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mardi 22 juillet 2025

Les filles de la chocolaterie

 





Tout débute par un mariage, Olga Torri devient l'épouse de Luigi Zaini, jeune veuf et père de deux enfants. Luigi est un homme rempli de bonté et il a un rêve : une chocolaterie milanaise. 

Cuves, mélangeurs, machines à refroidir, tables d'emballages, l'entreprise Zaini se construit et s'agrandit petit à petit. Une entreprise familiale où les ouvrières milanaises font très vite partie de la famille. Elles sont nombreuses à venir travailler à la chocolaterie, on les appelle les "tuse" en milanais, les "filles", qui avec leurs mains froides ne font pas fondre le chocolat. 

Mais lorsque Luigi meurt prématurément, juste avant la Seconde Guerre mondiale, Olga devient celle qui va devoir diriger l'entreprise. Elle fait preuve de courage avec la montée du fascisme, la guerre qui arrive, le rationnement, les bombes. 

Et elle va avoir besoin de ses ouvrières pour l'aider à garder tant bien que mal la chocolaterie. 
Connaissez-vous les chocolats Zaini ?

La famille Zaini est une famille partie de rien et avec Les filles de la chocolaterie on assiste à la saga du couple Zaini et de leurs ouvrières à l'origine du chocolat Zaini, à travers le XXe siècle.

Avec ce roman, on plonge dans l'Italie de 1924 jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et au-delà. Une Italie qui doit faire face à la montée du fascisme et à l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale. 

J'ai aimé découvrir cette famille Italienne et découvrir cette chocolaterie, ses débuts et les obstacles auxquels elle a du faire face au fil de l'eau. On ressent bien le côté historique milanais de l'entre-deux-guerres puis de la Seconde Guerre mondiale et la tourmente des Italiens dans leur quotidien. J'ai trouvé l'ambiance de cette époque assez bien travaillée d'ailleurs. 

Le parfum du chocolat est quant à lui enivrant et les personnages attachants. On sent qu'entre les patrons et les ouvrières de cette entreprise, il y a bien un esprit familial. L'autrice s'est inspirée de faits réels autour de cette famille Zaini.

Je dois dire également qu'il y a un "mais" à cette lecture. Car oui, j'y ai trouvé des longueurs où en somme il ne se passe pas forcément des événements importants. Malgré ce "mais" et malgré ce ressenti, cela n'a pas forcément gâché ma lecture car je me suis sentie bien au coeur de cette famille et de ses ouvrières autour. 

Au fil de l'eau, on assiste à des bouleversements politiques, parfois plus intimes au coeur des familles milanaises et des protagonistes de l'histoire. On constate aussi tous les sacrifices qu'Olga a fait pour faire durer le rêve de son défunt mari : la chocolaterie. Et les sacrifices des ouvrières qui ont été à ses côtés. 

Donc oui, des moments un peu vides durant cette lecture et je sais que certains n'ont pas été emballés par ce roman à cause de cela, mais pour ma part cela n'a rien gâché à ma lecture ni à cette jolie découverte autour de la famille Zaini, au courage de cette femme, Olga, et des filles de la chocolaterie. J'ai passé un agréable moment, et je ne peux que conseiller de se faire son propre avis. 

Une fresque familiale que j'ai aimé découvrir.




lundi 3 avril 2023

Pachinko

 




Début le début des années 1930, dans un petit village coréen. Sunja vit avec sa mère dans la pension qu'elle tient. Sunja fût la fille adorée d'un pêcheur au physique atypique. Hoonie avait des difformités, un nez enflé, une lèvre fendue, u pied estropié. Hoonie avait d'ailleurs peur à la naissance de Sunja qu'elle ne lui ressemble. Il lui a donné tout l'amour possible, Hoonie est mort lorsque Sunja avait 13 ans. Sa mère Yangjin était quant à elle devenue veuve à 37 ans et devait désormais se débrouiller comme elle pouvait pour vivre et faire vivre sa fille. A la pension, Suja aidait sa mère dans les tâches à effectuer. 

vendredi 16 septembre 2022

La librairie de la seconde chance

 


Synopsis

Thea Mottram vient de se faire licencier sans préavis. Et, comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, son mari infidèle la quitte pour l'une de ses amies après vingt ans de vie commune. Le jour où elle déménage, ce dernier lui tend une lettre reçue récemment : Thea est la seule héritière d'un grand-oncle, qui lui lègue une maison en Ecosse ainsi qu'une importante collection de livres anciens.
Soudain, prendre le large dans une petite ville côtière où personne ne la connaît semble être la meilleure des idées ! A Baldochrie, elle découvre un adorable cottage et une communauté accueillante... si l'on fait abstraction d'Edward, son voisin acariâtre, qui se trouve aussi être le libraire du coin. Déterminée à l'amadouer pour qu'il l'aide à se débarrasser de ses vieux ouvrages, elle lui prête main-forte pour un temps à la librairie.
Simple parenthèse ou début d'un nouveau chapitre ? Pour trancher, Thea devra percer les secrets du bouquiniste.
Thea accumule tout. Nous sommes à la St-Valentin et cela fait 12 jours qu'elle vient de perdre son boulot, licenciée et jetée hors de son bureau sans préavis, et 10 jours que son mari l'a quittée après 20 ans de vie commune. En plus de ça, elle a appris qu'il la quittait pour vivre avec la meilleure amie de Thea. 

Depuis, Thea a dû quitter le domicile conjugal gardé par son mari et où allait vivre sa meilleure amie qui désormais occupait ni plus ni mois la place de Thea. 

Thea ne sait plus quoi faire et est complètement dépitée. Mais lors du déménagement, elle reçoit un courrier d'un notaire lui stipulant qu'elle devenait l'héritière de son grand-oncle décédé en Ecosse. Un grand-oncle qu'elle n'a que très peu connu. Il lui lègue sa propriété en Ecosse ainsi qu'une importante collection de livres anciens. 

Thea n'a rien à perdre, elle décide alors de partir pour l'Ecosse. Prendre l'air pendant quelques semaines lui fera le plus grand bien ainsi que de s'éloigner de son quotidien sans attrait. Une petite ville côtière où personne ne la connaît semble être parfait. Arrivée sur place, après avoir pris contact avec le notaire, Thea découvre une maison pittoresque et en tombe amoureuse. Un cottage typique écossais avec un joli parc. Elle rencontre également les habitants de Baldochrie, tous très charmants envers elle. Tous, sauf Edward Maltravers qui tient la librairie de Baldochrie et qui était également un ami du grand-oncle de Thea. Il est également le frère du nouveau voisin de Thea, Charles Maltravers. 

Edward et Charles ne se parlent plus depuis longtemps. Thea n'a aucune idée de la raison qui en découle. 

La rencontre avec l'un ou avec l'autre est en tout cas des plus particulières. 

Mais Thea le sait, il va falloir qu'elle brise la glace avec Edward, cet homme totalement ronchon et bourru, car elle va avoir besoin de ses qualités de libraire spécialisé pour vendre la collection de livres anciens de son grand-oncle. Et elle va devoir redoubler de patience avec lui...

Elle décide alors de lui porter main forte à la librairie après avoir vu une petite annonce sur la porte mais là non plus ça n'est pas gagné pour qu'elle soit engagée, car Edward ne supporte pas de travailler avec une femme. 

Mais pour parvenir à son but, Thea va devoir amadouer Edward, et comprendre aussi ses secrets cachés vis à vis de son frère. 

Du feel-good.

Un feel-good agréable à lire surtout lorsqu'on est, comme quoi, amoureuse des livres. L'histoire se déroule en effet principalement au sein d'une libraire tout à fait charmante et il est très agréable d'y fureter parmi les livres anciens ou neufs. Côté toile de fond, on est du coup bien parti, surtout que le décor planté se trouve en Ecosse où l'on découvre également un charmant cottage bien que j'aurai aimé que plus de scènes s'y déroulent également. J'ai aimé l'ambiance de ce petit village écossais où l'ensemble des habitants est très accueillants, cela apporte un côté chaleureux et réconfortant à l'histoire.

L'histoire en elle-même est quant à elle légère, agréable à lire, mais je dois dire qu'il m'a manqué une petite flamme pour être totalement embarquée dans ce feel-good. La petite flamme dont je parle est plutôt en rapport avec les personnages et certains dialogues. 

Oui, du côté des personnages, autant j'ai réussi à m'attacher à Théa, autant j'ai beaucoup moins accroché avec Edward. Tous les deux ont la quarantaine. Le personnage d'Edward est par contre vraiment maussade.... et l'on a du mal à comprendre Théa qui se découvre un attachement plus qu'amical au contact de cet homme. L'homme est bourru, pas très accueillant, a des idées bien arrêtées et je n'ai pas réussi à apprivoiser le personnage. 
Thea quant à elle, est une femme agréable et on sent son enthousiasme dans ce qu'elle fait, dans ce métier de libraire qu'elle apprend. Elle y met du sien, et a un caractère optimiste. 
Du côté des personnages secondaires, j'ai apprécié l'ensemble de ces personnages. Il y a beaucoup de chaleur qui s'en dégage. Ils offrent un accueil chaleureux à Thea, cette nouvelle venue, elle n'est jamais laissée seule de son côté et on ne pose pas de questions non plus sur elle. 

Côté dialogues, je suis un peu déstabilisée après ma lecture car je les ai trouvés inadéquates vis à vis de l'âge des personnages. Vous l'aurez compris, et je ne spoile rien ici en parlant de romance dans ce roman, les dialogues concernant la romance ne collent absolument pas avec des personnages ayant la quarantaine. On a la sensation qu'il s'agit d'un premier amour, une première rencontre d'adolescent. Je l'ai perçu comme ça en tout cas et j'avais l'impression que les personnages n'étaient alors pas âgés de la quarantaine... 

J'ai trouvé dommage également qu'au sein d'une librairie pour décor du roman, on ne fasse mention que très rarement de littérature. Pour exemple, on ne notifie pas les titres de romans lus ou mis en avant au cours de l'histoire, on parle juste d'un livre ou un autre tout en restant bref... un livre n'est cité par son titre par exemple.

Les messages que Jackie Fraser transmet au coeur du feel-good sont intéressants, peuvent amener à réflexion.

Cette petite ville d'Ecosse m'a quant à elle beaucoup plu. L'Ecosse me plaît de plus en plus d'ailleurs. ^^

En bref, un feel-good détente agréable à lire 
même s'il m'a manqué un petit quelque chose notamment du côté des personnages et des dialogues.




Merci aux Editions HarperCollins pour cette lecture.


lundi 14 décembre 2020

Ainsi meurent les étoiles

 


Synopsis

À l’âge de 18  ans, Alexandra, ancienne danseuse classique, a assassiné sa mère sans jamais avoir expliqué son geste. Quinze ans plus tard, après avoir purgé sa peine de prison, elle revient dans son village natal, en Alsace. Une réapparition qui n’est pas sans conséquence.
David, son petit-ami de l’époque, a refait sa vie ; Isabelle, sa sœur,  ne lui a jamais pardonné ; et Héléna, sa nièce, ignorait jusqu’à sa simple existence. Si certains préfèrent oublier les fantômes du passé, d’autres refont l’enquête ou réclament justice.
Que signifie le retour d’Alexandra ? A-t-elle quelque chose à attendre… ou un ultime acte à accomplir ? Autant de questions dont elle seule détient les réponses...


Alexandra sort de prison, après avoir purgé une peine de 15 ans. Lors du jugement, la peine requise était 30 ans de prison. Qu'elle n'est pas la surprise d'Isabelle, de voir alors débarquer chez elle, Alexandra avec une scène inimaginable se jouant devant ses yeux...Celle de sa  fille Héléna, discutant dans son propre salon avec sa soeur Alexandra qu'elle croyait encore en prison. 

Lorsqu'Héléna raconte la scène à sa meilleure amie Charline de la découverte d'une tante tout droit sortie de prison, toutes deux pensent que tout ça est une histoire de fou et que jamais elles n'auraient cru que cela pourrait arriver dans la famille d'Héléna. 

Héléna, ado, n'a jamais eu connaissance de l'existence de sa tante Alexandra. Lorsque celle-ci a été emprisonnée il y a 15 ans, Héléna n'était encore qu'un bébé. Ses parents ne lui ont jamais fait part qu'elle avait une tante en prison. A sa connaissance, elle n'avait qu'une tante, Audrey, qui vit en Angleterre. 

Personne ne veut parler de cette tante inconnue pour Héléna, ni sa mère qui perd totalement les pédales lorsque l'on parle d'Alexandra, ni son père qui veut protéger sa femme. 
Son jeune frère, Aloys, est lui aussi tout autant surpris mais sa jeunesse le fait rester dans son petit monde.

Héléna quant à elle, est bien décidée à en savoir plus sur cette tante passionnée de danse comme elle. Alexandra a même été danseuse classique professionnelle. Elle a donc décidé de s'associer à Charline pour en savoir plus sur l'histoire. Et la première chose qu'elle va découvrir, c'est que sa tante Alexandra a tué sa propre mère, la grand-mère d'Héléna. Mais pourquoi ? Héléna est décidée à en savoir plus. 

Isabelle, elle, doit prendre les mesures nécessaires pour protéger sa famille, pour protéger sa fille qu'elle sent s'éloigner d'elle et surtout qu'elle sent trop intéressée par Alexandra. 
Alexandra doit partir, et c'est son rôle de s'en assurer. Jamais elle n'aurait penser qu'elle sortirait de prison avant d'avoir purger sa peine de 30 ans. 

Alexandra, tout juste sortie de prison, n'a plus rien. Ni toit, ni travail, ni argent, ni entourage familial, ni ami. Elle est donc revenu dans sa ville natale, n'ayant que la maison familiale pour lui prodiguer un toit. Une maison laissée à l'abandon depuis la mort de leur père peu de temps après leur mère. Sans un sou en poche, elle ne voit pas comment faire autrement. La loi fait qu'elle a dû renoncer à son héritage, et elle doit même de l'argent à ses 2 soeurs pour les "dommages". 

Jamais elle n'a voulu avouer pourquoi elle avait tué leur mère. Elle avait pointé un C96 sur leur mère. Mais personne n'a jamais su pourquoi Alexandra avait fait ça. Même devant les juges et jurés, elle n'a jamais voulu avouer pourquoi elle avait tué sa mère. La seule chose qu'elle répétait était "Elle le méritait".  A ce jour, Alexandra n'a jamais rien révélé.

La vindicte populaire se mêle du retour d'Alexandra qui voit d'un mauvais œil ce retour dans leur village. Une tueuse !! Rapidement, des protestataires se retrouvent chaque jour devant la maison familiale où est venue s'installer Alexandra. Une pétition lancée par des parents d'élèves ne tarde pas non plus à pointer le nez. Des parents qui ne veulent pas d'une criminelle dans leur commune. 

Et quelle n'est pas la surprise de David, de découvrir les fenêtres de la maison familiale d'Alexandra ouvertes. David et Alexandra formaient un couple il y a 15 ans. Adolescents amoureux, un couple très lié et amoureux. Mais lorsqu'Alexandra a été arrêtée, tout s'est cassé. David n'a jamais eu accès à un parloir pour venir voir Alexandra. Toutes ses demandes ont toujours été refusées. L'amour de sa vie....
Mais depuis 15 ans, David a refait sa vie. Il est marié et père. Il travaille dans un établissement scolaire et il a sa petite routine habituelle et vit sereinement.

Intrigué par ces fenêtres ouvertes, il prend un jour la décision de s'arrêter. Lorsqu'il tombe nez à nez avec Alexandra... les émotions le prennent par surprise. Des émotions qui ne vont pas le quitter les jours passant. Alexandra est une part de son jardin secret qu'il ne pourrait jamais révéler à sa femme sans se trahir : Alexandra resterait l'amour de sa vie.

Isabelle devient de plus en plus instable sachant sa sœur dans les parages. Elle entend même la voix de leur mère lui parler. Ses réactions sont bizarres. Elle se sent traquée et elle inquiète tous les autres membres de la famille.

Isabelle, comme tous les autres, se pose la question du pourquoi du retour d'Alexandra ?
La peur d'Isabelle c'est qu'Alexandra est un acte ultime à accomplir... 
Pour David, tant de questions aussi concernant son amour de toujours. 
Fait-il bien de réveiller le passé  ?
Pour Héléna, le simple fait que sa mère lui ai caché l'existence de sa tante est une source de mystères et elle est bien décidée à lever les zones d'ombres concernant sa famille. 
Alexandra, elle, détient les réponses cachées depuis bien trop longtemps.
Une intrigue dense.

Ainsi meurent les étoiles est un très bon thriller psychologique familial. Je ne connaissais pas du tout Marie Battinger, et ce roman a reçu le pris Coup de coeur des lectrices 2019 du Grand Prix Femme Actuelle ainsi que le prix du Premier Roman du Festival Sans Nom.

Ce drame familial dans un petit village d'Alsace va vous tenir en haleine du début à la fin et vous faire passer par une multitude d'émotions diverses. Une intrigue bien menée avec des personnages profonds et d'un grand réalisme. J'ai tout de suite été happée par l'histoire, par ce drame familial qui pourrait se jouer à côté de chez vous. 

Au fil de la lecture, on cherche à comprendre pourquoi Alexandra à tuer sa mère. Nous n'aurons les révélations qu'en fin de lecture. On en vient donc à des questionnements divers tout au long du roman. Elle a tué, on ne s'est pas encore pourquoi, mais en même temps on se prend d'attache pour cette femme. Beaucoup de mystères l'entoure. Et on souhaite les découvrir pour mieux la comprendre. 
On se prend d'attache également pour le personnage d'Héléna, cette ado qui découvre l'existence d'un membre de sa famille mais aussi que cette même famille est liée par un secret. Une ado qui souhaite en savoir plus comme une quête de soi pour avancer vers sa vie d'adulte. Une ado qui vit également sa vie d'ado avec des hauts et des bas aux côtés de sa copine Charline.
Et puis je me suis prise d'attache pour le personnage de David, tiraillé entre l'amour de sa vie il y a 15 ans et toutes les questions qu'il se pose la concernant. Pourquoi n'a t-elle jamais voulu de lui pour l'épauler dans cette épreuve, pourquoi n'a t-elle jamais voulu le voir au parloir ? Un homme resté sans réponse à ses nombreuses questions depuis 15 ans mais qui a dû pourtant avancer pour se reconstruire. Tant de choses qui refont surface d'un coup. Un homme tiraillé entre l'amour de sa vie mais aussi entre sa famille actuelle, marié et père de 2 enfants. On comprend ses émotions, et on comprend que sa vie s'est elle aussi mise en stand-bye pendant 15 ans en quelque sorte. Que doit-il faire désormais ? 

Des personnages extrêmement bien travaillés, très profonds, très humains. 

Beaucoup de thèmes abordés dans ce thriller psychologique, dont certains ne peuvent être ici révélés pour ne rien spoiler à l'histoire. Mais je peux en égrainer certains comme la reconstruction, la quête de soi, ou encore comment subvenir à ses besoins lorsque l'on n'a plus rien du tout (ni argent, ni toit, ni famille, ni amis, ni soutien), lorsque tout le monde à tourner le dos sans réellement savoir le pourquoi du comment. L'auteure aborde également la rumeur, le quand dira-ton des petits villages. Ceux qui peuvent faire beaucoup de mal, sans savoir non plus le pourquoi du comment. 
Parmi les thèmes également, il y a les secrets de famille, ceux révélés au bout de nombreuses années, ceux qui peuvent avoir un impact sur le reste de la vie. 
Thème fort également abordé est lorsque ta vie s'est arrêtée pendant un nombre d'années et que celles des autres a continué...comment faire face à une nouvelle vie sans toi, sans ta propre existence.
Lorsque l'on découvre alors les raison qui ont poussé Alexandra a tué sa mère, l'émotion sera alors encore plus tenace et là aussi Marie Battinger aborde un thème extrêmement fort. 

Ici les rancœurs, la haine, on en fin de compte pris de l'ampleur et elles ont mijotés pendant les 15 années de prison d'Alexandra notamment pour Isabelle. 

L'intrigue est parfaite et il est difficile de reposer sa lecture. La fin me laisse encore avec quelques questions pourtant, et c'est mon seul regret sur cette lecture. 

Le roman est bien découpé avec une chronologie détaillée aux jours de la semaine. Cela apporte du rythme et un côté haletant. Outre le côté chronologique, les chapitres sont également découpés en fonction d'un des personnages, là aussi cela apporte beaucoup à la lecture avec le ressenti de chacun. Et vous aurez quelques surprises d'ailleurs à ce sujet, un très bon choix, mais je ne souhaite pas en dire plus à ce sujet non plus car cela me semble un élément à découvrir à la lecture.

L'écriture est belle, pleine d'émotions, sensible. Pas de sanguinolent ici, tout est dans la psychologie et c'est très bien écrit. Le récit mêle chacun des membres de la famille, leurs peurs, leurs doutes, leurs ressentis, leurs émotions. C'est palpable et écrit avec beaucoup d'humanité. 

Les décors apportent une touche supplémentaire à ce drame, un petit village Alsacien entre l'automne et l'hiver... là aussi un choix judicieux qui peut tout changer à l'histoire. 

Un premier roman superbement écrit. Je vais en tout cas suivre les prochaines publications de Marie Battinger.

Vous l'aurez compris, une magnifique découverte. 
Un roman riche en émotions et une très belle écriture d'une grande sensibilité.




Merci aux Editions HarperCollins France pour cette lecture

mercredi 14 octobre 2020

Maintenant que tu le dis

 


Synopsis

Nora Stuart, jeune gastro-entérologue, saute le pas et décide de revenir à Scupper Island, son île natale qu'elle avait soigneusement évitée depuis 15 ans. Elle espérait que les habitants de l'île lui auraient pardonné tout ce qu'ils lui reprochaient au lycée, mais c'est raté. Quant à l'accueil de sa m ère et de sa nièce, il est tout aussi froid. 
Pourtant, avec son optimisme et sa détermination sans faille, Nora est prête à tout pour ressouder sa famille et passer un bon été sur cette île qui n'oublie jamais rien. 

"Première pensée qui lui vient à l'esprit après sa mort, c'est : 
Comment le chien va-t-il supporter ça ?
La deuxième : J'espère que j'aura quand même droit à un cercueil ouvert.
La troisième : J'ai rien à me mettre pour mon enterrement. 
La quatrième, Maintenant, je ne rencontrerai jamais Daniel Radcliffe.
La cinquième : Est-ce que Bobby vient de me larguer ? "

Si on remonte quelques heures en arrière, nous faisons la connaissance de Nora Stuart, jeune gastro-entérologue au Boston City Hospital. Bobby, lui, est urgentiste dans le même hôpital et c'est le compagnon de Nora. 

Et s'il vient à l'esprit de Nora toutes ces questions existentielles, c'est qu'elle vient de se faire renverser par une camionnette d'extermination de nuisibles et qu'elle se retrouve à la place du patient et non plus du médecin... 
L'impression d'être au paradis, tout en continuant d'entendre parler autour d'elle...
Notamment percevoir la voix de Bobby qui, alors que Nora est évanouie, drague ni plus ni moins une jeune collègue. 

Bref, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase !!

Lorsqu'elle se réveille, car oui, heureusement pour elle, elle n'est pas arrivée jusqu'aux portes du paradis, Nora est immobilisée avec un bras et une jambe dans le plâtre. 

Une semaine après cet événement, elle se décide à prendre un congé de plusieurs mois pour rentrer à Scupper Island. 

Scupper Island est l'île qui l'a vue naître et où sa mère réside encore. Dans les intentions de Nora il y a aussi faire la paix avec sa mère et passer du temps avec sa nièce, Poe, aujourd'hui adolescente. 

Nora réalise qu'elle a failli mourir avec cet accident et se donne le droit à une seconde chance.

Pourquoi une seconde chance ? Nora n'a en fait pas remis les pieds sur Scutter Island depuis 15 ans, lorsqu'elle a quitté le lycée pour l'université. Elle sait que son retour ne sera pas forcément bien accepté par tout le monde.

A l'époque du lycée, Nora ne faisait pas partie des groupes leaders. C'était pour elle plutôt l'inverse, elle se trouvait être la risée de tous. Personne ne venait à son aide lorsqu'on la traitait de tous les noms. Adolescente, Nora avait des problèmes d'addiction à la nourriture liés au départ de son père un beau jour sans aucun mot ni aucune nouvelle. Un père adoré par Nora et sa soeur. Adolescente, Nora compensait donc ce départ par de la nourriture et s'est rapidement retrouvée en surpoids. Appréciée de personne, tous l'accusait aussi d'avoir voler la couronne au prince, le leader male de l'époque, Luke Fletcher. 

15 années sont passées sans qu'elle ne souhaite revenir sur l'île, et aujourd'hui tant de souvenirs lui remontent à la mémoire. Rien n'a changé, elle a l'impression de n'être partie qu'hier. 

Son retour en étonne plus d'un, d'autant plus qu'aujourd'hui le physique de Nora a bien changé. Nora est devenue une jeune femme très séduisante, et elle a réussi dans sa vie puisqu'elle est devenue médecin. 

En convalescence sur l'île, Nora est bien décidée à s'octroyer une seconde chance mais certains insulaires ne lui ont toujours pas pardonné ce qu'on lui reprochait déjà à l'époque du lycée. 
Nora souhaite aussi découvrir ce qui s'était passé entre ses parents à l'époque, et où était son père. S'il était encore en vie. 

Elle a du pain sur la planche, mais Nora garde son optimisme et ça n'est ni sa rupture avec Bobby, ni le Sale Truc qui s'est produit il y a quelques mois et dont elle doit refaire surface depuis, ni les insulaires qui lui en veulent toujours, ni la hargne de Luke Fletcher qui vont la déstabiliser. Nora est bien décidée à ressouder sa famille, et passer un bel été en convalescence. 

Une histoire pleine de sincérité !

Kristan Higgins est une auteure que j'aime beaucoup, avec déjà quelques lectures de ses romans à mon compteur. J'aime son écriture mais aussi la facilité qu'elle a d'écrire des histoires familiales, d'amitié, qui soient également des feel-good, et cela toujours avec des thèmes forts abordés dans ces romans. 

Cela faisait longtemps que je n'en avais pas lu, et quel plaisir de lire à nouveau un roman de sa plume. J'ai trouvé là aussi une très belles histoire pleine de sincérité, avec des personnages bien travaillés et avec du vécu. 

A la lecture, on a qu'une hâte : celle de découvrir l'évolution des personnages. L'intrigue est très bien menée avec notamment cette histoire de "Sale Truc" que l'héroïne parle depuis le début du roman, un "Sale Truc" qui lui est arrivé il a quelques mois et qu'elle doit surmonter. L'auteure joue avec le lecteur car on ne sait pas de quoi il s'agit. On va le découvrir à un certain moment de la lecture, lorsque Nora arrive enfin à en parler. Et on se dit...waou... l'auteure a su jouer avec nous sur un fait important de la vie de l'héroïne. Elle aborde un thème fort, émouvant, sur la vie de cette femme qui a subi un événement traumatisant. Mais je ne vous en dirai pas plus car il s'agit là d'un élément déterminant du roman. 

Une intrigue qui est donc très bien menée, avec également ce fameux retour sur l'île natale de l'héroïne qui a vécu un départ un peu brutal il y a 15 ans et qui n'a plus jamais remis les pieds sur les lieux qui ont marqué son enfance. On a donc hâte de savoir si ce retour aux sources lui sera bénéfique ou bien au contraire...fatal. 

D'autres intrigues viennent alimenter l'histoire, notamment avec la disparition du père de Nora dont elle n'a jamais eu aucunes nouvelles. Et d'autres événements vis à vis de sa nièce et d'autres personnages du roman. Mais là aussi, je ne peux rien vous dévoiler. Il est difficile d'ailleurs d'en extraire un résumé car il s'y passe beaucoup de faits marquants dont il est nécessaire de ne rien dévoiler pour ne rien spoiler du roman. 

Les personnages sont très attachants. Bien sûr le personnage principal, Nora, est attachant de par sa ténacité, son éternel optimisme malgré ce qu'elle a vécu dans le passé. On vit avec elle toutes les questions et remises en questions qu'elle se pose vis à vis d'elle et on a simplement envie de la soutenir dans tous les efforts qu'elle met en oeuvre pour recoller les morceaux avec sa famille mais aussi avec les insulaires qui lui ont jeté la pierre sans savoir réellement le pourquoi du comment. 

La distribution des autres personnages est, elle aussi, parfaite. Tous très bien travaillés, profonds. J'ai beaucoup aimé le personnage de Xiowen, personnage drôle mais je ne dirai rien de plus. On s'attache facilement également au personnage de Poe, la nièce de Nora. Son mal être nous atteint, et on ne peut qu'être ému.

Les relations entre tous les personnages sont vraiment bien mises en place par Kristan Higgins, elle donne vraiment vie à l'île et donne l'impression d'y être.

L'auteure fait passer des messages forts avec l'amour, l'amitié, le pardon, les non-dits, les jugements, les ragots, les méchancetés d'adolescents qui peuvent faire beaucoup de mal et qui peuvent perdurer par la suite. Elle met également en avant les problèmes alimentaires, problèmes de surpoids, la maladie, la prison, et tant d'autres encore.

Ce roman regorge de vie et d'actions. On ne s'ennuie pas un seul instant et on a vraiment la sensation de vivre parmi tous ces citoyens de Scupper Island. On ressent de l'espoir également tout au long du roman et ça fait un bien fou.

L'écriture est simple et facile à lire, le style très agréable avec des flash-backs pour comprendre le passé de Nora et de ses proches et comprendre ainsi le pourquoi du comment de l'instant T. Des souvenirs d'enfance, des souvenirs marquants partagés avec le lecteur pour bien comprendre la vie actuelle de Nora, ses proches, mais aussi la vie des insulaires.
Ces flash-backs sont bien mis en place, et vous ne vous sentirez pas perdu un seul instant. On a une narration à la 1ère personne et on s'immisce donc dans les pensées de Nora ce qui apporte beaucoup à la lecture.

Terminons par les décors magnifiques de cette île, les ressacs, les grottes, la vie marine, les petits commerces d'une petite île, le ferry pour passer de l'île à la terre ferme. Bref, les décors sont très bien décrits et on visualise du coup facilement cette petite île de Scupper Island.

Vous l'aurez compris, un vrai bonheur de lire un roman de Kristan Higgins. 
Un roman aux messages forts, émouvants, mais qui garde toujours beaucoup d'optimisme et d'amour. 


Merci aux Editions HarperCollins France pour cette lecture.

lundi 31 août 2020

Loveday & Ryder - Tome 2 : Un pique-nique presque parfait

 



Attention, c'est un Tome 2


Synospis

Été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow. Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête. Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le Dr Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College. Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ? Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Spoiler
Attention, c'est un Tome 2


Université d'Oxford, 1960. Nous sommes à la fin de l'année scolaire et celle-ci doit être célébrée sur les berges d'une rivière, fête organisée par les étudiants de St Bede's College. Le soleil brille, les étudiants virevoltent sur les berges de la rivière. La fête se poursuit sur des barques. 

Mais en ce jour où tout le monde devrait faire la fête, un drame frappe la vie universitaire du Campus d'Oxford. Un corps flottant est retrouvé dans l'eau de la rivière. 

Quelques jours plus tard, le coroner de la ville d'Oxford, le Dr Clement Ryder, siège dans son tribunal, écoutant les progrès de l'enquête sur la mort du jeune homme retrouvé, Derek Chadworth, 21 ans. 

Pour Clement Ryder, 57 ans, ce travail de coroner est une seconde carrière. Une reconversion forcée qu'il n'aimait pas ressasser ! Devant le jury, devant les témoins appelés à la barre dans cette enquête, Ryder écoute et surtout observe. Chaque universitaire présent à la fête est appelé à la barre, et pour chacun d'entre eux la même réponse : personne n'a rien vu. La victime serait morte de noyade... Par ailleurs, l'eau retrouvée dans ses poumons présentait les mêmes caractéristiques qu'un échantillon prélevé dans la rivière. 

Mais certains témoins accaparent l'attention de Ryder... De prime abord tout semblait simple, mais il en fallait plus à Ryder avant de clôturer définitivement cette enquête. C'est pourquoi, après avoir délibéré avec son jury, celui-ci opte pour un verdict non concluant. Ce verdict permet alors de poursuivre une enquête. 

Pour mener à bien l'enquête, il a besoin d'un agent de police à disposition et Clement Ryder n'hésite pas à faire la demande auprès du Capitaine de Police d'Oxford pour avoir à ses côtés Trudy Loveday, stagiaire. 

Trudy est radieuse à cette nouvelle. La dernière fois que le coroner était venu au commissariat pour demander l'appui d'un policier dans une enquête, le capitaine lui avait assigné Trudy. Et à eux deux, ils avaient réussi à démasquer un assassin. Bien sûr, peu de chances que leur exploit se reproduise, mais n'empêche, Trudy est ravie d'être associée à cette nouvelle enquête aux cotés du Dr Ryder. A presque 20 ans, Trudy est une jeune femme intelligente, qui a vite compris que le Capitaine Jennings voyait d'un mauvais oeil le fait qu'on ait assigné une des rares femmes agent de police dans son commissariat... Trudy s'était vite résignée à se coltiner les corvées dont personne ne voulait se charger à se faire la plus discrète possible. S'était sans compter les demandes du Dr Ryder de l'avoir à ses côtés pour ses enquêtes. 

Ryder, lui, a bien ciblé la jeune Loveday durant leur première enquête. Il a appris à respecter l'intelligence et le culot de cette jeune femme. Bien sûr, elle était débutante, mais si on la guidait, elle pourrait développer tout son potentiel, Ryder en était sûr. De plus, il avait perçu chez cette jeune femme, beaucoup d'ambition. 

L'affaire actuelle s'avère vite pour Loveday & Ryder qu'elle ne sera pas facile car tous les témoins refusent de répondre ou de donner une réponse claire. De nouvelles pistes viennent alimenter leur enquête et les renvoient dans une nouvelle direction. Les réponses des jeunes universitaires paraissent bien mystérieuses. Le Dr Ryder va vite avoir besoin de Loveday, afin qu'elle se fasse passer pour une étudiante. Mais une chose est sûre, quelque chose de louche se trame autour de l'étudiant le plus populaire de l'université...
De l'humour et du suspense pour ce cozy mystery !

J'avais adoré le tome 1 de cette nouvelle série axée sur le genre cozy mystery. J'avais tout d'abord beaucoup apprécié l'époque, les années 60, et le fait que les deux personnages principaux sont assez atypiques et qu'ils forment du coup un très joli duo. 

J'ai retrouvé la même ambiance que dans le tome 1, celle que j'avais aimée. Ambiance années 60, les techniques de la police ne sont donc pas les mêmes qu'à l'heure actuelle. Et puis, on y retrouve cette jeune femme, stagiaire de la police, elle fait partie des toutes premières femmes à être entrées dans la police d'Oxford. Et cette ambiance autour de ce thème est vraiment bien fait car Faith Martin arrive parfaitement à nous faire comprendre les difficultés pour une femme, et surtout une jeune femme de 20 ans, de s'imposer dans ce milieu d'hommes. La venue d'une femme dans la police n'est pas forcément la bienvenue à cette époque, et on ressent bien cela à travers les mots de l'auteure. 

On s'attache fortement aux personnages principaux de cette série. Loveday est une jeune femme brillante, ambitieuse. Bien sûr, elle débute sa carrière et fait des erreurs et on la soutient donc lorsque, parfois, elle va droit dans le mur. Ses péripéties en deviennent alors drôles. Elle a encore à apprendre, le Dr Ryder l'a bien compris mais il a bien compris aussi que cette jeune femme est intelligente. On sent qu'il veut lui faire découvrir tout le potentiel qu'elle a déjà en elle, on sent qu'il veut lui apprendre également beaucoup de choses. L’expérience de Ryder et la jeunesse et l'ambition de Loveday forment alors un très beau duo. 
Le personnage de Ryder est très intéressant à suivre également, je ne peux trop en révéler à son sujet de peur de spoiler quelques notions le concernant et qui, pour moi, sont à découvrir à la lecture. 

Certains personnages secondaires sont assez exécrables, nous sommes dans un milieu d'étudiants "fils à papa" de ducs, qui se croient tout permis. On voit bien alors un fossé entre gens de la haute société et gens ordinaires. Certains sont prêts à tout... Cela va bien entendu pimenter le déroulement de l'enquête.

L'intrigue est vraiment très agréable à suivre, et elle se révèle petit à petit et est bien ficelée. 

J'ai aimé retrouver les décors anglais, et là nous sommes dans une ambiance universitaire d'Oxford, et on y retrouve également le charme de la campagne anglaise.

On retrouve le même style d'écriture que dans le 1er opus de la série, avec une écriture fluide, des dialogues percutants. On retrouve une touche d'humour également qui vient donc vous faire passer un très bon moment livresque.

Je suis à nouveau séduite par ce tome 2, j'aime définitivement le cozy mystery. 
Le suspense est au rendez-vous, c'est léger,
et on a là un duo atypique des plus attachants. 



Merci aux Editions HarperCollins France


vendredi 29 mai 2020

La route du lilas






Synopsis

Chaque printemps, Shelly et Laura traversent les États-Unis pour suivre la floraison du lilas. En plus de leur offrir quelques mois de lilas supplémentaires, ce périple leur permet de faire passer clandestinement la frontière canadienne à des femmes en fuite qui veulent refaire leur vie. Cette année, elles accueillent Maria Pia, sexagénaire brésilienne, à bord de leur camping-car. Initiée au rite de l’écriture sous l’influence du parfum enivrant du lilas par ses deux compagnes de voyage, Maria Pia dévoile au fil des jours et des pages les raisons de sa cavale, son histoire ainsi que celle des femmes qui ont marqué sa vie. Entre passé, présent, mythe et réalité, du Tennessee à Montréal en passant par Rio et Paris, ces histoires enchevêtrées dessinent une ode à la résilience et à toutes les femmes du monde.

Chaque année, au printemps, Shelly et Laura parcourent les routes des Etats-Unis pour suivre la floraison du lilas. Mais le but du voyage ne se limite pas à sentir les lilas du sud au nord de l'Amérique du Nord. Le lilas fait partie d'une expérience littéraire toute particulière. Pour Shelly, les effets exercés par le parfum du lilas chez la femme ouvrent des perspectives créatrices infinies. Elle avait donc entrepris avec Laura une expérience d'écriture jamais tentée auparavant, celle de rédiger, sous l'influence du parfum du lilas, des textes littéraires. Pas d'indications sur la forme, la thématique, ou la longueur. 

Mais la passion du lilas est également une couverture à leurs activités illégales. A bord de leur camping-car, Shelly et Laura prennent des femmes en fuite afin de les faire passer clandestinement la frontière canadienne. 

A bord de leur camping-car, Pia, mystérieuse Brésilienne. Dans l'état où elle était en quittant le Brésil, Pia ne se voyait pas parcourir seule les routes des Etats-Unis. Elle s'était donc abandonnée à ces deux femmes excentriques dans leur camping-car. Shelly et Laura pratiquait ce passage clandestin depuis les années 1990 où elles avaient décidé d’œuvrer seules et d'être utiles pour des femmes. Leurs missions : arracher une femme aux griffes d'un mari violent, ou faire disparaître des femmes durant un temps, etc. 

Durant leur périple, elles leur demandent d'écrire leurs histoires dans des carnets. Les effluves du lilas aidant, les femmes se laissent aller à l'écriture et à la délivrance des secrets. 

Au début, Pia ne comprenait pas trop leur manège. Parcourir les routes, s'arrêter à des endroits bien précis où se trouvaient les plus beaux lilas... C'est un soir où elles se sont immobilisées devant un magnifique "Madame Lemoine" dont les boutons commençaient à s'ouvrir, libérant un parfum délicat, que Pia compris. Étendues sur une couverture, sous le lilas en fleur, le phénomène se produisit pour Pia. Le parfum vint adoucir son visage, et il provoqua chez elle une expérience proustienne. Une effluve avait suffi pour ranimer des souvenirs qu'elle avait crus à jamais oubliés. Et la main de Pia se mit alors en mouvement sur le cahier...

Des souvenirs à foison partant de son enfance au Brésil dans la ferme familiale Três Tucanos, à sa fuite vers Paris avec le beau Thiago. Thiago, paparazzi en chasse de son oiseau, Edith Piaf. Une fuite vers Paris où Pia découvrira un autre Thiago, violent et volage. Une fuite qui s'avérera plus douloureuse qu'elle ne l'aurait cru, remplie de drames. Elle y rencontrera une femme, Thérèse. Toutes deux passionnées de féminisme, mais elles vouent un culte à Dalida là où le tout Paris adore Barbara. Pia donnera le prénom de Simone à sa fille, en hommage à Simone de Beauvoir.

A chaque arrêt sur les routes américaines, à chaque effluve d'un nouveau lilas, Pia rempli les cahiers d'écriture sous les yeux de Shelly et Laura. Des pages écrites dévoilant des secrets et des histoires de femmes. Son histoire à elle tout d'abord, et Pia a une vie remplie de secrets, de drames, et de violences. Tous les soirs, dans le camping-car, Pia écoute une émission populaire brésilienne, et l'une d'elle l'a totalement absorbée : l'histoire de son pays, plus précisément d'une femme qui marqué l'histoire de son pays en 1816, Léopoldine, princesse Autrichienne. Shelly et Laura voient Pia absorbée chaque soir devant son écran sans qu'elles ne comprennent pourquoi tant d'adoration devant une émission populaire. 

Shelly et Laura ne savent pas ce que Pia s'en allait faire à Montréal. Elles tenaient à ne pas s'immiscer dans la vie privée de leurs passagères. Elles n'avaient pas la moindre idée de qui elle allait rejoindre. Une personne en qui elles avaient confiance leur avait demandé de la lui livrer vive le 19 mai au Jardin botanique de Montréal. Elles n'en savaient pas plus. Dans quelle histoire cette Brésilienne aux penchants carnivores et alcooliques avait-elle trempé ? Leur mission consistait à transporter Pia jusqu'à Montréal, le reste ne leur appartenait pas. 
Mille et une histoires....

Il est très difficile de résumer ce roman tellement il foisonne d'histoires reliées entre elles. Ce road trip atypique m'a totalement embarquée sur les routes de la floraison du lilas aux Etats-Unis en compagnie de ces trois femmes. On retrouve une ode aux femmes, à toutes les femmes du monde. Mais aussi une ode à la résilience, et bien sûr une ode au lilas. Un roman extrêmement riche en découvertes, informations, et aventures.

L'auteur nous livre un historique botanique des plus intéressant, un hymne au printemps.  Et qui rime avec printemps...le lilas. Oui, pas de printemps sans les effluves du lilas, et l'auteur nous offre un très bel historique du Syringa Vulgaris. Un historique présenté tout en légèreté et finesse, qui nous mettra en recherche d'une effluve de lilas dans le jardin tellement il en parle bien. L'auteur parle superbement du lilas, semé ça et là tout au long du roman à travers les histoires de femmes. 

Le lilas n'est là que pour sublimer les femmes du roman. Des femmes qui traversent des épreuves, des femmes courageuses, des femmes qui donnent de l'espoir. Des femmes magnifiques tel l'éclosion des thyrses glorieux du lilas. Des femmes que l'on rencontre à différentes époques historiques, que ce soit Léopoldine, princesse Autrichienne expatriée au Brésil, que ce soit Pia à travers les décennies, ou encore Thérèse rencontrée à Paris, ou bien Simone, la fille de Pia. 

De nombreuses histoires, toutes reliées entre elles. L'auteur a une imagination débordante mais nous ne sommes aucunement perdu à la lecture. J'ai aimé voyager entre le Brésil, la France, les Etats-Unis, le Canada, et tout ça à différentes époques. 

J'ai particulièrement aimé la partie historique, et la vie de Léopoldine au Brésil. Cette partie du roman (environ 100 pages du roman) m'a littéralement passionnée et l'auteur a su parfaitement écrire cette partie historique qui donne à la lecture un petit côté addictif sur les aventures de cette femme historique. Est-elle tout à fait réelle ? Je pense qu'il y a un mélange de fiction à la réalité historique, mais cette partie du roman est vraiment passionnante. Et j'ai rencontré alors une femme pleine de courage, et je l'ai trouvée très moderne pour son temps. 

Mon seul petit bémol sur cette lecture, est la dernière partie du roman qui est totalement différente du reste. Mais je vous rassure de suite, cela n'a aucune gâché ma lecture et cette belle découverte livresque. Oui, la dernière partie du roman nous fait partir sur une dystopie sociale en Gaspésie, péninsule située au Centre-Est du Québec, qui nous éloigne un peu du reste du roman et de l'histoire de Pia. Une partie surprenante car bien différente du reste du roman, sur environ 100 pages, qui m'a laissée un peu dubitative. 

J'ai découvert avec ce roman la plume d'Eric Dupont, ce qui me donne envie de découvrir "La fiancée Américaine". Une plume qui rend hommage aux femmes, actuelles ou historiques. 

J'ai aimé la construction du roman entre road trip et plongées dans les souvenirs provoqués par les déclenchements olfactives du lilas, effluves sensorielles qui provoquent des pages d'écritures narrant les souvenirs et les secrets. La typographie du roman passe alors en italique pour bien différencier les cahiers d'écriture de Pia, du reste de l'histoire. 

Je me suis totalement laissée porter par les effluves du lilas avec ce roman plein de surprises. 
Un très beau voyage parmi ces femmes remplies de courage et de volonté. 
Une ode aux femmes, à la résilience, au lilas.





Merci aux Editions HarperCollins France pour cette lecture