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mardi 9 février 2021

OXYGEN

 



Synopsis

"Si l'air devenait toxique, jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour continuer de respirer ?"

Imaginez un futur où la montée des eaux aurait redessiné le contour des continents. Un monde ravagé où la faune et la flore n'existent plus que dans les vieux livres d'histoire. 

Pire, un monde où l'air se vend et s'achète comme un vulgaire bien de consommation.

Mais comment vivre sa vie quand l'air est devenu un luxe que l'on ne peut se payer ?

Plongez au coeur des bas-fonds malfamés de Toronto et transgressez les interdits de cette ville qui ne dort jamais. Mais prenez garde, car dans cette cité où tout n'est qu'illusion, gangrenée par l'eugénisme, un parfum de rébellion flotte déjà dans l'air...
2216, Toronto. Depuis la Catastrophe, la montée des eaux et la pollution ont transformé notre monde actuel. 

En 2115, l'Homme s'est pris pour Dieu a joué à l'apprenti alchimiste et a produit la "Catastrophe". Les déchet nucléaires qui représentaient la matière première de cette expérimentation, appelée depuis la "Catastrophe", avaient libéré un gigantesque nuage gazeux polluant l'atmosphère. Le smog, comme on l'appelait, s'était retrouvé piégé entre la couche d'ozone recréée artificiellement et un sol depuis longtemps devenu stérile. En quelques jours, ce brouillard mortel, porté par les vents, avait fait le tour de la planète et rendu l'air irrespirable. Qui aurait pu prévoir qu'il allait générer des nanoparticules capables de s'attaquer aux alvéoles pulmonaires des humains pour les grignoter de l'intérieur ?

A Toronto, le gouvernement a décidé de garantir la survie de ses derniers citoyens en fermant les frontières, leur cité est devenue une enclave. La planète est devenue un cimetière aquatique. A Toronto, ils sont les seuls représentants de la race humaine, ultimes survivants sur la surface du globe. 

L'ironie est que l'Homme a toujours craint la fureur des éléments, et s'est toujours protégé des ouragans, des inondations..., des menaces infinies. Mais ce dont il aurait dû se méfier, c'était de l'Homme lui-même. 

2216, Maïa vit à Toronto. Dans son dos est greffé des bombonnes d'oxygène. Elle ne doit sa survie qu'à cette transplantation de bombonnes d'oxygène. Une transplantation faite sur chaque nourrisson à la naissance. Les bombonnes ont différentes autonomies selon la catégorie sociale à laquelle on appartient : les Golds, les Pewters, et les Irons. 
Maïa fait partie des Pewters, elle n'est pas des plus à plaindre car les Irons n'ont que quelques heures d'autonomie en oxygène. 
Pour recharger ses bombonnes, il faut payer bien entendu. En 2216, l'oxygène est devenu payant, comme un vulgaire bien de consommation. 

Maïa vit avec sa mère et sa jeune soeur. Elle est étudiante en médecine et enchaîne les stages dans différents services de l'hôpital. Son père est mort depuis quelques années, mort dans des conditions très particulières. Accident ou suicide, personne ne sait le dire. Mais personne ne veut lui apporter de réponses, encore moins sa mère. Maïa sent qu'elle lui cache quelque chose concernant la mort de son père mais elle n'arrive pas à savoir quoi. 

Maïa doit lever le voile du passé, elle sait qu'elle va devoir marcher dans les pas de son père, mais à ce moment là, elle est loin de se douter de la voie obscure sur laquelle elle s'engage.

Maïa pense souvent à ses ancêtres, elle envie son arrière-grand-mère, exempte des machines et de ces fins tuyaux que Maïa porte dans son dos et qui sortent de sa peau, qui font partie d'elle. Elle aurait tout donné pour connaître la sensation de plénitude, d'indépendance. Et revoir la faune et la flore de l'époque, totalement disparues.  

A chaque coin de rue de la ville, la révolte gronde face aux inégalités qui divisent les humains devant la seule ressource qui les maintient en vie. Maïa est bien décidée à découvrir les raisons de la mort de son père, elle sera épaulée par Naos son meilleur ami. Ensemble ils vont mener une enquête qui les mènera sur une découverte fondamentale voir un complot auxquels ni l'un ni l'autre ne s'attendait à découvrir. 

Ils devront alors fait des choix, participer ou subir le diktat de la société...

Conséquences des dérives de l'humanité...

J'avais déjà été embarquée dans l'univers passionnant de Cendres, le précédent roman de Johanna Marines, que j'avais beaucoup aimé. Et à nouveau, avec Oxygen, je me suis laissée embarquer dans cet univers si particulier d'un futur, notre futur...

On a donc entre les mains un roman d'anticipation futuriste mais incluant nos faits actuels puisqu'il reprend les générations antérieures à 2216, époque du roman, et les problèmes écologiques qui bien sûr détruisent la Terre à petit feu. Du coup, ce futur en 2216, fait peur. Imaginez si l'air devenait toxique et que l'on doivent payer notre oxygène pour survivre. Imaginez aussi que les bombonnes d'air que vous portez en continue dans votre dos pour survivre soient alimenter selon votre condition sociale. Je vous parle alors de liberté.....
 
L'intrigue est totalement captivante, et m'a passionnée dès les premiers instants lecture. L'imagination de Johanna Marines est débordante, pourtant elle parle de faits actuels aussi. D'écologie, mais aussi de conditions sociales. La quête de vérité menée par Maïa et Naos est très intéressante à suivre, on est captivé par leurs découvertes. Une intrigue bien menée, avec de nombreux rebondissements qui apporteront quelques surprises à la lecture. 

Johanna Marines nous décrit également les conséquences des dérives de l'humanité en imaginant un monde où les nouvelles technologies sont indispensables à la survie. Tout au long du roman, les messages sont forts, que ce soit au niveau écologique, sociale, ou bien de toutes ces nouvelles technologies qui nous entourent. Une lecture qui amène à réflexion, qui fait peur aussi d'un certain côté. Et si cela devait arriver.... c'est effrayant je trouve, sur bien des points. 

Les personnages de Maïa et Naos sont très intéressants et bien imaginés. On apprendra à les connaître au fil de la lecture et on comprendra ce qui les pousse à cette quête de vérité. L'un et l'autre ont une forte raison à découvrir ce qui est caché au peuple. On s'attache à eux, et j'ai beaucoup aimé le lien qu'il y a entre eux. Un lien fort et beau. 

J'aime toujours autant la plume de Johanna Marines, les dialogues sont rythmés. Il y a des données scientifiques, n'oublions pas que l'auteure est passionnée par la science et les biotechnologies, mais ne vous inquiétez surtout pas, tout est compréhensible et simple pour le lecteur et ces données scientifiques faciles à comprendre apporteront justement des éléments essentiels à cet univers imaginé. 

Les révélations surviennent jusqu'aux derniers moments de lecture, et c'est un régal pour le lecteur qui est surpris du début à la fin. 

Un univers bien particulier qui mêle un futur aux actes des ancêtres de ce futur, c'est à dire nous. 

Créativité également sur le choix des titres des romans !!! Vous allez être surpris par des titres de chansons en adéquation avec les "histoires" des chapitres. Ils formeront une magnifique play-list !! 

Et pour finir, j'adore la couverture qui résume beaucoup le roman mais aussi, hélas, notre environnement actuel.

Décidément, j'aime beaucoup les univers créés par Johanna Marines. 
Je ne peux que vous le conseiller si vous aimez les romans d'anticipation futuriste.


Merci aux Editions Snag Fiction pour cette lecture.


lundi 20 mai 2019

La mécanique des ombres - Tome 1 : Cendres


« C'était toujours le même rêve, les mêmes pièces du puzzle qui revenaient en boucle depuis son enfance. Une rue étroite. Des pavés froids sous ses plantes de pied. Et cette cape noire qui obscurcissait le ciel. Il avait beau courir, traverser les rues sans se retourner, il n'existait aucune issue. Chaque ruelle devenait un labyrinthe, une nouvelle épreuve à surmonter. Au fil des minutes, il comprenait qu'il était pris au piège, qu'une ombre le suivait. »






Auteur : Johanna Marines

Editeur : Snag Fiction
Collection : La Mécanique des ombres
Roman - Steampunk - Young Adult - Londres - 19ème siècle - Début de l'Ère industrielle - Meurtres 
Pages : 416
Parution : 4 Avril 2019
Merci aux Editions Snag Fiction pour cette lecture








Synopsis : 


Londres, East-End, 1888, ère industrielle. 
C'est dans ce quartier malfamé que vivent Nathaniel et sa sœur de rue, Luna. Lui, sillonne les rues à la tombée de La nuit. Elle, est une voleuse hors pair. Mais un soir, lors d'une énième tournée, le jeune homme fait une macabre découverte. 
Des rues sombres de la capitale en passant par un manoir victorien luxueux ... De soirées mondaines où le diamant est roi aux tavernes miteuses où l'opium circule dans les veines ...

Prenez garde, personne ne sort indemne d'un tel voyage. 


Londres, 1888. Les rues noires de la capitale sont rythmées par un monstre d'acier depuis 30 ans, jour de son inauguration : The Clock Tower.

Dans l'East End vit Nathaniel où il partage son repaire avec sa soeur de rue, Luna. Agé de 27 ans, Nathaniel a toujours dû se débrouiller, dès son plus jeune âge d'ailleurs car il a été abandonné à sa naissance. Il n'a aucune famille, si bien qu'il se débrouille seul depuis toujours à faire des petits boulots pour gagner quelques pièce qu'il partage avec sa soeur de rue , celle qu'il a prise sous son aile : Luna. Aujourd'hui, ils vivent dans la misère, manquant de tout, mais heureux d'affronter ce quotidien à deux. 

Toutes les nuits, même ceux où le froid lui mord la peau, Nathaniel fait sa tournée pour allumer les réverbères des rues. Inlassablement, sans jamais se plaindre, même lorsqu'il doit parcourir les rues les plus mal famées de Londres, et même lorsque les rues se retrouvent inondées ou recouvertes de cendres. C'est son devoir. 

Pour arrondir les fins de mois, Luna, elle, exerce ses talents de voleuses et elle est pleine de ressources dans ce domaine. Du bibelot, au bijou, en passant par les casseroles d'argent, tout est bon. Si bien que leur repaire est encombré d'objets rafistolés ou de bijoux volés. Ils en tirent ensuite un petit pactole à la revente par Bill qui leur reprend tous les objets volés vendus ensuite sur le marché de Whittenham. 

A Londres, y vit également une jeune femme, Agathe. Elle vit avec sa soeur et sa mère gravement malade. Elles n'ont quasiment plus d'argent pour survivre et encore moins pour faire soigner leur mère. Sa décision est donc prise, Agathe devait partir pour trouver un emploi afin de subvenir aux besoins médicaux de sa mère. Elle va rapidement trouver une annonce lui promettant un emploi sérieux de domestique avec logement sur place dans une demeure magistrale où était accroché sur l'imposant portail du manoir : "Black Hill House, 1788". 

Lors d'une des tournées nocturnes de Nathaniel, celui-ci fait une découverte macabre. Dans l'obscurité, il se retrouve en effet face au corps d'une femme gisant dans une mare de sang, entourée de rats déjà présents à mordiller le corps sans vie. 
A partir de ce jour, sa vie va basculée. Il va tout d'abord faire la connaissance de Frederick Abberline, le policier qui va être en charge de l'enquête. Car en effet, une brigade a été dépéchée du fait qu'il s'agit là de la quatrième femme assassinée. 

Et à compter de cette macabre découvert, des flashs vont remonter à la mémoire de Nathaniel...une cape noire flottant dans le vent, une voix douce et féminine... Des souvenirs enfouis depuis bien longtemps. 

La vie d'Agathe va elle aussi être bouleversée lorsque d'emploi de domestique elle passe à un tout autre métier, toujours employée par la même famille Henwoorth. En effet, la famille Henwoorth a une toute autre proposition d'emploi à faire à la belle Agathe. La famille Henwoorth a prospéré dans la vente de diamant et est à la tête d'un empire du diamant. 



Un soir, Agathe va faire la connaissance de Luna, prête encore une fois à se donner à l'un de ses larcins préférés :  le vol de bijoux. Bientôt, elle fera également la connaissance de Nathaniel qui ne la laissera pas indifférente car à force de le connaître elle apprécie beaucoup sa bienveillance. 

Ils ne le savent pas encore, mais leur vie à tous les trois va basculer au coeur de ce Londres industriel où les calèches sont tirées par des chevaux mécaniques et où l'on s'envoie du courrier par le biais d'oiseaux mécaniques. L'ère est industriel est en pleine expansion. Une ville qui se retrouve également plongée sous une pluie de cendres qu'il ne faut absolument pas respirer, il en coûterait à la vie de chaque habitant. Nul ne sait d'où cette cendre provient... Une ville mystérieuse qui laissera entrevoir la résolution de chaque énigme pas à pas...


Coup de coeur !!

Coup de coeur pour l'ambiance steampunk plantée pour décor de ce roman. Et ô combien j'aime ce style !! Une ambiance même parfois oppressante, dans les rues de Londres au 19e siècle, avec les corps de ces femmes assassinées dans la noirceur des rues malfamées. De quartier miteux, en ruelles coupe-gorges, contrastant avec de magnifiques manoirs victoriens...l'ambiance m'a séduite dès les premiers instants de lecture. Rajoutons à cela, cette ambiance steampunk avec des calèches tirées par des chevaux mécaniques, l'imagination est donc à son comble. D'autres étranges animaux mécaniques parcourent les airs londoniens, je parle là des oiseaux mécaniques que l'on utilise pour s'envoyer des messages. La révolution industrielle est présente, mêlant soigneusement le côté esthétique aux nouvelles technologies de l'époque et l'autrice nous offre de belles descriptions pour la mise en scène et l'ambiance du roman. 

L'intrigue est bien ficelée. Intrigue policière puisqu'il s'agit là de résoudre une énigme autour de l'assassinat de jeunes femmes. D'ailleurs ici, on retrouve un peu une ambiance à la Jack l'éventreur autour de ces corps de femmes retrouvées dans les ruelles coupe-gorges de Londres. Pas à pas, les énigmes se révèlent, certaines se laissent entrevoir mais ça ne gâche en rien la lecture. Une intrigue qui mêlent plusieurs énigmes à résoudre, on le comprend au fil de la lecture. Des énigmes qui s'entremêlent parfaitement. Le dénouement nous prend par surprise, et c'est un très bon point pour la lecture. 

Les mystères sont en nombre tout au long de la lecture, les rebondissements en amènent d'autres parfois. Un des gros mystères pour le lecteur est cette fameuse cendre qui tombe du ciel. Une cendre qui envahit les rues de Londres, et où les habitants doivent rester cloisonnés chez eux au risque de mourir asphyxiés. Une cendre qui tombe à heure et jour fixe. Ce mystère attise la curiosité du lecteur, je ne vous le cache pas et on découvrira ce qui se cache autour de cette cendre au moment du dénouement. 

Une intrigue qui va révéler également le passé de certains personnages. (Mais je n'en dirais pas plus pour ne rien spoiler)

Les personnages sont très intéressants, tous autant qu'ils sont. Johanna Marines a joué sur deux tableaux et confronte deux mondes différents : la pauvreté, le travail difficile, la maladie qui ronge chaque famille, les bas quartiers, la prostitution, l'alcool ; et de l'autre, la haute société londonienne avec ses soirées mondaines, ses manoirs victoriens, ses bijoux luxueux. L'autrice a donc su créer des personnages qui incarnent à merveille ces deux mondes si différents. Les personnages d'Agathe et de Nathaniel sont très représentatifs de la pauvreté entre Agathe qui quitte sa famille pour trouver un emploi afin de subvenir à la maladie de sa mère, et Nathaniel abandonné dès la naissance et qui a dû se débrouiller seul dès son plus jeune âge, dans des rues pourtant malfamées. 
Et pour le côté haute société, la famille Henwoorth représente là aussi parfaitement le côté aisé de bourgeoisie. Grand manoir, domestiques, et surtout famille aisée grâce à la vente de diamants et splendides bijoux. 

L'enquête de police nous plonge quant à elle, dans les bas-fonds de Londres. Elle est dirigée par l'inspecteur Abberline et elle nous révèle des enlèvements de jeunes femmes, mais aussi l'utilisation d'une nouvelle drogue, et puis il faut résoudre également la profanation de sépultures... On peut dire que cet inspecteur a en charge une grosse affaire. 

Outre le style et l'ambiance steampunk que l'autrice a su parfaitement créer, une ambiance que j’apprécie énormément d'ailleurs, j'ai apprécié également son écriture. Une écriture addictive, un rythme bien soutenu tout au long des révélations du roman. C'est fluide, facile à lire, avec une intrigue très bien orchestrée. Les actions sont nombreuses et on n'a pas le temps de s'ennuyer, bien au contraire !

J'ai hâte de me plonger dans la suite et me replonger dans cette ambiance londonienne du 19e siècle... mais il faudra attendre la sortie du prochain opus.... 

Une atmosphère obscure, une intrigue policière riche et bien menée,
des personnages très intéressants et un dénouement des plus spectaculaires. 
Une belle découverte dans un style que j'affectionne beaucoup, le steampunk.