. Elle est remarquable grâce à la plume immersive de l'autrice.

J'ai été happée tout de suite par l'histoire et cela jusqu'au dénouement.

L'autrice a su une fois de plus me transporter dans un univers incroyable avec une histoire captivante mi fantastique mi historique, tout en étant contemporaine.

Ne passez pas à côté du chant des sirènes.

 

jeudi 13 novembre 2025

Un monde à refaire

 



1945, sur les plages de Hyères. 

Si la guerre est finie, les plaies peinent à cicatriser alors que soldats et familles tâchent de reprendre leur vie. Chacun aspire à revivre libre. 

Vincent, lui, n'a pas de famille à retrouver si ce n'est Ariane, mais la jeune femme qu'il aimait s'est volatilisée. Saskia, jeune femme juive, revient des camps, et elle ne reconnaît plus rien de sa ville. Ses yeux sont remplis de fantômes. Fabien est un ancien résistant reconverti démineur en chef, il dirige les opérations sur les plages du sud. Lukas, soldat Allemand prisonnier, il assure à Vincent d'avoir croisé le chemin d'Ariane.

Sur les plages de Méditerranée, des millions de mines ont été laissées par les Allemands. Elles menacent d'exploser à n'importe quel moment. Sous haute tension, les résistants, peu de volontaires pour cette délicate aventure de déminer les plages, doivent alors prendre sur eux pour travailler aux côté de prisonniers Allemands envoyer pour ce déminage délicat et ainsi nettoyer les plages de ces engins de mort. Tous, risquent leur peau. 

Vincent doit coûte que coûte se rapprocher de Lukas pour en savoir plus sur Ariane, découvrir si elle est toujours vivante. Mais le rapprochement est difficile car même s'ils travaillent aux côtés des prisonniers Allemands pour combler le manque de main d'oeuvre dans cette tâche de déminage, ils n'ont pas le droit de leur parler et il serait d'ailleurs mal vu de leur parler. 

Le tic-tac des mines promet de tout souffler sur leur passage...
Superbe moment livresque.

Roman puissant que j'ai adoré lire, avec ce premier roman de Claire Deya.

Premier roman d'une force incroyable, superbement écrit et d'autant plus sur un sujet historique peu abordé. J'avoue ne pas avoir entendu cette partie là de l'histoire de l'après-guerre avec ces démineurs et artificiers qui ont risqué leur vie, encore, une fois la guerre terminée. 

L'autrice dessine le portrait d'hommes et de femmes meurtris par l'immédiat après-guerre. On assiste à une reconstruction de chacun, pleine d'espérance, tout en évoquant de douloureux moments. 

L'autrice s'est inspirée de vrais témoignages pour croquer de magnifiques personnages, intenses eux aussi. Pour eux, un retour à la vie bien difficile dans cet immédiat après-guerre.

Ce travail de déminage m'était assez méconnu. Cette partie historique est très intéressante. Il a fallu que chacun y mette du sien pour travailler main dans la main, entre soldats prisonniers Allemands et résistants français s'obligeant à travailler ensemble. Peu d'hommes étaient participants à cette tâche, au péril de leur vie. Cohabitation délicate pour parvenir enfin à retrouver une vie normale après ces années de guerre.

Un retour au pays pour certains, avec cette jeune femme juive pour qui on est empli d'émotions, Saskia aux yeux plein de fantômes et la certitude que le manque de ceux restés aux camps ne se guérira jamais. Sa mère aurait pu lui apprendre encore mille choses, pu la préparer à être forte, à ne pas manquer d'elle...
Une recherche de la femme aimée pour d'autres. Est-elle toujours en vie ?
Chacun à une quête. Je ne peux rien dévoiler de plus concernant chacun car tout est à découvrir dans ce magnifique moment lecture.

Des portraits d'hommes et de femmes combatifs et combatives. De chacun d'eux se dégage une force incroyable. On transite par mille et une émotions.

Le roman est superbement écrit et on sent le travail et la documentation derrière. On a un très beau mélange entre Histoire avec un grand H, mais aussi romance, amitié, intrigue captivante. 

Un récit dense et puissant à ne pas manquer.

 

lundi 29 septembre 2025

La femme aux fleurs de papier

 



La nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic sombre lors de son voyage inaugural. Un passager descend dans sa cabine de 1ère classe, revêt un smoking et remonte sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il allume un cigare et attend la mort.

1916, dans les tranchées du mont Fumo, en Lombardie, se joue une bataille décisive. 
Deux hommes, l'un est prisonnier, soldat italien, et il sera fusillé à l'aube à moins qu'il ne révèle son nom et son grade. 
L'autre est médecin autrichien. A la demande de ses supérieurs, il n'a qu'une nuit pour convaincre le soldat italien de parler. 

Mais le prisonnier veut diriger l'interrogatoire.
Sa vie décrète t-il, tien à trois questions. 
Qui est Guzman ? 
Qui suis-je ? 
Et qui était l'homme qui fumait sur le Titanic ? 

Démarre alors un huis-clos entre ces deux ennemis où se noue une alliance étrange autour d'un mystère qui a traversé le temps et su défier la mort.
Différent des thrillers de l'auteur. 

Auteur bien connu pour ses thrillers, j'avais adoré ma lecture avec Le chuchoteur. Ici, Donato Carrisi change de registre et signe un roman plutôt poétique sur l'art de raconter et d'écouter. 

Un huis-clos particulier. J'ai trouvé l'histoire intéressante mais, en effet, particulière. Mais c'est tellement bien raconté qu'on se laisse prendre d'autant plus que le roman est court et se lit rapidement. Le plaisir de raconter est le vif du sujet de ce roman.

Même si l'on obtient une réponse aux fameuses 3 questions énoncées par le prisonnier, on referme ce livre avec une certaine frustration tout de même bien que ma lecture fût agréable. 

La plume de l'auteur est très belle aussi pour raconter ce genre d'histoire, mais je l'avoue, j'ai une large préférence pour le polar et je fais référence à ma lecture de Le chuchoteur (thriller que j'avais adoré). Cette jolie plume nous donne l'impression d'être aux côtés de ce médecin de guerre qui écoute les aventures de cet homme prisonnier. 

Bien qu'il ne restera pas parmi mes préférés de l'auteur, dont j'ai beaucoup encore à découvrir d'ailleurs, 
il n'en reste pas moins que ce roman est une découverte agréable.



mardi 22 juillet 2025

Les filles de la chocolaterie

 





Tout débute par un mariage, Olga Torri devient l'épouse de Luigi Zaini, jeune veuf et père de deux enfants. Luigi est un homme rempli de bonté et il a un rêve : une chocolaterie milanaise. 

Cuves, mélangeurs, machines à refroidir, tables d'emballages, l'entreprise Zaini se construit et s'agrandit petit à petit. Une entreprise familiale où les ouvrières milanaises font très vite partie de la famille. Elles sont nombreuses à venir travailler à la chocolaterie, on les appelle les "tuse" en milanais, les "filles", qui avec leurs mains froides ne font pas fondre le chocolat. 

Mais lorsque Luigi meurt prématurément, juste avant la Seconde Guerre mondiale, Olga devient celle qui va devoir diriger l'entreprise. Elle fait preuve de courage avec la montée du fascisme, la guerre qui arrive, le rationnement, les bombes. 

Et elle va avoir besoin de ses ouvrières pour l'aider à garder tant bien que mal la chocolaterie. 
Connaissez-vous les chocolats Zaini ?

La famille Zaini est une famille partie de rien et avec Les filles de la chocolaterie on assiste à la saga du couple Zaini et de leurs ouvrières à l'origine du chocolat Zaini, à travers le XXe siècle.

Avec ce roman, on plonge dans l'Italie de 1924 jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et au-delà. Une Italie qui doit faire face à la montée du fascisme et à l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale. 

J'ai aimé découvrir cette famille Italienne et découvrir cette chocolaterie, ses débuts et les obstacles auxquels elle a du faire face au fil de l'eau. On ressent bien le côté historique milanais de l'entre-deux-guerres puis de la Seconde Guerre mondiale et la tourmente des Italiens dans leur quotidien. J'ai trouvé l'ambiance de cette époque assez bien travaillée d'ailleurs. 

Le parfum du chocolat est quant à lui enivrant et les personnages attachants. On sent qu'entre les patrons et les ouvrières de cette entreprise, il y a bien un esprit familial. L'autrice s'est inspirée de faits réels autour de cette famille Zaini.

Je dois dire également qu'il y a un "mais" à cette lecture. Car oui, j'y ai trouvé des longueurs où en somme il ne se passe pas forcément des événements importants. Malgré ce "mais" et malgré ce ressenti, cela n'a pas forcément gâché ma lecture car je me suis sentie bien au coeur de cette famille et de ses ouvrières autour. 

Au fil de l'eau, on assiste à des bouleversements politiques, parfois plus intimes au coeur des familles milanaises et des protagonistes de l'histoire. On constate aussi tous les sacrifices qu'Olga a fait pour faire durer le rêve de son défunt mari : la chocolaterie. Et les sacrifices des ouvrières qui ont été à ses côtés. 

Donc oui, des moments un peu vides durant cette lecture et je sais que certains n'ont pas été emballés par ce roman à cause de cela, mais pour ma part cela n'a rien gâché à ma lecture ni à cette jolie découverte autour de la famille Zaini, au courage de cette femme, Olga, et des filles de la chocolaterie. J'ai passé un agréable moment, et je ne peux que conseiller de se faire son propre avis. 

Une fresque familiale que j'ai aimé découvrir.




vendredi 11 juillet 2025

Les guerriers de l'hiver

 




Ils étaient hier simples fermiers, pères de famille, amis et maris. Aujourd'hui, ils devenaient tueurs de masse. 

Du 30 novembre 1939 ay 13 mars 1940 eu lieu la Guerre d'Hiver qui opposa la Finlande à l'URSS de Staline. Conflit qui a commencé lorsque Staline a lancé une attaque contre la Finlande pour renforcer ses frontières et récupérer des territoires. 

3 mois et 12 jours où Simo Häyhä, tireur d'élite finlandais, est devenu héros national pendant cette guerre. 

3 mois et 12 jours où le peuple acharné finlandais fait face à l'envahisseur soviétique et cela dans des conditions extrêmes avec peu de militaires et d'armes. Face à la Finlande, l'envahisseur soviétique est quant à lui doté d'un nombre impressionnant de militaires et d'armes bien plus modernes. 

3 mois et 12 jours de conditions extrêmes d'un point de vue climatique dans des territoires sauvages, un hiver rigoureux où même les cris des soldats sont volés directement de leur bouche par le blizzard hurlant.

Immense coup de coeur pour ce roman. 

Que récit haletant et passionnant se déroulant du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940.

Il met en avant la 6ème division et plus particulièrement un tireur d'élite, Simo Häyhä, simple garçon de ferme d'1m52, mais capable d'effectuer des prouesses dans le tir, capable de toucher sa cible sans même la voir. 

Olivier Norek a magnifiquement utilisé les mots pour nous donner l'impression d'y être, il s'est extrêmement bien documenté grâce à des témoignages et documents. 

Des hommes qui n'avaient rien demandé, simples fermiers, se retrouvent à combattre face à une puissance inégalable qu'est l'URSS de Staline et ses militaires entraînés et dotés d'armes modernes. Simples fermiers finlandais obligés de combattre pour sauver leurs terres que Staline veut récupérer.  Mais comment comparer la Finlande aux terres beaucoup moins peuplées face à la Russie qui s'est modernisée en armement et qui a enrôlé des milliers de soldats ?!

La plume de l'auteur est incroyable. Immersion totale dans ces forêts nordiques aux conditions extrêmes. Au cours de ma lecture, j'entendais les déflagrations mais aussi le blizzard hurlant mordant les hommes au combat. C'est impressionnant que, grâce à la justesse des mots de l'auteur, on puisse si bien visualiser, entendre, ressentir, les conditions climatiques, les sons, le froid, etc. 

Olivier Norek restitue aussi parfaitement la résolution de ces guerriers finlandais. On ressent les émotions. Et c'est cette résolution, impressionnante, déchirante, éloquente, que met en avant Olivier Norek. 

Il restitue parfaitement la violence des combats dans ces conditions extrêmes nordiques. 

Pour bien se rendre compte de cette sensation d'y être pendant notre lecture, il est à noter que la plupart des dialogues proviennent d'archives ou ont été transmis par des passionnés, militaires et historiens. Aucun fait d'armes n'a été inventé, aucun acte de bravoure n'a été exagéré. 

Je n'avais jamais entendu parler de cette guerre, et je ne peux que vous conseiller ce roman historique passionnant et bouleversant, parfaitement écrit. 

Je ne peux exprimer toutes les sensations et émotions bouleversantes qui m'ont traversées à la lecture de roman. 

Une histoire vraie et des hommes qu'il faut découvrir, connaître. 

Pour conclure, je dis merci à l'auteur d'avoir écrit ce roman.

Il ne vous quittera pas de sitôt et aucun des personnages ne vous quittera non plus, une fois le livre refermé.