lundi 27 avril 2020

Coup de foudre à Austenland





















Synopsis


Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l'adaptation de la BBC d'Orgueil et Préjugés.

Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n'est à la hauteur de la comparaison !
Quand une parente lui laisse un séjour de 3 semaines à Pembrook Park, un manoir anglais où les clientes fortunées vivent dans la peau des héroïnes de Jane Austen, les fantasmes de Jane deviennent un peu trop réels. Cette expérience finira-t-elle par débarrasser la jeune femme de son obsession ? Rencontrera-t-elle son Mr Darcy ? 


Jane Hayes est une jeune trentenaire New-Yorkaise. Elle travaille comme graphiste pour un magazine, un boulot comme les autres qui lui apporte la stabilité, et qui lui donnait une raison de se lever le matin, quelque chose à faire de ses journées. Contrairement à ses relations avec les hommes, elle savait toujours à quoi s'attendre. 

Son obsession secrète : M. Darcy incarné par Colin Firth dans l'adaptation de Pride and Prejudice à la BBC. Elle a même acheté le film en vidéo pour se le passer en boucle chez elle. 
Cette obsession, on peut le dire, ruine totalement sa vie amoureuse. A trop vouloir trouver le M. Darcy/Colin Firth parfait, et bien aucun homme n'arrive à la cheville des attentes de Jane pour que cet homme incarne à la perfection Colin Firth alias M. Darcy de Pride and Prejudice. 

Sa tante Carolyn avait, elle, repérée cette obsession de Jane et notamment la cassette vidéo cachée dans l'appartement de Jane.

Tante Carolyn décéda... Et Jane se voit alors nommée dans le testament. La mère de Jane n'en revient pas que sa fille fasse partie du testament ! 

Jane doit donc se rendre chez le notaire, et durant le trajet elle ne put s'empêcher de se demander ce qu'elle ferait si une grosse somme d'argent lui tombait du ciel. 

Mais voilà, à l'ouverture du testament, Tante Carolyn n'a pas laissé d'argent à Jane. Tante Carolyn était quelque peu fantasque, et son testament l'est donc aussi. Elle a fait des achats pour ses amis et membres de la famille et a légué son argent à des organisations caritatives. 

Pour Jane, elle a organisé des vacances ! Mais pas n'importe quelles vacances !!
Trois semaines dans un manoir vous transportant deux siècles en arrière, en plein coeur de la campagne anglaise. Et pour cela, il faudra revêtir les vêtements d'époque, mais aussi suivre les us et coutumes de l'époque. Tante Carolyn lui a offert trois semaines à Austenland, où tout a été transformé pour que les vacanciers soient transportés dans la peau des personnages de romans de Jane Austen. 

C'est donc parée de robes à taille empire que Jane va devoir passer trois semaines dans un manoir anglais revisité façon Jane Austen. Mais voilà que Jane doit alors vivre au jour le jour avec ses fantasmes "austeniens" et surtout faire face à son obsession de M. Darcy... 
Ce séjour va t-il la convaincre dans ses choix, rencontrera t-elle un M. Darcy ? ou bien ses fantasmes deviendront-ils les pires cauchemars de Jane ? 
That is the question...

Voilà une romance fantaisiste pleine d'humour !

Une romance sur fond original qui apporte beaucoup de fraîcheur avec ce soupçon d'humour en plus. Un roman qui plaira forcément aux fans de Jane Austen, mais pas que, je vous rassure tout de suite. Mais attention, vous aurez ici un roman très moderne et une romance amusante. 

L'histoire est donc originale et j'ai aimé le déroulement qu'elle a pris au fur et à mesure de la lecture. 

On se retrouve plongé dans un manoir anglais, Pembrook Park, avec des serviteurs, des robes empires, des décors d'époque, et où l'on se déplace à pied, à cheval ou en calèche. Le lecteur est donc plongé à la fois dans une lecture moderne mais au décor historique et c'est très bien étudié. 

Le côté humoristique vient, bien entendu, dans le fait que notre héroïne va devoir s'adapter aux us et coutumes de l'époque pour en apprécier pleinement l'expérience. Et elle va donc devoir se plier à certaines règles établies : ne pas parler aux domestiques pendant le dîner, ne pas les regardez dans les yeux, se comporter correctement avec le sexe opposé... surtout que Jane est une jeune femme célibataire et elle ne devra donc jamais être seule avec un homme sans chaperon. Pas de contact physique à l'exception des obligations liées aux bonnes manières. Ne rien dévoiler de sa vie, ici tout le monde détient de faux prénoms et noms comme une mise en scène et il ne faut absolument rien dévoiler de personnel de sa vraie vie. Il y aura bien sûr des bals, et Jane va donc devoir apprendre à danser le menuet et autres contredanses.

Bref, je suis certaine que vous comprenez le chemin que va prendre ce séjour à Pembrook Park pour notre jeune trentenaire New-Yorkaise ultra moderne.... Suivre les règles va être une torture pour Jane. Et croyez-moi la dose d'humour est donc présente. 

Cette lecture se lit comme un chick-lit. L'auteure nous montre également le côté "absurde" de l'époque dans les relations hommes/femmes qui paraît désormais très désuet. Les dialogues sont bons, et la lecture est vraiment facile et fluide. Ce chick-lit regorge de références aux romans de Jane Austen, j'ai trouvé ça assez plaisant d'ailleurs, tout en gardant un côté moderne.

Ce livre a été adapté au cinéma, je n'ai jamais vu le film qui s'intitule "Austenland" mais j'en ai vu de très bonnes critiques donc j'ai désormais très envie de le voir. 

Un chick-lit avec lequel j'ai passé un très bon moment livresque, et se replonger parmi les personnages de Jane Austen est agréable, tout en étant pourtant dans un roman très moderne. 

mercredi 15 avril 2020

Le petit roi du monde























Synopsis

Victor, douze ans, orphelin né sous X, vit chez "Tatie, une femme qui l'élève comme son propre fils. Il mène l'existence d'adolescents de son âge. 
Mais la santé de Tatie est fragile. Alors, quand l'Aide sociale à l'enfance lui trouve des parents adoptifs "sur catalogue", Victor décide de se choisir une "maman" tout seul. Inscrit sur un site de rencontres, il jette son dévolu sur "Lily des lilas". Si cette pâtissière dans un palace n'a pas l'intention d'adopter qui que ce soit, il en faudrait plus pour décourager l'enfant, prêt à tout pour la convaincre...

Victor Adrien Laurent : ces trois prénoms lui avaient été attribués par l'officier d'état civil en charge d'établir l'acte de naissance. Le troisième prénom faisant office de nom de famille. Telle était la disposition légale pour les enfants nés sous X. "Nés sous le secret", comme le stipulait l'administration avec plus de poésie. 

Victor a toujours rêvé d'appartenir à l'histoire d'une famille et se dit souvent : "Quand j'aurai un vrai nom, je serai le roi du monde !"

Victor est un enfant de l'Aide Sociale à l'Enfance, l'ASE. Il a toujours été orphelin, né de mère inconnue, et un père qui n'a jamais voulu prendre contact avec lui hormis par écrit. La seule chose qu'il sait de lui c'est qu'il vit au Canada et qu'il conduisait des camions. Oh, il a souvent pensé à son père mais Victor a pardonné son absence, l'inconséquence dont il avait fait preuve à sa naissance, l'immaturité patente qui l'avait empêché d'assumer sa paternité.

Aujourd'hui, Victor a grandi, il a 12 ans, et vit dans sa famille d'accueil depuis ses quatre ans. Il a été pris en charge par Tatie qui l'a élevé comme ses propres enfants, tout autant que les autres enfants venant de l'ASE. Accueillir chez elle les enfants des autres était une véritable vocation pour Tatie, une seconde nature. Mais Tatie prend de l'âge, ses enfants ont quitté le nid depuis bien longtemps. Et Tatie est atteinte de gros problèmes cardiaques. Comment faire comprendre alors à ce petit garçon de 12 ans qu'elle ne pourra plus s'occuper de lui... 
Il redoutait forcément de la voir faillir car il avait puisé sa force en elle depuis tant d'années, mais Victor espère qu'une filiation avec Tatie soit possible. 

Les services sociaux en décident autrement et décident de lui trouvé des parents adoptifs, des parents sur "catalogue" comme dit Victor. 

Mais Victor en décide autrement, il ne veut pas de parents sur "catalogue". Il veut lui même choisir, et il n'a pas besoin d'un père. Non, Victor ne souhaite qu'une mère. Alors il trouve l'idée de choisir sa mère sur un site de rencontre. Mais pour l'heure, il a besoin de sa bande de copains toujours présents en cas de coups durs pour l'organisation de cette recherche. 

Inscription faite, non sans mal, il se prend d'affection pour le profil de Lily des Lilas. Une pâtissière d'un grand palace parisien. Mais voilà, Victor n'a pas pensé à tout... 

Car oui, Lily des Lilas n'a jamais eu l'intention d'adopter un enfant. Jeune femme célibataire, elle est à la recherche d'un homme... 

Croyez-moi, Victor a plus d'un tour dans son sac et il va avoir besoin d'une autre personne à ses côtés pour parvenir à ses fins. Le temps presse car les services sociaux comptent bien lui présenter sa nouvelle famille. 

Quel beau roman !!

Un sujet qui vous prend aux tripes, celui de l'adoption. Et l'auteur en parle merveilleusement bien tout en réussissant à apporter beaucoup d'humour. Un roman d'une grande douceur, poétique, écrit avec une grande justesse sur ce thème de l'adoption.

J'ai beaucoup aimé l'évolution de l'histoire, rendue douce et poétique, avec un thème de société pourtant fort et émotionnellement parlant, poignant. Ah bien sûr, vous ne ressortez pas indemne de cette lecture car même si l'humour est présent tout au long de la lecture, les émotions restent quant à elles très fortes. 

Une très belle histoire écrite sous forme de comédie. Les thèmes sont profonds. Les sentiments aussi, que ce soit au niveau des sentiments de ce petit garçon qui ne comprend pas pourquoi il n'a pas le droit d'avoir une famille, ni une histoire de famille avec des aïeux. Mais c'est également poignant, du côté de cette femme "Tatie" qui a, toute sa vie durant, accueilli des enfants de l'ASE et qui les a élevés et aimés comme ses propres enfants. L'auteur nous retranscrit donc les émotions que vit cette femme prenant de l'âge et qui a vu grandir ce petit garçon mais qui sait qu'elle ne pourra plus continuer à l'élever. Mais que c'est dur... 
Ce que j'ai donc apprécié, c'est que l'auteur nous offre plusieurs points de vue dans son roman et pas seulement les émotions vécues par ce petit garçon. 

L'auteur nous retranscrit également les émotions vécues par le personnel de l'ASE, des éducateurs qui suivent les enfants depuis leur bas âge et qui sont poignardés également de se voir retrouver en face de certaines situations. 

J'ai trouvé très intéressant d'aborder les points de vue émotifs de chacun. 

On s'attache énormément aux personnages. A tous les personnages de ce roman. Bien entendu, à ce petit Victor prêt à tout pour se trouver une maman. Il est plus qu'attachant, il est toujours plein d'espoir et d'optimisme. Et puis, il y a sa bande de copains qu'on ne peut qu'aimer également. Toujours solidaires en cas de besoin. Ils sont prêts à prendre tous les risques, quitte à se faire réprimander par les parents pour apporter leur aide à Victor. Il y a aussi Momo, le patron du bar où les garçons se retrouvent lors de leurs temps libres. Toujours là aussi pour les aider, ses champions du baby-foot, quitte lui aussi à se faire réprimander par l'éducatrice. Et enfin, "Lily des Lilas" si charmante et humaine elle aussi. 
Tellement de bienveillance qui se dégage de tous les personnages, ça fait du bien.  

J'ai aimé également les décors de l'histoire, en plein coeur de Paris. On se retrouve tantôt dans un grand hôtel parisien, au coeur d'une brigade, à suivre les aléas des services dans un grand palace. Là aussi, c'est intéressant à suivre. Et puis tantôt, on se retrouve dans le quartier de Montmartre et ça vit à plein. 

Et puis, on ressent les bonnes odeurs des babas et autres pâtisseries de "Lily des Lilas". Mon dieu... quelles tentations au cours de la lecture !!! 

La plume est superbe, très poétique et douce comme je vous le disais un peu plus haut. L'auteur a su rendre ce sujet poignant en comédie pour le plus grand plaisir du lecteur. Il sait retranscrire les émotions, les décors, et les bonnes odeurs des pâtisseries. 

Un thème poignant écrit avec beaucoup de justesse, d'émotions et de bienveillance, avec cette touche humoristique réconfortante.

mercredi 8 avril 2020

A l'ouest



Auteur : Olivier Adam

Editeur : Pocket
Collection : Littérature
Roman - Famille - Solitude - Adolescence - Quête - Fuite 
Pages : 140
Parution : novembre 2007












Synopsis

Antoine a presque dix-neuf ans. Fragile, rêveur, indocile, il sèche le lycée, erre dans le centre commercial de son quartier, et ne fait rien de sa vie. Il cherche l'amour - et les coups. 
Camille veille sur son grand frère autant qu'elle le peut, et calme ses angoisses en se réfugiant dans la prière.
Quant à Marie, leur mère, elle fait ce qu'elle peut. Mais c'est elle, qui, un beau matin, déclenche l'explosion et les conduit à l'ouest. Pas le point cardinal, non, mais cet état second où rien n'a plus vraiment d'importance...

Dans la chambre d'Antoine, tout est noir. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Antoine est un ado, lycéen. L'alcool, la cigarette, les joints, sont là pour tenter de lui faire oublier la tristesse de ses journées. Il sèche les cours, il traîne beaucoup, et cherche le plus souvent la baston. Il y a beaucoup de rébellion en lui et il y a une grande demande d'extérioriser cela et bien souvent il le pratique dans la bagarre. Il sombre dans l'errance ou dans ses souvenirs d'enfance et pense souvent à Lorette, à ses vieilles robes à fleurs et à ses dentelles. L'embrasser, rester allongé près d'elle. Il imagine même ce que plus tard pourrait être sa vie avec elle. Il traîne dans sa banlieue à la recherche d'un possible bonheur. 

Camille, sa plus jeune soeur, que l'on a tendance a à peine remarquer. Il est vrai que Camille tente le plus souvent de s'excuser d'exister. Elle prie. Elle ne prie pas pour elle. Elle prie pour sa mère, son frère. Ses camarades. Ceux-là mêmes qui l'ignorent. Elle s'isole beaucoup pour repenser à ces fêtes, en famille ou entre amis, où elle disparaissait pour tout le monde. Se cachait sous une table, derrière des rideaux. Personne ne s'étonnait de son absence. 

Leur mère Marie, quant à elle, tente de vivre et de faire vivre ses deux enfants. La solitude lui pèse et elle lutte tous les jours pour ne pas qu'elle l'avale. Et un jour, pendant que ses enfants son chez leur père, Marie se libère de tout. 

Trois personnes à la dérive...

Je n'ai pas beaucoup côtoyé encore la plume d'Olivier Adam, si ce n'est avec Je vais bien ne t'en fais pas que j'avais adoré. 

Dans ce roman, une ambiance assez pesante, où l'on s'approche de la solitude de 3 membres d'une même famille. Une solitude éprouvée différemment pour l'un et l'autre personnage. Pour tous, par contre, beaucoup de souvenirs amers qui refont surface comme pour se raccrocher à quelque chose. 

Le récit est puissant et les mots d'Olivier Adam nous font bien ressentir la désespérance de chacun. Les 3 membres de cette même famille ont chacun leurs angoisses et leurs problèmes. Ils ne partagent rien et l'on peut penser qu'ils sont en quelque sorte égoïstes. Car oui, ils ne s'intéressent qu'à leurs angoisses propres et ne s'aperçoivent pas de la dérive de leur famille entière. 

J'ai trouvé l'histoire un peu décousue à mon goût, avec des bribes de scènes par ci par là.

J'ai eu également du mal à m'accrocher à l'un ou l'autre personnage. Je n'ai pas ressenti autant d'émotions à travers eux si  ce n'est ce désespoir mais aucun émotion d'attachement pour eux. Peut-être est-ce dû au fait que justement ils sont égoïstes, peut-être aussi que leurs agissements sont déroutants, individualistes. Ils n'ont que peu de considération les uns envers les autres. Et je dois dire que ça m'a dérangée.

Les chapitres changent de narrateur à chaque fois entre les 3 personnages pour ressentir le vécu de chacun.

J'ai aimé par contre les décors maritimes. L'air frais venait soulagé un peu cette ambiance pesante.

Un roman qui ne m'a pas emportée autant que je l'aurai espéré, après avoir adoré Je vais bien ne t'en fais pas.

samedi 4 avril 2020

La Dame de Reykjavik





















Synopsis

Hulda a tout donné à sa carrière. Mais en faisant toujours cavalier seul. Elle a beau être une des meilleures enquêtrices du poste de police de Reykjavik, à soixante-quatre ans, sa direction la pousse vers la sortie.


La perspective de la retraite l'affole. Tout ce temps et cette solitude qui s'offrent à elle, c'est la porte ouverte aux vieux démons et aux secrets tragiques qu'elle refoule depuis toujours. Et ses échappées dans la magnificence des paysages islandais, pour respirer à plein poumons la sauvagerie de son île, ne suffiront plus, cette fois.
Alors, comme une dernière faveur, elle demande à son patron de rouvrir une affaire non résolue. Elle n'a que quinze jours devant elle. Mais l'enquête sur la mort d'Elena, une jeune russe demandeuse d'asile, bâclée par un de ses collègues, va s'avérer bien plus complexe et risquée que prévu. Hulda a-t-elle vraiment pesé tous les risques ?

Accepter son âge était une chose ; accepter la retraite en était une autre. Mais il n'y avait rien à faire : bientôt, bien trop tôt, Hulda toucherait sa pension. Le temps avait passé si vite. Le jour où elle était devenue mère, celui où elle s'était mariée : c'était hier. Pourtant, en faisant le décompte, cela remontait à une éternité. Hulda savait que son métier lui manquerait, en dépit de toutes ces fois où elle s'était plainte de voir ses talents sous-estimés. La vérité, c'est qu'elle était terrifiée à l'idée de se retrouver seule.

Mais voilà que l'approche de la retraite pour notre inspectrice pourrait arriver plus vite encore que prévu car voilà que son chef lui impose de prendre un congé de quelques mois avant d'enchaîner sa retraite. Hulda ne s'attendait pas à cela mais, Magnus, son chef a besoin du bureau d'Hulda pour accueillir son remplaçant... Mais Hulda n'entend pas se faire mettre à la porte comme ça avant l'heure sans avoir son mot à dire ! 

Pour qu'elle débarrasse le plancher, Magnus lui lance l'idée farfelue d'aller voir dans les dossiers archivés si il n'y aurait pas une enquête à rouvrir. Quoi de mieux pour s'occuper l'esprit que de prendre Magnus au mot et d'aller fouiller aux archives dans les dossiers non résolus. Hulda n'eut pas à réfléchir longtemps : une affaire s'imposait à elle. 

Une enquête menée par un de ses collègues. Il s'agissait d'une mort inexpliquée qui, sans l'apparition d'un nouvel indice, avait toutes les chances de le rester. Elle ne s'imaginait pas résoudre l'énigme, surtout en quinze jours, mais ça valait le coup d'essayer. La victime, une femme russe, avait été retrouvée par un sombre matin d'hiver, le corps échoué dans une crique rocheuses d'une contrée faiblement peuplée à trente kilomètres de Reykjavik. Un coin désolé du pays, balayé par les vents. Les champs de lave offraient peu de refuges contre les tempêtes. 

Cet incident remontait à plus d'un an et n'avait pas beaucoup attiré l'attention des médias à l'époque. 

Hulda s'entreprit donc de reprendre l'enquête et au fil de ses découvertes, quelque chose la gênait. Hulda a en effet cette impression tenace que son collègue en charge de l'affaire à l'époque avait été négligent sur bien des points dans l'enquête. Oh, elle n'avait jamais vraiment cru en ses capacités. Il n'était ni consciencieux ni brillant. Il en était venu à une mort accidentelle, un probable suicide et l'affaire était donc close. Mais Hulda, elle, ne tarde pas à découvrir combien son collègue avait bâclé son rapport. Cette enquête lui occupe donc ses journées, et elle ne tarde pas à remonter une piste d'une autre jeune femme disparue...

Mais pendant ce temps là, Magnus crache encore son venin sur Hulda et il ne reste que peu de temps à Hulda pour trouver le fin mot de l'histoire...
Un polar froid et dépaysant !!

Quelle belle découverte avec une héroïne tragique atypique. Une héroïne sur sa fin de carrière en tant qu'enquêtrice, poussée par son chef vers la sortie avant l'heure. 

On s'immisce rapidement dans les décors majestueux de l'Islande, une ambiance froide et plutôt désertique. On se retrouve tantôt dans un décor à la blancheur immaculée et désertique, tantôt dans une atmosphère sauvage noircie par la lave et piquée par les vents glaciaux. Des décors magnifiquement décrits par l'auteur, on ressent très bien toute cette froideur et noirceur tant au niveau de ces paysages sauvages islandais que dans l'énigme à résoudre, mais aussi dans la solitude de l'héroïne. 

Car oui, on ressent en Hulda, notre héroïne proche de la retraite, beaucoup de solitude en elle. Une solitude qui l'a gagnée depuis de nombreuses années maintenant. On le ressent depuis les premières pages de lecture, sans pourtant savoir pourquoi elle est éprise par cette solitude. On ne le découvrira que petit à petit au fil de la lecture. Et pourtant, on sent qu'au fond d'elle elle a envie de sortir de cette solitude. Il y a de la noirceur dans son passé, et là aussi l'auteur nous distillera les informations que progressivement pour maintenir le suspense. 

L'énigme est superbe. Lente, à l'image des polars nordiques. Et pour ma part, j'aime beaucoup. On ressent la détermination de Hulda quant à trouver le fin mot de l'histoire. Une intrigue lente et pourtant elle se déroule sur quelques jours seulement. Les rebondissements viennent petit à petit pour nous mettre sur des possibles voies mais l'auteur arrive à nous surprendre avec brio. 

Nous avons une chronologie multiple, entre une chronologie actuelle au moment du déroulement de l'enquête et d'autres chronologies que je ne peux malheureusement pas vous dévoiler ici de peur de vous spoiler une partie de l'histoire. Ce choix de chronologies multiples est judicieux, apporte beaucoup de rythme aussi je trouve, et apporte bien entendu des résolutions à l'énigme petit à petit tout en maintenant le suspense. Beaucoup de rythme aussi à la lecture avec des chapitres très courts. Et du fait de cette alternance de chronologie, le rythme est donc bien présent. Ne vous inquiétez pas, cette alternance de chronologie ne vous perdra absolument pas, au contraire elle vous apportera beaucoup de compréhension à l'histoire. 

L'auteur aborde également différents thèmes comme bien sûr le départ en retraite. Il nous fait suivre les pensées d'Hulda, ce qui l'affecte dans ce départ en retraite d'autant plus qu'on lui demande de partir avant l'heure. Au niveau social et psychologique, j'ai trouvé ça très intéressant. L'auteur aborde également le fait que dans ces contrées sauvages d'Islande, notre enquêtrice a toujours été mise un peu de côté par ses collègues masculins au sein du poste de police... un thème plusieurs fois émis dans l'histoire par le biais de l'héroïne qui ne cache pas ce fait auprès de son supérieur. Un autre thème abordé est la demande d'asile en Islande, je ne connaissais pas forcément ce point.

Je découvre la plume de Ragnar Jonasson, et j'ai aimé cette écriture. Il nous fait ressentir beaucoup de choses à travers ses mots, tant au niveau du suspense, que sur les paysages sauvages de l'Islande, que sur des thèmes sociaux forts. Il sait maintenir parfaitement le suspense dès les premiers instants de lecture et cela jusqu'à la dernière ligne du roman, c'est prodigieux. Un final brillant et inattendu !! mais en fait, c'est le meilleur choix je trouve !! 

Il s'agit là du 1er tome d'une trilogie et j'ai hâte de parcourir à nouveau les étendues sauvages d'Islande. 

Conquise par cette atypique inspectrice qui se jette à corps perdu dans une enquête classée.





Merci aux Editions de La Martinière pour cette lecture


mardi 31 mars 2020

La seconde moitié de mon coeur







Suite de "La première fois que j'ai été deux"
Attention Spoiler


Synopsis : 

"Tom était l'homme de ma vie. J'était peut-être trop jeune pour en être tout à fait certaine, mais l'amour est un pari, quel que soit l'âge que l'on a. Tom était mon pari et je savais que j'étais prête à assumer toutes les conséquences de notre relation."

Suite de "La première fois que j'ai été deux"
Attention Spoiler

Karen termine sa première année de prépa littéraire à Paris. Sa rencontre avec Tom la bouleverse encore malgré la distance qui les sépare. Elle a Paris, lui à Londres. Le groupe de rock de Tom, Karen en est certaine, va faire fureur partout dans le monde. Son bel anglais occupe souvent ses pensées mais c'est bien Karen qui, quelques mois plus tôt, avait lancé l'idée folle d'interrompre leur histoire d'amour pour mieux se retrouver dans quelques années... Tom, par amour, avait accepté.

Julia, devenue la meilleure amie de Karen depuis une belle rencontre il y a peu, embarque Karen avec elle au cours de l'été pour partir au coeur de l'Afrique dans un camp de réfugiés à la frontière entre le Tchad et la Centrafrique. Karen se sentait soudain capable d'affronter le monde malgré les réticences de sa mère. Un projet humanitaire qui ne sera pas de tout repos, Karen va vite s'en rendre compte. Karen va découvrir la nature réelle de la vie et va recevoir une étonnante leçon de vie aux côtés de Julia . Elle est aussi en admiration devant l'efficacité de Julia qui vient de terminer ses études d'infirmière et qui, sur le terrain, est absolument incroyable. 

Ce voyage humanitaire et un drame qui s'en suit va changer Karen, et la faire sortir de sa zone de confort dans laquelle est s'était bien ancrée entre sa vie d'étudiante littéraire, son meilleur ami Jonathan toujours à ses côtés, et ses pensées pour Tom qui l'accompagnent chaque jour. En effet, ce voyage va changer Karen et lui faire gagner en maturité ce qui va bouleverser aussi ses choix de vie. Beaucoup d'interrogations alors pour Karen entre ses choix d'études, de vie, d'amour... Des choix de vie qui vous surprendre plus d'une fois sa mère.

Tom, lui, se propulse au rang de nouvelle star du rock avec son groupe Albion. Il a accepté les choix de Karen et par amour, s'en contente. Mais le voyage humanitaire de Karen et l'événement qui en découle va provoquer en lui aussi une remise en question sur ses choix.

Un événement qui pourrait bien faire prendre à Karen un pari, un pari dont il faudra en assumer les conséquences...
Douceur et bienveillance pour ce 2ème opus de "La Première fois que j'ai été deux".

Poursuivre les aventures de Karen et Tom fût un réel plaisir, j'avais adoré "La Première fois que j'ai été deux". Bien que ce soit le 2ème opus d'une saga, la lecture de ce tome seul pourrait très bien se faire car l'auteur a la bonne idée de retracer les aventures du 1er opus. Mais je vous conseille fortement de commencer la lecture par "La Première fois que j'ai été deux" pour en apprécier pleinement la plume de l'auteur, mais aussi toutes les émotions et la poésie qui en découle. 

Et cette poésie, on la retrouve ici à nouveau dans "La seconde moitié de mon coeur". Rien que les titres choisis nous plongent dans la poésie... Une lecture qui vous happe dès les premiers instants, et la plume de l'auteur nous embarque dans un voyage dépaysant au coeur de l'Afrique. Le voyage fait parti intégrante de la lecture car on passe de l'Afrique, à Paris, Londres. 

J'ai beaucoup aimé poursuivre les aventures de Karen et Tom, et j'ai aimé voir leur évolution, leur choix, car on retrouve dans ce young adult une quête d'identité notamment pour Karen. La voir gagner en maturité suite à un événement qui va bouleversé sa vie rend le personnage de Karen profond. Les personnages sont rendus très réels et on peut s'identifier facilement à eux. Au choix que l'on doit faire dans la vie, aux paris que l'on doit prendre parfois. Oser. Oser pour changer sa vie, en sachant qu'un pari peut être quitte ou double. Il faut donc avoir du caractère pour prendre parfois des paris sur sa vie. On en apprécie donc fortement les personnages, si réels, si proches de nous. 

Tout au long du roman, on retrouve une certaine bienveillance, typique aux mots de l'auteur. Bienveillance des personnages je trouve, dans leurs choix de vie, dans l'entraide et le partage qui se dégage d'eux. Et ça fait un bien fou.

A travers ce roman, l'auteur aborde différents thèmes très intéressants mais je ne rentrerai pas plus dans les détails de peur de trop vous en dévoiler. 

J'ai apprécié aussi retrouver tout au long du roman de nombreuses références littéraires ou musicales. On retrouve d'ailleurs en fin de livre une wish-list de romans et une play-list musicale. 

J'ai aimé retrouvé la plume de Bertrand Jullien-Nogarède, sa délicatesse et poésie dans ses mots, sa bienveillance qui s'en dégage comme je vous le disais un peu plus haut, ses émotions. 

Le dénouement est totalement surprenant et ravira le lecteur !! mais là aussi je n'en dirai pas plus... chuttt. 

Vous l'aurez compris, je suis sous le charme de la plume si délicate de l'auteur, sous le charme de la bienveillance des personnages de cette saga.... 





Merci à Bertrand Jullien-Nogarède et à Flammarion jeunesse pour cette lecture.

jeudi 26 mars 2020

Victime 55





Synopsis

Dans une petite ville australienne, un jour de canicule, un officier de police habitué à régler des querelles de voisinage sans gravité voit débarquer au poste un homme couvert de sang. Drogué puis séquestré dans une cabane en pleine forêt, Gabriel vient d'échapper à un serial killer. Son bourreau, Heath, aurait déjà fait 54 victimes.
Quelques heures plus tard, ledit Heath se présente au commissariat. Il n'est pas venu se rendre mais demander la protection de la police. Retenu prisonnier dans les bois, il aurait échappé de justesse à un fou furieux. Un certain Gabriel. 
Deux témoignages identiques, deux suspects potentiels.
Qui de Heath ou de Gabriel dit la vérité ? Et qui sera la victime 55 ?


Wilbrook, petite ville perdue d'Australie-Occidentale. Isolée de tout, au beau milieu d'une nature sauvage et brûlante. Rien n'a changé depuis plusieurs années maintenant, comme une ville endormie.

Une activité bien réduite pour le petit poste de Police de Wilbrook. Nombre d'effectif du poste : 5 membres. Le Sergent Chandler Jenkins en a le commandement. Leur quotidien est plutôt de gérer les conflits familiaux ou de petites plaintes.  

La journée de Chandler commençait comme n'importe quelle autre journée de travail :  tranquille. Mais elle était sur le point de prendre une tournure radicalement différente. Ce jour là, un homme arrive au poste de police couvert de tâches de sang, il a du mal à tenir debout et est à bout de force et de soif en cette journée brûlante. Des marques de fers apparaissent sur ces pieds et bras. Son nom est Gabriel. Il a un accent du Sud, certainement de Perth. La terreur habitait le jeune homme et ses yeux étaient remplis de nervosité. 

Il déclare à Chandler : "Il voulait que je sois le numéro cinquante-cinq". Il déclare avoir été kidnappé dans les bois par un tueur, sur le mont Gardner, et qu'il serait le numéro cinquante-cinq. Dans sa déclaration, il dit avoir fait du stop, avoir été pris en stop par un homme qui l'aurait drogué puis amené dans une cabane dans les bois sur le mont, où il l'aurait enchaîné à des fers. Il nomme son kidnappeur : Heath. 

Voilà qui chamboule le quotidien de Chandler et de sa petite équipe. Il va rapidement lancer une chasse à l'homme pour retrouver cet homme, Heath. Quant à Gabriel, la peur se lit sur son visage, la peur que le tueur en série le retrouve, que Heath le retrouve.

Mais l'étonnement sera encore plus grand, lorsqu'un homme se présentera au poste de police. Un homme qui correspondait exactement à la description de Heath faite par Gabriel.

Cet homme s'appelle Heath, de la sueur dégouline sur son visage, sa chemise est arrachée, et les mots déferlaient de sa bouche comme des trombes d'eau. Il dit avoir été gardé tenu captif, kidnappé et drogué lorsqu'il était en train de faire du stop, puis qu'il s'est retrouvé dans une cabane dans les bois sur le mont Gardner où il a été gardé captif, attaché à des fers. Heath dit qu'il allait être le numéro cinquante cinq d'un tueur en série se nommant Gabriel.

Et là, un million de pensées se télescopent dans l'esprit de Chandler et de son équipe qui assiste à la scène. 
Deux suspects ? Deux victimes ? Qui dit vrai ?

Une intrigue intense !!

Il s'agit là d'un premier roman et c'est une belle réussite, et pour moi une belle découverte. Une intrigue aux décors australiens, ça sort un peu de l'ordinaire et déjà c'est un bon point. En plus de ça, nous sommes au fin fond de l'Australie dans une ville totalement isolée de tout avec très peu d'habitants et une chaleur intolérable. La vie y est donc difficile et l'auteur nous le montre bien par ses descriptions sur la vie de cette petite bourgade perdue.

Passons ensuite à l'intrigue en elle-même. Une histoire extrêmement bien ficelée du début à la fin comprenant deux chronologies. Celle actuelle, 2012, au jour où se présente Gabriel au poste de police de Wilbrook. Et une chronologie de 2002, toujours à Wilbrook, où l'on retrouve Chandler et l'un de ses coéquipiers de l'époque, Mitch. A cette époque, ils étaient de jeunes recrues traitant une affaire de disparition d'un jeune randonneur, Martin, dans la chaleur de l'outback australien. Le père de Martin, son frère, et toute la ville s'étaient mobilisés dans cette recherche aux côtés de Chandler et Mitch. 
Le thriller alterne donc ces deux chronologies, ces deux histoires. On cherche à savoir pourquoi au début de notre lecture, puis petit à petit quelques pièces sont données pour pouvoir assembler le puzzle. 

J'ai aimé le croisement de ces deux histoires, montrant notamment d'un côté les deux jeunes recrues Chandler et Mitch ; et voir l'époque actuelle avec les mêmes protagonistes mais ayant atteint des postes différents désormais. On découvre en même temps le passé de chacun, ce qui dévoilera quelques mystères.

Les personnages sont intéressants à suivre. Psychologiquement c'est intéressant du côté des deux protagonistes Heath et Gabriel, victimes ou tueurs en série. On n'arrive absolument pas à déterminer lequel pourrait mentir, et lequel dit vrai. L'auteur joue avec le lecteur et le suspense est à son comble. 
Psychologiquement, j'ai trouvé intéressant également les relations entre Chandler et Mitch qui ne se sont pas vus depuis de nombreuses années. Une relation tendue et là aussi on aura les pièces du puzzle petit à petit. 

J'ai détesté le personnage de Mitch qui est un homme ambitieux, hautain, dénigrant son équipe à tout bout de champ, égoïste. Tout le contraire de Chandler qui, lui, prend plutôt soin de son équipe et de leur protection. Ces caractères différents apportent beaucoup à l'histoire. 

Beaucoup de suspense tout au long de la lecture, notamment grâce à l'alternance des deux époques qui nous dévoilent petit à petit le fil de l'histoire. L'intrigue est captivante due aux rebondissements semés ça et là par l'auteur avec une grande finesse. J'aime ce genre d'intrigue entre deux personnages, qui dit vrai, qui dit faux. Je trouve que l'on remue du coup nos méninges et j'aime ce type d'intrigue ( ^^ ). De plus, le suspense est présent jusqu'au bout du bout avec un dénouement dingue qui m'a laissée coi.... 

Une écriture efficace, directe, avec du rythme. De bons dialogues, et un style mêlant deux chronologies qui amène également de l'intensité au thriller. 

Un thriller qui vous captivera dès les premiers instants et que vous aurez du mal à lâcher, 
avec en prime des décors australiens fascinants.

mardi 24 mars 2020

En attendant Bojangles




Auteur : Olivier Bourdeaut

Editeur : Finitude
Romans - Famille - Enfance - Amour - Maladie - Danse - Musique - 
Pages : 160
Parution : 7 janvier 2016










Synopsis


Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui mène le bal, c'est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.L'amour fou n'a jamais si bien porté son nom.

Une famille des plus loufoques. Celle d'une mère de famille quelque peu fantasque et un brin plongée dans son âme d'enfant encore ; celle d'un père qui donne un nouveau prénom à sa femme chaque jour ; et celle d'un enfant, un jeune garçon charmant et intelligent, un enfant qui fait la fierté de ses parents.

Leur vie est une fête perpétuelle, ils prennent chaque instant de la vie comme un instant de vrai bonheur. Et dans ces petits moments de bonheur, la danse et la musique comptent beaucoup. Le couple dansent et écoutent Mr. Bojangles de Nina Simone, chanson fétiche de la mère de famille.

Une vie décalée aux autres. Leur animal de compagnie est une grue de Namibi qui vit avec eux, Mademoiselle Superfétatoire parfois ornée de pimpants colliers. Le côté loufoque de la mère de famille prend un côté alarmant, ses maniaqueries et loufoqueries inquiètent. Mais l'amour qui comble cette famille est plus fort encore. Une famille qui compte bien vivre en gardant une immense joie de vivre. Les amis sont là pour faire la fête, tous les jours. Aucune contrainte pour la famille. L'enfant ne va même pas à l'école. Le courrier n'est jamais ouvert et s'entasse en une pile immense. 

La descente est inévitable, la loufoquerie de la mère de famille continuera à prendre le dessus. Le père et le fils tenteront, eux, d'éviter l'inéluctable, pour que la fête continue dans n'importe quelle situation. 

Et l'amour fou ne portera jamais si bien son nom... sur cet air de Mr. Bojangles porté dans l'atmosphère par la voix douce et chaude de Nina Simone et l'écho de son piano...
Magnifique lecture !

On peut le résumé comme une ode à la vie et à l'amour... On lit ce roman comme une poésie remplie de féerie. Attendez-vous à lire une histoire complètement loufoque à l'instar des personnages. Mais attendez-vous à lire une histoire où l'on rit, où l'on pleure. On passe par toutes les émotions à la lecture des mots d'Olivier Bourdeaut. 

Une histoire totalement fantasque qui peut être parfois assez déroutante, mais qui fait du bien. L'amour est passion, et la passion est présente tout au long du roman. 

On partage avec les membres de cette famille, les plaisirs de fêtes et de bons moments et il y en a beaucoup ; mais on partage aussi les moments plus douloureux.

La narration du roman est magnifique. Une construction à deux narrations, celle du fils, totalement admiratif de ses parents et de la vie qu'ils mènent et qu'ils lui font mener aussi. La vie de ce petit garçon est en effet très atypique pour un enfant. 
Et une narration épistolaire, lorsqu'on retrouve alors les carnets d'écriture du père de famille. Grâce à ces deux narrations nous avons donc deux visions de la vie de famille, celle de l'enfant, et celle du père et mari. 

La plume de l'auteur est à la fois humoristique et poétique. Une poésie merveilleuse, et féerique. Une joie de vivre pleine d'humour ressentie également à travers la plume de l'auteur. 

J'ai désormais hâte d'en découvrir adaptation cinématographique en cours d'adaptation.

Une histoire d'amour à la fois passionnante, émouvant, à la fois pleine d'humour, et déchirante...